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Thomas Philippe

prêtre catholique français
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Thomas Philippe
Image illustrative de l’article Thomas Philippe
Thomas Philippe en 1986.
Biographie
Nom de naissance Jean Marie Joseph Philippe
Naissance
Cysoing (Nord)
Ordre religieux Ordre des Prêcheurs
Ordination sacerdotale
Décès (à 87 ans)
Saint-Jodard (Loire)

Thomas Philippe, connu aussi sous le nom de père Thomas (de son nom de naissance Jean Marie Joseph Philippe[1]), né le à Cysoing (Nord) et mort le à Saint-Jodard (Loire), est un prêtre dominicain français.

Il est le cofondateur avec Jean Vanier des communautés de l'Arche, qui accueillent des personnes ayant un handicap mental.

Sommaire

BiographieModifier

Son père, Henri Philippe (1875-1959), scolarisé au Collège des Jésuites de Lille et diplômé de la Faculté de droit de Lille fut avocat puis notaire et monta une étude à Cysoing, il participa à la Première Guerre mondiale en tant qu'officier dans les services de santé militaire[2]. Il est le fils de Louis-Alexandre Philippe (1830-1902), bâtonnier du barreau de Lille[3] et de Julie Dubois-Charvet (1845-1888).

Sa mère, Élisabeth Dehau (1878-1968), fille de Félix Dehau (1846-1934), maire de Bouvines de 1872 à 1934, bienfaiteur de la commune et de Marie Lenglart (1849-1940), issue de la grande bourgeoisie lilloise.  

Jean Philippe grandit dans une famille bourgeoise et catholique profondément religieuse. Il a onze frères et sœurs (dont sept vont entrer dans les ordres) :

  • Joseph Philippe (1902-2000), architecte, marié avec Gabrielle de La Broüe de Vareilles-Sommières (1908-1967), dont cinq enfants ;
  • Marie Philippe (1903-1999), sœur bénédictine sous le nom en religion de Hildegarde ;
  • Cécile Philippe (1906-1986), sœur dominicaine sous le nom en religion de mère Cécile de Jésus ;
  • Élisabeth Philippe (1908-2003), sœur dominicaine ;
  • Anne-Marie Philippe (1910-2008), mariée avec Gérard Pattyn (1902-1940), notaire, dont quatre enfants ;
  • Évrard Philippe (1911-1940), prêtre dominicain sous le nom en religion de père Réginald ;
  • Henri Philippe (1912-2006), son filleul, prêtre dominicain sous le nom en religion de père Marie-Dominique, fondateur de la Communauté Saint-Jean ;
  • Pierre Philippe (1913-2002), ancien prêtre dominicain, marié avec Chantal Farnoux (née en 1939), dont un enfant ;
  • Henriette Philippe (1915-2005), sœur bénédictine sous le nom en religion de mère Winfrida ;
  • Jeanne Philippe (1920-1999), mariée avec Pierre Bour (1917-2003), psychiatre, dont quatre enfants ;
  • François Philippe (1922-1944), militaire, Compagnon de la Libération.

Leur jeunesse est marquée par leur oncle maternel, le père Thomas Dehau (1870-1956), dominicain. Ils ont pour cousine la fondatrice de la Famille monastique de Bethléem, sœur Marie (née Odile Dupont-Caillard, 1922-1999). Jean Philippe poursuit ses études secondaires au collège Saint-François-de-Sales d'Évreux puis collège Saint-Joseph de Lille[4]. Il est ordonné prêtre le 25 juillet 1929[4].

Il enseigne la théologie au Saulchoir et à l'Angelicum (la faculté de théologie dominicaine de Rome), puis anime différentes communautés, dont celle de l'Eau Vive. C'est en rejoignant la communauté de l'Eau Vive que Jean Vanier fait sa connaissance en 1950 et le soutient dans la fondation en 1964 la communauté de l'Arche, qui accueille des personnes souffrant d'un handicap mental. Thomas Philippe est l'un des proches de Marthe Robin. Ses conversations avec Tim Guénard sont à l'origine de la conversion de celui-ci au catholicisme.

Il meurt le au prieuré de Saint-Jodard, chez les frères de Saint-Jean qui le soignaient dans sa vieillesse. C'est son frère, Marie-Dominique Philippe, qui le découvre mort puis célèbre ses funérailles à Trosly-Breuil. Il est inhumé près de la chapelle à la Ferme de Trosly-Breuil, là-même où il avait inspiré Jean Vanier dans la fondation des communautés de l'Arche.

Abus sexuels sur des religieusesModifier

En 1954, à la suite d'une enquête canonique, il est interdit de l'exercice de tout ministère sacerdotal et en particulier d'accompagnement spirituel[5].

En 2015, une seconde instruction canonique validée par Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes, affirme que le père Thomas s’est rendu coupable d’abus à caractère sexuel dans le cadre de l’accompagnement spirituel sur des femmes majeures. Selon ce document, quatorze personnes (des témoins et une dizaine de victimes) ont été entendues et les conclusions ont confirmé les faits qui se sont déroulés des années 1970 jusqu’en 1991. « Le P. Thomas a eu des agissements sexuels sur des femmes majeures, par lesquels il disait rechercher et communiquer une expérience mystique », peut-on lire dans le document. « Ils attestent une emprise psychologique et spirituelle sur ces femmes auxquelles il demandait le silence car, selon lui, cela correspondait à des “grâces particulières“ que personne ne pouvait comprendre ». L’enquête canonique a permis de confirmer que ces témoignages étaient dignes de foi[6].

