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The Truman Show
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Logo du film
Titre québécois Le Show Truman
Titre original The Truman Show
Réalisation Peter Weir
Scénario Andrew Niccol
Acteurs principaux
Sociétés de production Paramount Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie dramatique
Anticipation
Durée 103 minutes
Sortie 1998

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

The Truman Show, ou Le Show Truman au Québec, est un film américain réalisé par Peter Weir, sorti en 1998. Il met en scène Jim Carrey dans le rôle principal, aux côtés de Laura Linney, Noah Emmerich, Ed Harris et Natascha McElhone. Le film raconte la vie d'un homme, Truman Burbank, star d'une télé-réalité à son insu. Depuis sa naissance, son monde n'est qu'un gigantesque plateau de tournage et tous ceux qui l'entourent sont des acteurs. Lui seul ignore la réalité. Le film explore ses premiers doutes et sa quête pour découvrir le but de sa vie.

À sa sortie, The Truman Show est un succès commercial et critique. Le film a été nommé pour de nombreux prix, et Jim Carrey remporte son premier Golden Globe pour ce rôle.

SynopsisModifier

Truman Burbank est un agent d'assurances, marié à Meryl, qui est infirmière. Ils vivent paisiblement dans la cité paradisiaque de Seahaven remplie de gens sympathiques, de maisons identiques et de jardins bien entretenus. Truman a néanmoins envie de voyager à l'étranger, de découvrir de nouvelles choses, et surtout de retrouver une femme, Sylvia, dont le regard l'a envoûté dans sa jeunesse. Cependant tout semble contraindre Truman à rester dans la ville. Sans le savoir, il est en effet le héros d'une émission de télé-réalité qui le suit depuis sa naissance.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Sources et légende : version française (VF) sur AlloDoublage[2]

ProductionModifier

 
Maison utilisée pour celle de Truman, située à Seaside (en), en Floride.

Le film est durant une période proposé au réalisateur Brian De Palma qui est finalement écarté du projet car, selon lui, Jim Carrey n'est pas le meilleur choix pour le personnage principal. Il lui aurait préféré Tom Hanks[3].

Le cadre principal de l'action est la cité factice de Seahaven, banlieue parfaite dont Truman finit par découvrir qu'elle n'a été construite que pour servir de décor au programme de téléréalité dont il est à son insu le héros. Pour rendre l'artificialité requise par le scénario d'Andrew Niccol, il est apparu au réalisateur Peter Weir que les décors d'Hollywood « faisaient trop réalistes » ; et c'est en définitive dans la ville nouvelle de Seaside (en), en Floride, que s'est déroulée la majeure partie du tournage[4].

Bande originaleModifier

Article détaillé : The Truman Show (bande originale).

AccueilModifier

Accueil critiqueModifier

Box-officeModifier

DistinctionsModifier

AnalyseModifier

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The Truman Show est un film qui s'est fait connaître par la critique des émissions de télé-réalité contemporaines qu'il réalisait[6]. Cependant, la vision d'un homme aux prises avec un système tout-puissant, vivant dans l'ignorance et dans la banalité, n'est pas chose nouvelle et de nombreux rapprochements peuvent être faits. Néanmoins, le film n'est pas une simple redite et pose des questions inédites.

Analyse du filmModifier

Ce film dénonce la vie de Truman sur le ton de la comédie dramatique. Il est enfermé dans un monde entièrement contrôlé par le réalisateur de l'émission dont il est le héros à son insu. La régie est placée tout en haut du studio, dans la Lune mobile. On peut donc y voir l'allégorie d'un « Dieu tout-puissant », omnipotent, orgueilleux de sa toute-puissance[7], caché du protagoniste principal qui n'a aucune conscience de sa présence et encore moins de raison d'y songer.

D'un autre point de vue, le réalisateur Christof n'est pas le seul « maître » de Truman ; il y a aussi les spectateurs qui sont avides de voyeurisme, ce qu'ont bien compris les publicitaires qui en profitent aussi[8] : le film est en effet parcouru de références variées relevant du placement de produit dans la maison ou dans la ville. Les proches du jeune homme font régulièrement la promotion de produits de consommation dans le cadre de contrats publicitaires liés à l'émission. Cela les incite évidemment à vouloir placer leurs produits promotionnels, en utilisant des slogans de circonstance, dans les discussions qu'ils ont avec lui. De même, des produits dérivés de l'émission et à l’effigie de Truman sont visibles chez beaucoup de téléspectateurs : des calendriers, des coussins, des vêtements, des tasses...

Par ailleurs, les spectateurs, tout comme Truman, sont eux aussi placés devant des choix qui leur sont dictés : depuis le début du show, des questionnaires leur font croire qu'ils peuvent donner leur avis à propos des lignes principales de la vie du jeune homme. Pourtant, ces dernières sont préalablement décidées à l'avance par Christof et mises en pratique par son équipe.

