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Tarin Kôt
ترين کوټ (Pachtou ترین‌کوت (Dari)
Administration
Pays Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan
Province Orozgân
Démographie
Population 71 604 hab. (2015)
Coordonnées 32° 37′ 27″ nord, 65° 52′ 36″ est

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Tarin Kôt

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Tarin Kôt

Tarin Kôt ou Tarinkot ou Tarin Kowt (pachto : ترين کوټ, persan : ترین‌کوت) est la capitale de la province d'Orozgân (aussi écrit Uruzgan ou Uruzgan) dans le sud de l'Afghanistan dans le district de Tarin Kôt. La ville se compose d'environ 71 604 habitants (2015)[1], avec près de 200 petits magasins dans le bazar.

Dans le district de Tarin Kôt, les deux grandes confédérations tribales Pachtounes sont représentés, les tribus Tareen : Popalzai, Barakzai, Noorzai, Achakzai et les tribus Ghilzaï : Tokhi, Hotak. Il n'y a pas de grande entreprise ni même d'entreprise de taille moyenne dans la ville. Le gouverneur actuel de la province, Asadullah Hamdam, vit et travaille dans un entrepôt adjacent au bazar.

Tarin Kôt est un centre provincial dans le centre-sud de l'Afghanistan. La majorité des terres est classée comme non bâties (69 %), dont 67 % de terres arables. Les terrains résidentiels représentent 47 % de la superficie de terres construites[2]. L'aéroport est situé à l'intérieur des limites municipales, étant ainsi le second bâtiment le plus grand de la ville (24 %)[2].

HistoireModifier

Historiquement, cette région fut le lieu de résidence de plusieurs sardar tribaux des Tarin (ou Tareen) Pachtounes, dès le 12ème-13ème siècles de notre ère[3]. Certains d'entre eux migrèrent vers le sous-continent Indien au cours de la Guerre Mughal-Safavide (1622-23)[4].

Histoire RécenteModifier

Cette ville dans le sud de l'Afghanistan a été d'une grande valeur stratégique pour les Talibans en 2001. Le 16 novembre, les habitants se soulevèrent contre le gouverneur taliban, point de départ de la résistance pachtoune aux talibans. Hamid Karzaï, un obscur politicien à ce moment-là, était dans la région à l'époque, en essayant de mettre sur pied une insurrection armée. Il était accompagné par une équipée 11 soldats des forces spéciales américaines connue comme de l'ODA 574[5]. Les Talibans ont alors lancé une contre-attaque, affrontant Karzaï et sa milice qui dû creuser et s'enterrer pour défense la ville. Avec l'aide des moyens aériens américains, les forces locales réussir à repousser les Talibans[6]. Cette victoire est considérée comme le point tournant pour Karzai. La seule bataille qui lui a donné de la crédibilité dans les provinces du sud de l'Afghanistan ainsi qu'au sein des forces d'opposition aux Talibans (y compris parmi l'Alliance du Nord). C'est là qu'il gagna sa crédibilité comme chef de guerre.

La défaite des Talibans à Tarin Kôt fut une victoire importante pour Karzaï, qui l'a utilisée afin de recruter davantage d'hommes pour étoffer sa jeune guérilla. Son unité atteigne alors environ 800 hommes d'effectifs. Le 30 novembre, ils laissèrent Tarin Kôt et commencèrent à marcher sur Kandahar.

Une base américaine appelée FOB Ripley, du nom du marines américain John Ripley fut construite à Tarin Kôt en 2004[7]. Les forces qui l'occupèrent (en mai 2004) furent majoritairement une unité mixte composée de la 22e Unité Expéditionnaire des Marines (22nd MEU SOC), du 2-5 d'Infanterie (bobcats), de la 3e Brigade, de la 25e Division d'Infanterie, des affaires civilo-militaires (CIMIC) et d'unités de la Garde nationale de Floride et d'Iowa. À l'automne 2001, la région fut le dernier bastion du régime des Talibans. Par la suite d'autres forces militaires étrangères ont opéré depuis la base Tarin Kôt.

Après le lancement de l'opération Tempête des montagnes lancée par la 22e MEU SOC, la plupart des Talibans partit se  réfugier dans les montagnes à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. Quand la FIAS de l'OTAN eut la responsabilité de la zone pour le sud de l'Afghanistan, les Néerlandais construisirent le Kamp Holland en août 2006.

À compter de mars 2007, le United States Army Corps of Engineers (USACE)[8] a commencé la construction d'une route de Tarin Kôt vers l'ouest pour aller vers Deh Rahwod puis Shahidi Hassas dans l'ouest de la province d'Oruzgan. Dans le même temps, l'USACE a aussi commencé de paver et construire un pont afin d'améliorer la route vers Kandahar.

 
Soldat de l'Armée américaine en regardant les Afghans lors d'une tournée logistique à Tarin kôt.

Le 4 juillet 2010, des soldats américains du 1er escadron du 2e Stryker Régiment de Cavalerie étaient chargés des opérations dans Tarin kôt et Deh Rahwod à la suite des retrait des Néerlandais d'Oruzgan.

