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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tin Hinan (homonymie).
La reine Tin Hinan.

Tin Hinan est le nom donné à une reine berbère que les Touaregs nobles du Hoggar considèrent comme leur ancêtre originelle[1] selon la tradition orale touarègue qui la décrit comme « une femme d'une beauté irrésistible, grande, au visage sans défaut, au teint lumineux, aux yeux immenses et ardents, au nez fin, l’ensemble évoquant à la fois la beauté et l’autorité ». Son nom veut dire en tamacheq, « celle qui se déplace » ou « ou celle qui vient de loin »[2].

Sommaire

HistoireModifier

 
Maquette du Tombeau de Tin Hinan, Musée du Bardo, Alger

Selon la tradition, Tin Hinan serait arrivée dans le Hoggar en traversant le désert du Sahara en compagnie de sa servante Takamat (ou Takama), laquelle est pour sa part donnée comme la mère des Touaregs plébéiens du Hoggar[3]. Tin Hinan fut notamment une « tamenokalt », c'est-à-dire qu'elle possédait le pays, en plus d'être reine des Touaregs de l'Ahaggar[4].

Toujours d'après les chants et récits, Tin Hinan était une femme charismatique et d'une beauté irrésistible[5].

 
Sépulture de Tin Hinan (Musée du Bardo, Alger)

Les historiens[Lequel ?] pensent que Tin Hinan et Takama ont effectué leur voyage en compagnie d'une monture et d'animaux domestiques, ce qui leur aurait permis de ne pas périr. Ils pensent notamment qu'elles connaissaient les principales étoiles et savaient décoder le tracé d'une route. La route qu'elles ont empruntée pourrait correspondre à une route ancienne dessinée sur les peintures rupestres du Sahara et qui mentionne les points d'eau, rivières et oasis[6].

En 1925, à Abalessa, dans le Hoggar, des archéologues découvrent la tombe d'une femme dans lequel ils trouvent un squelette bien conservé, des pièces de monnaie à l'effigie de l'empereur romain Constantin, des bijoux en or et en argent, ainsi qu'un mobilier funéraire. La tombe, qui date du IVe siècle, est attribuée alors par les archéologues[Lesquels ?] à Tin Hinan[7], bien que les Touaregs eux-mêmes restent assez sceptiques sur ce point[8].

L'examen du squelette retrouvé dans le mausolée montre ainsi que la femme souffrait d'un lombarthrose qui l'obligeait à boiter, ce qui rejoint les détails de l'historien Ibn Khaldoun au sujet de Tin Hinan, qui précisait que les Touaregs de l'Ahaggar se désignaient également comme « les enfants de Tiski », c'est-à-dire « les descendants de la femme qui boîte »[9].

Après avoir traversé le Sahara sans périr et une fois arrivée à Abalessa, dans le Hoggar, Tin Hinan y aurait instauré les conditions humaines nécessaires à la survie humaine, organisé la vie sociale et développé des relations commerciales avec les personnes qui traversent le Sahara, comme l'indiquent le mobilier et les objets retrouvés dans son mausolée[10].

Le tombeau attribué à Tin Hinan est aujourd'hui une attraction touristique dans le Hoggar. Le corps et les bijoux retrouvés dans la tombe sont quant à eux conservés au musée du Bardo à Alger.

LittératureModifier

En 1918, Pierre Benoit, dans son roman l'Atlantide, raconte l'histoire d'Antinéa, qui correspond à Tin Hinan, dont il a modifié le nom.

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Osire Glacier, Femmes politiques au Maroc d'hier à aujourd'hui: La résistance et le pouvoir au féminin, Tarik Editions, (ISBN 9789954419823, lire en ligne)
  2. Femmes de l’ombre : Tin-Hinan, reine des Touaregs, sur rfi.fr
  3. Voir Charles de Foucauld, Dictionnaire touareg-français, 1951-1952, t.2, p. 535
  4. Osire Glacier, Femmes politiques au Maroc d'hier à aujourd'hui: La résistance et le pouvoir au féminin, Tarik Editions, (ISBN 9789954419823, lire en ligne)
  5. Osire Glacier, Femmes politiques au Maroc d'hier à aujourd'hui: La résistance et le pouvoir au féminin, Tarik Editions, (ISBN 9789954419823, lire en ligne)
  6. Osire Glacier, Femmes politiques au Maroc d'hier à aujourd'hui: La résistance et le pouvoir au féminin, Tarik Editions, (ISBN 9789954419823, lire en ligne)
  7. Camps, G., « Inhumation. (temps protohistoriques) », Encyclopédie berbère, no 24,‎ (ISSN 1015-7344, lire en ligne)
  8. Voir Marceau Gast, Témoignages nouveaux sur Tine Hinane, ancêtre légendaire des Touareg Ahaggar, Revue de l'Occident musulman et de la Méditerranée 13, 1973, pp. 395-400
  9. Osire Glacier, Femmes politiques au Maroc d'hier à aujourd'hui: La résistance et le pouvoir au féminin, Tarik Editions, (ISBN 9789954419823, lire en ligne)
  10. Osire Glacier, Femmes politiques au Maroc d'hier à aujourd'hui: La résistance et le pouvoir au féminin, Tarik Editions, (ISBN 9789954419823, lire en ligne)

AnnexesModifier