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La Marche sur les eaux est considérée par Bultmann comme un théologoumène. Tableau d'Ivan Aivazovsky

Un théologoumène (du grec ancien θεολογούμενον, theologoúmenon, « objet de discussion théologique »[1]) est, en exégèse biblique, une affirmation d'ordre théologique qui ne repose pas directement sur les Écritures saintes, ou un épisode scripturaire à visée apologétique dont l'historicité peut être mise en question. Le théologoumène vise à faire d'une logique théologique une conviction, puis de la prêcher comme une affirmation de foi[2].

ChristianismeModifier

Dans le catholicisme, plusieurs théologoumènes font partie du dépôt de la foi. Les Évangiles de l'enfance en sont un exemple[3],[4].

Le concept de « théologoumène » est souvent utilisé dans une approche « démythologisante » du Nouveau Testament, notamment par Rudolf Bultmann, qui l'applique au récit de la Résurrection du Christ et de ses apparitions aux apôtres[5]. Le théologoumène est alors envisagé comme une construction a posteriori qui procède d'une assertion doctrinale d'ordre christologique mais non pas d'une réalité historique : ainsi en va-t-il, pour Bultmann, d'épisodes tels que la descente de croix ou l'intervention de Joseph d'Arimathie, ou, pour d'autres auteurs, de la virginité perpétuelle de Marie[6],[7].

Le dogme catholique de l'Immaculée Conception, quant à lui, est perçu comme un théologoumène par les orthodoxes comme par les protestants[8]. Selon le philosophe André Malet (1970), la résurrection de Jésus et sa descente aux enfers seraient des théologoumènes qui se sont répandus dans les milieux chrétiens entre 50 et 60[2].

Autres acceptionsModifier

Le terme est également employé par Nicomaque de Gérase et par le pseudo-Jamblique avec leurs Théologoumènes arithmétiques.

Notes et référencesModifier

  1. De Θεὸς, Theos, Dieu, et λόγος, logos, doctrine ; θεολογούμενα, theologoúmena, recherches sur Dieu ou les dieux. Cf. Littré.
  2. a et b Les Évangiles de Noël: mythe ou réalité?, L'âge d'homme, (ISBN 9782825130681, lire en ligne)
  3. (en) Timothy Wiarda, Interpreting Gospel Narratives: Scenes, People, and Theology, B&H Academic, , p. 75–78
  4. (en) Brennan R. Hill, Jesus, the Christ: Contemporary Perspectives, Twenty-Third Publications, , p. 89
  5. André Malet, Bultmann et la mort de Dieu : Présentation, choix de textes, biographie, bibliographie, Paris, Neuchâtel, Seghers/Delachaux et Niestlé, , p. 47
  6. Jacques Duquesne, Alain Houziaux, La Vierge Marie. Histoire et ambiguïté d'un culte, Éditions de l'Atelier, , p. 62
  7. Nicole Vray, Un autre regard sur Marie. Histoire et religion, Éditions Olivétan,
  8. Judith Marie Gentle, Robert L. Fastiggi, De Maria Numquam Satis : The Significance of the Catholic Doctrines on the Blessed Virgin Mary for All People, University Press of America, 2009 (ISBN 9780761848479), p. 1 sq.

AnnexesModifier