Théorème de Stolper-Samuelson

théorème d'économie

Le théorème de Stolper-Samuelson est un théorème d'économie qui explique l'augmentation ou la réduction des inégalités économiques à la suite de l'ouverture des économies des pays à la concurrence internationale. Prenons l’exemple d’un pays A qui est spécialisé dans le capital. Son intensité capitalistique est donc élevée donc le capital est plus rare car sa demande est élevée, à contrario du facteur travail qui n’est pas utilisé. Prenons maintenant l’exemple, d’un pays B où les conditions sont inverses. Alors les deux pays auront intérêt à changer.

ConceptModifier

Le théorème de Stolper-Samuelson a été dérivé en 1941 du modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson par Wolfgang Stolper et Paul Samuelson[1]. Le modèle HOS vise à expliquer la présence d’échanges internationaux mutuellement bénéfiques pour les parties prenantes. Il se base sur les différences de dotations en facteurs de production de chaque pays[2].

Une variation du prix relatif des produits influe sur le revenu réel de chaque facteur de production[3]. L'accroissement du prix du produit dans un secteur conduit à une augmentation plus que proportionnelle de sa rémunération[4]. Si le prix du bien intensif en capital augmente, alors le prix du travail chute, et vice versa[5].

La conclusion du théorème est que lorsqu'un pays s'ouvre à la concurrence internationale, le prix du bien qui bénéficie d'un avantage comparatif augmente. Le corollaire est donc que l'ouverture au commerce international profite au facteur abondant, et heurte le facteur minoritaire[5].

ExempleModifier

Si on suppose que deux pays, disons le pays A (développé) et le pays B (non développé), soient tels que A a un avantage comparatif à produire des biens de haute technologie et B des biens de faible technologie. On suppose que B a relativement plus de travailleurs non qualifiés que de travailleurs qualifiés, de sorte que le ratio salaire des qualifiés/salaire des non qualifiés avant ouverture au libre-échange devrait être supérieur à celui de A. En effet, avant ouverture des frontières, les travailleurs qualifiés sont rares, et donc relativement plus chers qu'en A (ratio salaire qualifié/salaire non qualifié très grand). Après ouverture des frontières, les travailleurs non qualifiés de A font concurrence avec ceux de B, de même pour les travailleurs qualifiés. Les inégalités de salaires (ratio) s'accentueront en A et se réduiront en B, contrairement à l'idée reçue selon laquelle les inégalités s'accentueront partout. Ici donc, dans le pays qui est rare en travail qualifié, les travailleurs qualifiés seront pénalisés par l'ouverture des frontières.

Ce théorème prédit donc une hausse des inégalités dans le pays qui a un avantage comparatif à produire des biens de haute technologie (qui requièrent du travail qualifié) et une diminution dans celui qui a un avantage comparatif à produire des biens qui requièrent la main d'œuvre qui se trouve être en abondance.

Par ailleurs, l'ouverture des frontières induira une perte en termes absolus de revenus pour les travailleurs non qualifiés du pays A et une perte en termes absolus pour les travailleurs qualifiés du pays B.

Ce théorème est un approfondissement de la théorie de l’avantage comparatif de David Ricardo.

Notes et référencesModifier

  1. Stolper, W. F. & Samuelson, P. A. (1941), Protection and Real Wages, Review of Economic Studies
  2. Aurelio Mattei, Manuel de micro-économie, Librairie Droz, (ISBN 978-2-600-00472-5, lire en ligne)
  3. Roger Dehem, Précis d'économie internationale, Presses Université Laval, (ISBN 978-2-7637-6948-6, lire en ligne)
  4. Revue d'économie politique, Sirey., (lire en ligne)
  5. a et b (en) Xiaokai Yang, An Inframarginal Approach to Trade Theory, World Scientific, (ISBN 978-981-238-929-9, lire en ligne)

Articles connexesModifier