Ouvrir le menu principal

Thierry Santa

homme politique français

Thierry Santa
Illustration.
Fonctions
Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
En fonction depuis le
(13 jours)
Élection
Vice-président Gilbert Tyuienon
Gouvernement Santa
Prédécesseur Philippe Germain
Membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
chargé de la Sécurité civile, des Relations extérieurs, du Tourisme, de la Stratégie minière et des comptes sociaux
En fonction depuis le
(10 jours)
Élection
Président Lui-même
Gouvernement Santa
Président du Rassemblement
(intérim)
En fonction depuis le
(7 mois et 14 jours)
Prédécesseur Pierre Frogier
Président du
Congrès de la Nouvelle-Calédonie

(3 ans et 14 jours)
Réélection
Prédécesseur Gaël Yanno
Successeur Gaël Yanno
Secrétaire général du Rassemblement

(3 ans, 3 mois et 21 jours)
Président Pierre Frogier
Prédécesseur Sonia Backès
Successeur Virginie Ruffenach
Biographie
Date de naissance (51 ans)
Lieu de naissance Papeete (Tahiti, Polynésie française)
Nationalité Française
Parti politique Le Rassemblement
UMP
LR
Diplômé de Université Bordeaux-I
Profession Fonctionnaire territorial
Résidence Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Thierry Santa
président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie

Thierry Santa est un homme politique anti-indépendantiste français de Nouvelle-Calédonie, né le à Papeete (Tahiti, Polynésie française), il est président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie depuis le .

Fidèle du député puis sénateur Pierre Frogier, il est secrétaire général (et donc numéro deux) du Rassemblement de 2013 à 2016 et a été élu président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, avec l'ensemble des voix non-indépendantistes de cette assemblée délibérative et législative locale, le  ; il le reste jusqu'au . Il prend la présidence du Rassemblement en , après la démission de Pierre Frogier.

Sommaire

Origines et formationModifier

Né le à Papeete[1],[2], Thierry Santa est le fils de Tugdual Santa (né en 1943 à Papeete), par lequel il descend des familles notables de Tahiti des Bambridge (d'origine anglaise et tahitienne), Coppenrath (d'origine allemande) et Bodin (d'origine française poitevine) ; et d'Irène Degage (née en 1945), épouse Robert en secondes noces, ancienne fonctionnaire de l'Office des postes et télécommunications (OPT) à Tahiti puis responsable de l’épicerie sociale de la Croix-Rouge à Raiatea[3].

Ses parents divorcés, il passe l'essentiel de son enfance entre les périodes scolaires à Tahiti où il continue de résider avec sa mère et les vacances à Thio en Nouvelle-Calédonie chez son père[2]. Il fait ensuite ses études à Bordeaux, auprès de l'ancienne Université Bordeaux-I, dont il sort avec une maîtrise en sciences économiques et un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) en administration des entreprises. Une fois diplômé en 1991, il fait son service national en tant que volontaire à l'aide technique (VAT) au service des finances de la mairie de Nouméa, et s'installe alors définitivement en Nouvelle-Calédonie[2].

Vie privéeModifier

Thierry Santa est marié depuis le à Sabine Di Russo (née le )[4], directrice des Ressources humaines de la société Les Casinos de Nouméa[5].

Fonctionnaire municipalModifier

Une fois son service terminé, profitant d'un départ à la retraite, il devient le chef du service des finances de la mairie de Nouméa jusqu'en 2000[2].

Mais son premier contact direct avec le monde politique a lieu en 2000, lorsque Pierre Frogier, alors député, maire du Mont-Dore et successeur potentiel de Jacques Lafleur à la tête du parti historique de la droite anti-indépendantiste, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), le recrute le en tant que secrétaire général de la mairie de cette commune de la banlieue de Nouméa. C'est cette même année qu'il adhère au parti[2],[6]. Pierre Frogier devenant président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et démissionnant de son mandat de maire en , les relations de Thierry Santa avec le nouveau premier magistrat, Réginald Bernut, se révèlent conflictuelles[2].

