Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola

mouvement armé puis parti politique angolais

Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola
União Nacional para a Independência Total de Angola
Image illustrative de l’article Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola
Logotype officiel.
Présentation
Leader Adalberto Costa Júnior
Fondation
Siège Luanda, Angola
Fondateur Jonas Savimbi
Organisation de jeunesse Jeunesse révolutionnaire unie d'Angola
Positionnement Droite
Idéologie Conservatisme
Nationalisme angolais
Démocratie chrétienne
Affiliation internationale Internationale démocrate centriste
Site web http://www.unitaangola.org/
Assemblée nationale Assemblée nationale
Représentation
Députés
51 / 220

L'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola, plus connue sous le nom d'UNITA (acronyme pour le nom en portugais União Nacional para a Independência Total de Angola), est un mouvement anti-colonial angolais qui est devenu un parti politique après l'indépendance du pays.

HistoireModifier

La guerre d'indépendance de l'Angola est déclenchée en 1961 et contribue à affaiblir économiquement et politiquement le Portugal, métropole coloniale, qui connaît des bouleversements en 1974 quand la révolution des Œillets met à bas le régime conservateur de l’Estado Novo de Salazar. Durant cette période, l'UNITA reçoit une aide chinoise et s'inspire des stratégies militaires maoïstes[1]. Peu à peu, l'UNITA adopte un discours radicalement hostile à la gauche et collabore ponctuellement avec les autorités coloniales pour affaiblir le MPLA, mouvement d'inspiration marxiste[2]. Dès sa création, l’UNITA fut dirigée par son fondateur Jonas Savimbi jusqu’à sa mort. Le groupe présentait un fort caractère tribal[1].

Malgré quinze années de guérilla contre l’armée portugaise, les trois mouvements indépendantistes angolais, le Front national de libération de l'Angola (FNLA), le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) ne parviennent que difficilement à signer entre eux, le , un accord pour proclamer l’indépendance du pays le de la même année. Des accords de passation des pouvoirs sont signés par le gouvernement portugais avec les trois mouvements. Le rôle de l'UNITA dans la guerre d'indépendance est toutefois controversé en raison d'une possible collaboration avec les troupes coloniales portugaises contre le MPLA. Le groupe n'était d'ailleurs pas reconnu comme mouvement de libération par l’Organisation de l'unité africaine[3].

Mais en , le Front national de libération de l'Angola (FNLA) et l’Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) entrent en conflit avec le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) d’Agostinho Neto, d'influence marxiste-léniniste[4]. Le , alors que les combats continuent, le FNLA et l’UNITA proclament une « République démocratique et populaire » dans la ville de Huambo, tandis que le MPLA proclame à Luanda une « République populaire », la République populaire d'Angola, sous la présidence d’Agostinho Neto[5].

En janvier 1988, la bataille de Cuito Cuanavale met un terme à la guerre de la frontière sud-africaine.

L'UNITA se retrouve progressivement isolé dans les années 1990 en raison de la fin du soutien américain (due à la fin de la guerre froide), de la chute du régime d’apartheid sud-africain en 1991[6], puis du régime congolais du maréchal Mobutu en 1997. Elle est en outre soumise par l'ONU à partir du à des sanctions pour non-respect des accords de paix signés à Lusaka en 1994. Elle perd également le contrôle d'une partie des mines de diamant qui contribuaient à la financer et une partie de ses troupes, toujours engagées au sein du processus de paix, se démobilisent. Plusieurs figures de l'UNITA sont nommées au sein du gouvernement d'unité et de réconciliation nationales[7].

Jonas Savimbi est abattu en 2002 et son successeur, Isaías Samakuva, renonce à la lutte armée et se montre favorable à un processus démocratique. L’UNITA obtient 16 sièges sur 120 lors des élections législatives angolaises de 2008. La guerre civile a fait à peu près un million de morts et laissé des millions de mines anti-personnel qui tuent encore. Les identités sociales ethniques se maintiennent, mais, depuis la paix, un sentiment national angolais s'est développé dans les dernières décennies.

Relations internationalesModifier

Le conflit étant attisé par le contexte de la guerre froide et des rivalités autour des ressources minières du pays : le MPLA est soutenu par les États communistes dont Cuba, tandis que le FNLA et l’UNITA sont soutenus par des États « conservateurs » : l’Afrique du Sud (guerre de la frontière sud-africaine), les États-Unis de Ronald Reagan ou de George H. W. Bush, ainsi que d’autres pays occidentaux (comme la France) ou africains (Félix Houphouët-Boigny de la Côte d'Ivoire ou Mobutu Sese Seko du Zaïre)[8]. Lors de la Guerre civile, l'UNITA aligna jusqu'à 65 000 combattants armés (FA AKM (toutes origines, Type 56 (pris sur les FAPLA), R4 (fournis par les Sud-africains comme des PM Sterling) mais aussi des mitrailleuses PKM et autres RPG 7 provenant également de prises sur l'Armée régulière angolaise) ; Paris, via le SDECE puis la DGSE, fournissant des FAMAS à la garde personnelle de J. Savimbi. Le président américain Reagan décrivaient les rebelles de l'UNITA comme d'« héroïques combattants de la liberté »[9].

FinancementsModifier

Pour subvenir à son financement, l'UNITA s'est massivement livrée au trafic d'ivoire et est accusée par des organisations de défense de la nature d'avoir exterminé les troupeaux d'éléphants du sud du pays[10]. Plus important encore est le trafic de diamants développé pendant les périodes où l' UNITA a accès aux mines situées à l'extrême nord-est de l'Angola.

Résultats électorauxModifier

Élection Votes % Sièges +/– Position Gouvernement
1992 1 347 636 34,1
70 / 220
2e Opposition
2008 670 363 10,4
16 / 220
  54 2e Opposition
2012 1 074 565 18,7
32 / 220
  16 2e Opposition
2017 1 818 903 26,7
51 / 220
  19 2e Opposition

Personnalités liéesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite, une histoire du panafricanisme, La Découverte, , p. 238-247
  2. (en) « UNITA », Encyclopedia Britannica,‎ political organization, angola (lire en ligne, consulté le 6 septembre 2018)
  3. « TLAXCALA: Le deuil peut-il teinter de rose les œillets d’Avril au Portugal ? », sur www.tlaxcala-int.org (consulté le 14 janvier 2017)
  4. Pierre Beaudet, Angola, bilan d'un socialisme de guerre, L'Harmattan, 1998, page 11
  5. , L'Afrique au XXe siècle, Seuil, 1985, page 224
  6. « Nelson Mandela et Cuba: une amitié basée sur la lutte anti-apartheid », lexpress.fr, (consulté le 12 décembre 2014)
  7. Aguirre Mariano, « Presse internationale », sur Afrique pluriel,
  8. (en) « Obituary: Jonas Savimbi, Unita's local boy », (consulté le 12 décembre 2014)
  9. « Presse internationale », sur afriquepluriel.ruwenzori.net
  10. lesoir.be, « Partners - lesoir.be » (consulté le 29 juillet 2016)

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Didier Péclard, Les incertitudes de la nation en Angola: Aux racines sociales de l'UNITA, Paris: Karthala, 2015