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Financial Times

quotidien économique et financier britannique
(Redirigé depuis The Financial Times)

Financial Times
Image illustrative de l’article Financial Times

Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Zone de diffusion Monde
Langue Anglais
Périodicité Quotidien
Genre Presse économique et financière
Prix au numéro 3,20
4,00 (édition du week-end)
Diffusion 163 000 ex. (2019)
Fondateur James Sheridan
Date de fondation 1888
Ville d’édition Londres

Propriétaire Nikkei Inc.
Rédacteur en chef Lionel Barber
Site web FT.com

Le Financial Times (FT) est un quotidien économique et financier britannique. Il est généralement considéré comme le quotidien économique de référence en Europe. Le journal compte plus d'un million d'abonnés dont près d'un tiers est installé au Royaume-Uni[1]. La version papier est tirée à 163 000 exemplaires[2]. Le Financial Times est particulièrement lu par les élites économiques et financières en Europe et aux Etats-Unis[3]. Le journal est publié en 5 éditions différentes: Royaume-Uni, Europe, États-Unis, Asie et Moyen-Orient. Il est imprimé dans 18 villes: Londres, Liverpool, Glasgow, Dublin, Francfort, Milan, Madrid, New York, Chicago, San Francisco, Orlando, Tokyo, Hong Kong, Singapour, Séoul, Dubaï et Doha[4].

Le Financial Times est fondé en 1888 par James Sheridan. En 1945, il absorbe son principal rival à la City de Londres: le Financial News. Le journal est acheté par le groupe Pearson en 1957. Dans la seconde moitié du XXe siècle, le tirage du journal s'étend à l'international, notamment en Europe de l'Ouest, en Amérique du Nord et en Asie. Son influence devient alors globale. Depuis 1998, plus d'exemplaires du journal se vendent à l'étranger qu'au Royaume-Uni[5].

Depuis 1994, le Financial Times publie le magazine How to spend it. Le site internet du Financial Times ouvre en 1995 et les formules d'abonnement en ligne font leur apparition en 2002[5]. En 2015, la holding FT Group, propriétaire du Financial Times, est rachetée pour 844 millions de livres sterling par la multinationale japonaise Nikkei, propriétaire et éditeur du Nihon Keizai Shinbun, quotidien financier de référence au Japon[6].

Depuis sa création en 1888, le Financial Times défend une ligne éditoriale favorable à l'économie de marché, au libre-échange et à la démocratie libérale[7].

HistoireModifier

Lancé le sous le titre de London Financial Guide par Horatio Bottomley, il est renommé dès le 13 février de la même année Financial Times. Le lancement du journal est un succès, en 1890 les ventes augmentent de 73 % sous la direction de William Ramage Lawson. Ce dernier est remplacé par A .E Murray en 1896, lui-même remplacé par C. H Palmer en 1909 et DST Hunter en 1924. Cette même année le Financial Times rachète le journal Financer.

En 1937, Archie Chisholm est nommé directeur du Financial Times avant que le journal soit racheté par Brendan Bracken en 1945. Sous sa direction est créée la version moderne du Financial Times (fusion avec Financial News et création des colonnes Lex). Hargreaves Parkinson devient directeur de la rédaction avant d'être remplacé par Gordon Newton en 1949. En 1953, le Financial Times fête sa 20000e édition et la création de la rubrique Arts.

En 1957, le Financial Times est racheté par la maison d'édition Pearson. En 1960 la diffusion du Financial Times excède les 132 000 exemplaires quotidiens et devient, en 1968, un journal de dimension internationale. En 1973, Gordon Newton est remplacé par Fredy Fisher, lui-même remplacé par Geoffrey Owen en 1981. En 1985, le Financial Times commence à être imprimé à New York. Sa diffusion dépasse les 250 000 exemplaires. En 1987, le Financial Times publie le premier index boursier mondial. Le journal commence à être imprimé l'année suivante à Paris et acquiert Les Échos et L'Expansion. Dans les années 1990, le Financial Times est publié à Tokyo. En 1993, sa diffusion dépasse les 300 000 exemplaires quotidiens. En 1995, le Financial Times est imprimé à Madrid, Stockholm et Los Angeles. Le site FT.com est lancé la même année.

En 1996, le Financial Times commence à être imprimé à Hong Kong. L'année suivante, l'édition du weekend est refondue, l'édition américaine lancée. En 1998 le Financial Times est imprimé à Milan et Chicago. Sa diffusion à l'international devient supérieure à celle du Royaume-Uni. En 1999, le Financial Times est lancé à Boston et San Francisco ; sa diffusion dépasse les 400 000 exemplaires par jour.

