Ulric de Torrenté

incquisiteur et chasseur de sorcières

Ulric de Torrenté, mort en ou selon les sources, est un dominicain de l'ordre des Prêcheurs savoyard, théologien et inquisiteur. Il exerce sur les diocèses de Lausanne, Sion, Besançon, Metz, Verdun, Toul et Genève, tout au long de sa vie tout en étant associé au couvent des dominicains de Lausanne. Il joue un grand rôle comme inquisiteur dans les débuts de la chasse aux sorcières et pourrait être l'auteur des Errores Gazariorum.

Ulric de Torrenté
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Fonctions
Vicaire général
Amédée VIII de Savoie
Prieur
Biographie
Naissance
Date et lieu inconnusVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Avant le Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
InquisiteurVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Ordre religieux

BiographieModifier

Il est mentionné pour la première fois en 1419 en tant que prieur du couvent de Lausanne. À la fin de 1423 ou au début de 1424, le provincial dominicain, à qui le couvent de Lausanne est soumis, le nomme inquisiteur[1] des diocèses de Lausanne, Genève, Sion, Metz, Verdun et Toul et de l'Archidiocèse de Besançon. Cette nomination est approuvée par le pape Martin V dans sa bulle du 18 mars 1424. En 1428, Ulric prend part à des procès dans le diocèse de Sienne. Les procès de sorcellerie du Valais sont considérés comme constitutifs des premières chasses de sorcières en masse de l'histoire. Selon les sources, ces chasses conduisent à l’exécution de plusieurs centaines de victimes et des condamnées pour avoir supposément participé à des sabbats, avoir eu des relations sexuelles avec des démons, et avoir lancé des sorts de météorologie avec l'aide de Satan. Bien que ces chasses aient été l'œuvre principale de juges laïques séculiers du Valais, les dominicains de Lausanne y jouent également un rôle important[2].

En 1429-1430, Ulric de Torrenté enquête contre les vaudois (Église) à Fribourg dans le diocèse de Lausanne[3]. En conséquence, il condamne les membres allégués de cette secte et les livre au bras séculier des autorités laïques afin de les faire brûler sur le bûcher. Au quinzième siècle il a probablement enseigné dans les universités, car sa présence est attestée en 1438, comme professeur de théologie. En 1438-1439, il préside de nouveau plusieurs procès de sorcières, condamnant celui de Pierre de la Prélaz à Lausanne en 1438, de Jaquete dou Plain et Enchimandus le Masseler à Neuchâtel, en 1439[4].

En 1438, Torrenté est également lecteur au couvent de Lausanne et de 1439 jusqu'à sa mort, il redevient prieur du couvent. À partir de 1442, il est vicaire général de Félix V, un anti-pape élu par le Concile de Bâle. Il meurt entre le 19 décembre 1444 et le 21 novembre 1445.

Ulric de Torrenté est considéré comme l'auteur probable du traité théologique anonyme Errores Gazariorum rédigé vers 1440[5], qui est l'un des plus anciens ouvrages reconnaissant le concept de la réalité du crime d'épellation et des vols sabbatiques. Une hypothèse alternative pointe comme rédacteur l'inquisiteur franciscain Ponce Feugeyron ou Claude Tholosan[6].

BibliographieModifier

  • Chantal Ammann-Doubliez, La première chasse aux sorciers en Valais (1428-1436?). In: Cahiers lausannois d'histoire médiévale. - Lausanne. - 26, 1999.
  • Chantal Ammann- Doubliez, Les chasses aux sorciers en Valais au Bas Moyen Age : deux sorciers du val d'Anniviers à la fin du XVe siècle : les notaires Pierre et Nycollin de Torrenté, Annales valaisannes : bulletin trimestriel de la Société d'histoire du Valais romand,, 2003
  • Chantal Ammann-Doubliez, Le notaire: Entre métier et espace public en Europe VIIIe-XVIIIe siècle, Presses universitaires de Provence, 7 août 2017.
  • L. Courthion, J. M. Michellod : Riddes, Les sorcières d'Anniviers : l'Allemande des Vernays : la dote de Sylvie : la messagére des ermites ; Laurentine : romans et légendes de mœurs valaisannes, 1984
  • [Sorciers et procès de sorcellerie en Valais]. In : Confédéré, 1867, 20, p.2; 23, p.3; 1869, 59, p.1ment
  • Hans Fründ, Rapport sur la chasse aux sorciers et aux sorcières menée dès 1428 dans le diocèse de Sion: Hans Fründ ; In: Cahiers lausannois d'histoire médiévale. - Lausanne.
  • Valérie Maire. Mémoire : De la sorcellerie en Valais au XVe siècle : traduction et essai d'interprétation de quelques aspects de langue. Lausanne : Faculté des lettres, 2000
  • Martine Ostorero et Agostino Paravicini Bagliani, « », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol.  144, no  1, 2000.
  • Martine Osterero, Fôlatrer avec les démons, sabbat et chasse aux sorcièrs à Vevey, 1448, Université de Lausanne, Faculté des lettres, Section d'histoire, 2008

RéférencesModifier

  1. Philippe Simon, « Ulric de Torrenté, la foi du bûcher », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 5 juillet 2019)
  2. Chantal Amman-Doubliez, « Les chasses aux sorciers en Valais au Bas Moyen Âge : Deux sorciers du val d’Anniviers à la fin du XVe siècle : les notaires Pierre et Nycollin de Torrenté », Annales valaisannes,‎ (lire en ligne)
  3. Chantal Ammann-Doubliez, Le notaire: Entre métier et espace public en Europe VIIIe-XVIIIe siècle, Presses universitaires de Provence, (ISBN 9782821885707, lire en ligne)
  4. (de) « historicum.net: Torrenté, Ulrich von », sur www.historicum.net (consulté le 5 juillet 2019)
  5. Martine Ostorero et Agostino Paravicini Bagliani, « La genèse du sabbat. Autour de l'édition critique des textes les plus anciens », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 144, no 1,‎ , p. 73–85 (DOI 10.3406/crai.2000.16097, lire en ligne, consulté le 5 juillet 2019)
  6. Kathrin Utz Tremp, « La « naissance » du sabbat. Autour de l’arrière-plan hérétique des Errores Gazariorum », Cahiers de recherches médiévales et humanistes. Journal of medieval and humanistic studies, no 22,‎ , p. 243–253 (ISSN 2115-6360, DOI 10.4000/crm.12545, lire en ligne, consulté le 6 juillet 2019)

Liens externesModifier