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Trégarvan

commune française du département du Finistère

Trégarvan
Trégarvan
Église de Trégarvan. À gauche et à droite du portail d'entrée du cimetière se trouvent une statue de saint Budoc et une pietà.
Blason de Trégarvan
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Crozon
Intercommunalité Communauté de communes de Pleyben-Châteaulin-Porzay
Maire
Mandat
Jean-Claude Ferezou
2014-2020
Code postal 29560
Code commune 29289
Démographie
Gentilé Trégarvanais
Population
municipale
128 hab. (2016 en diminution de 8,57 % par rapport à 2011)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 15′ 07″ nord, 4° 13′ 20″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 223 m
Superficie 9,68 km2
Localisation

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Trégarvan

Trégarvan [tʁegaʁvɑ̃] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

GéographieModifier

Trégarvan est situé, dans un méandre, sur la rive gauche de l'Aulne maritime, au pied du Ménez-Hom, entre Landévennec à 5,3 km au nord-est, Châteaulin à 11,6 km à l'ouest, et Crozon à 19,7 km à l'est (distances orthodromiques ou « à vol d'oiseau »).

De Trégarvan, on distingue vers le nord-ouest le pont de Térénez qui enjambe l'Aulne sur l'axe routier Le Faou-Crozon : le pont précédent datait de 1951 (et remplaçait lui-même celui de 1925, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale) et a été démoli pour des raisons de sécurité en raison de sa vétusté. Le superbe pont actuel, inauguré en 2011, est le premier pont courbe à haubans de France.

En face de Trégarvan, sur l'autre rive de l'Aulne, vers l'amont, en direction de Chateaulin, un rocher dénommé « Saut-du-Loup », surplombe l'Aulne d'une trentaine de mètres. Plus loin, sur la colline à droite du rocher, on distingue le village de Rosnoën et son clocher. En arrivant à Trégarvan, dans la descente qui mène au bourg, le point-de-vue sur l'Aulne, vers Châteaulin, et sur la colline de Rosnoën, est superbe, notamment à marée haute.

Hameaux et lieux-ditsModifier

Jadis (jusqu'aux années 1980) la plupart de ces lieux-dits correspondaient à des exploitations agricoles indépendantes, vivant essentiellement de la culture céréalière (blé, orge) et de l'élevage de vaches laitières et de porcins. Les plus grandes de ces « fermes » exploitaient 30 à 40 ha. Depuis, ces exploitations ont disparu, ou cédé leurs terres à de plus gros exploitants. Les bâtiments eux-mêmes ont souvent été convertis en gîtes ruraux, parallèlement à la démocratisation du tourisme en Bretagne. Parmi ces lieux-dits, citons : Bel-Air, Brigneun, Belle Vue, Kerfréval, Kerfénan, Toul ar Gloët, Kerdudal, Kéranquéré, Rulann, Keravel, la Fonderie, Ty Vigouroux, Kerzuel, Keravel, Kergantic, Keryé, Kerloc'h, Stanquelen, Le Cosquer. Certaines de ces fermes sont situées dans la lande, au pied du Menez-Hom (Toul ar Gloët, Kerfréval, Kerfénan), d'autres sont plus proches de l'Aulne et du bourg même de Trégarvan (Keryé). Goulenez, qui est plus un lieu-dit qu'une ferme, est situé quelques centaines de mètres avant le bourg de Trégarvan, situé au bord de l'Aulne. Goulenez regroupait jadis un certain nombre de petites exploitations depuis reconverties pour la plupart d'entre elles en gîtes ruraux.

ToponymieModifier

Trégarvan ou « la perle de l'Aulne », qui doit son nom à l'ancien breton treb (trève) et du cours d'eau « Garvan », fait partie de la communauté de communes du pays de Châteaulin et du Porzay.
Certains documents portent les nominations suivantes : Tribu Carvan (XIe siècle)[1], Treffcarvan en 1535 ou Tregarven en 1599.
Trégarvan, qui était à l'origine une trève de la paroisse d'Argol et dépendait de l'évêché de Cornouaille, devint commune en 1792.

HistoireModifier

Le XXe siècleModifier

La Belle ÉpoqueModifier

En 1902, le maire de Trégarvan écrit au préfet : « La population républicaine de la petite commune de Trégarvan est unanime à protester contre la mesure prise par M. le président du Conseil au sujet de l'interdiction de la langue bretonne dans les églises (...). Cette mesure ne peut être appliquée à la commune de Trégarvan, et dans tous les cas, la population est froissée par cette mesure ». Le sous-préfet de Châteaulin, dans une lettre datée du , reconnaît que « la plus grande partie » de la population ne comprend que le breton[2].