En , il laisse ainsi cette fonction au sein de l'administration municipale pour devenir collaborateur de Corinne Fuluhea, membre RPCR de l'exécutif local chargée de la Formation professionnelle, jusqu'en . Il devient ensuite chargé de mission auprès de la direction du Budget et des Affaires financières (DBAF) du gouvernement, puis retrouve sa fonction de secrétaire général de la ville du Mont-Dore auprès du nouveau maire, Éric Gay, lui-même un proche de Pierre Frogier. Il le reste jusqu'en . Il participe alors à la réorganisation de l'administration municipale et à la préparation du réaménagement urbain de Boulari. Gérard Reignier, chef indépendantiste de l'opposition municipale jusqu'en 2011 et secrétaire général de l'Union calédonienne (UC), le reconnaît comme « un bon secrétaire général. Bosseur, assez fin techniquement, à l'écoute. Peut-être un peu trop politique », tandis que son adjoint et successeur Philippe Defrance lui reconnaît « une compétence particulière en matière de finances » et « une capacité de synthèse très importante »[2]. Il fait partie du « clan du Mont-Dore », expression désignant au sein des médias les plus fidèles partisans de Pierre Frogier qui dominent progressivement l'appareil du Rassemblement-UMP à partir de 2005.

Ascension politiqueModifier

Secrétaire général du RassemblementModifier

À la suite des élections législatives de 2012, qui sont un échec pour les candidats du Rassemblement (et tout particulièrement pour Éric Gay, battu dès le premier tour), une division interne apparaît au sein du parti. Une partie des cadres, notamment issus de la jeune génération, critique un certain nombre de décisions et stratégies prises par Pierre Frogier en leur imputant la responsabilité de cette défaite, à savoir surtout la montée en 2010 du drapeau indépendantiste ou « Kanaky » ou « du FLNKS » aux côtés du drapeau français sur les édifices publics, et l'élection avec les voix du Rassemblement-UMP de l'indépendantiste Rock Wamytan à la présidence du Congrès en 2011. Ces « frondeurs », emmenés par l'ancien député et 1er adjoint au maire de Nouméa Gaël Yanno et par la secrétaire générale par intérim du parti Sonia Backès, finissent par faire dissidence en pour créer le Mouvement populaire calédonien (MPC). Face à cela, le Rassemblement décide de se réorganiser et de renforcer sa stratégie de communication, autour de la personnalité de Pierre Frogier mais avec la mise en avant de nouvelles personnalités pour casser l'image « vieillissante » du parti. Le comité directeur du parti du entérine la nouvelle organisation : la présidence, chargée de diriger les instances du mouvement et de veilleur aux orientations politiques, reste à Pierre Frogier, entouré désormais de six vice-présidents dont quatre des six maires du parti, la nouvelle présidente de l'Assemblée de la Province Sud Cynthia Ligeard ainsi que Soane Michel Motuhi-Uhilamoafa, adjoint au chef du service du transit militaire interarmées de Nouvelle-Calédonie et ancien parachutiste d'origine wallisienne. En complément de ces notables, c'est le secrétariat général, chargé de la mise en œuvre du projet et du programme politique, qui semble symboliser le rajeunissement de l'appareil en étant confié à Thierry Santa, qui exerçait déjà l'intérim de cette fonction depuis la destitution de Sonia Backès, avec à ses côtés deux adjoints également quadragénaires : Yoann Lecourieux (40 ans), secrétaire général adjoint de la mairie de Dumbéa depuis sa conquête par Georges Naturel en 2008 (et auparavant responsable du contrat d'agglomération à la mairie de Nouméa entre 1998 et 2008), est chargé de la vie du mouvement ; Virginie Ruffenach, conseillère municipale de Nouméa déléguée pour la réussite éducative depuis 2008, est chargée du programme.

Jusque-là inconnu du grand public, Thierry Santa devient très présent médiatiquement et l'un des principaux artisans de la campagne du Rassemblement et de ses alliés (l'Avenir ensemble d'Harold Martin, le Mouvement de la diversité ou LMD de l'ancien sénateur Simon Loueckhote, ou encore Didier Leroux du MoDem), réunis dans une coalition baptisée successivement « Entente pour une Calédonie dans la France » (ECF) puis Front pour l'unité (FPU), pour les échéances de 2014 (municipales et provinciales). Ainsi, il coordonne la « grande consultation » menée à partir de par le parti auprès de l'opinion publique autour de vingt-six questions sur l'avenir institutionnel, la tenue de six « conventions thématiques » entre juillet et et l'organisation du congrès du mouvement à l'Arène du Sud de Païta le [7]. Il est également chargé de porter la réaction de son parti à l'investiture par l'UMP de Gaël Yanno pour l'élection municipale de Nouméa et la reconnaissance en de l'association du MPC au principal parti de la droite métropolitaine (alors que celle du Rassemblement est alors remise en cause), en justifiant notamment l'utilisation désormais dans les documents et autres outils de communication de la simple appellation de « Le Rassemblement » : « De toute façon, le Rassemblement a toujours été le Rassemblement. Ça a été une coutume, ensuite, des médias qui ont rajouté le sigle UMP, et après, les gens ont parlé du RUMP, mais le nom d'origine, ça a toujours été le Rassemblement, et ça restera le Rassemblement, ça ne changera pas »[8].

