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La twittérature est une forme de littérature pratiquée sur le réseau social Twitter. Le réseau fonctionne à la fois comme contrainte, puisque la publication est restreinte à 280 caractères, et comme plateforme de diffusion. Les genres littéraires produits varient, même si la limite de caractères favorise la poésie et la micronouvelle. Le terme est un mot-valise créé à partir de « Twitter » et « littérature ».

Sommaire

HistoireModifier

Le terme twittérature apparaît partiellement depuis les débuts de Twitter, mais ce n'est qu'en 2008 qu'un lien direct est fait entre littérature et Twitter. Un blogger du New York Times crée le terme « Twiller », un mot-valise formé à partir de « Twitter » et « thriller », afin de caractériser un genre émergeant pratiqué par quelques auteurs, dont il fait aussi partie[1].

La plupart des observateurs[2],[3],[4] s'entendent pour dire que le terme « twittérature » n’apparaît de manière officielle qu'à la suite de la publication en 2009 du livre de deux journalistes américains, Alexander Aciman et Emmett Rensin, Twitterature: The World's Greatest Books in Twenty Tweets or Less[5]. Le livre résume 75 classiques de la littérature mondiale (Voltaire, Shakespeare et même Harry Potter) sous la contrainte Twitter, qui limitait alors la longueur des tweets à 140 caractères. Toutefois, ces résumés, bien que rédigés sous la forme de tweets, n'ont pas été publiés sur Twitter.

Début novembre 2017, la longueur maximale des tweets a été portée à 280 caractères[6], autorisant ainsi des messages deux fois plus longs.

Vers un genre institutionnaliséModifier

Inscrits sur Twitter depuis 2009, le journaliste français Jean-Michel Le Blanc (@CentQuarante), ainsi que le professeur québécois Jean-Yves Fréchette (@JYFrechette) s'intéressent à la twittérature. Ils sont respectivement président et président d'honneur de l'ITC (officiellement Institut de Twittérature Comparée Bordeaux-Québec)[7]. En 2010, les deux twittérateurs, suivis par un groupe d'écrivains, publient sur leur blogue un manifeste de leur institut[8].

Dans son article Ce que les réseaux font à la littérature[9], Alexandre Gefen affirme que le microblogging pousse la littérature à quitter les espaces pensés pour l’expression littéraire et à s’imposer à l’intérieur des dialogues sociaux : « L’écriture par Twitter relève d’un détournement d’une technologie au profit d’un désir d’écriture, celui de produire une théorie d’états d’âme une météorologie de l’humeur du lieu, un flux atomistique d’autant plus transitoire qu’il accepte de dissoudre sa propre voix dans le bruit immense de la présence textuelle numérique d’autrui. Cette discontinuité, qui interdit de constituer le texte en une nappe unifiée dont la lecture serait prévisible et maîtrisable, produit des fragments qui s’exposent et se détachent poétiquement de la temporalité énonciative globale, de la timeline sociale pour acquérir une portée expressive. »

Il est à noter que la traduction du livre de Alexander Aciman et Emmett Rensin, « La twittérature, les chefs-d’œuvre de la littérature revus par la Génération Twitter», publié en France aux éditions Saint-Simon la même année, a été préfacée par Erik Orsenna, un membre de l'Académie française.

Depuis 2014, le Rendez-vous des Écoles Francophones En Réseau (refer), organise un concours de twittérature dont la remise des prix a lieu lors de son congrès annuel [10].

En 2015, le Concours de twittérature des Amériques prend forme. Le concours appelle les élèves de 6 à 18 ans à créer de la twittérature sous le thème annuel et est ouvert à l'ensemble des écoles francophones de l'Amérique[11].

À cet effet, Twitter est aussi utilisé dans les écoles francophones comme outil pédagogique pour l'enseignement du français et de la littérature[12].

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier