Tony Yoka

boxeur français

Tony Yoka
Image illustrative de l’article Tony Yoka
Tony Yoka célèbre sa victoire aux Jeux olympiques de 2016.
Fiche d’identité
Nom de naissance Tony Victor James Yoka
Nationalité Française
Naissance (29 ans)
Paris, Île-de-France, Drapeau de la France France
Style Boxe anglaise
Taille m (6 7)[1]
Catégorie Poids lourds et super-lourds
Palmarès
Professionnel Amateur
Combats 11 72
Victoires 11 60
Victoires par KO 9
Défaites 0 12
Titres professionnels Champion de l'Union européenne poids lourds (2021)
Titres amateurs Champion olympique 2016 (poids super-lourds)

Champion du monde 2015 (poids super-lourds)

Champion de France 2012 et 2014 (poids super-lourds)
Dernière mise à jour : 6 mars 2021

Tony Yoka, né le à Paris, est un boxeur français évoluant dans les catégories des poids lourds et super-lourds. Il est le premier français à être champion du monde amateur dans la catégorie super-lourds en 2015, puis champion olympique des super-lourds aux Jeux olympiques d'été de 2016 à Rio de Janeiro.

Carrière amateurModifier

JeunesseModifier

Tony Victor James Yoka naît le à Paris. Il naît d'une mère française et du boxeur congolais (RDC) Victor Yoka, dont la carrière fut stoppée pour raisons médicales[2]. Tony commence la boxe dès l'âge de 6 ans avec son père, puis rejoint un club de Chanteloup-les-Vignes à 8 ans[2]. Son père continue de l'entraîner jusqu'à ses 16 ans[3] alors qu'il rejoint le club BA des Mureaux, l'un des meilleurs de France, et l'entraîneur Moktar Hadjri[4].

Grand espoir de la boxe (2009-2011)Modifier

En , alors qu'il a 17 ans, Tony Yoka rejoint l'INSEP[2]. Il poursuit ses études scientifiques entre les deux entraînements de boxe par jour[4]. Deux fois champion de France cadet, Champion de France juniors, il est médaillé de bronze aux Championnats d’Europe Juniors. Sa sélection Jeune espoir de la boxe, il attire l'attention en devenant vice-champion du monde junior et gagnant la médaille d'or des Jeux olympiques de la jeunesse 2010 à Singapour[5]. Repéré par Brahim Asloum, il intègre en 2010 la franchise Paris United et participe aux World Series of Boxing (WSB) dont il remporte l'édition 2011. Sa sélection aux WSB fait polémique en raison de son jeune âge[6]. À 18 ans, il vise la qualification olympique malgré la différence de poids avec ses adversaires senior[7]. Il devient par ailleurs champion de France de boxe amateur en 2012 dans la catégorie des poids super-lourds.

Première aventure olympique (2012)Modifier

Tony Yoka se qualifie pour les Jeux olympiques de Londres en accédant à la finale du tournoi de qualification olympique[8]. En demi-finale, il domine le hongrois Istvan Bernath sur le score de 12 à 2[8]. Plus jeune poids lourd participant aux Jeux de Londres, il s'incline au premier tour contre le Canadien Simon Kean. Alors qu'il domine le début du combat, il se met la pression, panique et arrête de boxer[9]. Cette défaite précoce est une désillusion pour le boxeur dont l'objectif est alors la médaille olympique[10]. Après les Jeux, il se fait tatouer sur le bras « la chute n’est pas un échec, l’échec c’est de rester là où on est tombé »[3].

En constante progression (2013-2014)Modifier

La saison suivant les Jeux olympiques est difficile pour le boxeur qui se blesse à plusieurs reprises : fracture à une main, nez cassé et coupure à un genou[11]. Lors des championnats du monde amateur 2013, à Almaty au Kazakhstan, il s'incline au premier tour contre le boxeur italien Roberto Cammarelle[12].

Il est champion de France amateur en 2014 après des victoires par KO en quart de finale, demi-finale et finale[13].

Champion du monde amateur (2015)Modifier

Touché par le décès d'Alexis Vastine avec qui il s'est entraîné, Yoka lance avec Estelle Mossely une souscription pour la famille du boxeur[14]. En , il reprend la compétition après six mois d'absence par une défaite par KO contre le Turc Ali Eren Demirezen[15]. Dans la continuité, Yoka part pour Bakou où il est médaillé de bronze des Jeux européens[16]. Le , il devient champion du monde de boxe amateur à Doha en battant aux points le Kazakh Ivan Dychko[17]. Il devient le troisième Français à remporter ce titre après Jérôme Thomas à Belfast en 2001 et Willy Blain à Bangkok en 2003[18],[19]. Ce succès aux Championnats du monde lui permet de se qualifier pour les Jeux olympiques d'été de 2016[20].

