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Taisen Deshimaru
Description de cette image, également commentée ci-après
Taisen Deshimaru en Hollande (1967).
Naissance
Kyūshū (Japon)
Décès (à 67 ans)
Tokyo (Japon)
École/tradition Sōtō (Zen)
Maîtres Kodo Sawaki
Célèbre pour Implantation du Sōtō Zen en Europe
Œuvres principales L'anneau de la Voie, Le Trésor du zen.
Citation « Le Zen c'est seulement Zazen »

Yasuo Deshimaru (29 novembre 1914 — 30 avril 1982), appelé également « Mōkudo Taisen », plus connu sous le nom de Taisen Deshimaru (japonais : 弟子丸 泰仙), est un maître bouddhiste zen japonais de l'école Sōtō et l'un des principaux introducteurs du bouddhisme zen en Occident. Il est le fondateur et l'inspirateur de nombreux dojos et de groupes zen en Europe.

Dans son enseignement, Taisen Deshimaru insiste sur la compréhension que le zen est la pratique de zazen dans l'« ici et maintenant »[1].

Sommaire

BiographieModifier

Né dans la préfecture de Saga, sur l'île de Kyūshū, Deshimaru fut élevé par son grand-père, un ancien samouraï, et par sa mère, une fervente disciple du Jōdo shinshū, une école amidiste japonaise. Par curiosité, il s'éloigne des pratiques spirituelles bouddhiques pour étudier le christianisme sous la direction d'un pasteur protestant. Il revient ensuite au bouddhisme, suit l'enseignement de l'école Rinzai, dont il s'éloigne également.

En 1936 Il rencontre alors le grand réformateur du Zen Sōtō Kodo Sawaki. Il se marie peu après et aura trois enfants. Il se consacrera désormais à la pratique du zazen, avec l'attitude Shikantaza[2].

Deshimaru reçoit l'ordination monastique peu de temps avant que son maître Sawaki tombe gravement malade, en 1965[3]. Celui-ci lui fait part de son souhait de voir le Zen se répandre dans le monde et lui demande de se rendre en Europe pour cela[2].

Suivant le vœu de son maître, Deshimaru se rend en France en 1967 par le Transsibérien. Il est invité par un groupe macrobiotique. Arrivé à Paris, il travaille dans un magasin d'alimentation diététique[3]. Alors qu'il ne parle qu'un anglais rudimentaire, il pratique zazen dans l'arrière-boutique, ce qui attire à lui progressivement des disciples qu'il initie ainsi au bouddhisme Zen.

En 1970 il fonde l'Association Zen d'Europe qui devient en 1979 l'Association Zen Internationale (AZI)[4].

 
Taisen Deshimaru enregistré en électroencéphalographie en 1972, lors d'une méditation zazen.

En 1972, ses ondes cérébrales sont enregistrées par Pierre Etevenon — docteur ès sciences et pionnier en France de l'exploration des états de conscience modifiés — au Centre hospitalier Sainte-Anne à Paris[5],[6]. Taisen Deshimaru Roshi est assis en posture de méditation zazen et son tracé EEG occipital ainsi que l'analyse spectrale sur ordinateur associée, montrent un rythme alpha hypovariable et stable de grande amplitude qui sont caractéristiques de cette méditation qui est un état modifié de conscience[7] et aussi une expérience spirituelle transpersonnelle.

En 1974, il rencontre à Paris le 16e Karmapa Rangjung Rigpe Dorje lors de sa première tournée mondiale[8].

En 1975, alors qu’il enseignait au Dojo Zen de Paris[9] qu’il avait fondé rue Pernety, Deshimaru reçut le shiho officiel de Yamada Zenji, abbé de Eihei-ji[10]. A titre anecdotique, il lui fallut se faire réordonner par Yamada, car les documents d'enregistrement de son ordination par Sawaki avaient été perdus. En 1985, Niwa Zenji, abbé de ce même temple, lui conféra à titre posthume la dignité de zenji.

Deshimaru a participé à la fondation de plus de 100 dojos en Europe, en Afrique du Nord et au Canada, ainsi que le temple de La Gendronnière, en 1980, dans la vallée de la Loire, qui devient le premier et le plus grand temple zen de toute l'Europe[4]. D’après les registres du temple, il a ordonné plus de 500 moines et nonnes, et plus de 20 000 personnes ont, un jour ou l’autre, pratiqué à ses côtés.

Il a mené des actions pour le dialogue interreligieux, pratiquant la méditation zen dans des monastères dominicains ou avec des musulmans et des juifs. Pour prouver les effets biologiques de la méditation, il a servi de cobaye dans des laboratoires au Japon et en France [2].

