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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Blanchet.
Thomas Blanchet
Thomas Blanchet, Teutsche Academie, 1675-1683.jpg
Portrait gravé de Thomas Blanchet dans Teutsche Academie, 1675-1683
Naissance
Vers 1614
Paris
Décès
Nationalité
Activité
Maître
Lieux de travail
Italie (jusqu'en ), Lyon (-), Rome (-), Lyon (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Influencé par

Thomas Blanchet, né vers 1614 à Paris et mort le à Lyon, est un peintre français de style classique voire baroque, qui joua à Lyon un rôle comparable à celui de Le Brun à Paris. Grâce à sa présence de 1655 à 1689, conjointement avec son illustre contemporain Horace Le Blanc, « Lyon possède [...] des artistes exceptionnels, créateurs de styles et dont le renom s'étend dans tout le royaume »[1].

BiographieModifier

Thomas Blanchet débute dans l'atelier du sculpteur Jacques Sarrazin, mais, remarqué par Simon Vouet, Blanchet préfère s'adonner à la peinture plutôt qu'à la sculpture. Son talent est bientôt remarqué et il part se perfectionner en Italie. Il y bénéficie des conseils de Nicolas Poussin et d'Andrea Sacchi, et proclame son admiration pour Michel-Ange.

Installation à LyonModifier

Appelé à Lyon en 1655, il a la charge des grands chantiers d'embellissement de cette ville dans la seconde moitié du Modèle:S-XVII. Il est chargé de la décoration du nouvel Hôtel de Ville. Avec Germain Panthot, il réalise l'escalier d'honneur et le grand salon, sur un programme iconographique conçu par le père Ménestrier, achevé en 1674, mais détruit en partie par un incendie le .

Etabli à Lyon, il y produira une grande quantité de tableaux, notamment des portraits et des sujets historiques, la municipalité et l'Église étant les deux principaux donneurs d'ordre. C'est ainsi que de 1662 à 1686 il travaille pour la chapelle de la Trinité.

Il travaille également pour des particuliers. Dans les années 1666-1668, il réalise probablement la vue perspective de la maison des champs de la Gallée (Millery, Rhône), propriété de Thomas de Moulceau[2]. En 1670, il conçoit le pavillon du domaine de Cornevent (Vernaison, Rhône), pour Constant de Silvecane[3].

Fonctions officiellesModifier

 
Tuccia la Vestale innocentée, par Thomas Blanchet, 1687. Palais de Justice.

En 1675, à la mort de Germain Panthot (le 20 octobre 1675), il est nommé peintre officiel de la ville de Lyon[4].

En 1676, il est reçu à l'Académie royale, il présente pour tableau de réception Cadmus tuant le dragon et en semant les dents, et participe dès cette époque à la fondation de l’Académie de peinture de Lyon, qui sera effective en 1681.

Il meurt à Lyon le 21 juin 1689 dans l'Hôtel de ville de Lyon où il réside. Il est inhumé le lendemain dans l'église Saint-Pierre.

PostéritéModifier

1689. Délibération du Consulat de Lyon, en date du 14 octobre 1689, sur la candidature de Paul Sevin à l'office de Peintre de la Ville :

