Terezín

commune tchèque

Terezín
Terezín
Blason de Terezín Drapeau de Terezín
 
Administration
Pays Drapeau de la Tchéquie Tchéquie
Région Flag of Usti nad Labem Region.svg Ústí nad Labem
District Litoměřice
Région historique Bohême
Maire
Mandat
Daniel Trapani
2014
Code postal 411 55
Indicatif téléphonique international +(420)
Démographie
Population 2 936 hab. (2018)
Densité 217 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 30′ 39″ nord, 14° 09′ 02″ est
Altitude 150 m
Superficie 1 352 ha = 13,52 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Tchéquie
Voir sur la carte administrative de Tchéquie
City locator 14.svg
Terezín
Géolocalisation sur la carte : Tchéquie
Voir sur la carte topographique de Tchéquie
City locator 14.svg
Terezín
Liens
Site web www.terezin.cz

Terezín (en allemand : Theresienstadt) est une ville du district de Litoměřice, dans la région d'Ústí nad Labem, en Tchéquie. Sa population s'élevait à 2 936 habitants en 2018[1].

Plan de la forteresse en 1869

Terezín est une ancienne forteresse et une ville de garnison. Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de la « Solution finale », les nazis mirent en place à Theresienstadt un camp de concentration, un camp de transit et un ghetto, où furent enfermés principalement des Juifs tchécoslovaques, allemands et autrichiens.

GéographieModifier

Terezín est arrosée par l'Ohře et l'Elbe et se trouve à 4 km au sud-est de Litoměřice, à 19 km au sud-est d'Ústí nad Labem et à 53 km au nord-ouest de Prague[2].

La commune est limitée par Litoměřice et Křešice au nord, par Travčice à l'est et au sud, par Bohušovice nad Ohří au sud et par Keblice, Lovosice et Mlékojedy à l'ouest[3].

HistoireModifier

À la fin du XVIIIe siècle, les Habsbourg érigent la forteresse à proximité de la confluence de l'Elbe et de l'Ohře et la baptisent Theresienstadt en l'honneur de l'impératrice Marie-Thérèse.

Sa construction commence en 1780 et dure dix ans. La forteresse couvre une surface totale de 3,89 km2, au centre d'une zone inondable. Les fortifications sont conçues dans la tradition de l'ingénieur d'Argencourt, concepteur de Brouage, en France. En temps de paix, la forteresse accueille une garnison de plus de 5 000 soldats ; en temps de guerre, elle aurait pu accueillir jusqu'à 11 000 soldats. Theresienstadt ne sera cependant jamais utilisée en temps de guerre. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, elle servira de prison.

Pendant la Première Guerre mondiale, la forteresse servit de camp de prisonniers. Gavrilo Princip, l'assassin de l'archiduc François-Ferdinand et de sa femme, y fut emprisonné et y mourut de la tuberculose en 1918.

Theresienstadt pendant la Seconde Guerre mondialeModifier

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Gestapo transforma Theresienstadt en camp de transit pour les Juifs tchécoslovaques et en ghetto pour les Juifs allemands et autrichiens âgés ou célèbres[4]. Environ 144 000 Juifs furent déportés.

En 1943, à la suite du transfert à Terezín de 500 juifs danois, le gouvernement danois insista pour que la Croix-Rouge puisse accéder au site. Les nazis mirent alors en place une véritable mise en scène, une parfaite tentative d’intoxication à leur égard destinée à faire passer le camp de concentration de Terezín pour un camp modèle : de faux magasins et de faux cafés y furent construits pour donner une illusion de confort, les transferts vers le camp d’Auschwitz-Birkenau furent accélérés afin de réduire la surpopulation, les prisonniers visités par la Croix-Rouge furent installés dans des pièces fraîchement repeintes et un opéra pour enfants fut même créé. La supercherie fut un succès et la Croix-Rouge présenta alors ce camp comme un camp exemplaire. Un film y fut même tourné, dont les acteurs et le réalisateur furent ensuite déportés à Auschwitz.

Trente-trois mille déportés y périrent[5], principalement à cause d'atroces conditions de vie (faim, angoisse, maladies, épidémie de typhus à la fin de la guerre) et 88 000 furent déportés à Auschwitz et dans d'autres camps de concentration. À la fin de la guerre, il y avait seulement 19 000 survivants. Robert Desnos, poète français, y est mort du typhus le .

Après la libérationModifier

En , les camps passèrent aux mains de la Croix-Rouge pendant cinq jours, avant l'entrée de l’Armée rouge. Terezín devint alors un camp de détention pour Allemands des Sudètes, qui y connurent des conditions de détention aussi dures que celles infligées aux juifs précédemment : Camp d'internement soviétique (1945-1948) (de).

CommémorationModifier

En 1947, un mémorial national fut inauguré comprenant la visite de la forteresse, le musée du ghetto, le crematorium ainsi que des monuments commémoratifs[6].

La pièce de théâtre Pour ne jamais oublier ou le Cabaret Brundibár de Terezín est inspirée de l'Opéra pour Enfants "Brundibár" écrit par Adolf Hoffmeister et le compositeur tchèque-allemand Hans Krása en 1938 et interprété par des enfants captifs à Theresienstadt.

Terezín aujourd'huiModifier

Après la guerre, la ville fut rebaptisée Terezín. Elle conserva une garnison jusqu'en 1996, date à laquelle l'armée quitta la ville, causant un impact négatif sur l'économie locale. Terezín continue d'essayer de se détacher de son passé militaire et de devenir une ville moderne et active. Elle a considérablement souffert des inondations en 2002.

AdministrationModifier

La commune se compose de quatre quartiers :

  • České Kopisty
  • Nové Kopisty
  • Počaply
  • Terezín

BibliographieModifier

  • Josef Bor, Le Requiem de Terezin, Éditions du Sonneur

Notes et référencesModifier

Un île, une forteresse (sur Terezín) Hélène Gaudy

RéférencesModifier

  1. (cs) Population des communes de la Tchéquie au 1er janvier 2018.
  2. Distances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.
  3. D'après geoportal.gov.cz.
  4. Georges Bensoussan (dir.), Jean-Marc Dreyfus (dir.), Édouard Husson (dir.) et al., Dictionnaire de la Shoah, Paris, Larousse, coll. « À présent », , 638 p. (ISBN 978-2-035-83781-3), p. 541
  5. Dictionnaire de la Shoah, p. 542.
  6. « Litomerice : camps de concentration et de transit de Terezín » (consulté le 10 juillet 2015)

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :