Tingréla
Administration
Pays Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région Bagoué
Département Tingréla
Maire Bakary BALLO
Démographie
Population 67 746 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 10° 29′ 13″ nord, 6° 22′ 48″ ouest
Divers
Langue(s) parlée(s) Sénoufos, Français, Malinké
Localisation
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Tingréla
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Tingréla

Tingréla est une ville de Côte d'Ivoire, dans la Bagoué. Elle est située à l'extrême nord du pays à 150 km au nord de Boundiali, le chef-lieu de région à laquelle elle est reliée par voie bitumée. Elle se situe à la frontière avec le Mali. La plupart des habitants sont Sénoufos, Malinkés et Dioulabas.

Sa mosquée est de style soudanais[1].

GéographieModifier

SituationModifier

Tingréla (10° 29′ 13″ N, 6° 24′ 35″ O) se situe à 9°30 de latitude nord et 6°19 de longitude ouest.


ClimatModifier

Le climat est de type Aw dans la Classification de Köppen : il est très chaud et très sec (du type du climat soudanais), avec, en décembre et janvier, l'harmattan, un vent puissant venu du Sahara, qui abaisse considérablement la température. La grande saison sèche (octobre - mai) précède la saison des pluies marquée par deux maxima pluviométriques, l'un en juin et l'autre en septembre[2],[3],[4].

VégétationModifier

La végétation de la région est celle de la savane arborée. De type soudanais, elle se présente comme l’association de forets claires et de savane.

HistoireModifier

Kébé BALLO, chasseur venu de Daragani, petit village à 3 km du site actuel de la ville de Tengrela construisit la première case de l’histoire de Tengrela (Vers la fin du XVIe siècle). Il existait sur la place publique du village de Tengrela de l’époque, un lac auprès duquel se trouvait un arbre, le « Linguê », c’est-à-dire l’iroko. Le feuillage du « Linguê » en forme de fourche était appelé « tin ». Les voyageurs de passage accrochaient leurs bagages aux fourches « tin » et se reposaient. Ils disaient alors : «J’accroche mon bagage au « tin » et je me repose en dessous (koro)». Selon L’actuel nom Tengrela serait donc dérivé de «Tinkoro» qui veut dire «sous le tin». Par déformation linguistique, Tinkoro deviendra «Tenkorola» et, plus tard, «Tengrela». C’est donc à côté de ce lac et de cet arbre que le chasseur Kébé BALLO construisit la première case de l’histoire de Tengrela[5]. Il s’agit d’une case ronde à l’intérieure de laquelle a été construit un four pour conserver la viande. La case est actuellement habitée par une vieille femme qui entretient ce vestige du passé. Le département de Tengrela fut le théâtre de plusieurs aventures historiques dont les sites et monuments historiques existent jusqu’à présent et favorables au développement du tourisme de mémoire.

Au nombre de ces aventures, on peut retenir le passage de RENE CAILLE, du docteur François Crozat, un des explorateurs français du royaume Mossi de 1890 à 1892 que la France a commis en Afrique, à l’époque précoloniale. Il mourut le 27 août 1892 à Tengrela où il fut inhumé. Ajoutons à celles-ci les attaques de SAMORY TOURE et celles de BA BEMBA de l’empire de SIKASSO. L’Almamy SAMORY TOURE, ce grand résistant de l’histoire à la conquête française dans la région ouest-africaine, et qui a soumis plusieurs peuples à l’islam, par la force des armes, n’a pu attaquer Tengrela. Il a dû reculer avec ses armes et ses sofas, pour revenir, seul et sans arme, dans un esprit de paix, avant d’avoir accès à la mosquée de Tengrela, belle architecture, construite XVIIème par le maitre maçon Massa Flatè. Sa construction aurait duré cinq (5) ans. Elle se distingue par son architecture compacte avec très peu de contreforts. Le minaret se situe sur le côté Est de la mosquée. Le bâtiment rectangulaire orienté d’Est en Ouest comprend une salle de prière à l’Est et une cour à l’Ouest réservée aux femmes.

Cet édifice demeure un lieu privilégié pour ceux, passionnés d’histoire. Au nombre de ces œuvres naturelles et humaines évoquées ci-dessus, nous pouvons citer la pierre sacrée de Papara, village situé à 20 km de Tengrela et renommé grâce à la célèbre artiste sénoufo Zélé de Papara. Toujours au nombre de ces œuvres naturelles nous avons le vaste champ de Karité sorti de terre après le passage des Sofas de Samory. Ce site a servi de lieu de repos et de repas aux Sofas de Samory qui y ont mangé des fruits de Karité dont les graines ont été jetées de part et d’autre. Ce champ de Karité fut l’objet de recherches scientifiques de l’université d’Abidjan Cocody.

  • La ville a vu passer René Caillié lors de son célèbre voyage de Conakry à Tombouctou. Dans son récit de voyage publié en 1830, où il fait une description fort peu amène des villages du nord de la Côte d'Ivoire qu'il fut amené à traverser et qui assurèrent sa subsistance et sa survie, l'auteur désigne la ville sous son nom ancien de Tengrera.

AdministrationModifier

Créé par le décret n° 69-241 du 9 juin 1969, le département de Boundiali s’étendait alors jusqu’à Tingréla. Tingréla est chef-lieu du département éponyme tel qu'il est aujourd'hui depuis 1974 et chef-lieu de sous-préfecture. Il s'agit d'une entité administrative à la fois décentralisée et déconcentrée. Une loi de 1978[6] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
1980 PDCI-RDA Homme politique élu
1985 PDCI-RDA Homme politique élu
1990 PDCI-RDA Homme politique élu
1995 PDCI-RDA Homme politique élu
2001 Diabaté Fnsongui RDR Homme politique élu
21 avril 2013 COULIBALY Moussa RDR Homme politique élu[7]
2018 BALLO Bakary RHDP Homme politique élu

Le département de Tingréla comporte la sous-préfecture de Kanakono.

Après les évènements de 2002, la ville, comme toutes les localités du nord du pays, a été placée sous l'administration du MPCI puis des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire[8].

Représentation politiqueModifier

Députés de Tingrela
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Traoré Adama PDCI-RDA Homme politique élu
11/12/2011 Traoré MARIAME RDR Homme politique élu[9]

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le 16 décembre 2005. Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction et a conservé ses pouvoirs.

SociétéModifier

DémographieModifier

Évolution démographique
1920 1946 rec.1975 Rec. 1988 1998 Est. 2010
8 794 22 268 67 746[10]
Nombre retenu à partir de 1920 : Population sans doubles comptes

ÉducationModifier

Enseignement primaire
Public

  • École primaire Publique

Enseignement secondaire
Lycée Public

  • Lycée moderne

Collège public

  • Collège moderne

Le département de Tingréla compte aussi une Institution de Formation et d'Éducation Féminine située au chef-lieu, l'un des 90 centres de cette nature existant dans le pays. Cette institution a pour objet de permettre aux femmes analphabètes, aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées, aux femmes agricultrices de trouver une opportunité pour le développement d'aptitudes nouvelles permettant leur insertion ou leur autonomisation[11].

LanguesModifier

Depuis l'indépendance du pays en 1960, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula ou dioulaba mais la langue vernaculaire de la région est le sénoufo. Le français effectivement parlé dans le département de Tingréla, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien ou français de moussa[Note 1] qui se distingue du français standard par la prononciation et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits 2 magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de Tingréla accueillant de nombreux Ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées. Avec la présence dans la région de nombreux Burkinabés venus travailler notamment dans les plantations de coton, présence accrue depuis 2002.

SantéModifier

Le manque de personnel qualifié se fait sentir, comme dans toute la région des savanes puisque pour les 4 départements qui la constituent, ceux de Boundiali, Korhogo, Tingréla et Ferkessédougou, 45 médecins exerçaient en 2001 et seulement 23 en 2005 pour une population totale de 1 215 000 habitants. Le nombre des infirmiers a également baissé de 254 à 67 sur cette même période[12].

Le département est une zone de grandes endémies, bien que l'onchocercose, couramment nommée ici la « cécité du fleuve », qui faisait des ravages dans les villages situés au bord des rivières et qui est à l'origine du nombre élevé d'aveugles, ait été efficacement éradiquée dans les années 1980 par la pulvérisation massive de pesticides au-dessus des rivières[13]. Comme dans toutes les zones tropicales, l'hépatite due à la qualité aléatoire de l'eau, affecte beaucoup d'habitants, tout comme la bilharziose et le paludisme, propagé par un moustique, l'anophèle femelle. Pour lutter contre ce dernier, des ONG distribuent des moustiquaires imprégnées, la plupart des habitants n'ayant guère les moyens de s'offrir régulièrement quinine ou chloroquine[14]. Toutefois, contrairement à ce qui est observé dans toutes les autres régions de grandes endémies du pays, on ne relève pas d'ulcère de Buruli dans le département de Tingréla, ni dans celui de Boundiali, alors que 22 000 cas avaient été détectés dans l'ensemble du pays en 2006[15], [16].

La lèpre sévit encore dans certains villages du département comme dans ceux de Danané, Man, Biankouma, Touba, Boundiali, Korhogo, Katiola, Dabakala et Béoumi. 856 nouveaux cas ont été dépistés en Côte d'Ivoire au cours de l'année 2007 et 1 367 malades sont actuellement en traitement, selon les autorités sanitaires du pays. De son côté, l'OMS estime à 500 000 le nombre de lépreux dans le monde et à plus d'un million, le nombre de personnes présentant des invalidités dues à la lèpre. La polychimiothérapie qui associe trois médicaments est le seul traitement qui guérit véritablement la lèpre. Efficace et gratuit, il est disponible dans tous les centres de santé du pays[17],[18].

