Ourdou

langue parlée au Pakistan et en Inde
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Ourdou (alternativement Lashkari)
اُردُو (urdū),
لشکری زبان (lashkari zūban)[1]
Image illustrative de l’article Ourdou
« Ourdou » écrit en ourdou.
Pays Inde, Pakistan
Nombre de locuteurs 170 208 780[2]
Typologie SOV, flexionnelle, à fracture d'actance, syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau du Pakistan Pakistan
Drapeau de l'Inde Inde (régionalement)
Codes de langue
ISO 639-1 ur
ISO 639-2 urd
ISO 639-3 urd
Étendue langue individuelle
Type langue vivante
IETF ur
Linguasphere 59-AAF-q
Glottolog urdu1245
Échantillon
دفعہ ۱ ۔
تمام انسان آزادی اور حقوق و عزت کے اعتبار سے برابر پیدا ہویٔے ہیں۔ انہیں ضمیر اور عقل و دیعت ہویٔی ہے۔ اس لیٔے انہیں ایک دوسرے کے ساتھ بھایٔی چارے کا سلوک کرنا چاہیء۔

L'ourdou ou urdu (autonyme : اُردُو, urdū ou Lashkari لشکری, sous une forme plus longue lashkari zūban لشکری زبان [1]), est une langue appartenant au groupe indo-iranien de la famille des langues indo-européennes. Il est parlé dans le Nord de l'Inde, ainsi qu'au Pakistan, dont il est la langue officielle. En Inde, il est une langue officielle reconnue par la Constitution. Il s'écrit en caractères arabes. Plus de 165 millions de personnes utilisent l'ourdou, dont 60 à 80 millions qui l'utilisent comme première langue.

Proximité avec d'autres languesModifier

Très proche du hindi par sa syntaxe et sa morphologie (avant 1947 on appelait hindoustani le hindi et l'ourdou, qui ne constituaient qu'une seule langue), l'ourdou a fait de nombreux emprunts lexicaux à l'arabe et au persan, langues qui ont introduit dans son système phonologique des phonèmes supplémentaires. L'écart avec le hindi a eu tendance à s'accroître après la séparation de l'Inde et du Pakistan (1947) du fait d'une « repersanisation » de la langue et d'une élimination des termes sanskrits. L'ourdou s'écrit selon la graphie arabo-persane dite nastaʿlīq.

Toutefois l'écart avec le hindi a, depuis quelques décennies, tendance à se réduire en raison de l'influence croissante de l'économie et du cinéma indien[réf. nécessaire].

Dans les faits, si un locuteur parlant l'ourdou s'adresse à un locuteur parlant l'hindi sans utiliser de termes ou d'expressions relevant du domaine religieux, les deux locuteurs se comprendront parfaitement. Seuls les accents, propres à certaines régions, indiqueront une légère différence, parfaitement surmontable.

Distribution géographiqueModifier

 
Monument relatif à la Première Guerre mondiale, avec inscription en ourdou, à Barton on Sea.

L'ourdou est la langue officielle du Pakistan. Utilisé dans le système éducatif, la littérature et les cours, considéré comme langue identitaire de l'islamité du sous-continent indien. Parlé dans les centres urbains, notamment à Karachi par la minorité muhadjir (laquelle demeure souvent réputée allogène car réfugiée du nord de l'Inde après la partition du sous-continent en 1947), il n'est l'idiome principal que de 8 % de la population et demeure à la cinquième place au nombre des locuteurs natifs (le pendjabi étant, lui, usité en première langue par 44 % de la population — soit 60 millions —, tandis que le pachto, le sindhi et le seraiki sont, respectivement, les idiomes premiers de 15 % (20 millions), 14 % et 11 % des Pakistanais)[3].

En Inde, l'ourdou est également une langue officielle reconnue par la Constitution. L'ourdou est aussi la langue officielle des États d'Andhra Pradesh, Bihar, Jammu-et-Cachemire, et Uttar Pradesh, ainsi que de la capitale nationale, Delhi. Dans quelques universités de l'Inde, l'ourdou est considéré comme une langue de prestige. C'est vrai pour les villes du Lucknow, Aligarh et Hyderabad.

Le hindi et l'ourdou, deux langues très proches, sont parlées par plus de 950Il doit y avoir une erreur : un chiffre de « seulement » un peu plus de 530 millions a été donné millions de personnes en langue maternelle et seconde dans tout le sous-continent Indien, et cet exemple de deux langues très proches est similaire à des langues très proches comme le yiddish et l'allemand, comme le serbe, le croate, et le bosniaque, qui jadis formaient le serbo-croate, ou même de l'exemple des langues scandinaves (suédois, danois et norvégien). En Asie, le bahasa indonesia (indonésien), est une langue véhiculaire, synthèse de parlers malais, très proche du malais parlé en Malaisie, et qui est devenu la langue nationale de l'Indonésie.

Le cas du hindi et de l'ourdou ressemble aussi à celui du chinois mandarin et de ses nombreux dialectes, pour lesquels le nombre total de locuteurs serait proche d'un milliard 400 millions.

