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Tour de France 1920

course cycliste
Tour de France 1920
Tour de France 1920.png
Généralités
Course
14e Tour de France
Étapes
15
Date
Distance
5 503 km
Pays
Lieu de départ
Lieu d'arrivée
Pays traversé(s)
Partants
91Voir et modifier les données sur Wikidata
Coureurs au départ
113
Coureurs à l'arrivée
22
Vitesse moyenne
24,072 km/h
Résultats
Vainqueur
Deuxième
Troisième

La 14e édition du Tour de France s'est déroulée du 27 juin au 25 juillet 1920 sur 15 étapes pour 5 503 km. Le départ du Tour a lieu à Argenteuil ; l'arrivée se juge au Parc des Princes. Le Belge Philippe Thys devient le premier coureur à remporter un troisième Tour de France. Les coureurs belges poursuivent leur domination sur le Tour en occupant les sept premières places du classement général. Ce Tour est également marqué par une majorité d'arrivées groupées et des ententes entre coureurs de La Sportive malgré le caractère individuel de la course.

ParcoursModifier

Ce Tour de France comprend 15 étapes, pour une distance totale de 5 503 km, ce qui en fait le troisième Tour le plus long, après ceux de 1926 et 1919. Le parcours est semblable à celui de l'année précédente. Aix-en-Provence et Gex sont villes-étapes à la place de Marseille et Genève. Pour la quatrième fois, le Tour part vers l'ouest pour revenir vers Paris par l'est.

ParticipantsModifier

113 coureurs prennent part à cette édition : 31 coureurs de « première classe » et 82 de « deuxième classe »[1]

Équipes participantesModifier

Déroulement de la courseModifier

Comme l'année précédente, les premières étapes voient de nombreux coureurs abandonner, à cause notamment des routes restées en mauvais état, et de pneus de mauvaise qualité. Ainsi des 113 coureurs partis de Paris, il n'en reste que 48 à la fin de la quatrième étape. Jean Alavoine a notamment quitté la course lors de la deuxième étape[2], Francis Pélissier et Odile Defraye lors de la troisième.

Louis Mottiat s'impose au Havre et prend le maillot jaune. Jean Rossius, Philippe Thys Félix Goethals et Émile Masson senior sont classés dans le même temps. À Cherbourg, Thys s'impose dans un groupe de trente coureurs, puis Henri Pélissier s'impose à Brest dans un groupe de dix. Après ces trois étapes, Rossius, Thys, Masson et Goethals ont toujours le même temps au classement général, tandis que Mottiat perd plus d'une heure et demie sur la route de Brest. Pélissier gagne encore aux Sables-d'Olonne, à l'issue de la nouvelle arrivée en groupe, puis abandonne une nouvelle fois le Tour de France. Lors de la cinquième étape, il est pénalisé de deux minutes pour s'être débarrassé d'un boyau, alors que le règlement interdit de se débarrasser du matériel fourni par l'organisation. Desgrange commente cet abandon : « Pélissier ne sait pas souffrir, il ne gagnera jamais le Tour de France ! »[3].

Firmin Lambot gagne à Bayonne cette étape, qui laisse Thys et Masson en tête de la course avant les Pyrénées, puis s'impose à Luchon, après être passé en tête aux cols d'Aubisque, du Tourmalet, d'Aspin et de Peyresourde. Thys, deuxième, prend le large au classement général. Hector Heusghem est deuxième à 28 minutes. Les victoires de Rossius à Perpignan et de Louis Heusghem à Aix n'inquiètent pas à Thys. Celui-ci s'impose à Nice et Hector Heusghem, vainqueur à Nice et toujours deuxième, compte une heure de retard au classement général. La dernière étape des Alpes, remportée par Lambot, fixe le classement général.

Les quatre dernières étapes sont « monotones »[4] et voient encore des groupes se disputer la victoire. Thys gagne à Strasbourg et Metz, Goethals à Dunkerque, Rossius à Paris.

Philippe Thys remporte ce Tour de France. Il est accueilli triomphalement par la foule du Parc des Princes, qui envahit la piste, obligeant certains coureurs à terminer à pied[4].

Bilan de la courseModifier

Philippe Thys devient le premier coureur à remporter trois Tours de France. Ce record sera égalé par Louison Bobet en 1955, puis dépassé par Jacques Anquetil, vainqueur à cinq reprises entre 1957 et 1964. La vitesse moyenne de 24,072 km/h fait de Thys le deuxième vainqueur le plus lent du Tour, après Firmin Lambot en 1919 (24,056 km/h).

Cette édition est marquée par la domination des coureurs belges qui occupent les sept premières places du classement, gagnent douze des quinze étapes, et s'imposent sept fois consécutives de 1912 à 1922. Pour les coureurs français, c'est en revanche une « complète déroute »[5]. Le premier d'entre eux est Honoré Barthélémy, huitième malgré une fracture à l'épaule[1].

