Traité de Plessis-lès-Tours

Le traité de Plessis-lès-Tours a été signé en septembre 1580 entre les Provinces-Unies et le duc François d'Anjou. Selon les termes de ce traité, François d'Anjou acceptait le trône des Pays-Bas, le but poursuivi étant de rendre les Provinces Unies indépendantes de la monarchie espagnole de Philippe II d'Espagne. L'accord n'a jamais pu devenir effectif à cause des restrictions que le traité imposait au pouvoir de François d'Anjou. L'autre raison de cet échec est la tentative infructueuse qu'a faite François d'Anjou d'attaquer Anvers.

Provinces Unies

François d'Anjou

AntécédentsModifier

 
François d'Anjou.

Dans le contexte de la Guerre de Quatre-Vingts Ans ou guerre des Flandes que les Provinces-Unies menaient contre l'Espagne depuis 1568 pour obtenir leur indépendance, les États généraux des Provinces-Unies essayèrent à plusieurs reprises de trouver un monarque étranger qui accepterait d'occuper le trône des Pays-Bas, dans le but de se libérer de la monarchie espagnole de Philippe II d'Espagne.

Élisabeth Ire d'Angleterre a rejeté leur offre en 1575, devant le risque de d'une guerre contre l'Espagne. Après avoir écarté l'archiduc Matthias d'Habsbourg, les hollandais entamèrent des conversations avec François d'Anjou, héritier du trône d'Henri III de France et qui avait des projets de mariage avec Élisabeth Ire (union qui ne se réalisa pas). Plaidait en faveur de cette candidature, que soutenait le stathouder Guillaume d'Orange, le fait qu'elle attirerait les sympathies et appuis militaires de la France et de l'Angleterre en faveur de la cause des Provinces-Unies; cependant, les soupçons sur l'intention du duc d'Anjou d'annexer les Pays-Bas à la France, et sa religion catholique opposée au protestantisme majoritaire aux Pays-Bas, provoquèrent la méfiance des Provinces envers ce possible monarque.

Le traitéModifier

 
Château de Plessis-lès-Tours.

Le [1], les représentants des Provinces Unies se sont réunis au château de Plessis-lès-Tours avec le duc d'Anjou, signant un traité provisoire suivant lequel le duc acceptait d'occuper le trône de la République Hollandaise en tant que souverain, portant le titre de "Défenseur des libertés des Pays-Bas". L'accord a été signé malgré l'opposition des provinces de Hollande et de Zélande, opposition surmontée grâce au droit de veto de Guillaume d'Orange.

Les termes du traité réduisaient les compétences du nouveau souverain au minimum, lui attribuant un rôle représentatif, alors que le pouvoir restait entre les mains des États Généraux. Ainsi, le traité incluait:

  • L'obligation pour le duc d'Anjou de résider aux Pays-Bas;
  • Les Provinces se réservaient le droit de choisir le successeur du duc d'Anjou parmi ses descendants;
  • L'engagement de maintenir les privilèges, chartes, statuts et coutumes locales, et obligation d'abdiquer à la première violation de cet engagement;
  • Le droit pour le duc d'Anjou de désigner les charges importantes devrait passer par l'approbation des Provinces. Seuls les gens du pays auraient accès à ces charges publiques;
 
Entrée du duc d'Anjou à Anvers.
  • L'obligation de respecter la liberté religieuse;
  • L'alliance militaire perpétuelle avec la France, sans pouvoir annexer aucun territoire hollandais au royaume de France;
  • Le soutien à la guerre contre l'Espagne par ses propres moyens et ceux de son frère Henri III;
  • Le duc d'Anjou devrait contribuer annuellement avec une somme de 2 400 000 florins;
  • L'interdiction de passer des traités avec l'Espagne sans le consentement des États Généraux;
  • L'armée hollandaise serait sous le commandement des États Généraux.

L'accord a été ratifié par la convention de Bordeaux (ou traité de Bordeaux) le .

En juillet 1581, les États généraux des Provinces-Unies publièrent l'Abjuration de la Haye, par lequel ils déclaraient formellement leur indépendance vis-à-vis de la monarchie de Philippe II d'Espagne, laissant ainsi ouverte la possibilité d'appliquer les termes du traité.

Rupture du traitéModifier

En février 1582, le duc d'Anjou arriva aux Pays-Bas, après avoir été nommé duc de Brabant. En contradiction avec les limitations imposées à son pouvoir, il envisagea d'occuper par la force diverses cités de la zone. En janvier 1583, à la tête de l'armée française, il attaqua la cité d'Anvers, capitale du Brabant. Une fois entrées dans la cité, ses troupes essayèrent de la prendre par la force, mais furent repoussées par la contre-attaque de la population, qui mit en déroute les français qui perdirent environ 1 500 tués.

Après avoir trahi les hollandais et avoir échoué militairement lors de l'attaque d'Anvers, le duc d'Anjou ne put se maintenir aux Pays-Bas. Il abandonna le pays en juin 1583. Les forces françaises se retirèrent en août de cette même année. Attaque d'Anvers

Notes et référencesModifier

  1. Le 29 septembre selon le calendrier grégorien, en vigueur à cette date en Espagne.

SourcesModifier

Voir aussiModifier