HabitatModifier

La ville comporte de nombreuses maisons à terrasse de type Bambara.

ÉconomieModifier

Le coton est la principale culture de la région mais elle est aussi le lieu de nombreux élevages de poulets, activité très insolite sous ces latitudes...

La régionModifier

FloreModifier

La région et la ville regorgent de flamboyants et d'hibiscus et la savane abrite des fromagers, des baobabs séculaires ainsi que des anacardiers, des nérés et des karités, « arbres miracle » dont le fruit peut se manger tel quel ou se transformer en « beurre » qui remplace l'huile et toutes les matières grasses dans les régions de savane et qui est aussi utilisé comme produit cosmétique.

On y retrouve aussi les habituels arbres à fleurs tropicaux tels que les frangipaniers, les bougainvilliers ou les acacias.

FauneModifier

 
Antilopes

Dans la région vivent les calaos qui sont des animaux fétiches révérés par les sénoufos. On y croise aussi de nombreux babouins, des phacochères, des potamochères, des perdrix et des francolins ainsi que des antilopes, essentiellement des cobes de Buffon et des guib harnachés. On y trouve également beaucoup d'agoutis dont la chair est très appréciée et que l'on consomme dans les maquis.

On trouve aussi, dans la région, des mygales, des scorpions, des fourmis, en particulier les fourmis magnans, et des termites, qui construisent de gigantesques termitières et qui sont aussi nombreux que leurs ennemis, les fourmis.

VillagesModifier

  • Le village de Kolonza est un gros village situé dans le profond nord de la côte d'ivoire dans le département de Tengrela, précisément à 26 km de voie non bitumée à ce jour. Kolonza fait partie du Canton Nafana comprenant 12 villages qui sont : Doubasso, M'basso Tiongoli, Tamania, Ziekoundougou, Kokari, Iribasso, Kapégué, Koulosson, Kolonza, Zanasso et Papara (chef-lieu de canton). Ce canton majoritairement sénoufo à une culture folklorique diversifiée et variant d'un village à l'autre. Le balafon qui caractérise l'instrument musical sénoufo se retrouve dans pratiquement chaque genre de danse. Les peuples de Kolonza restent fidèles à leur vieille pratique ; car de nos jours, jeunes comme vieux maitrisent encore les vertus de la nature (plante et terre). On y trouve aussi beaucoup de familles qui pratiquent la religion musulmane. Kolonza bénéficie du raccordement électrique en 2019 grâce au Programme Social lancé par le Président Alassane OUATTARA.
  • Le village de Foulabougou a été fondé en 1964 par des migrants peuls issus du Mali voisin et constitue un des très rares villages "en dur" où vit cette population nomade qui est d'ordinaire regroupée dans des campements.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Si, à Abidjan et dans le nord, on parle de français de Moussa, dans l'ouest du pays, on parle de français de Dago

RéférencesModifier

  1. Mosquées de style soudanais du Nord ivoirien (site en série) - UNESCO World Heritage Centre
  2. Le climat de la Côte d'Ivoire comporte deux zones bioclimatiques distinctes. Le sud est très humide et connaît quatre saisons (d'avril à la mi-juillet : grande saison des pluies; de la mi-juillet à septembre: petite saison sèche; de septembre à novembre: petite saison des pluies; de décembre à mars: grande saison sèche). Le nord est plus sec et connaît deux saisons principales (juin à septembre: grande saison des pluies; octobre à mai : grande saison sèche). Les températures varient peu allant de 21 à 35°
  3. (fr) Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme
  4. Climat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques
  5. [1]
  6. Loi no 78-07 du 9 janvier 1978
  7. http://www.ceici.org/elections/ci/statmun2013.pdf
  8. Le site officiel des Forces Nouvelles de Côte d'Ivoire
  9. http://www.ceici.org/elections/ci/edan2013.pdf
  10. Fiche de la ville sur le site de tiptopglobe
  11. Site du SNDI
  12. Santétropicale
  13. Programme de lutte contre l'onchocercose, site du Ministère français des affaires étrangères
  14. « ONG Sounyegnon, Abidjan.net »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  15. who.int (enquête de 1997)
  16. Site de l'ambassade de France
  17. La lèpre en R.C.I., site Icilome, portail du Togo
  18. La lèpre vue par l'OMS

BibliographieModifier

  • René Caillé, Voyage à Tombouctou et à Djenné, dans l’intérieur de l’Afrique, 1830

Liens externesModifier