« A la suite de la mort de Blanchet, le sieur Athiaud, l'un des Échevins, proposa le sieur Sevin, peintre, venu récemment de Paris. Le Prévôt des marchands fait justement observer que la principale fonction de Peintre de la Ville est de faire les portraits des Magistrats, que Sevin n'y a pas employé ses études de peinture, et qu'il convient, préalablement, d'accepter son offre d'en faire pour montrer sa capacité. Athiaud répliquant que ce serait faire une espèce d'injure à son choix que de l'exposer à cette épreuve et qu'un pareil délai serait contraire à ce qui s'est pratiqué, M. de Moulceau, Procureur de la ville et ancien Prévôt, conclut là-dessus comme le Prévôt en charge. Les talents du sieur Sevin « consistent à dessigner ou copier des emblèmes ou des devises, faire des ornemens de cartouches et d'inscriptions, de desseins d'almanachs et d'évantails et autres semblables minuties de peinture, qu'on appelle vulgairement colifichets. » C'était parler d'or, et ceux qui ont vu de ses dessins grossiers, enluminés de couleurs criardes, comme par un peintre ambulant, sont, et au delà, de l'avis de M. de Moulceau. Il ajoute avec grand sens que le Peintre de la Ville devrait entendre l'architecture et la perspective et être tel « qu'il puisse être le chef de tous les autres peintres de la ville et digne de l'être de l'Académie des arts de peinture et de sculpture, dont l'Escolle devoit être établie par ledit feu sieur Blanchet et en avoit les Lettres de Sa Majesté, et dont l'établissement, sous les auspices et avec l'approbation de l'illustre M. Le Brun, conforme à celui de la Ville de Paris, ne pourroit être que très agréable et même très utile en cette ville, laquelle, se trouvant dans le passage de Paris à Rome et de Rome à Paris, pourroit attirer ou du moins arrêter chez elle des peintres et des sculpteurs habiles, » et le peintre, — que le sieur Athiaud avait présumé digne de sa voix, en s'attachant au plus indigne, — « n'est ny de l'Académie de Rome, ny de celle de Paris. » La protestation, accompagnée de toutes sortes de réserves présentes et futures, était bien motivée et très en forme ; mais il paraît, que le sieur Athiaud avait l'oreille du Conseil ; car le Prévôt, « après avoir déclaré qu'il ne pouvoit changer d'avis sur le préalable et qu'il ne croyoit pas dans les règles qu'il deut opiner ni prononcer sur lesdites remontrances et réquisitoires dudit sieur de Moulceau, son beau-père, » se retire, et le Consulat, donnant acte desdites protestations, ordonne « néanmoins, sauf et sans préjudice d'icelles, qu'il sera procédé à la réception et installation dudit Sevin dans la place de Peintre de la Ville, » donnant ainsi un bel exemple de ce que valent les bonnes raisons. (…) »[5]

Une rue de la ville de Lyon porte son nom.

StyleModifier

Très influencé par les peintures de Rome et de Bologne de son époque, il en tire un style ample, fluide et énergique. Il joue un rôle important dans l'essor du classicisme italien à Lyon, rompant avec l'influence de Le Blanc. « Sa principale originalité provient de la manière dont il parvient à associer l'austérité méditative de Poussin au lyrisme et à la sensualité du grand décor romain »[6].

ŒuvresModifier

Plusieurs de ses œuvres ont été perdues, notamment lors de l'incendie de l'Hôtel de Ville, mais le Musée du Louvre conserve de lui de multiples dessins, et son Ravissement de saint Philippe après le baptême de l'eunuque de Candace réalisé en 1663, offert à Notre-Dame de Paris.

1676. "Mandement de 416 livres à Thomas Blanchet peintre ordinaire de la ville, pour solde de son compte, " tant des ouvrages de peinture (armoiries pour les mais des gouverneurs, de l'intendant et du prévôt des marchands, et un portrait du Roi) qu'il a faits, de l'ordre du Consulat, depuis le commencement de la présente année, que des desseins du plan et eslévations de la fabrique des organsins à la bolonoise establie " à Neufville, que la carte entière du lieu, conduite et prise d'eau"[11].

1679. "Mandement de 362 livres 10 sous à Thomas Blanchet pour diverses peintures (cinq tableaux, dont deux compositions de figures et trois paysages) exécutées par ce maître pour les appartements de l'Hôtel-de-Ville."[12]

1683. "Mandement de 600 livres à Thomas Blanchet pour les " peintures (portraits, au nombre de vingt, tant du Roi Louis XIV, de la Reine, des princes et des gouverneurs de la ville, que des échevins, exécutés sur vélin dans les recueils destinés à cet objet et conservés aux archives de la ville), et fournitures (armoiries de mais) qu'il a faites pour le Consulat et de son ordre, pendant la présente année, " etc.[13]

Décors 

De 1675 à 1684, il conçoit l'iconographie du réfectoire et du grand escalier de l'abbaye de Saint-Pierre-les-Nonnains de Lyon, dit aussi palais des Dames de Saint-Pierre, couvent situé place des Terreaux, actuel musée des beaux-arts de Lyon. Ces décors allégoriques célèbrent l'antique gloire de la ville[14]. Il s'y fait aider par Louis Cretey, avec qui il formera école.

En 1676, Blanchet réalise le dessin du portail du château de la Chaize (Odenas)[15].

Il travaille après 1676, aux décors allégoriques, en partie sauvegardés, du palais de Roanne[16], alors siège du présidial de Lyon.

De 1681 à 1686, il travaille pour le Carmel de La Croix Rousse : église, maître-autel, retable, tombeau de Nicolas de Villeroy. Il apporte encore diverses contributions pour la chapelle des Pénitents du Confalon, à l’église Saint-Polycarpe, à la chapelle de l'Hôtel-Dieu, etc.


DessinsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Pelletier et al. 2007, p. 549.
  2. ALLIMANT-VERDILLON (Anne), Domaine de la Gallée. Étude historique, Centre de Ressources de Botanique Appliquée (CRBA), 2107.
  3. Archives Départementales du Rhône, 3 E 6006, f°849. Cité par VIGNON (Louis), Annales d’un village de France Charly-Vernaison en Lyonnais, T. II (1610-1715), 1978, p. 288. "Constant de Silvecane, conseiller du roi en ses conseils, président de la cour des Monnaies, et commissaire général au département de Lyonnois et autres provinces, prévôt des marchands de la ville de Lyon passe un marché avec Estienne Perret, maistre tailleur de pierres. Estienne Perret s’engage « de fournir la moytié de la pierre de taille, tant de gros banc que aultres, nécessaires pour la grande arcade du pavillon que ledit sieur de Silvecane faict construire dans la grande alée de sa maison de Verneyson, du costé de vent, et pour l’arcade entière du costé de matin, ladicte taille accompagnée de ses pilastres, corniches et frontons rustiques suivant le dessein, qui en a esté fait par le sieur [Thomas] Blanchet, peintre, et qui est demeuré au pouvoir dudict preneur pour le représenter quand requis en sera, ensemble les enchans [montants verticaux de l’ouverture de la porte] qu’il y conviendra pozer, et treize à quatorze marches d’onze pieds d largeur chacune ; laquele oeuvre ledict Perret promet de fournir et rendre en icelle ville au port de Roanne ou du temple, dans le jour et feste saint Jean Baptiste prochain ». Prix : 500#
  4. Archives Municipales de Lyon BB 231. Délibérations consulaires, 1675. Actes consulaires. Provisions de peintre ordinaire de la ville en faveur de Thomas Blanchet, par suite de la démission pure et simple de Germain Panthot, titulaire de l'emploi. Mandement de 770 livres à Thomas Blanchet, pour l'acquittement de son mémoire " des tableaux (la Justice et la Paix, le Dieu du sommeil, l'Honneur et la Vertu suivant le chemin de l'immortalité, l'Éloquence et la Vertu, des sujets d'enfants, des paysages avec figures) et autres ouvrages de peinture qu'il a faits et fournis au nouvel Hostel-de-Ville" etc.
  5. M[ONTAIGLON] (A. de), « Pierre Sevin (1689) », in Revue de l'Art français ancien et moderne, n°10, , p. 149-150 p.
  6. Rosenberg 2013, p. 313.
  7. Cléobis, Stockolm (musée)
  8. Pygmalion, Privée (artnet)
  9. Moïse, Louvre (atlas)
  10. « collections du musée des beaux-arts de dijon - Affichage d'une notice », sur mba-collections.dijon.fr (consulté le 9 novembre 2016)
  11. Archives Municipales de Lyon BB 232. Délibérations consulaires, 1676. Actes consulaires.
  12. Archives Municipales de Lyon, BB 235. Délibérations consulaires, 1679. Actes consulaires.
  13. Archives Municipales de Lyon, BB 240. Délibérations consulaires, 1679. Actes consulaires.
  14. Pelletier et al. 2007, p. 369.
  15. Archives Départementales du Rhône, 3 E 3945. Prix fait daté du 2 novembre 1676.
  16. Pelletier et al. 2007, p. 368

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Alexandre-Pierre-François Robert-Dumesnil, Le peintre-graveur français, tome 6, Paris, 1842.
  • Chou Ling, Thomas Blanchet, Sa vie, ses œuvres et son art, Lyon, 1941.
  • Lucie Galactéros de Boissier, Thomas Blanchet, 1614-1689, [catalogue raisonné], Arthéna, Paris, 1991.
  • André Pelletier, Jacques Rossiaud, Françoise Bayard et Pierre Cayez, Histoire de Lyon : des origines à nos jours, Lyon, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , 955 p. (ISBN 2-84147-190-X, notice BnF no FRBNF41276618, lire en ligne).
  • Anne Allimant-Verdillon, Domaine de la Gallée. Etude historique, Centre de Ressources de Botanique Appliquée (CRBA), 2017.
  • Pierre Rosenberg, La Peinture française, Place des Victoires, , 1032 p. (ISBN 978-2-8099-1057-5)

Liens externesModifier