Médaillé d'or aux Jeux olympiques de Rio (2016)Modifier

Le , il se prépare pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro (Brésil) en combattant lors de la soirée de retour de Canal+ dans la boxe[21]. Dans cette grande soirée parisienne[22], il domine Marin Mindoljevic par KO à la quatrième reprise[23],[24]. En amont de sa deuxième aventure olympique, Yoka multiplie les apparitions médiatiques, au Grand Journal[25] ou encore dans l'émission Clique avec Mouloud Achour[26].

Champion du monde en titre et tête de série, il est exempt de premier tour et entre directement en huitième de finale dans le tournoi olympique des super-lourds. Opposé au boxeur des Îles Vierges américaines Clayton Laurent, Yoka emporte les trois rounds et se qualifie pour les quarts de finale[27]. Le , il remporte la médaille d'or grâce à sa victoire en finale contre le Britannique Joe Joyce en emportant deux rounds contre un[28].

Boxeur professionnel (depuis 2017)Modifier

« La conquête » du titre poids-lourdsModifier

Champion olympique, Tony Yoka connaît une médiatisation accélérée[29]. Présent à l'élection de Miss France et sur le plateau de l'animateur Cyril Hanouna, il réalise la promotion de sa carrière[29]. Le , Tony Yoka signe un contrat d'exclusivité de quatre ans avec Canal+[29]. La chaîne mise sur le boxeur et nomme son aventure sportive « La Conquête » avec comme objectif annoncé de devenir le premier champion du monde poids lourd français[29],[30]. Yoka part en Californie, dans la banlieue de San Francisco, s'entraîner avec Virgile Hunter, l'entraîneur d'Andre Ward[31],[32].

Le , après plusieurs mois de préparation intensive, le boxeur remporte son premier combat professionnel contre le boxeur américain invaincu Travis Clark qu'il met KO au milieu du deuxième round[33],[34]. Pour sa première pesée chez les professionnels, Yoka affiche 109 kg sur la balance[35]. Le , Yoka effectue son second combat professionnel au Zénith de Paris, et gagne aux points sur une décision unanime des juges contre le boxeur américain Jonathan Rice[36]. Lors de son troisième combat professionnel contre l'ancien champion de Belgique Ali Baghouz se déroulant le à La Seine musicale, le deuxième en deux mois, Tony Yoka gagne sur arrêt de l'arbitre lors de la seconde reprise[37].

Suspension d'un an pour « manquements » à la réglementation antidopageModifier

En , Tony Yoka est sanctionné d'une suspension d'un an avec sursis par la commission antidopage de la fédération française de boxe pour « manquements » à la réglementation antidopage[38],[39],[40].

Le , Tony Yoka bat le quintuple champion de France Cyril Léonet par KO au cinquième round[41],[42] et le à Paris, il bat le britannique David Allen par arrêt de l'arbitre dans la dixième et dernière reprise[43].

Le , la sanction d'un an de suspension est confirmée par le Conseil d'État et Tony Yoka est alors suspendu jusqu'en [44]. Dans le cadre de l'appel de Tony Yoka concernant sa condamnation, le rapporteur public demande le au Conseil d'État, dont la décision est attendue une dizaine de jours plus tard, de ne pas transmettre au Conseil Constitutionnel les questions prioritaires de constitutionnalité présentée par la défense du boxeur[45]. Le , le Conseil d'État rejette la demande de Yoka de transmettre au Conseil constitutionnel des questions prioritaires.

Retour à la compétitionModifier

Le retour à la compétition de Yoka après sa suspension d’un an par l’AFLD pour défaut de localisation s'effectue le contre le boxeur Allemand Alexander Dimitrenko, ancien champion d'Europe, à l'Azur Arena d'Antibes[46]. Yoka gagne contre Dimitrenko par arrêt de l'arbitre à la troisième reprise[47].

Le à Nantes, Yoka bat l'ancien champion d'Allemagne et d'Europe Michael Wallisch, par arrêt de l'arbitre à la troisième reprise[48].

Le combat prévu le contre Christian Hammer est annulé en raison d'une blessure de l'Allemand. Le combat prévu le à New York, contre un adversaire tenu secret est également annulé début [49]. Cette annulation pourrait être due à un manque d'adversaire, puisque son nouveau promoteur américain Bob Arum, avec lequel c'est la première collaboration, semblait chercher un combattant durant les jours précédant l'annulation le . La bourse brut proposée, peu élevée, de 35 000 dollars (31 000 euros), pourrait selon la presse être la cause, ne laissant la place qu'à un adversaire de niveau moyen[50].

