Tendeur de corde

Le tendeur de corde dans l'Égypte antique est un arpenteur qui mesure les démarcations des biens et des fondations à l'aide d'une corde qu'il étire afin de limiter l'affaissement de la corde. Cette pratique est décrite dans les peintures funéraires de la nécropole thébaine[1].

Une corde est utilisée pour mesurer les champs. Illustration dans la tombe de Menna, TT69.

OrigineModifier

Les premiers arpenteurs à utiliser des cordes et des plombs étaient égyptiens[2].

Quand l‘étirement de la corde est réalisée par des rois durant la phase initiale de la construction du temple[3], c'est probablement une cérémonie religieuse plutôt qu'un travail d'arpentage[4]. Cette importante cérémonie, et donc l'étirement des cordes lui-même, est attestée sur plus de 3000 ans, du début de la période dynastique au royaume ptolémaïque[5]. Attesté sur des documents datant du roi Scorpion, l'arpenteur-royal est requis pour restaurer les limites des champs après chaque inondation. Au Musée du Louvre[6], on peut voir Sénènmout à genoux, coiffé d'une large perruque, avec une barbiche surplombant une tête avec un uræus, présentant une corde enroulée.

La technologie de l'étirement de la corde s‘est étendue à la Grèce antique et à l'Inde, où elle a stimulé le développement de la géométrie et les mathématiques. Certains pensent que c'est l‘Inde qui a influencé la Grèce[7].

MéthodeModifier

Les tendeurs de corde utilisaient le triangle rectangle 3-4-5 pour tracer des angles droits et pour des tracés de petits monuments. La précision de la méthode ne permet pas d'atteindre celle observée sur des monuments de grande dimension comme les pyramides[8].

Notes et référencesModifier

BibliographieModifier

  • Walter G. Robillard, Donald A. Wilson, Curtis M. Brown et Winfield Eldridge, Evidence and Procedures for Boundary Location, (ISBN 9780470901601, lire en ligne), p. 282
  • The New Encyclopaedia Britannica, Encyclopaedia Britannica,
  • Alistair Macintosh Wilson, The Infinite in the Finite, Oxford University Press,
  • James Henry Breasted, Ancient Records of Egypt, Part Two, Chicago, , « From the Great Karnak Building Inscription (Year 24 of the reign of Thutmose III), § 608 »
  • Kim Williams et Michael J. Ostwald, Architecture and Mathematics from Antiquity to the Future: Volume I: Antiquity to the 1500s, (ISBN 9783319001371, lire en ligne), p. 98
  • Debi Prasad Chattopadhyaya, Environment, Evolution, and Values : Studies in Man, Society, and Science, South Asian Publishers,
  • Corinna Rossi, Architecture and Mathematics in Ancient Egypt, Cambridge (GB), Cambridge University Press, , 280 p. (ISBN 0-521-82954-2), p. 154-159

Voir aussiModifier