Torcé

commune française d'Ille-et-Vilaine

Torcé
Torcé
L'église paroissiale Saint-Médard à Torcé.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Ille-et-Vilaine
Arrondissement Fougères-Vitré
Intercommunalité Vitré Communauté
Maire
Mandat
Yannick Fouet
2020-2026
Code postal 35370
Code commune 35338
Démographie
Gentilé Torcéens
Population
municipale
1 187 hab. (2017 en augmentation de 5,04 % par rapport à 2012)
Densité 85 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 03′ 42″ nord, 1° 15′ 57″ ouest
Altitude Min. 69 m
Max. 104 m
Superficie 14,03 km2
Élections
Départementales Canton de La Guerche-de-Bretagne
Législatives Cinquième circonscription
Localisation
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Liens
Site web www.mairie-torce.fr

Torcé est une commune française située dans le département d'Ille-et-Vilaine en région Bretagne, peuplée de 1 187 habitants[Note 1] (les Torcéens).

GéographieModifier

InfrastructuresModifier

Le territoire communal de Torcé est traversé par deux importantes infrastructures :

Communes limitrophesModifier

ToponymieModifier

Le nom de la localité est attesté sous les formes Torceio en 1093, Torcé en 1196, Torceyo en 1469[réf. nécessaire].

HistoireModifier

Époque moderneModifier

En 1574 un coup de main nocturne fut effectué par des paysans de Torcé, Argentré et Le Pertre menés par leurs seigneurs contre les protestants de Vitré. Ils participèrent aussi, avec d'autres paysans venus de 53 paroisses du pays vitréen, au siège de Vitré par les Ligueurs au printemps et à l'été 1589[1].

Une partie de la seigneurie de La Haye en Torcé s'étendait dans la paroisse de Vergeal. Un aveu daté du présenté par Marie de Rabutin Chantal, veuve du « haut et puissant seigneur messire Henri de Sévigné », déclare « ladite dame qu'elle a droit de faire mettre un banc à queue dans l'église de Vergeal, advis l'hostel [autel] de Notre-Dame, armoyé de ses armes, prohibitif et deffensable »[2].

Un chemin des saulniers (emprunté par les faux-sauniers pratiquant la contrebande du sel entre la Bretagne et le Maine, pays de gabelle, passe à la limite des communes de Veneffles (désormais annexée par la commune de Châteaugiron) et d'Ossé avec celles de Chaumeré (désormais annexée par la commune de Domagné) et Saint-Aubin-du-Pavail, puis, après avoir traversé Domagné, passe à la limite de celle de Cornillé avec celles de Torcé et Louvigné-de-Bais avant de rejoindre, via Étrelles et Argentré-du-Plessis, Le Pertre. Ce chemin des saulniers est d'origine ancienne, c'est probablement une ancienne voie romaine ; son tracé se lit encore très bien sur une carte, empruntant successivement de l'ouest vers l'est des tronçons des routes départementales D 93, D 104, D 35, à nouveau D 104 et enfin D 33[3].

Révolution françaiseModifier

Torcé fait partie des communes déclarées totalement insurgées en 1793-1794[4]. Une compagnie chouanne exista à Torcé ; elle était membre de la "colonne de Saint-Didier et Pocé", qui elle-même dépendait de la division de Vitré de l'Armée catholique et royale de Rennes et de Fougères ; elle fut dirigée par Pierre Rossignol, puis par Louis de Chabert[5]. La "colonne de Saint-Didier et Pocé" était divisée en plusieurs compagnies : la compagnie de Torcé (dont le capitaine était René Martin, le lieutenant Louis Cordé), la compagnie de Saint-Didier, la compagnie de Cornillé, la compagnie de Pocé.

Le 4 floréal an II (), le général Kléber donne ordre aux troupes stationnées à Vitré, en « laissant les routes garnies [ = surveillées] », de se porter « sur Vergeal, en passant par Cornillé et Torcé »[6].

Le XIXe siècleModifier

Le journal Le Courrier écrit le  : « Un horrible assassinat vient d'être commis près de Vitré. Le maire de Torcé, accompagné par son beau-père, regagnait son domicile lorsqu'il fut accosté par deux réfractaires. La conversation s'engage ; le maire les stimule à se soumettre, et leur parle avec confiance. Tout à coup ces deux misérables s'élancent sur le maire, lui arrachent le fusil dont il est porteur et l'un l'étend mort de deux balles, pendant que l'autre bat le beau-père qui, meurtri de coups, a eu beaucoup de mal à regagner Vitré »[7]. Cet événement est lié à l'insurrection légitimiste de 1832.

Le XXe siècleModifier

La Belle ÉpoqueModifier

Le journal Ouest-Éclair du écrit à propos de l'inventaire des biens d'église : « À Izé, Torcé, Champeaux ont eu lieu des tentatives d'inventaire ; là, comme dans les autres paroisses, les agents du fisc et les gendarmes se sont retirés devant les protestations et le refus d'ouvrir les portes. De Vitré, on entend le tocsin sonner dans les villages voisins, et de toutes parts on organise la résistance, et on veille, en attendant le crochetage »[8].

