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Une semaine de vacances (film)

film français
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Une semaine de vacances
Réalisation Bertrand Tavernier
Scénario Marie-Françoise Hans, Colo Tavernier, Bertrand Tavernier
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Durée 102 minutes
Sortie 1980

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Une semaine de vacances est un film français de Bertrand Tavernier sorti en 1980.

Sommaire

SynopsisModifier

Lyon, hiver 1980, une jeune enseignante, professeur de français, doutant d'elle-même et de sa vocation, prend une semaine d'arrêt de travail pour surmenage. Une semaine de réflexion sur sa vie et sa carrière.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Autour du filmModifier

Bande originale du filmModifier

CommentaireModifier

À l'origine du film de Bertrand Tavernier, l'ouvrage Je suis comme une truie qui doute de Claude Duneton[1]. Professeur d'anglais, l'auteur de ce court récit livre, tout à la fois, un témoignage et une réflexion sur son propre métier. Enthousiasmé, le réalisateur souhaite adapter cette histoire en la transposant sur un personnage féminin. Claude Duneton n'y est pas opposé, mais lui conseille, toutefois, de travailler avec une enseignante, Marie-Françoise Hans. Celle-ci va donc participer à la mise au point du scénario. Après avoir rencontré et écouté de nombreux enseignants, Bertrand Tavernier choisit finalement de resserrer et d'élargir son sujet. Il concentre son intérêt sur le protagoniste essentiel du drame, Laurence (Nathalie Baye), professeur en déprime. Dans le même temps, il ouvre son film à toute la vie d'un personnage et de son environnement, « refusant de se cantonner à son métier d'enseignante »[2].

« Tous mes films s'appuient sur des doutes », affirme Bertrand Tavernier. Une semaine de vacances expose effectivement deux faces du doute. D'abord, celui d'une enseignante, Laurence, professeur de français, face à son métier et à qui son médecin, lui prescrivant une semaine de repos, lui dit : « C'est les maths qu'il faut enseigner, çà c'est du solide ! Même après Mai 68, un angle droit est resté à 90° ! » ou encore, à propos de l'enseignement dispensé aux élèves : « Leur apprend-on toujours Heredia ? Est-il toujours au potage ? » Laurence confiant, plus tard, à son partenaire (Gérard Lanvin) : « Plus tu leur donnes l'occasion de s'exprimer, plus c'est nul. » Ensuite, le doute perçu comme enjeu essentiel de l'éducation. « Faut-il apprendre une vérité ou apprendre à chercher la vérité ? Ce doute-là est au cœur du film comme il était l'interrogation essentielle du livre de Claude Duneton. »[3] Dans le film, ce débat est traduit, entre autres, par la discussion entamée entre Laurence et Anne (Flore Fitzgerald) sur la nécessité du doute, condition préalable à un bon enseignement. Ce, à quoi, Pierre (Gérard Lanvin) rétorque : « Douter, c'est un luxe. Au départ, les gosses, ce qu'ils ont besoin, c'est la certitude. Si tu leur en donnes pas, t'en feras jamais des gens qui savent douter [...] mais une génération de paumés. »

« Racontant l'histoire d'un prof, le film ne se désintéresse pas des élèves. Les enfants sont omniprésents, sans pourtant que le film crée d'opposition entre leur monde et celui des adultes. [...] L'avenir des enfants est une question angoissante pour tous les adultes du film », juge Jean-Dominique Nuttens[3]. Celui-ci note, par ailleurs, que « les enfants dans l'œuvre de Bertrand Tavernier sont toujours regardés dans leurs rapports avec les adultes, très souvent pour montrer le mal qui leur est fait : [...] enfants qui ne se croient pas intelligents » en ce qui concerne Une semaine de vacances : Lucie (Geneviève Vauzeilles), en particulier, « chrysalide que l'école ne parvient pas à percer. »[3] On verra, dès le pré-générique, en signe d'amour et d'admiration une affiche de L'Incompris de Luigi Comencini, incontestable cinéaste du monde de l'enfance, sur laquelle la caméra pose son regard dans l'appartement de Laurence.

Enfin, donnée incontournable : « Bertrand Tavernier a choisi de filmer à Lyon ce moment de flottement dans la vie d'un être, Lyon dont l'atmosphère [...] s'accorde parfaitement à l'esprit du personnage. Avec son chef-opérateur, Pierre-William Glenn, il a su rendre cette qualité dissolvante de l'atmosphère (évoquée par Gabriel Chevallier), ces jeux du ciel flou, choisissant de filmer cette histoire intimiste et ténue en format scope, celui des grands espaces, des passions violentes. »[3] Le rapport à la cité lyonnaise est, de surcroît, inverse à celle de L'Horloger de Saint-Paul. « La vue emblématique s'est modifiée. Tavernier inverse même la structure du plan : au lieu de quitter son personnage pour projeter la caméra sur le décor, il part d'un paysage réduit à ses lignes fantomatiques (un brouillard noie Saint-Paul et la lointaine passerelle Saint-Vincent) et se recentre peu à peu sur le jardin des hauteurs où déprime la jeune femme », écrit Philippe Roger[4].

Rappelons, en guise de conclusion, ce que Bertrand Tavernier dira, plus tard, au moment du tournage de Lyon, le regard intérieur : « Dans les moments de doute, de remise en question ou d'angoisse, j'éprouve souvent le besoin de revenir me promener à Lyon, de revenir filmer à Lyon. »[5] Au cours de cette semaine de vacances, Laurence (Nathalie Baye), traversée par l'incertitude, arpente les rues de la cité, à la quête d'une nouvelle raison de vivre.

RéférencesModifier

  1. C. Duneton : Je suis comme une truie qui doute, Éditions du Seuil, coll. Points Actuels, 1979.
  2. Jean-Dominique Nuttens : Bertrand Tavernier, Gremese, 2009.
  3. a b c et d J.-D. Nuttens : op. cité.
  4. Ph. Roger in : Lyon : Lumière des ombres, Cent ans de cinéma, Éditions Lugd, 1995.
  5. Cité par Philippe Roger : op. cité.

Lien externeModifier