Dans les années 2000, le journal s'étend à Dallas, Miami, Kuala Lumpur et Séoul. L'édition allemande voit le jour en 2000 également. En 2001, la diffusion dépasse les 500.000 exemplaires sous la direction de Andrew Gowers qui devient le nouveau directeur de la rédaction. De 2002 à 2004, le journal s'étend à l'Afrique du Sud, Dubaï, Atlanta et Sydney. L'édition UK est refondue, l'édition Asie lancée. En 2005, Lionel Barber est nommé à la tête de la rédaction, John Ridding à la direction générale du journal et Rona Fairhead à la tête du Groupe Financial Times. La même année le Groupe achète Mergermarket, une société média spécialisée dans les actualités financières et l'analyse des marchés. En 2007, l'édition du Financial Times est globalement et acquiert Exec-Appointments, site d'emploi pour les cadres supérieurs et dirigeants (secteur public et privé). L'année suivant, le groupe achète Money-Media et lance China Confidential, un service de recherches fournissant des conseils pour les investisseurs étrangers en Chine. En 2009, le Financial Times lance son application smartphone et tablette, et achète MandateWire, une entreprise d'intelligence économique, flux d'actifs institutionnels et prospection. La même année, le Financial Times lance howtospendit.com un magazine en ligne sur le lifestyle, la mode, le luxe et les nouvelles technologies.

En 2010, le Financial Times acquiert Medley Global Advisors un fournisseur de macro-intelligence pour les plus grandes banques d'investissement mondiales (investissement, fonds spéculatifs et gestion d'actifs). Cette même année, la diffusion moyenne digitale et print est de 597 015 exemplaires. Le lectorat est estimé à 1,9 million de personnes à travers le monde en 2010 et 2,1 millions en 2011. Toujours en 2011, le Financial Times lance Brazil Confidential, sur le même principe que le China Confidential[8].

Le , le Financial Times lance une nouvelle édition simplifiée, unique, dont seules les unes changent. L'objectif est de libérer des ressources pour favoriser la transition numérique[9].

Le 23 juillet 2015 est annoncé l'achat par le groupe Nihon Keizai Shimbun-sha du quotidien Financial Times au britannique Pearson pour 844 millions de livres (1,19 milliard d’euros)[6]. Suite à l'annonce du départ de Lionel Barber en tant que rédacteur en chef du journal en janvier 2020, il est annoncé que Roula Khalaf lui succédera à ce poste[10].

ContenuModifier

Le journal est divisé en deux cahiers, l'un d'informations nationales et internationales diverses, l'autre sur l'actualité des entreprises et des marchés financiers.

GroupeModifier

Le FT group, filiale du groupe Pearson PLC, possède entre autres jusqu'en août 2015 50 % de The Economist Group (propriétaire de l'hebdomadaire The Economist), vendu à Exor et à la famille Rothschild. Il a vendu en 2007 sa participation dans Les Échos à LVMH.

Prises de positionModifier

Le Financial Times est un ardent défenseur de la mondialisation libérale. Le journal soutient le multilatéralisme et la coopération internationale au détriment de l'isolationnisme ou de l'unilatéralisme[11]. Il estime que l'ONU doit se doter d'une force militaire armée[12]. Il s'oppose au protectionnisme et est favorable au libre-échange, à l'abaissement des droits de douanes et à la limitation des barrières non tarifaires[13].

Dans les années 1980, le Financial Times soutenait les politiques monétaristes menées par Margaret Thatcher au Royaume-Uni et Ronald Reagan aux Etats-Unis[14]. Le quotidien estime que Thatcher a eu raison de réduire le pouvoir des syndicats et de conduire une vague de privatisations dans divers secteurs industriels[15].

Le Financial Times était aussi favorable à la politique de libéralisation de l'économie de Deng Xiaoping en République Populaire de Chine, cependant le journal regrette que cela n'ait pas été accompagné par une libéralisation politique de la société chinoise[16]. Le quotidien est aujourd'hui critique du virage autoritaire de Xi Jinping, il considère le PCC trop puissant et son emprise sur la société trop importante[17].

Le Financial Times avait favorablement accueilli les politiques de perestroïka et glasnost de Mikhaïl Gorbatchev en URSS. Le journal estime que celles-ci ont permis la fin du communisme et l'ouverture des pays d'Europe de l'Est[18]. Au cours des années 2010, le journal est critique de la politique étrangère agressive de Vladimir Poutine et plaide pour un maintien et un renforcement des sanctions contre la Russie[19].

Le Financial Times est généralement perçu comme europhile et pro-Europe. Le journal encourage un renforcement de l'intégration économique au sein du marché unique et plaide aussi pour un renforcement de l'intégration monétaire au sein de la zone euro. Le Financial Times est en revanche plus sceptique sur l'intérêt d'un approfondissement de l'intégration politique au sein de l'Union européenne[20]. Le quotidien avait appelé à voter "Remain" lors du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne du 23 juin 2016[21]. Le Financial Times est fermement opposé à un Brexit sans accord et pense que le Premier Ministre Boris Johnson est un danger pour la démocratie britannique[22].