Le , il bat Johann Duhaupas par K.O dès le premier round à Nanterre[51].

Le , il s'impose aux points face à l'ancien champion d'Allemagne et d'Europe, l'allemand Christian Hammer lors de son 9e combat professionnel et demeure toujours invaincu depuis ses débuts[52].

Le , Yoka bat le Belge Joël Tambwe Djeko[53] par K.O technique dans la 12e et dernière reprise, s'adjugeant ainsi sa première ceinture celle du titre vacant de l'Union Européenne des poids lourds EBU [54].

Le 10 septembre 2021, sur le central de Roland-Garros, il bat le Croate Petar Milas par arrêt de l'arbitre à la fin du 7e round. Il signe ainsi sa onzième victoire sur onze combats professionnels.

PalmarèsModifier

Palmarès professionnelModifier

Titres professionnels en boxe anglaiseModifier

Titres régionaux/internationauxModifier

  • Champion poids lourds EBU European Union (2021)

Style et allongeModifier

Tony Yoka est surnommé « l'artiste » du fait de son style de boxe technique et rapide pour un boxeur de la catégorie poids lourds[68]. Sa rapidité et ses feintes font partie de ses principaux atouts dans une catégorie qui s'axe sur la puissance[69]. Son allonge de 2,08 m[70] est dans la moyenne des hommes de sa taille, mais nettement supérieure à celle de la plupart des boxeurs qu'il a rencontré, ce qui a constitué un avantage.

Vie privéeModifier

Il partage sa vie avec la boxeuse Estelle Mossely[71], également championne olympique au cours des mêmes Jeux. En mars 2017, ils annoncent attendre leur premier enfant via un cliché posté sur les réseaux sociaux[72]. Leur premier enfant, un garçon prénommé Ali, naît le [73]. Il épouse sa compagne Estelle Mossely le [74]. Le , Estelle Mossely annonce sur Instagram sa séparation avec Tony Yoka après l'annonce de sa 2e grossesse. Ils se remettent ensemble quelques semaines plus tard[75]. Leur deuxième enfant, un garçon prénommé Magomed, naît le [76].

