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Unterseeboot 505

navire de guerre
(Redirigé depuis U-505)

U-505
Image illustrative de l’article Unterseeboot 505
L’U-505 peu après sa capture
Type U-Boot de type IX.C
Histoire
A servi dans War Ensign of Germany (1938–1945).svg Kriegsmarine
Commanditaire Kriegsmarine
Chantier naval Deutsche Werft AG, Hambourg
Commandé
Quille posée
Lancement
Mise en service
Statut Au musée de Chicago
Équipage
Équipage 36 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 76,76 mètres
Maître-bau 6,76 mètres
Tirant d'eau 4,67 mètres
Déplacement 1 120 t (surface), 1 232 t (plongée)
Propulsion 2 moteurs Diesel, 2 électriques
Puissance 2 × 2 200 ch (Diesel)
2 × 500 ch (électrique)
Vitesse 7,3 nœuds (plongée)
18,3 nœuds (surface)
Caractéristiques militaires
Armement Torpilles : 4 à l'avant, 2 à l'arrière
Canons : 1 × 105 mm - 2 × 37 mm
Carrière
Port d'attache Lorient

Unterseeboot 505 ou U-505 est un sous-marin allemand utilisé par la Kriegsmarine pendant la Seconde Guerre mondiale. Faisant partie de la 2. Unterseebootsflottille, flottille de combat basée à Lorient, il est arraisonné en Atlantique nord le , après un combat acharné avec les destroyers du Task Group 22.3 de la marine américaine. L’U-505 fut capturé, avec son journal de bord et son code secret.

Depuis 1954, il est exposé au Museum of Science and Industry de Chicago.

Caractéristiques techniquesModifier

  • Hauteur : 9,60 mètres
  • Mazout : 208 tonnes
  • Réserve torpilles : 22

Affectations successivesModifier

Commandants successifsModifier

Début du commandement Fin du commandement Nom du commandant
Axel-Olaf Loewe
Peter Zschech
Paul Meyer
Harald Lange

Navires coulésModifier

8 navires coulés pour un total de 45 005 tonneaux au cours de ses 12 patrouilles.

Navires attaqués par l'U-505
Date Nom Nationalité Tonnage Fait
S.S. Benmohr (cargo à vapeur)   Grande-Bretagne 5 920 coulé
M.V. Sydhav (pétrolier)   Norvège 7 587 coulé
S.S. West Irmo (cargo à vapeur)   Etats-Unis 5 775 coulé
S.S. Alphacca (cargo à vapeur)   Pays-Bas 5 759 coulé
S.S. Sea Thrush (cargo à vapeur)   Etats-Unis 5 447 coulé
S.S. Thomas McKean (Liberty ship)   Etats-Unis 7 191 coulé
Urious (bateau de pêche)   Colombie 153 coulé
S.S.Ocean Justice (cargo à vapeur)   Grande-Bretagne 7 173 coulé

Histoire de la captureModifier

Le au soir, le long de la côte ouest d’Afrique, le radar de l’U-505 détecte une présence de plusieurs bâtiments ennemis. Devant le danger, l’U-505 effectue une plongée rapide à 20 mètres de profondeur. Néanmoins, le U-boot détecte au-dessus de lui le bruit des hélices de plusieurs destroyers qui le recherchent. Il s’agit d'un groupe de chasseurs de sous-marins de l’US Navy, composé du porte-avions d'escorte USS Guadalcanal et des destroyers d'escorte, USS Pillsbury (en), USS Pope (en), USS Flaherty (en), USS Chatelain (en) et USS Jenks (en). Les services d'interception Ultra avaient révélé la présence d'un U-boot dans ce secteur. La patrouille est infructueuse, mais le dernier jour, le dimanche , à 11 h 9, alors que le groupe de chasse se prépare à rallier Casablanca, un contact sonar est obtenu.

L'attaque est lancée par le destroyer Chatelain. Il est aidé par une patrouille de 2 Wildcats lancés par le porte-avions. Ceux-ci sont capables de distinguer la silhouette du sous-marin, allant jusqu'à mitrailler l'océan pour montrer la position aux destroyers qui grenadent.

Obligé de rester en plongée et les réserves d’air s’amenuisant, l’U-505 est poursuivi à l’aide de charges explosives sous-marines qui bloquent le gouvernail à tribord[1] et les appareils de commande. L'éclairage est aussi coupé et une voie d'eau se déclare au niveau du compartiment des tubes lance-torpilles arrière. Le sous-marin s'enfonce doucement dans l’océan et, pour le capitaine, il ne reste que deux solutions, soit remonter à la surface et être prisonnier, soit sombrer et se saborder avec les honneurs de la patrie. Si la première solution était envisagée, elle devait être rapidement choisie, car il ne restait que peu d’air comprimé, impératif pour faire remonter le submersible. Un des pilotes d’avion chargé de surveiller les environs signale une nappe d’huile et l’apparition soudaine du sous-marin qui émerge à 700 yards du destroyer le plus proche.

Le capitaine de corvette Harald Lange, officier du sous-marin allemand, sort le premier dans la "baignoire"[2] et est mis hors de combat par la mitraille tirée par les 2 avions et 3 des destroyers. Ordre est donné d'évacuer le bâtiment. Au cours de l'opération L'Oberfunkmaat (Maître-Principal Officier Radio) Gottfried Fischer est tué. L’U-505 évacué par son équipage et hors de combat est abordé par une chaloupe du Pillsbury, portant une compagnie d'abordage[3], négligeant l’équipage qui s'est jeté à l'eau ou dans des radeaux. Avec de grand risques, les marins américains s’emparent du bâtiment, de ses appareils radars, des documents et des codes secrets, neutralisant 13 des 14 charges de sabordage connues pour être installées dans ce type de sous-marin. Il s’agit de la première prise en haute mer d’un navire ennemi par la marine des États-Unis depuis la guerre de 1812.

