Deux femmes . afghanes portant le tchadri.

Le tchadri (souvent orthographié chadri) est un vêtement caractérisé par une calotte brodée, souvent bleue, qui couvre entièrement la tête et le corps, ne laissant au niveau des yeux qu'une étroite meurtrière grillagée permettant de voir sans qu’aucun trait du visage ne soit discernable (une autre forme de tchadri existe cependant en Afghanistan : le vêtement couvre moins complètement le corps de la femme laissant apparaître, à mi-hauteur de sa taille, par devant, sa robe et la partie basse de son pantalon)[1].

Origine et diffusionModifier

Le tchadriModifier

Le tchadri, est le vêtement de certaines femmes afghanes, notamment pachtounes porté en ville comme à la campagne. C'est le vêtement traditionnel de cette communauté de femmes afghanes depuis plus d'un millénaire; on le trouve aussi au Pakistan et en Inde. Le tchadri se distingue du voile intégral en cela qu'il laisse voir, même dans sa forme la plus enveloppante, les pieds et, sur les marchés par exemple, les mains de la femme.

Dans les milieux aisés des villes, notamment à Kaboul, les femmes étaient également habillées à l'européenne à partir des années 1960 (port du voile rendu facultatif par décret royal en 1959 par Mohamed Zaher Chah, Monarque de 1933 jusqu'au coup d'État fomenté par son cousin, le prince Mohammed Daoud Khan, le , qui instaura la République)[2],[3].

Un nouveau coup d'État eut lieu le (fomenté cette fois par Amîn et Tarakî, du Khalq, et Kârmal, du Partcham, toutes deux des factions communistes) qui vit l'arrivée d'un nouveau régime communiste au pouvoir avec, à sa tête, Tarakî, déclaré Président de la République. Ce dernier, à la suite de l'instabilité croissante du pays, fit appel en aux Soviétiques qui s'installèrent en Afghanistan de 1979 à 1989. Après le retrait de l'URSS, les communistes se maintinrent jusqu'à la chute définitive du régime de Mohammed Nadjiboullah[4] dans la nuit du 16 au . Pendant cette période, les femmes acquirent une plus grande liberté vestimentaire, notamment dans les villes, mais aussi dans les couches sociales qui n'avaient pas profité, par conservatisme, des libéralités du Décret Royal de 1959, lequel avait surtout avantagé les couches sociales aisées, diplomatiques, instruites.

L'arrivée au pouvoir des talibans en 1996, après les trois guerres qui déchirèrent le pays (/, luttes de différentes factions anticommunistes contre le gouvernement postsoviétique de Nadjiboullah ; /automne 1994, lutte entre factions; automne 1994, entrée en guerre des talibans jusqu'à leur entrée dans Kaboul évacuée par le Commandant Massoud dans la nuit du 26 au ) mis une fin définitive à ces libéralités. Les talibans, qui s'emparèrent de Kaboul en et devinrent les nouveaux maîtres de l'Afghanistan, à l'exception de la poche de résistance du commandant Massoud (qui fut assassiné dans un attentat perpétré par deux faux journalistes maghrébins le ), le Pandjchir, instaurèrent un régime islamique totalitaire et rétablirent l’obligation, pour toutes les femmes, du port du tchadri, en respect de la pratique du purdah[5],[6].

Depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir à Kaboul en , le port du tchadri n'est plus obligatoire en Afghanistan, même s'il reste encore très largement répandu.

Des femmes, essentiellement à Kaboul, ont abandonné à nouveau le tchadri et se promènent, sinon habillées à l'occidentale, simplement revêtues d'une gabardine et coiffées d'un foulard. Il en est de même dans d'autres grandes villes comme Hérât et Mazâr-é Sharîf. Dans les écoles, les collèges et les lycées, les élèves portent un uniforme veste/pantalon généralement noir et un foulard blanc; leurs femmes professeurs portent un uniforme vert clair ou gris et aussi un foulard.

Notes et référencesModifier

  1. Souvenirs d'un séjour d'un mois en Afghanistan en 1973; "Afghanistan" (Fodor) de 1972
  2. Le Monde Diplomatique de septembre 1973 : Le Royaume de l'Insolence de Michael Barry (Flammarion, 1984, 1989 & 2002)
  3. Souvenirs d'un séjour d'un mois en Afghanistan en 1973
  4. Parfois orthographié Najibullah ou Nadjibullah
  5. « Les seize commandements des talibans », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Lorraine Rossignol, « Le fantôme des talibans hante encore les femmes de Kaboul », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier