Transeuphratène

La Transeuphratène, littéralement au-delà du fleuve, est la transcription de l’akkadien Eber-Nāri et de Abar-Naharā en araméen. Il s’agit de la zone se trouvant au-delà de l’Euphrate lorsque l’on regarde ces terres depuis l’est. Elle correspondrait actuellement à une partie du Liban, de la Syrie, d’Israël, de Palestine et de la Jordanie.

Empire achéménide
Partie occidentale de l'Empire achéménide (Perse), vers -500
La région à une époque antérieure, vers -800

Ce dénominatif a été employé dans les archives assyriennes et babyloniennes[1] dès le VIIIème et ceci jusqu'au Ve siècle avant notre ère. Ces régions passent ensuite sous le contrôle achéménide lors de la conquête de la Mésopotamie par Cyrus le Grand.

La Transeuphratène semble avoir été une satrapie de l’empire perse avec un satrape à sa tête. Quelques fois son statut administratif semble avoir été rattaché à d’autres satrapies ou régions : avec la satrapie de la Babylonie (à partir de 535 avant notre ère, sous Cyrus), avec la Satrapie de la Cilicie (vers 344, sous Artaxerxes III). Elle semble avoir été également indépendante administrativement (vers 486 avant notre ère, sous Xerxes)[2].

Plusieurs noms de satrape ont été mis en évidence grâce aux fouilles archéologiques.

La Transeuphratène présentait une multitude de peuples aux cultures différentes qui cohabitaient dans ce vaste territoire : La Phénicie, la Philistine, Juda, la Samarie, le pays d’Edom qui deviendra ensuite l’Idumée, Moab, le pays d’Ammon.

SourcesModifier

La Transeuphratène comme satrapieModifier

Dans la liste des satrapies donnée par Hérodote, la Transeuphratène figure en 5e position (Histoire III, 91). Selon Hérodote cette satrapie était composée de la Phénicie, de la Syrie-Palestine et de Chypre.

En revanche, la Transeuphratène n’apparaît pas dans les listes royales des dynastes achéménides. Que ce soit dans les inscriptions de Darius Ier comme on peut le voir à Bisotun, ou de Xerxes, seule la satrapie de Babylone apparaît.

Les satrapes et gouverneurs de la TranseuphratèneModifier

Les textes légaux babyloniens[3]Modifier

  • Gubaru, gouverneur de Babylone et de Transeuphratène,
  • Hystanès, gouverneur de Babylone et de Transeuphratène
  • Tatannu, gouverneur de la Transeuphratène
  • Huta-x-x, gouverneur de Babylone et de Transeuphratène
  • Belesys, satrape (de Transeuphratène?)
  • Sihā, satrape (de Transeuphratène?)

Les textes de Hérodote et CtésiasModifier

  • Zopyre, comme satrape de Babylone
  • Mégabyze comme satrape de Transeuphratène

Le Papyrus Pascal d’ElephantineModifier

Les textes de Diodore (16.42.1) et Xénophon (Anabase 4:3, 5)Modifier

Les études numismatiques[4],[5]Modifier

Autres officiels de la TranseuphratèneModifier

Le livre d’Esdras mentionne le nom de deux fonctionnaires, présent du temps d’Artaxerxès Ier. Ceux-ci aurait fait partie de l’administration de la satrapie de la Transeuphratène : Rehum le chancelier et Shimshaï le scribe.

Découpage de la satrapieModifier

Cette satrapie aurait été découpée en plusieurs provinces correspondant plus ou moins aux peuples présents[6] :

BibliographieModifier

  • Casabonne, La Cilicie à l'époque achéménide. Paris, de Boccard 2004, p. 71.
  • M. Dandamayev, Iranians in Achaemenid Babylonia, Columbia Lectures on Iranian Studies 6, Costa Mesa, Calif., 1992.
  • M. Dandamayev, « Eber-Nari », Encyclopaedia Iranica, Vol. VII, Fasc. 6, p. 654-655 (https://iranicaonline.org/articles/eber-nari)
  • J. Elayi, “The Phoenician Cities in the Persian Period,” The Journal of the Ancient Near Eastern Society of Columbia University 12, 1980, p. 13-28.
  • I. Ephʿal, “Syria-Palestine under Achaemenid Rule,” CAH2 IV, 1988, p. 139-64.
  • S. Parpola, Neo-Assyrian Toponyms, Alter Orient und Altes Testament. Veröffentlichungen zur Kultur und Geschichte des Alten Orients und des Alten Testaments 6, Neukirchen-Vluyn, 1970.
  • Th. Petit, Satrapes et satrapies dans l’empire achéménide de Cyrus le Grand à Xerxès 1er, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège, fasc. 254, Paris, 1990, p. 189-92, 197-99.
  • Rainey, The Satrapy “Beyond the River”, 1969, p. 71
  • E. Stern, “The Persian Empire and the Political and Social History of Palestine in the Persian Period,” The Cambridge History of Judaism I, Cambridge etc., 1984, p. 70-87.
  • M. W. Stolper, “The Governor of Babylon and Across-the-River in 486 B.C.,” Journal Near Eastern Studies 48, 1989, p. 283-305.
  • R. Zadok, Geographical Names According to New and Late-Babylonian Texts, Beihefte zum Tübinger Atlas des Vorderen Orients, Répertoire Géographique des Textes Cunéiformes 8, Wiesbaden, 1985.

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Bibliographie concernant la Babylonie aux époques néo-babylonienne et achéménide, 2015 »
  2. (en) M. Stolper, « The Governor of Babylon and Across-the-River in 486 B.C. », Journal Near Eastern Studies 48,‎ , p.283-305
  3. (en) M. W. Stolper, « The Governor of Babylon and Across-the-River in 486 B.C. », Journal Near Eastern Studies 48,‎ , Table 1 p.290
  4. Olivier Casabonne, La Cilicie à l'époque achéménide, Paris, Persika,
  5. (en) Rainey, « The Satrapy “Beyond the River” », Australian Journal of Biblical Archaeology,‎ , p.71
  6. (en) E. Stern, « The Persian Empire and the Political and Social History of Palestine in the Persian Period », The Cambridge History of Judaism I,‎ , p.70-87