L'omniprésence des caméras produit une atmosphère étouffante, malsaine, cynique et spontanément hypocrite, proche de Big Brother. Truman est uniquement entouré d'acteurs qui ne font que jouer la comédie. Sa « mère » n'éprouve pour lui, depuis le début, ni tendresse maternelle ni respect véritable. Son « épouse » n'a aucune joie à se trouver près de lui ou à être sa compagne. Son « meilleur ami d'enfance » n'est là que pour restreindre ses velléités de comportement, pour le forcer à entrer dans le moule prévu par Christof. Les vrais sentiments n'ont pas leur place dans la zone de tournage, au risque d'être expulsé de l'émission comme cela fut le cas de son « père ».

Au fil du temps, le réalisateur s'est arrogé tous les pouvoirs sur la vie sociale de Truman. Ses interactions avec autrui, ses aspirations, ses rêves, ses peines sont depuis des décennies sous sa coupe réglée. Alors qu'il est interrogé durant son enfance sur ce qu'il souhaite réaliser lorsqu'il sera adulte, Truman répond qu'il veut voyager et parcourir le monde. Ce n'est évidemment pas compatible avec les projets du réalisateur. Pour s'assurer que le héros malgré lui ne soit pas tenté de partir de la petite ville de son enfance, le chef va lui fabriquer un traumatisme de toutes pièces : assister à ce qui lui apparaît la mort par noyade de son père qui a chuté d'un petit bateau, devant lui. Cela fonctionne durant des années : sa perception du monde s'est retrouvée biaisée pour qu'il possède la peur panique de s'approcher de l'eau. Truman se fige donc dans un mensonge qui a pour but de s'assurer d'une docilité qui n'aurait pas été naturelle sans ce stratagème. De plus, cette technique permet d'éloigner le pseudo-père, honnêtement révulsé par ce que l'enfant subit[9].

Par le biais d'oreillettes, le réalisateur dicte aussi des répliques que les acteurs principaux doivent prononcer (la femme de Truman, sa mère, son ami), lorsqu'ils s'adressent au héros malgré lui[10].

Lorsque Truman décide, en dernier recours et par désespoir, de quitter sa ville après avoir été appelé par son prénom par un homme qui lui est un parfait inconnu, l’atmosphère des lieux devient nettement plus sinistre. Une tempête artificielle est créée par une puissante machinerie cachée, d'ordinaire dévolue à créer les vagues de la mer paisible. La tempête est dantesque car les flots sont si difficilement navigables que Truman risque la noyade[11]. Enfin, malgré cette péripétie, Truman arrive au mur délimitant le studio et se rend compte qu'il est enfermé : le ciel de l'horizon est en fait une paroi peinte. Il peut longer le rebord et il trouve une porte qui lui permettrait de sortir.

Le réalisateur s'adresse alors à lui par une voix haut perchée qui descend du ciel. Il lui révèle qu'il se trouve présent pour le divertissement de millions de personnes et que toute sa vie a été scrutée depuis sa naissance.

Christof n'a pas de véritable contre-pouvoir dans sa bulle onirique artificielle. Son comportement, depuis des décennies, est omnipotent, narcissique et arrogant. Sa gestion de Truman qu'il contrôle comme une marionnette depuis sa naissance lui a fait complètement oublier le libre-arbitre spontané de chaque individu. De cette façon, le réalisateur possède l'orgueil de croire que Truman n'aura pas le cran, ni l'envie, ni la logique de partir du studio : puisque ce n'est pas dans les plans du réalisateur, ce dernier ne trouve pas cela possible ou faisable.

Truman, pourtant, refuse bravement. Cette partie du film est un éloge de la liberté de pensée et de décision. Ce côté rappelle le livre Le Meilleur des mondes d'Aldous Huxley, avec le même combat entre d'un côté une vie contrôlée, surveillée, mais sans risques, et de l'autre la liberté et ses problèmes inhérents.

Pour terminer, le film semble aussi traiter de l'impossible contrôle total des individus. Sa fuite n'est pas due à une volonté éclairée de découvrir le monde dont il a peur mais au désir fou d'une femme à peine rencontrée et d'une lucidité qui s'éveillera au fil du temps[12]. Ce thème se retrouve également dans le roman 1984 où c'est aussi l'amour qui guidera la rébellion de Winston Smith. Le Mythe des marionnettes de Platon peut également être un point de vue qui permette de décrire l’interaction malaisée entre Christof et Truman.

Sources d'inspiration du filmModifier

Truman vit dans un monde où tout est organisé, géré et contrôlé par une seule personne (le réalisateur), un monde orwellien proche de 1984 et de son Big Brother. Il s'agit d'un homme a priori tranquille qui doute petit à petit de la réalité, ce qui rapproche The Truman Show du roman de Philip K. Dick Le Temps désarticulé, dont il reprend l'idée de départ[13],[14]. The Truman Show est, par ailleurs, une relecture contemporaine de la mythologie grecque dans laquelle l'homme est sans cesse confronté à la fatalité. L'individu y est le jouet des dieux qui lui choisissent une destinée, heureuse ou non. Le hasard n'y a aucune place. En ce sens, Christof, le réalisateur et producteur de l'émission, ainsi que son équipe sont inspirés de Zeus et des habitants de l'Olympe. Christof a créé un univers dans lequel il règne en maître absolu et qui n'échappe en rien à son contrôle : le monde du haut décide de tout et celui du bas subit. Le producteur impose à Truman une vie intime et sociale qu'il a pensée et fabriquée de toutes pièces depuis sa naissance. Alors que Truman tente de devenir enfin maître de sa destinée, il fuit sur un voilier en mer et Christof provoque, pour l'anéantir, une tempête qui rappelle celle que déclenche Poséidon contre Ulysse dans l'Odyssée d'Homère (le poème s'ouvre, d'ailleurs, sur le conseil des dieux de l'Olympe qui statuent sur le retour d'Ulysse à Itaque après dix années d'errance en mer).