Deshimaru est mort le 30 avril 1982 à Tokyo, où il était rentré pour soigner un fulgurant cancer du pancréas. Une partie de ses cendres est enterrée au temple de La Gendronnière.

Après sa mort, trois de ses plus proches disciples ont été certifiés maîtres dans la tradition du bouddhisme zen sōtō, par Niwa Zenji, à l'époque abbé du temple Eihei-ji, celui fondé par Dôgen lui-même. Il s'agit de Stéphane Kosen Thibaut, Etienne Mokusho Zeisler (décédé) et Roland Yuno Rech.

ŒuvreModifier

Taisen Deshimaru a publié une vingtaine d’ouvrages couramment réédités[2], parmi lesquels :

  • Zen et arts martiaux, éd. Seghers 1977, puis Albin Michel : Spiritualités vivantes n°38, Paris, 1983 (ISBN 9782226017888)
  • L'anneau de la Voie, Albin Michel : Spiritualités vivantes (ISBN 2-226-06352-8)
  • L'autre rive, textes fondamentaux du Zen commentés par Maître Deshimaru, Albin Michel : Spiritualités vivantes (ISBN 2-226-03302-5)
  • L'esprit du Ch'an : Le Shin Jin Mei, aux sources chinoises du zen , Albin Michel : Spiritualités vivantes (ISBN 2-226-11429-7)
  • La Pratique du Zen, Albin Michel : Spiritualités vivantes, 1981 (ISBN 2-226-01287-7)
  • Le bol et le bâton, 120 contes Zen racontés par Maître Taisen Deshimaru, Albin Michel : Spiritualités vivantes n°59 (ISBN 2-226-02684-3)
  • Le Trésor du Zen, Albin Michel : Spiritualités vivantes, 2003 (ISBN 2-226-13872-2)
  • Vrai Zen. Introduction au Shobogenzo, édition AZI (ISBN 2-901844-13-8)
  • Zen et vie quotidienne : la pratique de la concentration, préface d'Evelyne de Smedt, Albin Michel : Spiritualités vivantes, 1985, 314 pages (ISBN 2-226-02247-3)
  • Questions à un Maître Zen, Albin Michel : Spiritualités vivantes, 1984 (ISBN 2-226-02119-1)
  • Préface de Cent clés pour comprendre le Zen de Claude Durix, Le Courrier du livre, Paris 1976 (ISBN 2-7029-0029-1).

BibliographieModifier

  • Questions zen, Philip Kapleau, Seuil : Points Sagesses-Poche, 1992, 377 pages, (ISBN 2-02-014596-0)
  • Zen et self-control, Dr Ikemi et Taisen Deshimaru, Albin Michel : Espaces libres, (ISBN 2-226-05172-4)
  • Le rire du tigre : Dix ans avec Maître Deshimaru , Marc de Smedt, Albin Michel, 2012.

Notes et référencesModifier

  1. « Le secret du zen consiste à s’asseoir, simplement, sans but, ni esprit de profit, dans cette posture de grande concentration. », Deshimaru cité dans « Taisen Deshimaru », sur psychologies.com
  2. a b c et d Marc de Smedt, « Taisen Deshimaru », sur psychologies.com
  3. a et b Jacques Brosse, Zen et occident, Albin Michel, (ISBN 9782226201300, lire en ligne), p. 167
  4. a et b Frédéric Lenoir, La rencontre du bouddhisme et de l'Occident, Fayard, (ISBN 9782213660684, lire en ligne), p. 137
  5. J.G. Henrotte, P. Etevenon, G. Verdeaux. Les états de conscience modifiés volontairement. 3, 29, 1100-1102, La Recherche, Paris, 1972
  6. P. Etevenon, J.G. Henrotte, G. Verdeaux. Approche méthodologique des états de conscience modifiés volontairement. Rev. EEG Neurophysiol. clin., Paris, 3, 2, 232-237, 1973
  7. Les états modifiés de conscience.Pierre Etevenon. 3emillénaire, N°127, 14-23, printemps 2018
  8. http://www.ecuald.com/enseignants/entretiens-avec-ani-dekyi-6-1362015-premiere-partie Entretiens avec Ani Dékyi (6-13/6/2015) Première Partie]
  9. Dojo Zen de Paris, site officiel.
  10. Dominique Blain, Sensei : Taisen Deshimaru, maître zen, Albin Michel, (lire en ligne)

Voir aussiModifier