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Trichechus manatus

espèce de mammifères

Le Lamantin des Caraïbes (Trichechus manatus) est un lamantin, et l'espèce la plus grande encore en vie de mammifère de l'ordre des siréniens (qui comprend aussi le Dugong et l'espèce éteinte, la Rhytine de Steller). Le lamantin des Caraïbes, Trichechus manatus, est une espèce distincte du Lamantin d'Amazonie, T. inunguis, et du Lamantin d'Afrique de l'Ouest, T. senegalensis.

DénominationsModifier

CaractéristiquesModifier

Écologie et comportementModifier

Habitat et répartitionModifier

 
  • Trichechus manatus

ClassificationModifier

D'après des études génétiques et morphologiques, le Lamantin des Caraïbes est subdivisé en deux sous-espèces, le Lamantin de Floride (T. m. latirostris) et le Lamantin des Antilles ou lamantin caraïbéen (T. m. manatus)[1],[2]. Toutefois, une recherche génétique récente (ADN mt) suggère que le lamantin des Caraïbes est composé de trois groupes qui sont plus ou moins répartis géographiquement :

  • en Floride et dans les grandes Antilles ;
  • en Amérique centrale et au Nord de l'Amérique du Sud ;
  • au Nord-Est de l'Amérique du Sud[3].

Menaces et conservationModifier

MenacesModifier

Cette espèce rare est aujourd'hui protégée dans le monde entier. Le lamantin des Caraïbes est particulièrement menacé : il a disparu de nombreuses îles des Antilles comme la Martinique ou la Guadeloupe.

Bien qu'il n'ait aucun prédateur, l'expansion humaine a réduit son habitat dans les marais côtiers et beaucoup d'animaux sont blessés par les hélices des hors-bords. L'ingestion accidentelle de filets de pêche, de déchets de plastiques (sur lesquels d'autres polluants peuvent être adsorbés[4]) et autres accessoires de pêche peut aussi le tuer, de même que certains blooms planctoniques toxiques[5]. Ils ne sont pas carnivores, mais consommant une grande quantité d'aliments végétaux, il peut bioconcentrer certains polluants (ex : Organochlorés retrouvés dans l'organisme des lamantins de Floride[6]).

Dès 1904, l'État de Floride a interdit la chasse de ces animaux inoffensifs pour l'Homme. Elle est aujourd'hui prohibée dans le monde entier. Les lamantins figurent depuis 1973 sur la liste des espèces en voie de disparition. Les chocs avec les bateaux sont la principale cause de mortalité chez les lamantins de Floride. L'aquarium de Miami est le premier à avoir réussi la reproduction en captivité.

Une exposition prolongée à des températures inférieures à 20 °C peut leur être fatale et ils ne peuvent survivre sous 15 °C. Lors des hivers 2009 et 2010, l'hypothermie et le stress ont tué au moins 400 de ces mammifères en danger, selon la Florida Fish and Wildlife Conservation Commission (en).

Année 1991 1992 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2010
Population (en Floride) 1267 1844 1456 2277 2241 2018 1865 1646 3300 1758 2843 2505 3143 3116 5067

ConservationModifier

Élevage en captivitéModifier

Le Parc zoologique de Paris détient notamment un spécimen du nom de Tinus, né le 6 octobre 1989, au zoo d’Amsterdam, aux Pays-Bas[7]. Il est présenté au public dans la grande serre tropicale, parmi au moins 4 spécimens (02-2019). Plusieurs spécimens sont également visibles au zoo de Beauval. Le Parc zoologique de Paris présente au public plusieurs lamantins (Trichechus manatus) : "Tinus" et son frère jumeau "Djibril", nées le 6 octobre 1989, au zoo d'Amsterdam, aux Pays-Bas facilement observable lors de la promenade du zoo, dans la grande serre tropicale[8], marqué d'une grande tache blanche sur le torse. Herbert arrivé mi-2015, d'un zoo allemand (réputé joueur et aimant à nager en tournant sur lui-même) et Husar, arrivé le 10 juin 2016 en provenance de l'aquarium italien de Genova : âgé de 13 ans, "Husar" est probablement le premier Lamantin à avoir emprunté le tunnel du Mont Blanc durant son transfert[9].
Barry (3 ans, né au zoo d'Odense au Danemark) est mort noyé en août 2014[10].

Tentative de réintroduction en GuadeloupeModifier

Plus vu en Guadeloupe depuis le début du XXe siècle après avoir été victime d'une chasse importante, un projet de réintroduction du lamantin est en cours depuis 2016[11] dans la réserve naturelle du Grand Cul-de-sac Marin[12],[13]. Deux mâles (Kal et Junior) provenant de Singapour ont été installés dans un bassin à Blachon, dans la commune de Lamentin[14]. Junior meurt le 02 octobre 2016 à la suite d'une déficience rénale, tandis que Kai est renvoyé en 2018 au Parc zoologique de Paris. Les lamantins nés en captivité n'étant pas adaptés à cette réintroduction, le projet est repensé en novembre 2017 avec des animaux nés en milieu semi-naturel. Des contacts avec le Mexique sont pris[15].

Notes et référencesModifier

  1. Domning and Hayek (1986 Marine Mammal Science 2(2):87-144)
  2. Hatt (1934 Natural History 66:533-566)
  3. (Garcia-Rodriguez 1998 Molecular Ecology 7:1137-1149; Vianna et al. in press Molecular Ecology)
  4. Derraik J (2002) The pollution of the marine environment by plastic debris : a review. Marine Pollution Bulletin. 44: 842-852
  5. Anonyme (1996) Deadly Red tides hits Manatees ; Marine Pollution Bulletin. 32 (6): 456-457
  6. Ames A., Van Vleet E., 1996. Organochlorine residues in the Florida manatee, Trichechus manatus latirostris. Marine pollution Bulletin, 32 (4): 374-377
  7. Voir Page Mnhn - Parc Zoologique de Paris
  8. Voir Page Mnhn - Parc Zoologique de Paris [1]
  9. « Husar le Nouveau Lamantin du Parc Zoologique »
  10. Un jeune lamantin du zoo de Vincennes meurt noyé
  11. antilles.fr/actualite/environnement/reintroduction-du-lamantin-il-faut-encore-y-croire-331329.php Réintroduction du Lamantin, France Antilles du 16/07/2015
  12. La réintroduction du lamantin est prévue pour 2014
  13. [2]
  14. Olivier Feyt, Kai et Junior, deux lamantins à l'avant-garde du repeuplement, France-Antilles, 10 août 2016, no 13948
  15. France Antilles du 2 novembre 2017

Liens externesModifier

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