Début 2016, l'association Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles (Avref)[7] a publié le témoignage d'une ancienne religieuse carmélite : un document où elle raconte, de manière circonstanciée, le récit de ses relations sexuelles avec le père Thomas[8]. La publication de ce premier témoignage a incité deux autres femmes à témoigner à leur tour quelques semaines plus tard auprès de l'Avref : elles confirment de manière très explicite que le père Thomas entretenait des relations sexuelles avec elles[9],[10].

La communauté de l'Arche a reconnu la véracité des faits et a communiqué sur le site de L'Arche international[11]. Plusieurs religieuses victimes des abus sexuels de ce prêtre et de son frère (Marie-Dominique Philippe, également prêtre) ont témoigné dans un documentaire diffusé sur Arte et sur la Radio télévision suisse (RTS)[12].

OuvragesModifier

En anglais
  • The Fire of Contemplation: A Guide for Interior Souls, traduit et édité par sœur Verda Clare Doran, C.S.C. New-York, Alba House, 1981.
  • The Contemplative Life, New-York, The Crossroad Publishing Company, 1990.
  • Mystical Rose: Mary, Paradigm of the Religious Life, Huntington, in : Sunday Visitor, 1995.
En français
  • La Prière, 1974.
  • Le Cœur de Dieu, le Cœur de l'homme, Trosly-Breuil, Les Chemins de l'Arche-la Ferme, 1987, 204 p.
  • Déjà les blés sont blancs pour la moisson : le Lion de Juda au cœur d'une communauté nouvelle, Paris, Le Sarment / Fayard / Éditions du Lion de Juda, 1987, 207 p.
  • Fidélité au Saint-Esprit, Nouan-le-Fuzelier, Éditions du Lion de Juda, 1988, 281 p.
  • Des miettes pour tous : conseils pour la vie intérieure et la prière du cœur, Paris, Éditions Saint-Paul, 1994, 219 p.
  • Le Quart d'heure de prière, Paris, Éditions Saint-Paul, 1994, 31 p.
  • Une nouvelle maturité chez nos aînés, Paris, Éditions Saint-Paul, 1994, 31 p.
  • Les Chemins de lumière chez l'enfant, Paris, Éditions Saint-Paul, 1994, 31 p.
  • L'Éveil à l'amour du tout-petit, Paris, Éditions Saint-Paul, 1994, 31 p.
En polonais
  • Wytrwała modlitwa, 1992.
  • Wierność Duchowi Świętemu, 1994.
  • Drogi światła u dziecka, 1998.
  • Nowa dojrzałość u najstarszych, 1998.
  • Czas żywotnych sił u nastolatka, 1998.
  • Mądrość różańca, 2002.
  • Obieram Cię dzisiaj, Maryjo, 2002.
  • Okruchy : rady dotyczące życia wewnetrznego i modlitwy serca, 2002.

Notes et référencesModifier

  1. Acte de naissance de Jean Marie Joseph Philippe, État-civil numérisé de la ville de Cysoing, Archives départementales du Nord, vue 209 (en ligne).
  2. Marie-Christine Lafon, Marie-Dominique Philippe: Au coeur de l'Eglise du xxe siècle, Éditions Desclée de Brouwer, (ISBN 9782220067384, lire en ligne)
  3. Légitimiste, il passait chaque année une partie de l'été au château de Frohsdorf, en Autriche, résidence du comte de Chambord. Toutefois, en 1926, lorsque Pie XI condamne l'Action française, Louis-Alexandre Philippe obéit au magistère.
  4. a et b Étienne Fouilloux, « PHILIPPE Thomas. PHILIPPE Jean Marie Joseph à l’état civil ; PHILIPPE Thomas en religion », Dictionnaire biographique des frères prêcheurs. Dominicains des provinces françaises (XIXe-XXe siècles),‎ (ISSN 2431-8736, lire en ligne, consulté le 28 avril 2019)
  5. « “Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Église“ : une enquête choc contre le Vatican sur Arte », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 6 mars 2019).
  6. Céline Hoyeau, « L’Arche fait la lumière sur la face cachée du P. Thomas Philippe », La Croix, .
  7. « Site de l'Avref », sur avref.fr (consulté le 23 juillet 2016).
  8. « Témoignage de Anne-claire Fournier » [PDF], sur avref.fr, Avref, (consulté le 22 avril 2019).
  9. « Témoignage de Mary Donnely », sur avref.fr, Avref (consulté le 22 avril 2019).
  10. Hervé Pinchon, « Témoignage de Cynthia Howard », sur avref.fr, Avref (consulté le 22 avril 2019).
  11. « Père Thomas », sur larche.org, communauté de l'Arche (consulté le 22 avril 2019).
  12. « Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église », Arte, (consulté le 22 avril 2019).

Voir aussiModifier