Le bilan de la chasse de ce sous-marin se solde par 1 mort et 59 survivants dont 3 blessés (y compris Lange). Les autorités navales américaines, voulant garder le secret[4], décident de diriger l’U-505, non vers Dakar (Sénégal) le port le plus proche, mais vers les Bermudes qui se trouvaient à 1 700 milles, pour faire croire à l'amiral allemand Karl Dönitz que le sous-marin avait coulé avec son équipage et ses codes secrets. Un problème se posait pour ce long voyage. Remorqué par le porte-avions[5], le sous-marin rejoint un remorqueur et, surtout, le pétrolier Kennesec, chargé de faire le plein de combustible en pleine mer. Et, le , l’U-505, battant pavillon américain, entre dans la baie de Port Royal (en), révélant un nouveau type de torpilles : la torpille acoustique G7es (T5) "Zaunkönig" dont les alliées n’avaient aucune informations fiable (les soviétiques en récupèrent plus tard sur l’épave de l'Unterseeboot 250).

L’U-505 pièce de muséeModifier

 
L’U-505 au musée de Chicago en 2005.

Le bâtiment, révélé au public à la fin de la guerre, fait une tournée d’exposition dans différents ports de l’Atlantique et dans le port de Portsmouth (New Hampshire), mais le commandant Gallery, originaire de Chicago, décide d’exposer le sous-marin dans sa ville comme prise de guerre, avec l’autorisation du Congrès. Pour payer le transport, il fallait disposer d’une somme de 250 000 dollars, sans compter l’étude de l’opération pour le transformer en navire musée. Le , l’U-505 est remorqué le long du fleuve Saint-Laurent, traverse trois grands lacs, fait quelques escales au Québec, à Baie-Comeau (23 mai 1954) à Montréal, Toronto, Buffalo et Détroit. Le , il arrive à Chicago : mais il restait à résoudre l’acheminement final jusqu’au Museum of Science and Industry, qui se trouve à 264 mètres du rivage.

Après avoir été vidé de son appareillage superflu, du matériel de survie, des couchages et de quelques cloisons pour l'alléger le plus possible, le sous-marin est hissé à l’aide d’un treuil et de 42 vérins sur des rouleaux d’acier et tiré vers sa dernière destination. Le vendredi 3 septembre, le bâtiment n’a parcouru qu’un peu plus de la moitié du parcours, ce qui montre une série de manœuvres longues, laborieuses et délicates à effectuer. Le 25 septembre 1954, le conservateur du musée inaugure la présence de la Kriegsmarine devant 15 000 spectateurs, le vice-amiral Daniel V. Gallery[6] qui représente les hommes qui ont capturé le sous-marin, et le révérend père Christopher J. Weldon, qui termine la réception de l’U-boot par une prière.

AnecdotesModifier

  • À Hambourg, le , les Allemands avaient fêté en petit comité, en présence d'un amiral, l'inauguration et la réception de l’U-505. Treize ans plus tard le sous-marin sera tout d'abord réceptionné puis inauguré.
  • La différence de température de la ville de Chicago, peut atteindre plus de 50 °C entre les fortes chaleurs et les refroidissements, ce qui peut entraîner une dilatation ou une contraction de la coque de plus de 6 centimètres.
  • Harald Lange avait dirigé pendant un an, en tant que capitaine, le sous-marin U-180, sous les ordres du commandant Werner Musenberg, avant de prendre le commandement de l’U-505.

NotesModifier

  1. C'est-à-dire qu'il est bloqué en laissant le sous-marin tourner à droite.
  2. décision courageuse puisque son navire est sous le feu nourri de plusieurs ennemis et que sortir est s'exposer au feu.
  3. Le commandant Gallery avait envisagé la capture d'un sous-marin. Il avait, pour ce faire, prévu une procédure avant le départ et entraîné des équipes de chacun de ses navires. Il raconte qu'à l'exposé de sa décision il avait rencontré un scepticisme poli chez ses interlocuteurs.
  4. Il fut même question, un temps, de faire passer en cour martiale le commandant Gallery, qui dirigeait le task-group pour avoir capturé le sous-marin au lieu de le couler. En effet, le commandement allié estimait que cette capture allait ruiner Ultra, le système mis en place pour écouter et décoder les messages secrets allemands. Mais les prisonniers seront enfermés dans un camp spécial, sans que la Croix-Rouge soit avertie et ils passeront pour morts. Les marins américains seront chapitrés pour garder le silence sur leur exploit.
  5. C'est le seul cas connu d'un porte-avions continuant à lancer des avions tout en ravitaillant à la mer, en remorquant un sous-marin.
  6. Daniel Vincent Gallery, 1901-1977.

SourcesModifier

Voir aussiModifier

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FilmographieModifier

Films retraçant une aventure de sous-marins :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

La capture de l’U-505, par le commandant Gallery :

L'affaire, vue par un des marins allemands :

  • (en) Hans Jacob Goebeler et John Vanzo, Steel boat, iron hearts : a U-boat crewman's life aboard U-505, New York, NY, Savas Beatie, , 258 p. (ISBN 978-1-932-71407-4, OCLC 57404259).
  • Le livre écrit par Hans Herlin, traduit en Français par R. Jouan, édité en 1960, Les Damnés de l'Atlantique, (en allemand Verdammter Atlantik) dont un chapitre retrace l'histoire de ce sous-marin, depuis le 26/08/1941, jour de sa mise en service, jusqu'au jour de sa capture.