DistinctionsModifier

RéférencesModifier

  1. « Tony Yoka » (consulté le ).
  2. a b et c « Tony Yoka », Fédération Française de Boxe, (consulté le ).
  3. a et b « À la découverte du phénomène Tony Yoka », Sport365, (consulté le ).
  4. a et b Lionel Wast, « Tony Yoka : boxeur hors norme », Fédération Française de Boxe, (consulté le ).
  5. « Tony Yoka brille aux Jeux Olympiques de la Jeunesse », Fédération Française de Boxe, (consulté le ).
  6. Cédric Mathiot, « La boxe s’invente un nouveau ring », Libération, (consulté le ).
  7. « Tony Yoka pense faire le poids : Le Franco-Congolais est considéré comme le nouveau prodige du ring tricolore. A 18 ans, il veut s’inviter aux Jeux de 2012 chez les super-lourds », 20 minutes, (consulté le ).
  8. a et b « Tony Yoka ira à Londres », Le Parisien (consulté le ).
  9. Karim Ben-Ismail, « Eliminé, Yoka «a paniqué» : Face au Canadien Simon Kean, un adversaire largement à sa portée, le Français Tony Yoka a d'abord mené avant de sombrer en huitièmes de finale des super-lourds (+91 kg). Explications. », L'Équipe, (consulté le ).
  10. Florian Egly, « La désillusion Yoka », Sport 24, (consulté le ).
  11. « Tony Yoka, le grand frère », Le Parisien, (consulté le ).
  12. « Yoka sorti par Camarelle », Fédération Française de Boxe, (consulté le ).
  13. [vidéo] « Tony Yoka, le nouvel homme fort de la boxe française », Tout le sport, (consulté le ).
  14. « Les Mureaux : le boxeur lance une souscription pour la famille Vastine », Le Parisien, (consulté le ).
  15. JB Marsaud, « C'est reparti pour l'APB », Fédération Française de Boxe, (consulté le ).
  16. Jeux Européens: Toni Yoka (+91 kg) en bronze
  17. « Tony Yoka sacré champion du monde amateur chez les super-lourds », sur lequipe.fr, (consulté le )
  18. AFP, « Boxe : le Français Tony Yoka champion du monde des super-lourds : Il devient le troisième tricolore titré lors de Mondiaux et décroche par la même occasion sa qualification pour les Jeux olympiques de Rio 2016 », Le Point, (consulté le ).
  19. « Champion du Monde ! », Fédération Française de Boxe, (consulté le ).
  20. « Yoka au Trophée FFB », Fédération Française de Boxe, (consulté le )
  21. Julien Marival, « Canal + remet les gants », L'Equipe, (consulté le ).
  22. (en) « ‘The Artist’ Tony Yoka on Big Stage in Paris », AIBA, (consulté le ).
  23. « Tony Yoka par K.-O. », L'Equipe, (consulté le ).
  24. [vidéo] « La victoire de Tony Yoka par K.O ! », Canal+, (consulté le ).
  25. [vidéo] « Estelle Mossely et Tony Yoka : l'amour sur le ring », Canal+, (consulté le ).
  26. [vidéo] « Clique x Tony Yoka », Clique, (consulté le ).
  27. Karim Ben Ismaïl, « Un quart pour Tony Yoka en boxe (105 kg) », L'Équipe, (consulté le ).
  28. « Tony Yoka champion olympique des super-lourds, 10e médaille d'or pour la France », L'Équipe (consulté le )
  29. a b c et d Anthony Hernandez, « Boxe : Tony Yoka, marketing poids lourd », Le Monde, (consulté le ).
  30. AFP, « Tony Yoka : "Devenir le premier champion du monde français des poids lourds" », Eurosport, (consulté le ).
  31. [vidéo] Dans l'intimité de Tony Yoka, Intérieur sport, Canal+, mai 2017, 52 minutes
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  33. AFP, « Boxe : Tony Yoka débute par une victoire chez les professionnels », Le Monde, (consulté le ).
  34. « Tony Yoka s'impose par K.-O. dès le 2e round face à Travis Clark pour son premier combat professionnel », L'Équipe, (consulté le ).
  35. « Tony Yoka affiche 109 kg à la pesée officielle », L'Équipe, (consulté le ).
  36. Rédaction, « Tony Yoka remporte aux points son deuxième combat professionnel », sur L'Équipe, .
  37. Alexandre Coiquil, « Toni Yoka bat Ali Baghouz par arrêt de l'arbitre au 3e round », sur Eurosport, .
  38. Etienne Moatti, « Tony Yoka suspendu un an avec sursis pour infraction à la réglementation antidopage », sur lequipe.fr, (consulté le ).
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  56. « Tony Yoka affrontera le Belge Joël Tambwe Djeko », L'Équipe, 30 décembre 2020 (consulté le 30 décembre 2020).
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  61. (en) « Tony Yoka v Michael Wallisch », sur Box Rec (consulté le 28 novembre 2020).
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  65. (en) « Tony Yoka v Ali Baghouz », sur Box Rec (consulté le 28 novembre 2020).
  66. (en) « Tony Yoka v Jonathan Rice », sur Box Rec (consulté le 28 novembre 2020).
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  68. « 3 questions à... Tony Yoka », France Olympique (consulté le ).
  69. (en) « Tony "the Artist" Yoka », AIBA (consulté le ).
  70. Mike Tyson, qui mesure 1.78 m, a une allonge "normale" de 1.80m, mais Lennox Lewis, qui mesure 1.96 m avait une allonge exceptionnelle" de 2.13m. En comparaison Anthony Joshua a, comme Yoka, une allonge de 2.08m et Tyson Fury, qui mesure 2.06m, possède une allonge de 2.16m. Source: Wikihoh.com
  71. « Tony Yoka et Estelle Mossely : Après les JO, le mariage pour les deux boxeurs », sur www.purepeople.com (consulté le )
  72. (fr) Tony Yoka : Estelle Mossely est enceinte de leur premier enfant ! (non-stop-people.com)
  73. Coline Vazquez, « Les boxeurs Tony Yoka et Estelle Mossely sont parents » sur Le HuffPost, 3 août 2017
  74. Clémentine Rebillat, [1] sur "ParisMatch.com", le 8 janvier 2018
  75. CNEWS
  76. « Tony Yoka et Estelle Mossely sont devenus parents pour la deuxième fois », sur Le HuffPost, (consulté le )
  77. Décret du 30 novembre 2016 portant promotion et nomination

Liens externesModifier

VidéographieModifier

  • [vidéo] Tony Yoka, voyage initiatique à Cuba, Stade 2, France télévisions, , 18 minutes.
  • [vidéo] Dans l'intimité de Tony Yoka, Intérieur sport, Canal+, , 52 minutes.
  • [vidéo] Les Trois Coups Tony Yoka, Intérieur sport, Canal+, .