Premiers mandats électifsModifier

Il est d'abord candidat en en 19e position sur la liste du FPU « Païta pour tous » menée par le maire sortant Harold Martin (de l'Avenir ensemble) pour les élections municipales à Païta, une autre commune de l'agglomération de Nouméa. Au terme d'une campagne très vive contre la liste Calédonie ensemble de Frédéric de Greslan, ils arrivent en tête du premier tour avec 2 671 voix et 35,35 % des suffrages exprimés, puis l'emporte au second tour avec 3 757 votes et 51,98 % pour 25 sièges gagnés sur 33[9]. Thierry Santa est ainsi élu conseiller municipal de Païta, où il siège dans la majorité.

Puis, pour les élections provinciales du , il est présent en 4e position sur la liste « Front pour l'unité » menée par la présidente sortante de l'assemblée provinciale Cynthia Ligeard (du Rassemblement également) en Province Sud. Celle-ci arrive deuxième du scrutin, derrière Calédonie ensemble de Philippe Gomès, avec 13 649 voix (20 %) et 9 conseillers provinciaux sur 40 dont 7 des 32 à siéger également au Congrès. Thierry Santa fait ainsi son entrée dans ces deux assemblées. Dans le cadre d'un « contrat de gouvernance solidaire » signé entre les trois forces non-indépendantistes, Calédonie ensemble, le FPU et l'Union pour la Calédonie dans la France (UCF, coalition formée du MPC de Gaël Yanno, du Rassemblement pour la Calédonie d'Isabelle Lafleur et du Mouvement républicain calédonien de Philippe Blaise), un partage de responsabilité dans les institutions est organisé. Thierry Santa obtient la présidence de la commission du budget, des finances et du patrimoine (BFP) de l'assemblée de la Province Sud, désormais présidée par Philippe Michel de Calédonie ensemble. Au Congrès, dont la présidence revient le à Gaël Yanno de l'UCF, il est élu comme membre de la commission permanente et rapporteur de la commission intérieure des finances et du budget.

En , Thierry Santa prend de plus la présidence de la section de Païta du Rassemblement, renforçant ainsi son assise politique locale. Il lance une campagne de renouvellement des adhésions et de transformation de la communication de cette section, en affirmant que : « Chacun doit penser à des propositions pour améliorer la transmission de notre projet politique auprès de la population de Païta »[10].

Après la rupture du « Contrat de gouvernance solidaire » en à la suite d'une multiplication des oppositions avec Calédonie ensemble (sur des réformes fiscales, mais aussi sur une commission d'enquête de la Province Sud visant Cynthia Ligeard sur une question minière), il est, avec Grégoire Bernut, Virgine Ruffenach ou Harold Martin, l'un des principaux porte-parole du FPU dans les médias. Il qualifie notamment le paquet fiscal préparé par le membre Calédonie ensemble du gouvernement Philippe Germain de « matraquage fiscal », et critique le projet de budget pour 2015 préparé par un autre membre de l'exécutif local issu du même parti, Thierry Cornaille, tout en le votant : « Pour dire les choses clairement, ce budget est déséquilibré et insincère au sens réglementaire des termes »[11].

Puis, à la suite de l'adoption en conseil des ministres à Paris d'un projet de loi organique modifiant celle de 1999 et définissant notamment les conditions d'inscription sur la liste électorale pour la consultation de sortie de l'accord de Nouméa (texte qui ne prévoit d'inscription automatique sur cette liste que pour les citoyens de statut civil coutumier, c'est-à-dire certains Kanaks, et les électeurs du référendum de 1998, contre l'avis du Congrès et des non-indépendantistes qui souhaitaient qu'une inscription automatique soit également offerte aux citoyens natifs et aux enfants des électeurs de 1998), il appelle, avec l'ensemble des responsables du FPU et de l'UCF, à une manifestation (Calédonie ensemble et d'autres mouvements non-indépendantistes soutenant l'idée tout en ne participant pas à son organisation et en apportant des nuances au message politique porté par cette marche). Cette manifestation, censée indiquer à l'État l'attachement d'une majorité de Néo-calédoniens au maintien dans la France à l'occasion de la venue dans l'archipel du président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone le , prend également un ton hostile à l'égard du gouvernement et de la majorité socialiste. Pour Thierry Santa et Philippe Blaise de l'UCF : « l’État a déclaré une guerre politique aux non-indépendantistes et prépare un corps électoral qui ne correspond pas aux réalités démocratiques de notre pays »[12]. Le succès de la marche (avec 8 000 personnes, selon la police) pousse Claude Bartolone, avec l'appui du gouvernement national, à annoncer la tenue d'un Comité des signataires exceptionnel pour régler la question du corps électoral[13]. Ce Comité, tenu avec un nombre restreint de participants (comparativement aux éditions précédentes) à l'Hôtel Matignon à Paris le , aboutit à un consensus par l'acceptation des conditions des non-indépendantistes pour les inscriptions automatiques sur la liste de la consultation de sortie et sur une méthode et un calendrier au sujet de la composition de la liste pour les élections provinciales. De plus, cette réunion entraîne un rapprochement des non-indépendantistes après des mois de franche opposition[14].

