Taher Movassaghian

chimiste arménien d'Iran

Taher David Movassaghian[1] est né le , en Iran et mort le , à Poitiers en France, est un chimiste iranien. Il est le fils de l'écrivain et intellectuel iranien[2], Ishmael Movassaghian[3],[4]. Il est chrétien d'origine arménienne par son père, et iranienne par sa mère. À la fois très impliqué dans la politique, il faisait partie des cerveaux des éléments socialistes (marxistes), parti politique opposé au gouvernement iranien despotique. Cartésien de renommée[5], il faisait partie des mouvements intellectuels iraniens. De plus, il fut sportif de haut niveau, ancien champion d'Iran de lutte.

Taher Movassaghian
Taher Davi Movassaghian.jpg
Photo prise entre 1974 et 1979
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 43 ans)
PoitiersVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Tabriz University of Medical Sciences, Faculty of Medicine (d)
Université de TéhéranVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Autres informations
Domaine

BiographieModifier

UniversitéModifier

Taher D. Movassaghian a suivi un cursus scientifique, et a obtenu un doctorat en chimie. Il est Professeur à l'Université de Téhéran et inspecteur général de l'enseignement. Il est nommé Président[6] de Faculté des Sciences, son activité était orientée sur les travaux de développement dans le milieu de la santé et de la recherche pharmacologique.

PolitiqueModifier

Il était réfugié politique et intellectuel iranien[7]. Taher D. Movassaghian était un opposant ferme au régime islamique, Il a été emprisonné et condamné à mort par contumace pour des raisons politico-religieuses, au nom de la liberté de culte, au nom de la liberté d'expression, au nom des droits de l'homme, au nom d'une démocratie. Il a été interné à la prison d'Evin[8],[9],[10], la prison iranienne la plus redoutable du pays. Il a été bafoué, torturé physiquement et psychologiquement[11]. Très peu de temps après son internement il a décidé d'organiser son évasion. Il réussit son escapade et fait sortir par la même occasion d'autres prisonniers politiques et intellectuels. Il est reconnu comme fugitif, Il est alors recherché et sa tête est mise à prix par la milice iranienne. Il est venu se réfugier en France et demande l'asile politique[12] au lendemain de la révolution iranienne dans les années 1980. Il fait aussitôt appel à toutes les organisations internationales, son cas est suivi par l'Amnesty International, l'OFPRA, le HCDH, le CDH, le UNHCR.

SportModifier

Taher D. Movassaghian est de famille aisée, reconnue comme l'élite de la classe supérieure, la famille gère plusieurs propriétés[13] : terrains, boutiques[14], biens immobiliers[15], et notamment un gymnase[16],[17],[18],[19], sportif de haut niveau, il a été champion d'Iran de lutte pendant 9 années consécutives, il est devenu entraineur de l'équipe de l'Azerbaïdjan iranien et Président de la Fédération de Lutte d'Iran, dans la région d'Azerbaïdjan iranien. À la suite des événements politiques, de par le renversement de la Dynastie Pahlavi, le nouveau régime mène un combat de fer contre les opposants intellectuels. En effet la famille s'est vue confisquer ses biens sans raison et sans aucune indemnité. Ses biens immobiliers et personnels auraient été saisis et transférés à l’État.