Le Financial Times a soutenu le Parti conservateur aux élections générales britanniques de 2010[23], 2015[24] et 2017[25]. Le journal appelle cependant à se méfier de la branche eurosceptique du parti[25]. Le quotidien n'a cependant pas systématiquement soutenu les Conservateurs dans son histoire, il avait par exemple appelé à voter pour les Travaillistes de Tony Blair aux élections générales de 2001[26] et 2005[27], malgré l'opposition de la rédaction du journal à la guerre d'Irak[28].

Aux élections présidentielles américaines, le Financial Times a apporté son soutien à Barack Obama en 2008 et 2012, critiquant tout de même certaines de ses propositions protectionnistes[29],[30]. Aux élections de 2016, le journal a estimé qu'Hillary Clinton était, malgré ses « nombreuses faiblesses », un meilleur choix que Donald Trump[31]. Depuis son élection, le Financial Times a sévèrement critiqué les réformes fiscales et la politique commerciale de Donald Trump[32],[33].

Le Financial Times s'inquiète de la montée des mouvements populistes autoritaires et d'extrême droite dans le monde[34]. Ainsi, le journal s'est félicité de la victoire d'Emmanuel Macron contre Marine Le Pen à l'élection présidentielle française de 2017[35].

Bien que qualifiant d'« absurdes » les théories du grand remplacement et du génocide blanc, le Financial Times prend position pour que des politiques natalistes soient mises en place en Europe afin d'éviter l'effondrement démographique du continent ou l'apparition d'une société européenne multiethnique. Le journal estime qu'avec les taux de fécondité actuels « les Européens sont une espèce en voie de disparition »[36].

Affaires révéléesModifier

Article détaillé : Affaire Wolfowitz.

Notes et référencesModifier

  1. « Le « Financial Times » atteint un million d’abonnés », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 21 septembre 2019)
  2. « Financial Times - Data - ABC | Audit Bureau of Circulations », sur www.abc.org.uk (consulté le 21 septembre 2019)
  3. « FT most widely read by European elites », sur www.campaignlive.co.uk (consulté le 21 septembre 2019)
  4. « Today's Newspaper | Financial Times », sur www.ft.com (consulté le 21 septembre 2019)
  5. a et b (en) « Financial Times | British newspaper », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 21 septembre 2019)
  6. a et b (en-GB) « FT newspaper sold to Nikkei for £844m », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le 21 septembre 2019)
  7. (en-GB) « The FT View », sur Financial Times (consulté le 21 septembre 2019)
  8. History of the FT: an interactive timeline
  9. Comment le « Financial Times » est en passe de réussir sa transition numérique, Le Monde, 15 septembre 2014
  10. Chloé Woitier, « Pour la première fois en 130 ans, une femme à la tête du Financial Times », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  11. (en-GB) Martin Wolf, « The case for sane globalism remains strong », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  12. (en-GB) Gideon Rachman, « Why the world needs a United Nations army », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  13. (en-GB) Tim Harford, « What’s so great about free trade anyway? », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  14. (en) Chrystia Freeland, « Demise of Reaganomics poses grave intellectual challenge to Republicans », Financial Times,‎ (lire en ligne)
  15. (en-GB) Niall Ferguson, « Margaret Thatcher: Right about nearly everything », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  16. (en-GB) Chris Patten, « Deng Xiaoping and the Transformation of China », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  17. (en-GB) Julia Lovell, « Xi Jinping’s claim to Mao’s mantle carries risks », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  18. (en-GB) Rodric Braithwaite, « Gorbachev was key in freeing eastern Europe », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  19. (en-GB) The Editorial Board, « The West cannot simply set aside Vladimir Putin’s aggression », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  20. (en-GB) Tony Barber, « Deeper European integration is desirable but difficult », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  21. (en-GB) « Britain should vote to stay in the EU », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  22. (en-GB) The editorial board, « Boris Johnson’s suspension of parliament is an affront to democracy », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  23. (en) « Financial Times backs Conservatives », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 21 septembre 2019)
  24. (en-GB) « General election: The compelling case for continuity in Britain », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  25. a et b (en-GB) « Election 2017: The safer bet of a Conservative vote », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  26. (en-GB) Rebecca Allison, « Times backs Labour for the first time », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 21 septembre 2019)
  27. (en-GB) « Election 2005: What the papers said », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  28. (en-GB) « FT at 125: The world in focus », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  29. (en-GB) « Obama is the better choice », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  30. (en-GB) « Obama is the wiser bet for crisis-hit US », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  31. (en-GB) « FT endorsement: For all her weaknesses, Clinton is the best hope », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  32. (en-GB) Martin Wolf, « A Republican tax plan built for plutocrats », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  33. (en-GB) James Kynge, « Donald Trump is wrong », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  34. (en-GB) Martin Wolf, « The rise of the populist authoritarians », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  35. (en-GB) Gideon Rachman, « Macron win earns Europe a reprieve from the forces of populism », sur Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)
  36. (en-GB) Paul Morland, « What drives migration today? », Financial Times, (consulté le 21 septembre 2019)

Article connexeModifier

Liens externesModifier