Président du CongrèsModifier

Dans la foulée de ce Comité des signataires, une recomposition politique s'opère dans la famille anti-indépendantiste dans les institutions. Alors qu'une « Coordination des Républicains en Nouvelle-Calédonie » est mise en place, à la demande de Nicolas Sarkozy, entre l'UCF et le Rassemblement, la coalition emmenée jusque-là par Gaël Yanno éclate au sujet de sa mise en application. Ainsi, Gaël Yanno, qui souhaite se représenter à la présidence du Congrès lors du renouvellement du bureau et des commissions de l'assemblée le et garder un groupe UCF distinct de celui du FPU, voit ses objectifs contrariés par Sonia Backès. Cette dernière, autre fondatrice du MPC, démissionne du gouvernement local le pour siéger à nouveau au sein du Congrès et annonce le jour même rejoindre un groupe « Les Républicains » réunissant également les membres du FPU.

Présenté par ce nouveau groupe, et obtenant le soutien de Calédonie ensemble, Thierry Santa est élu président du Congrès le au deuxième tour de scrutin avec l'ensemble des 29 voix non-indépendantistes sur 54, contre 24 à l'indépendantiste Rock Wamytan et 1 vote blanc (celui du LKS). Au premier tour, les trois membres restés fidèles à l'UCF (qui ne peut plus se constituer en groupe politique désormais) avaient voté blanc également. Lors de son discours d'installation, qu'il prononce aux côtés du président Calédonie ensemble du gouvernement Philippe Germain, il utilise la devise de la République française, Liberté, Égalité, Fraternité, pour présenter sa vision de la démarche des accords. Comparant ainsi les accords de Matignon au « temps de la liberté retrouvée », il justifie l'initiative de Pierre Frogier sur les drapeaux en déclarant que : « Le lever des deux drapeaux est le prolongement » de l'accord de Nouméa et de ce qu'il représente pour lui, à savoir la reconnaissance de l’égalité et de l’acceptation de la légitimité de l’autre. Et, toujours d'après lui, «  il nous reste à construire la fraternité calédonienne. Il nous reste à ouvrir nos cœurs et nos esprits pour accueillir et accepter les différences de toutes les communautés qui composent le kaléidoscope calédonien ». Enfin, il appelle à l'abandon des affrontements politiques qui ont marqué les mois précédents, surtout entre non-indépendantistes, affirmant que : « depuis le début de l’accord de Nouméa, qui aurait dû nous rapprocher, nous avons passé notre temps à nous combattre politiquement les uns et les autres. Nous sommes à trois ans de la fin de l’accord et nous commençons à peine à trouver les voies du dialogue. Nous n’avons plus le droit de faire marche arrière »[15].

Il est réélu le cette fois dès le premier tour avec 29 voix (tous les anti-indépendantistes) contre 25 à Rock Wamytan toujours (tous les indépendantistes)[16]. En revanche, le , un autre candidat non-indépendantiste est présenté face à lui en conséquence d'une recomposition politique connue par ce camp suite aux élections législatives de la même année. Thierry Santa est alors soutenu par un nouvel « intergroupe » unissant Calédonie ensemble, le Rassemblement et le MPC, soit 23 membres. Il est opposé une nouvelle fois à Rock Wamytan, qui est donc arrivé en tête du premier tour avec le plein des 25 voix indépendantistes, mais aussi à Grégoire Bernut soutenu par les 6 membres du nouveau groupe Les Républicains calédoniens (Sonia Backès, 2 dissidents du Rassemblement dont Grégoire Bernut, les uniques élus de l'Avenir ensemble, du MRC et du RPC). Au second tour, Grégoire Bernut se désiste en sa faveur et il est donc de nouveau réélu par 29 voix contre 25 à Rock Wamytan[17].

