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Thermes gallo-romains d'Entrammes

thermes romains à Entrammes (Mayenne)

Thermes gallo-romains d'Entrammes
Thermes gallo-romains d'Entrammes
Mur intérieur des thermes d'Entrammes
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Lieu Entrammes
Protection Logo monument historique Classé MH (1988)
Coordonnées 48° 01′ 23″ nord, 0° 46′ 11″ ouest

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Thermes gallo-romains d'Entrammes
Thermes gallo-romains d'Entrammes
Histoire
Époque Milieu du IIe siècle

Les thermes gallo-romains d'Entrammes sont un petit édifice thermal découvert en 1987 à Entrammes, en Mayenne, lors d'une étude sur l'église de la commune. La découverte d'une construction d'époque romaine encore pour partie en élévation la rend très exceptionnelle, surtout au nord de la Loire.

Sommaire

HistoireModifier

 
Vue générale de l'église Saint Étienne

Une étude avant restauration de l'église était rendue nécessaire par l'état général de l'édifice cultuel. Les restaurateurs, qui s'attendaient davantage à trouver des enduits peints médiévaux, trouvèrent des éléments de brique : arcs, oculi et tympans. L'origine romaine de la construction a pu être confirmée par la découverte d'un système d'hypocauste en excellent état de conservation[1].

La construction a été datée du milieu du IIe siècle[2] de notre ère, en dépit de la découverte de peu de matériel archéologique. Un chapiteau tardif retrouvé lors des fouilles peut étayer une utilisation de l'édifice jusqu'au Ve siècle, date à laquelle il est abandonné[2] et transformé en lieu de culte au VIIe siècle[3] au plus tard.

Une église paléochrétienne utilise la bâtisse, et il est probable qu'ici eut lieu en 863 la rencontre du Traité d'Entrammes entre le roi des Francs Charles le Chauve et le roi de Bretagne Salomon[réf. nécessaire].

La construction a été amputée de son mur nord probablement lors d'un agrandissement en 1544[3]. L'agrandissement du transept, du chœur et de l'abside de l'église au XIXe siècle épargna les vestiges conservés lors des transformations antérieures, sauf sur une longueur de 6 m sur sa partie orientale[3].

Afin de permettre la mise en valeur et la visite des thermes, il a été décidé de couper en deux l'église par un grand mur : seuls les transepts, le chœur et l'abside restent affectés au culte.

Les vestiges des thermes sont classés au titre des monuments historiques depuis le 1er septembre 1988[4].

Description des vestigesModifier

 
Hypocauste

La construction est orientée est-ouest. Le mur romain conservé est le mur sud de la nef, qui possède encore une hauteur supérieure à 7,5 m de hauteur, voire plus de 8,50 m à proximité de l'hypocauste[5], ainsi que le pignon de l'église.

Des percements sont visibles, dont des arcs[2]. Le mur nord a conservé une hauteur de 2 m, du fait des remblais accumulés[3].

La fouille a permis de dégager un hypocauste bien conservé avec ses colonnettes de briques et un sol en béton[6].

Un beau dallage de schiste a été dégagé dans les mêmes fouilles qui ont aussi permis de donner une taille à la construction de 28,50 m sur 10 m[5]. L'environnement archéologique est peu connu, de par les perturbations dues à une sablière qui a détruit les éventuels vestiges situés au sud de l'église.

 
Bain chaud au sol effondré

4 pièces en enfilade ont été reconnues : frigidarium, tepidarium, étuve et cella soliaris. Le tepidarium et l'étuve possédaient une petite abside.

À l'extérieur de l'église est conservée la chaufferie de l'édifice.

La transformation en sanctuaire paléochrétien a occasionné la suppression des cloisons et la pose d'un sol[3]. Un escalier menant au presbyterium a été dégagé, ainsi que la base d'un ambon, agencement trouvé très rarement in situ[7]. Un chapiteau tardif a été retrouvé, ainsi qu'une antéfixe.

Des moules de cloches ont également été dégagés par les archéologues.

Selon Jacques Naveau, « la découverte de thermes oblige maintenant à s'interroger sur la présence d'une agglomération antique » sur le site d'Inter Amnes, entre les rivières[8].

Le parcours de l'utilisateurModifier

La disposition du bâtiment n'était pas celle correspondant à l'ordre d'utilisation des diverses salles, obligeant l'usager à faire demi-tour[6].

Le vestiaire se situait aux alentours de l'accès actuel aux vestiges, et dans le transept de l'église actuelle. Le premier arrêt était dans la salle tiède, la salle froide étant utilisée à la fin du parcours[9]. L'étuve était l'étape suivante, avant le bain chaud stricto sensu. Le parcours se terminait par le bain froid qui est mal connu du fait de la reconstruction du XIXe siècle mais pour lequel les archéologues supposent qu'un certain parallélisme existait avec la disposition de la pièce chaude[9].

Notes et référencesModifier

  1. Naveau 2002, p. 49
  2. a b et c Naveau 1992, p. 125
  3. a b c d et e Naveau 2002, p. 52
  4. Notice no PA00109500, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. a et b Naveau 2002, p. 53
  6. a et b Naveau 2002, p. 54
  7. Naveau 1992, p. 129
  8. Naveau 2002, p. 52-53
  9. a et b Naveau 2002, p. 56

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Naveau, Entrammes, Mayenne, les thermes gallo-romains : tiré à part du no 72 de la revue 303, Arts, Recherches et Créations,  
  • Jacques Naveau, La Mayenne, 53 : carte archéologique de la Gaule, (ISBN 2877540154) 
  • Jacques Naveau, Les thermes romains d'Entrammes, Laval, Société d'archéologie et d'histoire de la Mayenne,  
  • Jacques Naveau, Les thermes d'Entrammes (Mayenne), Revue archéologique de l'ouest, tome 9, 1992, pp. 129-159 (Lire en ligne)
  • Stéphane Hilland, En remontant le temps… d’Entrammes à Interamnes, Laval, Société d’archéologie et d’histoire de la Mayenne, 2012
  • Jaques Naveau, Jublains et la Mayenne romaine, Jublains, Association des amis de Jublains, 2009, pages 73-80.

Liens externesModifier