Troisième Voie (France)

Organisation politique française
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Troisième Voie (TV) est un mouvement nationaliste révolutionnaire français, né en 1985 de la fusion du Mouvement nationaliste révolutionnaire avec des dissidents du Parti des forces nouvelles, auto-dissous en 1992, réactivé en 2010 sous l'impulsion de Serge Ayoub et dissous de nouveau en 2013, mais cette fois par décret du Conseil des ministres.

HistoriqueModifier

Troisième Voie (1985-1992)Modifier

Fondée par Jean-Gilles Malliarakis, Troisième Voie avait une ligne anti-américaine, anticommuniste, anticapitaliste et antisioniste : son slogan était « Ni trusts, ni soviets », le titre d'un livre de Malliarakis. Elle fut durant quelques années associée au GUD. Ce mouvement était assez hostile au Front national et, comme tous les groupes nationalistes-révolutionnaires, prenait parti pour les régimes arabes qui combattaient les États-Unis, Israël et le sionisme. L'emblème du mouvement était le trident.

Le mouvement publiait une revue théorique, Troisième Voie, et un « mensuel de combat », Révolution européenne. En 1986, le mouvement lance un bulletin radiophonique quotidien sur une ligne téléphonique[1]. Les sections locales ont parfois publié de petits bulletins. La section de Grenoble a par exemple publié un mensuel de bande dessinée, Noir et Rouge. En outre, depuis 1989, Christian Bouchet, cadre du mouvement à Nantes, lance les éditions ARS, une Revue d'histoire du nationalisme révolutionnaire, ainsi qu'un bulletin mensuel, Alternative tercériste - Feuille de combat des Tercéristes radicaux. Selon Bouchet, il ne s'agit pas de « faire concurrence à la presse tercériste déjà existante » mais de donner « la parole aux nationalistes révolutionnaires les plus résolus »[2]. L'existence de ce bulletin préfigure pourtant la scission de 1991.

Affaiblie en mai 1989 par le départ du GUD qui jugeait contre-productive la critique systématique du Front national, TV éclata définitivement en 1991 quand Jean-Gilles Malliarakis décida à son tour de se rapprocher du FN. La fraction des « tercéristes radicaux » dirigée par Christian Bouchet quitta alors l'organisation pour constituer le mouvement Nouvelle Résistance[3]. Le groupe resté aux mains des partisans de Malliarakis périclita rapidement et préféra se dissoudre.

Le mouvement a eu une antenne en Suisse romande depuis la seconde moitié des années 1980. Elle aurait compté une trentaine de membres actifs. Elle était membre de la Coordination nationale et possédait une maison de diffusion par correspondance, Arès Diffusion. Suite à la scission du mouvement français de 1991, le groupe adopte le nom Troisième Voie/Nouvelle Résistance[4].

Troisième voie pour une avant-garde solidariste (2010-2013)Modifier

En octobre 2012, Serge Ayoub constitue un mouvement au nom presque similaire (Troisième voie pour une avant-garde solidariste) mais sans lien avec l'organisation précédente. De janvier 2012 à sa dissolution, l'organisation publiait le journal mensuel Salut public.

À la suite de l'affaire Clément Méric, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault demande au ministre de l'Intérieur Manuel Valls d'engager une procédure en vue de la dissolution de l'organisation[5],[6],[7],[8],[9],[10]. Le , Jean-Marc Ayrault confirme devant l'Assemblée nationale qu'il a lancé une procédure pouvant aboutir à la dissolution de Troisième Voie, des JNR et d'autres « groupements » de cette mouvance pour le 26 juin en Conseil des ministres[11],[12],[13]. La dissolution est prononcée en Conseil des ministres le 10 juillet[14]. Serge Ayoub annonce immédiatement qu'il dépose un recours contre cette décision[15].

Le , le Conseil d'État valide la dissolution des JNR et de TV, mais ne retient pas le motif d'incitation à la haine invoqué par le décret du gouvernement. Les deux entités sont dissoutes car, selon le Conseil d'État, elles « doivent être regardées comme formant ensemble une milice privée », Serge Ayoub ayant malencontreusement acté de lui-même de cette imbrication en prononçant « la dissolution des Jeunesses nationalistes révolutionnaires « par voie de conséquence de la dissolution » de l’association Troisième voie » lors de leur dissolution[16]. La dissolution de l'association Envie de rêver, gestionnaire du « Local », lieu où se retrouvaient les membres de TV et des JNR, est par ailleurs jugée illégale et est annulée, l'État étant condamné à lui verser 2 000 euros au titre de ses frais de justice[17]. La dissolution de Troisième Voie favorise l'autonomisation de groupes locaux, par exemple le White Wolf Klan en Picardie qui s'affranchit de la tutelle de Serge Ayoub et s'engage dans une dérive criminelle.

PublicationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Paul Gautier, Les extrêmes droites en France : de la traversée du désert à l'ascension du Front National (1945-2008), Paris, Editions Syllepse,, , 464 p. (ISBN 9782849502150)
  2. « Déclaration d'intention », Alternative tercériste, no 25, septembre 1990.
  3. « Les NR écrivent leur histoire », Alternative Tercériste, no 9 nouvelle série, septembre 1991
  4. Urs Altermatt et Hanspeter Kriesi, L'extrême droite en Suisse - Organisations et radicalosation au cours des années 80 et 90, Fribourg, Editions universitaires, , 293 p., p. 49-51
  5. « Ayrault promet de “tailler en pièces” les groupuscules d'extrême droite », Le Figaro, 6 juin 2013.
  6. « Au nom de quoi le gouvernement peut-il dissoudre des groupes ultra ? », Le Monde, 6 juin 2013.
  7. « Valls : des groupes “sans doute” dissous », Le Figaro, 7 juin 2013.
  8. « Groupes extrémistes : le casse-tête de la dissolution », Le Figaro, 7 juin 2013.
  9. « Ayrault demande la dissolution des Jeunesses nationalistes révolutionnaires », Le Figaro, 8 juin 2013.
  10. « JNR : le gouvernement sera “impitoyable” », Le Figaro, 8 juin 2013.
  11. « Dissolution des JNR le 26 juin », Le Figaro, 11 juin 2013.
  12. « Ayrault annonce la dissolution de groupes d'extrême droite », Le Monde, 11 juin 2013.
  13. « Ayrault lance la procédure pour dissoudre l'organisation Troisième Voie », Le Figaro, 11 juin 2013.
  14. Décret, Décret du 12 juillet 2013 portant dissolution d'une association et deux groupements de fait, (lire en ligne), NOR:INTD1317861D, JORF n°0161, p. 11684, texte n°11
  15. « Serge Ayoub annonce un recours contre la dissolution de Troisième voie et des JNR », FranceTVInfo, 10 juillet 2013.
  16. Conseil d'État, Association "Envie de rêver" et autres, (lire en ligne), n°370306
  17. Flore Thomasset, « Le Conseil d’État valide la dissolution de deux groupes d’extrême droite », sur La Croix.com, (consulté le 30 juillet 2014).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Témoignage
  • Frédéric Chatillon, Thomas Lagane et Jack Marchal (dir.), Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Éditions des Monts d'Arrée, 1995 (ISBN 2-911387-00-7)
Travaux

Articles connexesModifier

Liens externesModifier