La Première Guerre mondialeModifier

Le monument aux morts de Trégarvan porte les noms de 15 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale : parmi eux trois (Jean Decarpentry, Joseph Lanchez, Jean Petton) sont des marins disparus en mer ; deux soldats sont morts sur le front belge (Guénolé Queffellec à Maissin dès le et Guillaume Faver à Nieuport le ) ; Yves Nicolas est mort en captivité en Allemagne le  ; les autres sont des soldats décédés sur le sol français[3].

La Deuxième Guerre mondialeModifier

Trégarvan n'a eu aucun mort pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale.

L'après Seconde Guerre mondialeModifier

Yvon Peucat a été le dernier instituteur de Trégarvan ; arrivé en 1972, il sortait juste de l'école normale de Quimper (personne n'avait demandé le poste) : classe unique mais à 4 niveaux, de la maternelle au CM1. « Je n'avais pas de douche et pas de chauffage, mais j'ai eu la chance d'avoir de l'eau chaude (...). Je n'avais pas le téléphone non plus (...) ». L'école a fermé en 1974 car il ne restait plus que 3 élèves[4].

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
? en cours Jean-Claude Ferezou DVD Retraité Fonction publique
Les données manquantes sont à compléter.

JumelagesModifier

MonumentsModifier

Musée de l'école rurale en BretagneModifier

Aux portes de la presqu'île de Crozon, dans le parc naturel régional d'Armorique, l'ancienne école de Trégarvan est le cadre idéal pour l'évocation de thèmes clés liés à l'école : ruralité, langue française et langue bretonne, école du « diable » et école du « bon Dieu », monde de l'écolier et de ses maîtres[5].


École édifiée en 1907 au centre du territoire communal, et en 1910, plus de 100 élèves venus des hameaux dispersés fréquentaient l'établissement. La position géographique de l'école permettait aux élèves, même les plus éloignés, de parcourir moins de 2 km à pied pour rejoindre l'établissement. L'école occupait en effet une situation stratégique, au lieu-dit : « la Croix », unifiant ainsi les fermes et habitants du bourg proprement dit de Trégarvan et de Goulenez, au bord de l'Aulne, à ceux de la « montagne », c'est-à-dire des habitants des fermes situées au pied du Menez-Hom (Toul-ar-Gloët, Kerfrenan, Kerfreval, Kervilly). L'école se situait sur l'axe routier Argol-Dinéault, ce qui facilitait le transport des élèves.

La déruralisation amena aussi la baisse de la présence qui passa à 5 élèves en 1974 et la fermeture de l'école suivit quelques années plus tard et sa transformation en musée.

L'église Saint-BudocModifier

 
L'église Saint-Budoc de Trégarvan.

Selon la légende, l'église devait être édifiée sur les hauteurs de Trégarvan, mais les pierres amoncelées pour la mise en œuvre dévalèrent la pente jusqu'à la berge. Cet étrange phénomène imposa la prudence et l'église fut bâtie sur les rives de l'Aulne.
L'église Saint-Budoc (XVIe – XVIIIe siècle), en partie reconstruite au début du XVIIIe siècle (ainsi que l'indique la date intérieure de 1706). On remarquera son élégant clocher ouvragé du XVIIe siècle.
Devant l'église, à l'entrée du cimetière, une émouvante pietà et la statue de saint Budoc à la légende non moins mystérieuse : on le dit né en Irlande et arrivé miraculeusement en Bretagne dans une auge de pierre… une plaisante façon de décrire les curraghs : bateau à fond plat et lesté d'une grosse pierre et utilisé par les moines d'outre-Manche dans leurs pérégrinations vers l'Armorique. Sur l'île Lavrec, près de Bréhat, où il crée un monastère, on lui confie un jeune homme plein d'avenir : Guénolé, le futur fondateur de la prestigieuse abbaye de Landévennec. À noter que la statue de saint Budoc porte un liséré blanc au niveau du cou, vestige d'une décapitation accidentelle survenue au début du XXe siècle (un enfant, juché sur la statue, en aurait été la cause).

Autres monumentsModifier

  • Vestiges de croix aux hameaux de : Kerloc'h ou Croas-Nevez (1615), Rulann ou Keranquéré (XXe siècle).
  • Les moulins à eau de Kerfréval, du Cosquer, de Garvan (dont certains sont transformés en maisons d'hôtes).

DémographieModifier

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
310317360365433487563609591
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
575532533496515529577572549
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
522528515452438418383369361
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
328274224192164146138137140
2016 - - - - - - - -
128--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. « Extrait du Cartulaire de Landévennec », Paris, imprimerie nationale, 1886.
  2. Fanch Broudic, L'interdiction du breton en 1902, Coop Breizh, (ISBN 2-909924-78-5).
  3. « Monument aux Morts - Trégarvan », sur memorialgenweb.org (consulté le 18 juin 2019).
  4. Trégarvan. Le dernier instituteur se souvient, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, numéro du 20 septembre 2019.
  5. Musée de l'école rurale en Bretagne
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.