The Truman Show se conçoit initialement comme une dénonciation du pouvoir despotique de la télévision et de son emprise sur les esprits, ce qui le rapproche des films Network de Sidney Lumet, Quiz Show de Robert Redford et Louis 19, le roi des ondes de Michel Poulette. Il reprend également le thème principal de la nouvelle Le Prix du danger de Robert Sheckley et des romans The Continuous Katherine Mortenhoe de David Compton et Running Man de Stephen King. Il évoque la manipulation des masses par les puissants. La recherche de la réalité de Truman rappelle Dark City, sorti la même année, ou Matrix, sorti un an plus tard, par le biais de l'allégorie de la caverne, et des éléments de la série Le Prisonnier. Par ailleurs, The Truman Show partage aussi avec Matrix un jeu sur les niveaux de réalité qui se télescopent au départ chez le personnage principal et le spectateur. La mise en scène d'une réalité virtuelle, assimilée à la seule réalité, n'est, dans les deux cas, qu'un simulacre édifié par un Malin génie qui confond vérité et mensonge. « Truman » est la contraction de true man qui signifie, en anglais, « l'homme vrai » ou « l'homme véritable »[14]. Au début du film, certains « figurants » laissent entendre qu'il s'agirait d'une expérience pour voir comment réagirait vraiment un homme lors de situations dignes d'une série télévisée, comme la fausse disparition de son père. Aussi Louis 19, le roi des ondes, sorti en 1994, met-il en vedette Martin Drainville.

Autour du filmModifier

Références dans d'autres œuvresModifier

  • L'épisode 21 de la saison 2 de la série d'animation Les Griffin, intitulé La Rate sur un toit brûlant (Fore, Father), fait référence au Truman Show[15],[16].
  • L'épisode 14 de la saison 3 de la série télévisée Raising Hope, intitulé Le Mariage de Jimmy et Sabrina (Modern Wedding), fait référence au Truman Show[réf. nécessaire].
  • Dans le chapitre 4 (The Stage) du mod Aperture Tag[17] du jeu vidéo Portal 2, le joueur se retrouve dans une salle censée représenter un océan, et sort par un escalier le long d'un mur bleu ciel[18].

Notes et référencesModifier

  1. Générique de fin de l'édition DVD
  2. « Fiche du doublage français du film » sur AlloDoublage, consulté le 26 novembre 2014
  3. Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Brian de Palma : Entretiens avec Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Calmann-Lévy, , 214 p. (ISBN 2-7021-3061-5), p. 167.
  4. Edward Ross (trad. Hélène Duhamel), Filmo Graphique, Ça et là, , 200 p. (ISBN 978-2-36990-243-0), p. 69.
  5. « The Truman Show », sur jpbox-office.com (consulté le 18 août 2013)
  6. The Truman Show: movie review (French)
  7. Pascal Faber , « À saluer également la superbe prestation de Ed Harris en grand manitou se prenant pour Dieu », dvdrama.com
  8. http://www.zoom-cinema.fr/film_Comedie-dramatique/critique/The-Truman-Show_466.html Zoomcinema]
  9. Il émet des doutes sincères et se rebelle concernant les fausses interactions sociales imposées à l'enfant.
  10. Par exemple, l'ami d'enfance doit toujours se tenir prêt à accourir au moindre caprice du réalisateur lorsque ce dernier souhaite bloquer la spontanéité de Truman qui se rebelle petit à petit face à son analyse surprenante des actions faites par les quidams de la ville.
  11. Il est possible d'y voir ici une allusion à l'Odyssée d'Ulysse, puni par Poséidon, le redoutable Roi des Océans, qui s'arroge ici le choix que le bloquer en dehors d'Ithaque qu'il souhaite ardemment retrouver ; comme Christof le fait avec Truman en lui interdisant de trouver la sortie.
  12. « Une histoire d'amour impossible » Panorama-Cinéma.
  13. Critique de Chronicart
  14. a et b Critiques de panoram-cinéma
  15. (en) « Family Guy - Season 2, Episode 21: Fore, Father », sur tv.com (consulté le 28 juin 2012)
  16. (en) « Family Guy: Fore, Father », sur tvrage.com (consulté le 28 juin 2012)
  17. « Aperture Tag: The Paint Gun Testing Initiative sur Steam », sur store.steampowered.com (consulté le 8 mai 2017)
  18. The Razielim, « Aperture Tag Walkthrough Part 4 (Chapter 4: The Stage) », (consulté le 8 mai 2017)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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