Nombre de locuteursModifier

Pays Locuteurs Dont L1 Dont L2
  Pakistan[2] 109 100 000 15 100 000 94 000 000
  Inde[2] 58 340 000 50 800 000 7 540 000
  Arabie saoudite[4] 757 000
  Népal[5] 691 546
  Royaume-Uni[6] 400 000
  États-Unis[7] 300 000
  Bangladesh[2][8] 250 000
  Canada[9] 206 000
  Qatar[10] 173 000
  Oman[11] 95 000
  Iran[12] 88 000
  Bahreïn[13] 74 000
  Norvège[14] 34 000
  Turquie[15] 24 000
  Allemagne[16] 23 000
  Monde entier[2] 176 188 117 68 988 177 107 199 940

PhonologieModifier

Voici l'ensemble des phonèmes de l'ourdou (les romanisations sont données selon le système de Hunter)[17],[18] :

ConsonnesModifier

Les sons indiqués entre parenthèses n'existent que dans certains dialectes.

Bilabiales Dentales Alvéolaires Rétroflexes Palatales Vélaires Uvulaires Glottales
Nasales nasales [m] م m [n] ن n [ŋ] ن n, ṅ
murmurées ([mʱ]) مھ mh ([nʱ]) نھ nh
Occlusives sourdes [p] پ p [] ت t [ʈ ] ٹ t, ṭ [ t͡ʃ ] چ ch [k] ک k [q] ق q ([ʔ]) ع
aspirées [pʰ] پھ ph [ʰ] تھ th [ʈʰ] ٹھ th, ṭh [ t͡ʃʰ] چھ chh [kʰ] کھ kh
voisées [b] ب b [] د d [ɖ ] ڈ d, ḍ [ d͡ʒ] ج j [g] گ g
murmurées [bʱ] بھ bh [ʱ] دھ dh [ɖʱ] ڈھ dh, ḍh [ d͡ʒʱ] جھ jh [gʱ] گھ gh
Fricatives sourdes [f] ف f [s] س s [ ʃ ] ش sh [ x] خ kh, k͟h ([h]) ہ/ح h
voisées [v] و v [z] ز z [ ʒ] ژ zh [ɣ] غ gh, g͟h [ɦ]
Battues voisées [ɾ] ر r [ɽ] ڑ r, ṛ
murmurées ([ɾʱ]) رھ rh ([ɽʱ]) ڑھ rh, ṛh
Spirantes voisées [ʋ] و v [l] ل l [ j] ی y
murmurées ([lʱ]) لھ lh

VoyellesModifier

Les sons indiqués entre parenthèses n'existent que dans certains dialectes.

Antérieures Centrales Postérieures
courtes longues courtes longues
Fermées orales [ɪ] [iː] [ʊ] [uː]
nasales [ɪ̃] [ĩː] [ʊ̃] [ũː]
Mi-fermées orales ([e]) [eː] ([o]) [oː]
nasales [ː] [õː]
Moyennes orales [ə]
nasales [ə̃]
Mi-ouvertes orales ([ɛ]) [ɛː] ([ɔ]) [ɔː]
nasales [ɛ̃ː] [ɔ̃ː]
Ouvertes orales [æː] [ɑː]
nasales [ɑ̃ː]

RéférencesModifier

  1. a et b Dar, Shafat et Hassan 2017.
  2. a b c d et e Ethnologue [urd].
  3. (en) « Population by mother tongue » [PDF] sur pbs.gov.pk.
  4. (en) « Urdu in Saudi Arabia », sur joshuaproject.net
  5. (en) Bureau Central de Statistiques du Gouvernement du Népal, « Recensement népalais 2014 », sur nepal.unfpa.org
  6. (en) « United Kingdom », sur Ethnologue.
  7. (en) « Urdu in United States », sur joshuaproject.net
  8. (en) The UN Refugee Agency, « Note on the nationality status of the Urdu-speaking community in Bangladesh », sur www.refworld.org
  9. (en) « Urdu in Canada », sur joshuaproject.net
  10. (en) « Urdu in Qatar », sur joshuaproject.net
  11. (en) « Urdu in Oman », sur joshuaproject.net
  12. (en) « Urdu, Islami in Iran », sur joshuaproject.net
  13. (en) « Urdu in Bahrain », sur joshuaproject.net
  14. (en) « Urdu in Norway », sur joshuaproject.net
  15. (en) « Urdu in Turkey », sur joshuaproject.net
  16. (en) « Urdu in Germany », sur joshuaproject.net
  17. (en) Center for Language Engineering (CLE), « Urdu Phonetic Inventory », sur www.cle.org.pk (consulté le 28 décembre 2019)
  18. (en) South Asia Language & Area Center, University of Chicago, « Urdu Phonology », sur dsal.uchicago.edu, (consulté le 28 décembre 2019)

AnnexesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • (en) Kamran Shaukat Dar, Ahmad Bin Shafat et Muhammad Umair Hassan, « An efficient stop word elimination algorithm for Urdu language », 14th International Conference on Electrical Engineering/Electronics, Computer, Telecommunications and Information Technology (ECTI-CON),‎ (lire en ligne)

Article connexeModifier

Liens externesModifier