Son style, qualifié de « modéré », « consensuel » ou « accessible », est alors régulièrement salué par les autres élus du Congrès, tout en restant, quoiqu'il arrive, un fidèle de la ligne politique définie par Pierre Frogier[18]. Il s'inscrit également dans la continuité d'une politique initiée par deux précédents présidents de l'institution, Harold Martin puis Rock Wamytan, à savoir le renforcement de la coopération parlementaire. C'est ainsi que, le , il signe avec ses homologues polynésiens, Marcel Tuihani, et wallisiens-futuniens, Mikaele Kulimoetoke, une convention de coopération régionale entre les assemblées des trois collectivités françaises du Pacifique[19]. Il fait partie des différents comités de pilotage devant préparer le bilan de l'accord de Nouméa et préparer l'avenir institutionnel afin d'apaiser les tensions qui risquent d'être attisées par l'organisation puis les résultats du premier référendum d'autodétermination. Il est également l'un des responsables politiques siégeant au sein du groupe de dialogue « Sur le chemin de l'avenir », aussi appelé « G10 », où il représente le Rassemblement avec Pierre Frogier. Néanmoins, il quitte une première fois cette table de discussion le , reprochant la publication sur un réseau social par Philippe Gomès, et alors que les délibérations de ce « G10 » sont sensés devoir rester confidentiels, d'une proposition de texte devant être lu comme exposé des motifs devant le Congrès de la délibération fixant la date du référendum. Il critique également certains passages de ce texte, parlant d'« éléments inacceptables »[20]. Après un Comité des signataires qui permet de clarifier les missions et la méthode de travail de ce « G10 », il en redevient membre mais le quitte à nouveau le , cette fois-ci définitivement et accompagné de Pierre Frogier, en signe d'opposition à la volonté de Calédonie ensemble de faire adopter une « Charte des valeurs communes » avec les indépendantistes avant le référendum[21]. Ceci met fin à l'alliance entre Calédonie ensemble et le Rassemblement, rejoint par une majorité des militants du MPC menés par Gil Brial et Isabelle Champmoreau qui désavouent Gaël Yanno, qui souhaite continuer à coopérer avec le parti de Philippe Gomès. Le , lors du dernier renouvellement du bureau de cette IVe mandature et avant la consultation sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté du , Thierry Santa, qui n'est plus soutenu que par le nouveau groupe « Les Républicains Rassemblement - MPC », a de nouveau deux candidats face à lui : Rock Wamytan toujours du côté indépendantiste et Gaël Yanno, désormais non-inscrit et qui s'est présenté en son nom propre mais avec l'appui de Calédonie ensemble. Trois tours de scrutins sont alors nécessaires, ces trois candidats se maintenant lors des deux premiers tours, empêchant l'élection de l'un d'entre eux à la majorité absolue, avec 23 voix pour Rock Wamytan, 16 pour Gaël Yanno, 6 pour Thierry Santa et 7 bulletins blancs (ceux du groupe Les Républicains calédoniens, qui refusent de trancher entre les deux candidats non-indépendantistes. Pour le troisième tour, Thierry Santa retire sa candidature en faveur de Gaël Yanno, qui est donc élu avec la totalité des 29 votes non-indépendantistes[22].

Président du RassemblementModifier

Redevenu un élu de l'opposition, Thierry Santa, qui avait laissé le secrétariat général du Rassemblement à Virginie Ruffenach, redevient actif dans la vie du mouvement. Après le référendum du , Pierre Frogier finalise la transmission des reines du parti à la nouvelle génération en démissionnant de la présidence à l'occasion d'un comité directeur réuni dans son fief de Boulari au Mont-Dore le . Thierry Santa lui succède par intérim[23]. Pour les élections provinciales du , il s'allie aux Républicains calédoniens en dans la coalition électorale de L'Avenir en confiance, formant un tandem avec Sonia Backès pour mener la liste en Province Sud, cette dernière prenant la première place et lui la deuxième[24]. Le , L'Avenir en confiance devient également un groupe politique au Congrès, et Thierry Santa en prend la présidence[25]. Ils remportent la victoire avec 20 élus sur 40 à l'Assemblée de province, et deviennent le premier groupe du Congrès, avec 18 sièges sur 54[26].

