Thérèse de l'Enfant Jésus et de Saint Jean-de-la-Croix

Thérèse de l'Enfant Jésus et de Saint Jean-de-la-Croix
Bienheureuse catholique
Image illustrative de l’article Thérèse de l'Enfant Jésus et de Saint Jean-de-la-Croix
Partie du portrait de Thérèse de l'Enfant Jésus (Garcia). Auteur inconnu.
Bienheureuse
Naissance
Mochales (Espagne)
Décès (à 27 ans) 
Guadalajara (Espagne)
Nom de naissance Eusébia Garcia-Garcia
Nationalité Drapeau de l'Espagne Espagnole
Ordre religieux Ordre des Carmes déchaux
Béatification  Rome
par le pape Jean-Paul II
Vénérée par Église catholique romaine, Ordre du Carmel
Fête 24 juillet

Eusébia Garcia-Garcia, en religion Thérèse de l'Enfant Jésus et de Saint Jean-de-la-Croix (1909 - 1936) est une des trois carmélites martyres de Guadalajara lors de la Guerre d'Espagne.

Elle est béatifiée le par le pape Jean-Paul II. Elle est fêtée le 24 juillet.

Contexte historiqueModifier

BiographieModifier

EnfanceModifier

Eusébia Garcia-Garcia naît le à Mochales dans la Province de Guadalajara (en Espagne). Elle est baptisée deux jours plus tard. À l'âge de 7 ans, son oncle, le chanoine Florentino qui est secrétaire épiscopal, prend en charge son éducation. Florentino sera lui aussi tué lors de la guerre civile et considéré comme martyr.

Eusébia fait ses études chez les Ursulines. Elle lit "Histoire d’une âme" et se passionne pour sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.

Entrée au CarmelModifier

Elle entre au carmel de Guadalajara le 2 mais 1925 et prend le nom de Thérèse de l’Enfant-Jésus et de Saint Jean-de-la-Croix. Elle fait sa prise d'habit le . Le elle fait ses premiers vœux, et le ses vœux définitifs[1].

Elle a un tempérament fort et une nature impulsive, mais elle réussit peu à peu à se dominer et s'adapter à la règle du monastère. Elle est très bonne musicienne. Elle se consacre tout particulièrement à la Sainte Vierge et prononce le vœu d'« amour, fidélité, abandon »[2].

Le MartyreModifier

Lorsqu'en 1936 la guerre civile éclate de nombreuses persécutions de religieux ont lieu.

Le , lors que les milices républicaines s'emparent de la ville, les religieuses du couvent craignent que leur couvent ne soit incendié. Dans l'après-midi, le prêtre donne la communion aux 18 religieuses, puis toutes partent en ville chercher un refuge dans des maisons proches ou chez des connaissances[1].

Thérèse de l'Enfant Jésus semble avoir accueilli l'idée du martyre avec une bonne humeur inhabituelle : lors de l'un de des derniers dîners partagés dans le couvent, elle aurait dit à ses compagnes : « Il faut manger beaucoup, car nous avons beaucoup de sang à verser pour le Christ-Roi »[1].

Le 24, alors que trois religieuses marchent dans les rues de la ville à la recherche d’un gîte plus sûr, une milicienne les reconnait. Celle-ci incite ses compagnons à tirer sur le groupe des religieuses qui tente de fuir[3]. Sœur Marie Ange est tuée sur le coup[4] mais Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus parvient à s'enfuir. Marie Pilar, touchée par les tirs décédera quelques heures plus tard à l’hôpital.

Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus parvient à s'enfuir, mais elle est rattrapée par un milicien nommé Palero, qui, dans un premier temps prétend vouloir la protéger. Il lui propose alors de lui épargner sa vie en échange de certains services "coupables", mais elle refuse. Il l'emmène alors près du cimetière, où lui demande de crier : "Viva el Comunismo!" (Vive le communisme !)[5]. Mais elle refuse et crie : « Viva Cristo Rey! » (Vive le Christ Roi !). Elle est alors fusillée contre le mur du cimetière[1],[5].

D'autres sources indiquent qu'on lui aurait offert sa liberté si elle reniait le Christ, l'Église, et le Carmel. Elle aurait refusé et aurait été tuée[6]. Ces sources sont potentiellement complémentaires, et soulignent la confusion qui régnait à l'époque.

La sépultureModifier

Les corps des trois religieuses sont jetés dans une fosse commune.

La fosse est rouverte le . Leurs corps sont identifiés grâce à leur scapulaire et crucifix présents sur leur poitrine.

Les dépouilles mortelles des trois religieuses sont emmenées et enterrées dans leur monastère deux jours plus tard.

Assez vite, des miracles ont été rapportés et attribués à ces trois religieuses[1].

BéatificationModifier

Le , le pape Jean-Paul II, béatifie à Rome les 3 carmélites de Guadalajara, dont Marie Ange de St Joseph[4].

Le , lors de la béatification à Rome, 233 martyrs espagnols de la Guerre civile[7] le pape Jean-Paul II, déclarera à leur sujet « Tous, avant de mourir, comme il ressort des procès canoniques pour leur déclaration comme martyrs, pardonnèrent de tout cœur leurs bourreaux. »[8].

La fête de Thérèse et de ses sœurs carmélites martyres de Guadalajara est célébrée le 24 juillet[2],[9]. Dans l'Ordre du Carmel, cette fête est célébrée avec rang de mémoire facultative[10].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e (no) « De tre salige karmelittsøstrene av Guadalajara ( -1936) », sur Caritas Norvège, katolsk.no, (consulté le 23 avril 2015).
  2. a et b « Bienheureuse Thérèse de l'Enfant Jésus GARCIA GARCIA », sur Abbaye de St Benoit, abbaye-saint-benoit.ch (consulté le 23 avril 2015).
  3. Magnificat : Juillet 2013, t. 248, Magnificat, , p. 328
  4. a et b « 3 Carmélites martyres de Guadalajara (Espagne) (1936) », sur Abbaye de Saint Benoit, abbaye-saint-benoit.ch (consulté le 23 avril 2015).
  5. a et b (en) « Blessed Teresa of the Child Jesus and of Saint John of the Cross », saints.sqpn.com (consulté le 23 avril 2015).
  6. (en) « Bls. Maria Pilar, Teresa and Maria Angeles, (OCD), Virgins and Martyrs (m) », sur Order of Carmelite, ocarm.org (consulté le 23 avril 2015).
  7. Le site nominis.cef.fr sur sa page Bienheureux martyrs espagnols pendant la guerre civile (+ 1936) indique que les trois carmélites du couvent de Guadalajara, don Marie Ange de St Joseph, font partie de cette promotion 2001, alors que d'autres sites liés au Carmel(comme abbaye-saint-benoit.ch ou ocarm.org) indiquent bien qu'elles ont bien été béatifiées en 1987. Peut-être que la liste de 2001 reprend, en plus d'une série de noms nouveaux, quelques bienheureux déjà déclarés par le passé, d'où une petite confusion.
  8. Jean-Paul II, « Homélie de Jean-Paul II (béatification de 233 serviteurs de Dieu) », sur Vatican, vatican.va, (consulté le 23 avril 2015).
  9. Soit le même jour qu'une autre carmélite martyre espagnole : Marie Mercedes Prat.
  10. Les heures du Carmel, Lavaur, Éditions du Carmel, , 347 p. (ISBN 2-84713-042-X), p. 138

Liens externesModifier