Comme en 1919, et comme cela sera le cas en 1921, la victoire revient à un coureur du Consortium La Sportive, qui regroupe les principaux constructeurs et équipementiers, et engage la plupart des meilleurs coureurs. Ces succès doivent beaucoup aux ententes entre coureurs du consortium, dictées par son dirigeant Alphonse Baugé, alors que la course est, d'après son règlement, individuelle. L'image du Tour pâtit de ces entorses au règlement de course et de « champions peu charismatiques » durant les premières années de l'entre-deux-guerres[6].

Les étapesModifier

Étape Date Villes étapes Distance Vainqueur d'étape Leader du classement général
1re étape 27 juin ParisLe Havre 388   Louis Mottiat   Louis Mottiat[7]
2e étape 29 juin Le HavreCherbourg 364   Philippe Thys   Philippe Thys
3e étape 1er juillet CherbourgBrest 405   Henri Pélissier   Philippe Thys
4e étape 3 juillet BrestLes Sables-d'Olonne 412   Henri Pélissier   Philippe Thys
5e étape 5 juillet Les Sables-d'OlonneBayonne 482   Firmin Lambot   Philippe Thys
6e étape 7 juillet BayonneLuchon 326   Firmin Lambot   Philippe Thys
7e étape 9 juillet LuchonPerpignan 323   Jean Rossius   Philippe Thys
8e étape 11 juillet PerpignanAix 325   Louis Heusghem   Philippe Thys
9e étape 13 juillet AixNice 356   Philippe Thys   Philippe Thys
10e étape 15 juillet NiceGrenoble 333   Hector Heusghem   Philippe Thys
11e étape 17 juillet GrenobleGex 362   Léon Scieur   Philippe Thys
12e étape 19 juillet GexStrasbourg 354   Philippe Thys   Philippe Thys
13e étape 21 juillet StrasbourgMetz 300   Philippe Thys   Philippe Thys
14e étape 23 juillet MetzDunkerque 433   Félix Goethals   Philippe Thys
15e étape 25 juillet DunkerqueParis 340   Jean Rossius   Philippe Thys

Classement généralModifier

 
Philippe Thys, le vainqueur du Tour de France 1920.
Classement général final
Rang Coureur Cat. Temps
1   Philippe Thys   1 231 h 07 min 15 s
2   Hector Heusghem 1 + 57 min 21 s
3   Firmin Lambot 1 + 1 h 39 min 35 s
4   Léon Scieur 1 + 1 h 44 min 58 s
5   Émile Masson 1 + 2 h 56 min 52 s
6   Louis Heusghem 1 + 3 h 40 min 47 s
7   Jean Rossius 1 + 3 h 49 min 55 s
8   Honoré Barthélémy 1 + 5 h 35 min 19 s
9   Félix Goethals 1 + 9 h 23 min 07 s
10   Joseph Van Daele 1 + 10 h 45 min 41 s
11   Eugène Dhers 1 + 11 h 15 min 09 s
12   José Pelletier 2 + 20 h 04 min 32 s
13   Théo Wynsdau 2 + 25 h 14 min 02 s
14   Noel Amenc 2 + 33 h 25 min 47 s
15   Joseph Muller 2 + 33 h 48 min 53 s
16   Henri Ferrera 2 + 34 h 32 min 27 s
17   Guglielmo Ceccherelli 2 + 48 h 40 min 35 s
18   Marius Matheron 2 + 51 h 11 min 04 s
19   Etienne Dorfeuille 2 + 53 h 10 min 00 s
20   Pierre Hudsyn 2 + 55 h 36 min 42 s
21   André Coutte 2 + 55 h 57 min 46 s
22   Charles Raboisson 2 + 69 h 01 min 05 s

Notes et référencesModifier

  1. a et b « Tour de France 1920 », sur memoire-du-cyclisme.net (consulté le 15 septembre 2012)
  2. Chany 2004, p. 181
  3. Chany 2004, p. 182
  4. a et b Chany 2004, p. 183
  5. Chany 2004, p. 185
  6. Lagrue 2004, p. 55-56, 60-61
  7. Après la première étape, Mottiat, Rossius, Thys, Goethals et Masson sont tous dans le même temps. Mottiat est leader au bénéfice de sa victoire d'étape.

BibliographieModifier

  • Pierre Lagrue, Le Tour de France : Reflet de l'histoire et de la société, L'Harmattan, , 300 p. (ISBN 2747566757)
  • Pierre Chany, La fabuleuse histoire du Tour de France : livre officiel du centenaire, Minerva, , 959 p. (ISBN 2830707664)
  • Coll., Tour de France, 100 ans, Paris, L'Équipe, 2003, tome 1, p. 116-123

Liens externesModifier