Traité de Londres (1840)

traité international concernant le moyen-orient (1840)
Convention de Londres
Description de cette image, également commentée ci-après
En hachuré, les territoires rendus à l'Empire ottoman par l'Égypte (Hedjaz et le Levant)
Convention pour la pacification au Levant
Type de traité Traité de paix
Signé
Londres, Royaume-Uni
Parties
Signataires Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse

Le Traité ou Convention de Londres du , est signé par la Grande-Bretagne, la Prusse, la Russie et l'Autriche d'une part et l'Empire ottoman d'autre part. Il a pour but de mettre fin à la Deuxième guerre égypto-ottomane et obtenir la pacification du Levant.

CirconstancesModifier

Depuis 1805, Méhémet Ali est maître de l'Égypte et cherche à s'émanciper du calife ottoman, son suzerain . Les deux guerres de 1831-1833 et 1839-1841 tournent à l'avantage de l'Égypte et montrent la faiblesse de l'« Homme malade de l'Europe ». La victoire égyptienne de Nezib sur les troupes de Mahmoud II le entraîne une crise diplomatique sur la question d'Orient. Certaines puissances craignent l'effet déstabilisateur d'un effondrement ottoman sur l'Europe. C'est alors que quatre puissances européennes (Grande-Bretagne, la Prusse, la Russie et l'Autriche), écartant la France qui soutient Méhémet Ali dans l’espoir de s’assurer une influence en Palestine, se mettent d'accord pour freiner les ambitions de celui-ci par la convention de Londres du . Tenue à l'écart, la France subit « un Waterloo diplomatique » selon l'expression d'Alphonse de Lamartine[1].

L'annonce de la conclusion de ce traité suscite en France une très vive colère et porte à son comble l'exaltation patriotique[2]

Le traité confirme toutefois la concession de l’Égypte à Méhémet Ali à titre héréditaire ; ce dernier reçoit en outre le pachalik d’Acre à titre viager, à condition d’accepter dans les 10 jours la notification de l’accord. Méhémet Ali refuse de se plier aux conditions de l'accord de Londres. Une expédition de troupes britanniques et autrichiennes prend Beyrouth, Saint-Jean-d'Acre et tout le littoral en quelques semaines, si bien que Méhémet Ali accepte la paix le . Il doit abandonner toute la Syrie et la Crète à l'Empire ottoman et restituer la flotte ottomane d'Alexandrie qui avait fait défection.

La convention de Londres de 1841 complète le traité de l'année précédente en garantissant la neutralité des « Détroits » en temps de paix et l'interdiction de la mer de Marmara aux navires de guerre.

Notes et référencesModifier

  1. Jérôme Louis, La crise du Proche-Orient de 1840 dans Champs de Bataille n°45
  2. Histoire de la Diplomatie française, Collectif, Perrin, 2005, p.557

Articles connexesModifier