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Le traité de Leake est un accord entre le « parti du Milieu », comprenant les partisans d'Édouard II d'Angleterre[1], et celui du cousin du roi, Thomas de Lancastre[2]. Il est signé à Leake dans le Nottinghamshire le 9 août 1318. Le traité devait réconcilier le roi et ses favoris avec Lancastre et d'autres membres de l'opposition baronniale. Au centre des négociations figuraient les comtes de Pembroke et de Hereford, ainsi que plusieurs prélats anglais.

Les négociations s'ouvrirent avec des pourparlers à Leicester entre les chefs du « parti du Milieu » et Lancastre[3].

Le maintien des ordonnances de 1311, à la base des réformes pendant le règne d'Édouard II, faisait partie de l'accord : elles furent approuvées lors de la signature finale du traité. La mise à l'écart des mauvais conseillers du roi, constamment réclamée par les barons depuis les premiers jours de l'ascendance du favori Pierre Gaveston, fut abandonnée. Des pardons pour toutes les offenses commises par Lancastre et ses alliés par le passé furent accordés. Un Parlement devait être convoqué et, surtout, un conseil devait être formé, dont un des membres devra être un banneret désigné par Lancastre, qui sinon ne siégerait pas. Sans l'accord de ce conseil, le roi ne pourrait exercer son autorité.

Lors d'une rencontre de l'Échiquier, il fut décidé que Lancastre, qui avait refusé de se présenter aux précédents Parlements, devrait être invité au prochain en tant que pair du royaume, « mais sans empiéter sur la souveraineté des autres », car Lancastre, de loin le plus grand des magnats anglais, détenait pour lui-même ce que l'historien May McKisack définit comme « une position unique et privilégiée vis-à-vis du roi et des barons »[4]. Le roi fit une déclaration à la cathédrale Saint-Paul de Londres, dans laquelle il affirma qu'il se conformerait aux ordonnances, qu'il ferait la paix avec son cousin avec lequel il s'était fréquemment disputé depuis son avènement en 1307, et qu'il serait désormais attentif aux conseils de ses barons. Lancastre insista pour que les terres confisquées par le roi soient rétrocédées à leurs proprétaires légitimes et que les mauvais conseillers soient écartés, pour que lui-même puisse approcher le roi sans danger.

Cinq jours après la signature du traité, le roi et Lancastre se rencontrèrent et échangèrent un baiser de paix. Des lettres de pardon furent délivrées à plus de 600 adhérents de Lancastre.

RéférencesModifier

  1. "Le grand nombre d'officiels et de courtisans au sein de ce parti exclut la possibilité qu'il était dirigé contre le roi", observe May McKisack The Fourteenth Century (Oxford History of England) 1959:53.
  2. McKisack 1959:53-56.
  3. J. G. Edwards, "The negotiating of the Treaty of Leake", Essays... presented to R. L. Poole (1927:360-78); B. Wilkinson, "The negotiations preceding the Treaty of Leake", Studies... presented to F.M. Powicke (1948:333-53).
  4. McKisack 1959:53.

SourcesModifier

  • John Maddicott, Thomas of Lancaster, 1307–1322, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 0-19-821837-0, OCLC 132766)
  • J. R. S. Phillips, Aymer de Valence, Earl of Pembroke 1307–1324, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 0-19-822359-5, OCLC 426691)
  • May McKisack, The Fourteenth Century, Oxford, Oxford History of England,