Le 27 juillet 2011, un terroriste Pakistanais du Waziristan préparant un attentat suicide fut capturé par l'Armée Nationale Afghane et les forces de la FIAS lors d'un raid sur la maison du Mollah Qasim dans la zone de Sur Marghab près de Tirin Kôt. Le terroriste, nommé Saifullah futinterviewé par le journaliste Ahmad Omaid Khpalwak du  Pajhwok Afghan News. Au cours de son interview Saifullah avoua que 14 autres terroristes en provenance du Pakistan avaient passé au moins deux mois à errer autour de la ville afin de sélectionner le bon moment et le bon lieu pour l'attaque. "Plusieurs fois, nous avons rencontré des étrangers, mais le Mollah Qasim s'enfuyait chaque fois que nous voyions des étrangers et, enfin, nous avons été arrêtés, sans pouvoir réaliser notre attaque", dit-il[9].

Le lendemain28 juillet, aux environs de 12h, trois kamikazes ont fait exploser des véhicules bourrés d'explosifs à l'entrée des emprise du gouvernement, tandis que d'autres kamikazes équipés d'armes lourdes prenaient possession de bâtiments et commençaient à tuer tout le monde à l'intérieur. Au moins 19 personnes furent tuées et 37 autres blessées au cours de cette attaque. Parmi les morts figuraient le journaliste de Pajhwok, Khpalwak, 10 enfants, 2 femmes et 1 membre de la Police Nationale Afghane[10]. Khpalwak reçu 20 projectiles dans le corps[11]. Le 29 juillet, le nombre de morts fut porté à 21. Le Major-Général Angus Campbell, commandant des troupes Australiennes déployées dans la région, déclara : "les extrémistes poursuivent leur campagne de violences et leurs tentatives de meurtres. Hier ils ont payé un prix élevé pour leurs ambitions puisqu'ils ont tous été tués sans pouvoir mener à bien leurs exactions."[12] Hekmatullah Kuchi, porte-parole de l'Armée Nationale Afghane déclara "Il y a eu deux explosions au niveau du bureau de l'adjoint au gouverneur. L'une a été déclenchée par un kamikaze et l'autre a été causée par le tir d'un soldat de l'ANA (armée nationale Afghane) sur un attaquant."[13]

Le 1er mars 2011, des soldats américains du 4e Bataillon du 70e Régiment blindé prirent la responsabilité des zones de Tarin Kôt et Deh Rawod. Le 23 novembre 2011, ils furent remplacés par des soldats du 1er escadron de reconnaissance et de surveillance du 14e Régiment de cavalerie[14].

TransportsModifier

En mai 2014 l'aéroport de Tarin Kôt recevait régulièrement des vols passagers directement de Kaboul.

GéographieModifier

Tarin Kôt est assez isolée. Sa seule piste d'atterrissage est sur la principale base militaire de l' OTAN, dirigée par l'Équipe provinciale de reconstruction de la FIAS à la périphérie de la ville. Le seul accès terrestre à Tarin Kôt est une route en direction du centre régional de Kandahar, au sud, qui est souvent l'objet d'attaques ou de piégeage par les Talibans.

ClimatModifier

Tarin Kôt a un climat désertique froid (selon la classification climatique de Köppen BWk) avec des étés chauds et des hivers frais à froids. Les précipitations sont faibles, et la plupart ont lieu de décembre à mars.

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. "The State of Afghan Cities Report 2015".
  2. a et b « The State of Afghan Cities Report 2015 » (consulté le 20 octobre 2015)
  3. Dr SB Panni, Tareekh i Hazara Peshawar, 1969 ed, p. 301
  4. Including some settled near Pishin Baluchistan and some in the Hazara area of Khyber Pakhtunkhwa, see Panni
  5. (en) Kate Brooks, « Home Free », Time, vol. 162, no 7,‎ (lire en ligne)
  6. The United States Army in Afghanistan - Operation ENDURING FREEDOM - October 2001-March 2003
  7. (en) Keith A. Milks, « 22d MEU (SOC)'s FOB in Afghanistan pays homage to Marine hero », Marine Corps News,‎ (lire en ligne[archive]) :

    « 'He's a hero to the Marine Corps,' said Colonel Kenneth F. McKenzie, Jr., commanding officer of the Marine Expeditionary Unit (Special Operations Capable), referring to Col. John W. Ripley, the new FOB's namesake. 'He's a true warrior and an honorable man.' McKenzie puts Col. Ripley with the small group of Marine leaders mentioned prominently in the Corps' proud history. »

  8. Afghanistan Engineer District, U.S. Army Corps of Engineers.
  9. « Bombing suspect says Pakistani mullahs brainwashed him » (consulté le 20 juin 2016)
  10. Suicide Attacks Target Afghan Government Compound
  11. « Khpalwak's last contact with Pajhwok » (consulté le 20 juin 2016)
  12. 18 civilians killed in Helmand bomb: Afghan police
  13. « Today's Stock Market News and Analysis from Nasdaq.com » (consulté le 20 juin 2016)
  14. 14th Cavalry Regiment (United States), 14th Cavalry Regiment

Liens externesModifier