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Théâtre Les Blancs-Manteaux
Description de l'image Paris theatre des blancs manteaux.jpg.
Lieu Paris
Coordonnées 48° 51′ 31″ nord, 2° 21′ 27″ est
Inauguration 1972
Anciens noms La Pizza du Marais
Site web http://www.blancsmanteaux.fr/

Le Théâtre Les Blancs-Manteaux est une salle de spectacle, proche du café-théâtre et du cabaret, située au no 15 de la rue des Blancs-Manteaux dans le 4e arrondissement de Paris.

HistoireModifier

En 1970, un entrepreneur et ex-plâtrier, René Liotaud, rachète l'immeuble à l’angle de la rue Aubriot et de la rue des Blancs-Manteaux. Le bâtiment est en mauvais état mais il est rapidement rénové. Un certain nombre d’appartements sont vendus, le rez-de-chaussée est transformé en restaurant et la cave en bar-discothèque. Le lieu est ouvert au public en 1972. L’emplacement est idéal, au cœur du Marais, proche du quartier juif et du quartier gay. On y trouve déjà de nombreux cafés et restaurants mais aucune salle de spectacle. L’arrivée de Liotaud et l’ouverture de La Pizza du Marais (l’ancien nom des Blancs-Manteaux) est rapidement suivi par l’ouverture de plusieurs salles : le théâtre Essaïon, la Veuve Pichard (aujourd’hui Le Point Virgule), la Mama Du Marais, etc. Le Café de la Gare quitte quant à lui le quartier du Montparnasse où il était installé depuis quatre ans pour la rue du Temple.

Cependant, si le restaurant fonctionne assez bien le midi, le bar de la cave n’attire pas les foules. Liotaud décide donc de le remplacer par une salle de spectacle et confie sa gestion à Lucien Gibarra, personnage haut en couleur et déjà bien aguerri dans le milieu théâtral. Gibarra restera un peu plus de trois ans à la direction artistique, et fait notamment changer de nom le lieu, pour devenir «Café-théâtre des Blancs-Manteaux». Sous sa houlette se produisent de jeunes artistes à la carrière prometteuse : Renaud, Jacques Higelin, Patrick Font et Philippe Val, Pierre et Marc Jolivet, Jacques Villeret, Bernard Lavilliers, Marianne Sergent, etc. Le duo Les Jeannes (Catherine Arditi et Éva Darlan) y crée Je te le dis Jeanne, c’est pas une vie, la vie qu’on vit.

En 1976, Renaud occupe régulièrement la scène de la « Zappi », comme l’appellent ses habitués, où se succèdent à la même époque Julien Clerc et Maxime Le Forestier. On le trouve aussi quelquefois derrière le bar histoire d’arrondir les fins de mois difficiles[1]. Gibarra dit à l’époque: « Je programme ce que j’aime et le public semble presque toujours me faire confiance. »[2] Il quitte cependant les Blancs-Manteaux en 1977.

Jean-Luc Guérin lui succède, ancien gérant du restaurant « La Cour des Miracles » particulièrement fréquenté par les artistes de l’époque. Certaines pièces du règne de Gibarra continuent à se jouer sous la direction de Guérin, mais il va découvrir lui aussi un grand nombre de nouveaux talents. Le succès est là et surtout il se déploie hors des murs parisiens. S’il réussit le pari de fidéliser son public, Guérin peut également se targuer de faire tourner ses découvertes. Festival de café-théâtre à Trouville en 1977, représentation de La Tour Infernesle en Belgique et en Picardie, et de nombreux galas et autres manifestations un peu partout en France.

En 1979, René Liotaud, resté depuis le début propriétaire des murs, se remet à la programmation et récupère le bail de gérance. Il reste à la tête des Blancs-Manteaux durant vingt ans, entre 1979 et 1998. N’ayant pas autant de flair que ses prédécesseurs, il est conseillé par divers collaborateurs, notamment Monique Abès, Marc Pracca, Étienne Desbordes et José Paul. Durant cette longue période, certaines pièces s’installent pour près de dix ans aux Blancs-Manteaux. Areu = MC2 de Gérard Hernandez et Marc Moro y est jouée en continu de 1978 à 1989. Les Démones Loulou avec les Sœurs Higonet reste à l’affiche de 1982 à 1987, tandis que Les Sacrés Monstres de José Paul et Alain Goisony reste six ans entre 1983 et 1989. Le spectacle de Pit et Rik Il était la Belgique une fois lance le fameux duo sur la télévision au Cocoricocoboy. Jean-Luc Guérin devient leur producteur. Le café-théâtre continue sur la lancée entamée par Guérin et se diffuse maintenant à la télévision. Jean-Pierre Carriau qui dirige le Festival du Café-théâtre de Cannes, crée une maison de production spécialisée dans l’humour. Il réalise de nombreuses captations de pièces et de one man–woman show. Diffusées sur les grandes chaînes publiques et les programmes régionaux, les pièces sont de plus en plus disponibles pour le public. De très nombreux spectacles vont être créés sous le règne de Liotaud. Une seconde salle s’est ouverte à la place du restaurant et René et sa nouvelle femme Irène, ont complètement remodelé le théâtre. La qualité est là, le succès également. Des artistes comme Catherine Allégret, Michèle Laroque, Sabine Paturel, Laurent Spielvogel, Anne Roumanoff, Virginie Lemoine, Jean-François Derec, Gilles Détroit, Jean Christophe Le Texier (dit Tex), se succèdent aux Blancs Manteaux.

Irène et René Liotaud abandonnent la direction des Blancs-Manteaux en 1998 et laissent la gérance à deux femmes, Magali Clavel-Lugan et Fabienne Goudeau. Surnommées « les filles » dans le milieu, elles mettent en place une gestion familiale du théâtre. Elles programment des artistes comme Oldelaf et Mr D., Camille et Arnaud Tsamère en 2005, et avant eux, Jean-Luc Lemoine en 2001, Fabrice Eboué en 2004, etc.

En 2008, Frédéric Cagnache rachète le lieu, et en prend la direction.

Le lieuModifier

Le Théâtre des Blancs-Manteaux possède deux salles, dont l'une en sous-sol. La première, la salle Jacques-Higelin, a une capacité de 80 places, tandis que la seconde, la salle Michèle-Laroque, peut accueillir 60 personnes. Autrefois baptisées salles 1 et 2, elles ont été renommés en 2007 à l'occasion des 35 ans du théâtre.

Un bar d'accueil, dont l'entrée se situe sur la rue Aubriot, permet aux spectateurs et aux artistes de se rencontrer avant ou après les représentations.

Les locaux administratifs se trouvent dans la rue des Blancs-Manteaux, séparés du théâtre lui-même par la porte du nº15.

Notes et référencesModifier

  1. Sylvain Golvet & Aurélien Noyer, « Renaud : Chanteur énervé et énervant », sur Inside Rock (consulté le 9 juin 2019)
  2. Charles Joyon, Du café au théâtre, Voyage avec les baladins des petites scènes, Ed. L'Harmattan, 2004.

Lien externeModifier