Le , M. de Langle, maire de la commune, est condamné à 6 jours de prison et 200 francs d'amende par le tribunal correctionnel de Vitré pour avoir le outragé les gendarmes dans la cour de son château des Ténières lors de l'inventaire des biens d'église à Torcé[9].

L'Entre-deux-guerresModifier

Selon un article publié en 1926, l'école laïque de Torcé n'aurait eu à cette date aucun élève, mais conservait un enseignant titulaire[10].

HéraldiqueModifier

  Blason
Inconnu.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administrationModifier

Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
         
avant 1906 après 1906 Yves de Langle[11]    
         
avant 1952 après 1952 Pierre de Langle[12]   Fils d'Yves de Langle
         
  1971 Alfred Baslé    
1971 1983 Marcel Esnault    
mars 1983[13] mars 2014 Michel Desrues[14]    
mars 2014[15] En cours Yannick Fouet DVG Responsable sélection avicole

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[16]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[17].

En 2017, la commune comptait 1 187 habitants[Note 2], en augmentation de 5,04 % par rapport à 2012 (Ille-et-Vilaine : +5,19 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
756690691802713764802805836
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
816796772761731710681732708
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
634630638585633630638630649
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
6515965926817889161 1441 1471 190
2017 - - - - - - - -
1 187--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

ÉconomieModifier

La commune dispose d'un tissu industriel à dominante agro-alimentaire.

TransportsModifier

La commune est desservie par la ligne de bus n°9 de Vitré Communauté.

Lieux et monumentsModifier

La commune compte 127 bâtiments inventoriés[20].

L’église Saint-Médard remonte au XIe siècle et est inscrite comme monument historique depuis 2003[21]. Le retable lavallois du maître-autel[22] est de Pierre Corbineau ; il date de 1652 et a été restauré en 1995.

Le château des Tesnières construit par l'architecte Jacques Mellet en 1860 pour la famille de Langle.

Activité et manifestationsModifier

Personnalités liées à la communeModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale 2017, légale en 2020.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Michel Lagrée, La structure pérenne, événement et histoire en Bretagne orientale, XVIe-XXe siècles, "Revue d'histoire moderne et contemporaine", juillet 1976, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5446239g/f86.image.r=Pertre?rk=5600886;0
  2. M. Etasse, Documents inédits concernant la baronnie de Vitré, "Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine", 1910, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207795g/f141.image.r=Louvign%C3%A9-de-Bais
  3. Paul Banéat, Étude sur les voies romaines du département d'Ille-et-Vilaine, "Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine", 1927, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122073r/f98.image.r=Domagn%C3%A9
  4. Jean-Baptiste Kléber et Henri Baguenier-Desormeaux, "Kléber en Vendée (1793-1794) / documents publiés, pour la Société d'histoire contemporaine", 1907, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111939x/f461.image.r=Saint-Aubin-des-Landes
  5. Il s'agit probablement de Louis Gabriel de Chabert, né le à Sainte-Marie-Laumont, dont le frère Pierre-Louis Chabert fut emprisonné au château de Thorigny comme "parent d'un chef de chouans", voir http://www.normannia.info/pdf/jourdan1907.pdf, page 174
  6. Jean-Baptiste Kléber, "Kléber en Vendée (1793-1794) / documents publiés, pour la Société d'histoire contemporaine", 1907, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k111939x/f453.image.r=Cornill%C3%A9?rk=2060096;0
  7. Journal Le Courrier, n° du 10 juillet 1832, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4708827c/f3.image.r=Pertre?rk=128756;0
  8. Journal Ouest-Éclair no 3288 du 9 mars 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6410026/f3.image.r=Poc%C3%A9?rk=5622345;2
  9. Journal Ouest-Éclair no 3315 du 5 avril 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k641029j/f3.image.r=Saint-Aubin-des-Landes?rk=2424904;4
  10. Union des associations catholiques des chefs de famille, Écoles laïques sans élèves, "École et famille : bulletin mensuel de l'Union des associations catholiques des chefs de famille", juillet 1926, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784375w/f124.image.r=Marpir%C3%A9?rk=21459;2
  11. Yves Marie de Langle, né le à Vitré, décédé le à Rennes
  12. Pierre de Langle, né le à Torcé, décédé le à Rennes
  13. « Municipales à Torcé. Michel Desrues, le maire, ne se représente pas », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 20 juillet 2014)
  14. « Les maires élu du 1er tour », Dimanche Ouest-France, no 534,‎ , p. 10-11 (ISSN 1285-7688)
  15. « Municipales à Torcé. Yannick Fouet est le nouveau maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 20 juillet 2014)
  16. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  17. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  20. Présentation de la commune de Torcé, sur Gertrude, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
  21. « Eglise Saint-Médard », notice no PA35000022, base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. Retable du maître-autel, sur Gertrude, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.

Voir aussiModifier

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Liens externesModifier