Président du gouvernement de Nouvelle-CalédonieModifier

Le , Thierry Santa est élu président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie[27]. Il prend ses fonctions le suivant[28].

Détail des mandats et fonctionsModifier

RéférencesModifier

  1. [PDF] Résultats de la traversée Île aux Canards 2015 Palmes hommes avec les dates de naissance des participants, dont Thierry Santa, p. 2
  2. a b c d e f et g Fr. TROMEUR, « Parti pour son parti », Les Nouvelles calédoniennes, 8 mai 2013
  3. [PDF] Allocution de Monsieur Edouard FRITCH, Président de la Polynésie française : Irène DEGAGE épouse ROBERT, Chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui, Lundi 29 juin 2015, site officiel de la présidence de la Polynésie française
  4. , ils ont eu un fils ensemble , Teïva Santa « Thierry Santa et Sabine Di Russo », Carnet blanc, site officiel de la ville du Mont-Dore
  5. A. NOIR, « À l'école du jeu », site officiel de la Province Sud, 17 juin 2009
  6. [PDF] Arrêté n° 47/00 du 17 mai 2000 de la ville du Mont-Dore portant recrutement d’un secrétaire général, Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie (JONC), n° 7462, 20 juin 2000, p. 2414
  7. Ph. Fr., « Le Rump consulte en grand format », Les Nouvelles calédoniennes, 12 juillet2013
  8. Fl. DHIE, « Investiture de l'UMP pour les élections », NCPresse.nc, 27 janvier 2014
  9. Résultats des élections municipales de 2014 pour la commune Païta, site du ministère de l'intérieur
  10. Fr. TROMEUR, « Thierry Santa en porte-parole », Les Nouvelles calédoniennes, 4 novembre 2014
  11. Ph. F., « Vote massif d'un budget de crise », Les Nouvelles calédoniennes, 18 décembre 2014
  12. Ph. F., « La manif des pro-France », Les Nouvelles calédoniennes, 17 avril 2015
  13. « Claude Bartolone annonce la tenue d'un comité des signataires exceptionnel fin mai », Les Nouvelles calédoniennes, 26 avril 2015
  14. « « Ils se sont mis d'accord », Les Nouvelles calédoniennes, 6 juin 2015 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  15. Ph. FRÉDIÈRE, « Santa élu en deux tours », Les Nouvelles calédoniennes, 17 juillet 2015
  16. Angélique Souche (IP), « Thierry Santa réélu dès le premier tour à la présidence du Congrès », Nouvelle-Calédonie 1re, 30/06/2016
  17. Angélique Souche, Jeannette Peteisi, Alix Madec, Sheïma Riahi, « Thierry Santa réélu président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie », Nouvelle-Calédonie 1re, 19/07/2017
  18. « L'ascension du "grand" », Les Nouvelles calédoniennes, 17/07/2017
  19. La Tribune, « La France du Pacifique se rapproche », DNC.nc, 12/08/2016
  20. Rédactions de NCla1ere, « L’implosion du G10 », Nouvelle-Calédonie La 1re, 28/02/2018
  21. Malia Noukouan, Angélique Souche (Sheïma Riahi), « "Sur le chemin de l’avenir" : Sonia Backès, Pierre Frogier et Thierry Santa claquent la porte des discussions », Nouvelle-Calédonie La 1re, 31/05/2018
  22. « Congrès : Gaël Yanno élu à la présidence », Les Nouvelles calédoniennes, 30/07/2018
  23. William Kromwel et CM, « Pierre Frogier passe la main », Nouvelle-Calédonie La 1re, 06/12/2018
  24. Cédrick Wakahugnème, avec F.T., « "L’Avenir en confiance" joue la réconciliation et l'unité », Nouvelle-Calédonie La 1re, 02/03/2019
  25. « Constitution du groupe L’Avenir en confiance au congrès », NCPresse, 25/03/2019
  26. NC La 1re avec F.T., « La province Sud bascule de Calédonie ensemble à L'Avenir en confiance », Nouvelle-Calédonie La 1re, 14/05/2019, mis à jour le 16/05/2019, consulté le 17/05/2019
  27. « Thierry Santa est le président du 16e gouvernement de Nouvelle-Calédonie - Nouvelle Calédonie la 1ère », sur la1ere.francetvinfo.fr, (consulté le 29 juin 2019).
  28. Clarisse Watue et Caroline Moureaux, « Le 16ème gouvernement est en place », Nouvelle-Calédonie La 1re, 06/07/2019.

Voir aussiModifier