Tourterelle des bois

espèce d'oiseaux

Streptopelia turtur

Streptopelia turtur
Description de cette image, également commentée ci-après
Tourterelle des bois
Classification (COI)
Règne Animalia
Classe Aves
Ordre Columbiformes
Famille Columbidae
Genre Streptopelia

Espèce

Streptopelia turtur
(Linnaeus 1758)

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A2bcd+3bcd+4bcd : Vulnérable

Tourterelle des bois en Vendée.

La tourterelle des bois (Streptopelia turtur) est une espèce d'oiseaux appartenant à la famille des Columbidae.

DénominationsModifier

L'espèce est décrite par Elizabeth Lauretta Conway en 1758 sous le nom de Streptopelia turtur[1].

CaractéristiquesModifier

La tourterelle des bois est le columbidé le plus svelte et élancé d’Europe. Son manteau n'est pas uniforme comme chez la tourterelle turque mais écaillé apparaissant tacheté de noir. Le cou est marqué de griffes noires, la poitrine est délicatement rosée. Terminée par une barre blanche, la queue noire et bien soulignée en vol par la blancheur des sous-caudales. Son vol est rapide, brusque au décollage et apparaît comme saccadé.

Cet oiseau mesure 25 à 28 cm de longueur pour une envergure de 49 à 55 cm et une masse généralement de 120 à 150 g (valeurs extrêmes de 85 et 208 g).

Écologie et comportementModifier

ChantsModifier

C’est le plus souvent par son chant que l’on repère la tourterelle des bois car elle reste volontiers confinée dans la végétation. Son roucoulement est doux comme étouffé.

AlimentationModifier

La tourterelle des bois cherche sa nourriture à terre ; elle est composée essentiellement de petites graines (de tournesol surtout) et principalement de plantes satellites des cultures mais également de graines de pin tombées au sol.

ReproductionModifier

 
Streptopelia turtur turtur - Muséum de Toulouse.
 
Tourterelle des bois, dans Nederlandsche vogelen.

Migratrice, la tourterelle des bois a le cycle de reproduction le plus court des colombidés européens. Les nicheurs arrivent de mi-avril à mi-mai. Après avoir élevé une ou deux nichées (1 à 2 œufs blancs), les tourterelles des bois repartent sur leurs quartiers d’hivernage dès la fin juillet, la migration battant son plein dans la deuxième quinzaine d’août, les derniers individus disparaissent du territoire français fin septembre début octobre. La migration est nocturne avec, dans certaines régions, un passage matutinal marqué (Médoc en prénuptiale, cols de Sare, Pays basque, en post-nuptiale). Si l’espèce est abondante au cours des migrations sur la zone côtière, des rassemblements post-nuptiaux peuvent être également observés dans certaines régions agricoles (Entre-deux-Mers, Béarn…).

Habitat et répartitionModifier

La sous-espèce nominale se reproduit de l’Atlantique à la Sibérie occidentale et à la Syrie, atteignant le nord de la Grande-Bretagne et jusqu’au 58° nord en Russie ; au sud, elle occupe la rive septentrionale du bassin méditerranéen tandis que la sous-espèce arénicole niche aux Baléares, au nord-ouest de l’Afrique, à l’est de la Méditerranée jusqu’à la Mongolie. D’autres sous-espèces occupent les régions sub-sahéliennes de l’Afrique. La tourterelle des bois hiverne en Afrique sahélienne dans les savanes buissonnantes où elle forme des dortoirs importants.

La population des tourterelles des bois en Europe de l’Ouest est passé de 15 millions à 3 millions d’individus en 35 ans (1980-2015), soit une chute de 78 %[2].

Répartition en FranceModifier

Très répandue en plaine, la tourterelle des bois est absente des massifs montagneux.

En Aquitaine : la tourterelle des bois est présente sur toute l’Aquitaine à l’exception des secteurs montagneux pyrénéens où la limite altitudinale se situerait à environ 650 m. Les densités de tourterelle des bois sont variables en fonction des disponibilités alimentaires. La tourterelle des bois fréquente tout type de milieux présentant des écotones ; elle utilise des paysages variés : bocager ou boisé, agricole, prairials à l’exception des habitats urbains.

Les tourterelles des bois perdent chaque année 1 % à 2 % de leurs effectifs en France[3].

Menaces et conservationModifier

Cette espèce est à considérer comme menacée au niveau mondial en raison d'un fort déclin, l'Union internationale pour la conservation de la nature la classe sous le statut vulnérable depuis 2015.

En Europe l'espèce est classée vulnérable, avec des effectifs en fort déclin (- 78 % de 1980 à 2015, selon Birdlife International (2015).

C'est en France, pays situé sur le corridor de migration le plus occidental pour l'Eurasie, que l'espèce a le plus régressé[4]. Dans ce pays l'espèce est aussi classée vulnérable.

Les densités et l’état de conservation des populations de tourterelles des bois en Aquitaine est mal connue. La présence de plantes commensales des cultures, les jachères et les paysages ouverts sont favorables à la dynamique de ses populations. La conservation de la tourterelle des bois, espèce migratrice, dépend également des conditions d’hivernage qu’elle rencontre dans les savanes africaines. La prédation par les chats domestiques, les insecticides et la chasse constitue les principales menaces pendant la migration[réf. nécessaire].

Dans la cadre notamment du nouveau Plan biodiversité validé en juillet 2018 qui a officiellement introduit en France la méthode de gestion adaptative par « quotas de prélèvements cynégétiques » pour un groupe d'espèces en forte voie de régression ou menacées de disparition, incluant la tourterelle des bois[5], le comité scientifique chargé de l'évaluation de l'état de ses populations de tourterelle a préconisé de ne plus la chasser du tout, car sa population totale avait chuté de 80 % en Europe en 40 ans, "ou, au pire, de tuer 1,3 % des effectifs estimés en France, soit 18 300 oiseaux". Un premier projet d'arrêté ministériel prévoyait d'autoriser 30 000 oiseaux tués. Puis à partir de 2019 un arrêté[6] fixe annuellement le nombre de prélèvements autorisés, avec dans un premier temps un maximum de 18 000 tourterelles des bois qui pourra être tué au cours de la saison de chasse 2019-2010 (soit cinq fois moins que le nombre de tourterelles estimées tuées par an les années précédentes[7]. Le chasseur a obligation d'enregistrer la capture d'un oiseau sur une application mobile[8]. La LPO, dénonçant cette décision « qui en dit long sur la persistance du lobby cynégétique en France », selon elle a annoncé vouloir porter l'affaire devant le Conseil d’État[7].

Notes et référencesModifier

  1. Linneus, Systema Naturae ed.10 p. 164
  2. « Le gouvernement souhaiterait autoriser la chasse de 36 000 oiseaux menacés », sur LCI,
  3. « L’alarmante disparition des oiseaux », sur www.franceinter.fr (consulté le 28 septembre 2019)
  4. voir figure 1 in
  5. Bacon, L., Lormée, H., & Guillemain, M. Modalités de gestion de la tourterelle des bois envisageables en France pour la saison de chasse 2019-2020 |PDF, 22p.
  6. arrêté publié le 31 août 2019 au Journal officiel
  7. a et b [SEAActu17h-20190902 Le gouvernement fixe pour la première fois un quota pour la chasse de la tourterelle des bois] ; Sciences et Avenir & AFP | 02.09.2019
  8. Arrêté du 30 août 2019 relatif à la chasse de la tourterelle des bois en France métropolitaine pendant la saison 2019-2020

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :