Tudor Arghezi

écrivain roumain

Tudor Arghezi (né Ion Nicolae Theodorescu le 21 ou le à Bucarest et mort le dans la même ville) est un écrivain roumain principalement connu pour ses œuvres poétiques et sa littérature pour enfants.

Tudor Arghezi
Image dans Infobox.
Timbre de Tudor Arghezi émis en 1980.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 87 ans)
BucarestVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Ion N. TheodorescuVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Ioan TheodorescuVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Mitzura Arghezi (en)
Baruțu Arghezi (d)
Éli LotarVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Membre de
Distinction
Prix Herder ()Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Tudor Arghezi
signature

Avec Mihai Eminescu, Mateiu Caragiale, et Lucian Blaga, Tudor Arghezi est considéré comme l'un des plus importants écrivains de littérature roumaine du XXe siècle[1].

BiographieModifier

Ion Nicolae Theodorescu naît le à Bucarest de Rozalia Arghesi et Nicolae Theodorescu senior. Jugeant son patronyme trop banal, il prend le pseudonyme de Tudor Arghezi[2].

Surdoué, il obtient son baccalauréat en , à onze ans, au lycée Saint Sabbas[3],[4]. En 1896, à 16 ans, il publie sous le pseudonyme Ion Theo dans le magazine Liga Ortodoxă dirigé par Alexandru Macedonski.

Pour son travail exceptionnel dans la littérature il reçoit pour la première fois en 1936, à égalité avec George Bacovia, et de nouveau en 1946, le prix national de poésie. En 1955, il a été élu membre de l’Académie roumaine, et en 1965, a reçu le prix international Johann Gottfried von Herder. On a dit que Tudor Arghezi était un Baudelaire roumain. Ce genre d’analogie, fallacieux le plus souvent, n’est acceptable que dans la mesure où certains poèmes – les « Fleurs de moisissure » (Florile de mucegai), notamment – rappellent la manière des Fleurs du mal, de même que certains poèmes très crus évoquant la sexualité (Rava, Tinca). Le paradoxe est que cet écrivain revendicatif, âpre dans la lutte pour la justice sociale ou même pour la vengeance de classe, capable par exemple de narrer comment des paysans tuent un boyard, piétinent son cadavre de leurs pieds nus toute une nuit jusqu'à le réduire en bouillie, savait trouver des accents d’une exquise fraîcheur pour célébrer les jeux et les ris de son petit garçon et de sa petite fille.

Travail d'ArgheziModifier

Il affirme que son nom d'artiste provient de Argesis, le nom latin pour la rivière Arges.

Selon Petre Raileanu, Arghezi "opère dans son œuvre poétique et une synthèse entre tradition et modernisme, avec, tout de même, une forte option en faveur du renouvellement du langage poétique"[5].

Tudor Arghezi est aussi traducteur en roumain. Ecaterina Cleynen-Serghiev affirme cependant que « ses traductions de La Fontaine ou de Baudelaire sont très libres, le génie arghezien est perceptible dans chaque vers, ce sont donc davantage des variations sur un thème donné que de vraies traductions »[6].

Enfin Arghezi était aussi chroniqueur satirique, auteur de pamphlets et d'articles polémiques ; devenu communiste pendant la guerre mais resté d'esprit rebelle, son esprit acéré était craint jusque dans la bureaucratie du Parti unique, qui monta contre lui un procès littéraire (devant aboutir à son renvoi, mais qui échoua) en l'accusant d'être un « poète putride, d'esprit bourgeois et écrivant pour la bourgeoisie ». Le principal accusateur, Sorin Toma, rédacteur en chef du journal communiste officiel L'Étincelle (Scînteia) en 1947-1960, se trouva ridiculisé car Arghezi sut trouver en défense de ses textes des extraits de Lénine, Staline, Maïakovski et Gorki qui exprimaient les mêmes choses, et dans les publications de Sorin Toma des phrases pontifiantes et molles qu'il publia sans aucun commentaire personnel, pour « laisser les camarades lecteurs en tirer collectivement les conclusions »[7].

PublicationsModifier

  • Cuvinte potrivite, poezii, 1927
  • Icoana de lemn, tablete, 1929
  • Poarta neagră, tablete, 1930
  • Flori de mucegai, poezii, 1931
  • Cartea cu jucării, poezii, 1931
  • Tablete din Țara de Kuty, povestiri swiftiene, 1933
  • Ochii Maicii Domnului, 1934
  • Cărticica de seară, poezii, 1935
  • Cimitirul Buna-Vestire, roman parabolic, 1934
  • Versuri, 1936
  • Ce-ai cu mine vântule?, 1937
  • Lina, roman, 1942
  • Eminescu, étude critique, 1943
  • Versuri alese, 1946
  • Bilete de papagal [Billets de perroquet], 1946
  • Una sută una poeme, 1947
  • Prisaca, 1948, poeme pentru copii
  • 1907-Peizaje, 1955
  • Pagini din trecut, publicistică, 1955
  • Cântare omului, 1955
  • Frunze, 1961
  • Poeme noi, 1963
  • Cadențe, 1964
  • Silabe, 1965
  • Răzlețe, 1965
  • Versuri lungi, 1965
  • Ritmuri, 1966
  • Litanii, 1967
  • Noaptea, 1967
  • O Furnică
  • Testament

BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

  1. (ro) « Tudor Arghezi, 135 de ani de la nașterea scriitorului și publicistului », sur Stiriletvr.ro, .
  2. Petre Răileanu, Ghérasim Luca, Oxus éditions, collection Les Roumains de Paris, Paris, 2004, p. 16
  3. Kuiper 1995, p. 67
  4. Willhardt 2000, p. 15
  5. Petre Raileanu, Gherasim Luca, Oxus Éditions, collection Les Roumains de Paris, Paris, 2004, p.28
  6. Ecaterina Cleynen-Serghiev, « Les Belles infidèles » en Roumanie, les traductions des œuvres françaises durant l'entre-deux-guerres (1919-1939), Presses universitaires de Valenciennes, 1993, p. 90
  7. Cristian Sandache, Littérature et propagande dans la Roumanie de Gheorghiu-Dej, éd. Mica Valahie, Bucarest 2006, (ISBN 978-606-8304-03-8) sur [1] et [2]

Sources bibliographiquesModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Liens externesModifier