FamilleModifier

Taher D. Movassaghian est marié à Farideh et ont 4 enfants, Helen, Haiedeh, Yachar et Hani. Elle est née à Téhéran en Iran, d'une famille aisée, propriétaires de biens immobiliers[20] et de plusieurs joailleries. Elle est d'origine juive iranienne[21] et russe. Pas vraiment dans le besoin, cependant elle a poursuivi et décroché un diplôme d'études supérieures, elle a pris jusqu'en 1983, un poste de directrice de production en textile, au sein d'une grande société. Ils font partie de la seconde vague d’émigration, échappant aux restrictions excessives. Les principales raisons de leur départ étaient l’obligation pour les femmes de porter le voile, des possibilités éducatives diminuées à cause du régime théocratique islamique et l'islamisation progressive de la société. Parmi ceux qui ont quitté l’Iran durant cette phase se trouvaient des membres des minorités religieuses, tels que des Juifs[22], des Arméniens[23]. En effet, pour beaucoup d’entre eux, leurs biens et propriétés ont été saisis. Tout opposant intellectuel était condamné à mort. Ils ont fui, n’ont pris que quelques affaires, et sont partis en vue d’un séjour provisoire, en pensant qu’ils reviendraient une fois le gouvernement islamique renversé. Cependant, avec le temps, la possibilité d'un retour permanent est devenue de plus en plus improbable, voire à jamais impossible, ce fut le cas de la famille Movassaghian.

Vie en FranceModifier

Taher D. Movassaghian est arrivé en France au lendemain de la Révolution islamique. Depuis la France, Il fait venir son épouse Farideh et ses enfants Helen, Haiedeh, Yachar et Hani. Reconnus comme fugitifs et recherchés par le gouvernement. Il est aidé par des passeurs de frontières pour traverser la frontière irano-turque. Les Pasdarans sont à leur recherche. Ils sont arrivés clandestinement dans la ville de Beşiktaş, province d'Istanbul pendant une durée de 4 mois. Mobilisés dans une chambre d'hôtel, des coursiers étaient engagés pour s'occuper du réapprovisionnement en nourriture. Amnesty International est intervenu pour le transfert de la famille.

La famille s'installe à Paris pendant près de deux ans pour ensuite gagner la province pour mener une vie plus calme, paisible et surtout par mesure de sécurité. Taher D. Movassaghian a entrepris et a ouvert son propre laboratoire de recherche.

Notes et référencesModifier

  1. Le Courrier de l'Ouest, l'Amnesty International et le HCDH déploient les grands moyens pour protéger Dr Taher Movassaghian, réfugié politique et intellectuel iranien, (parution du vendredi 10 janvier 1986 - N°8 - 43e année)
  2. Iran: Amnesty International's response to letter dated 28 February 1989 From the Permanent Mission of the Islamic Republic of Iran to the United Nations
  3. La Nouvelle République du Centre Ouest, Le Professeur Taher David Movassaghian révèle son cas et celle de son père, écrivain politique, (parution du jeudi 3 mai 1984 - N° 12.034 - 40e année)
  4. International Secretariat of Amnesty International - London
  5. Le Sud Ouest, Le grand quotidien républicain régional, révélation d'informations sur le chimiste et intellectuel iranien, (parution du mercredi 19 février 1986)
  6. Le Courrier de l'Ouest, quotidien régional s'entretient avec le réfugié politique et intellectuel iranien Taher Movassaghian, ancien Président de la Faculté des Sciences de Téhéran et inspecteur général de l'enseignement supérieur, (parution du mardi 23 septembre 1986 - N°221 - 43e année)
  7. Iranian Intellectuals
  8. Inside Iran's most notorious jail by Frances Harrison, BBC News, Tehran
  9. La Nouvelle République du Centre-Ouest, un chimiste et intellectuel iranien communique sur l'Iran, "devenir fou dans les prisons de Khomeiny", (parution du samedi 28 décembre/29 décembre 1985 - N° 12.535 - 41e année)
  10. Le Courrier de l'Ouest, entretien exclusif avec l'intellectuel scientifique iranien, décrit les prisons de Khomeiny, (parution du jeudi 16 août 1984 - N°189 - 41e année)
  11. Le Courrier de l'Ouest, entretien avec le Dr Taher Movassaghian, il révèle sur les tortures et les chantages qu'on lui a infligés, (parution du vendredi 19 septembre 1986)
  12. Le Courrier de l'Ouest, l'Amnesty International et le HCDH déploient les grands moyens pour protéger Taher Movassaghian, réfugié politique et intellectuel iranien, (parution du vendredi 10 janvier 1986 - N°8 - 43e année)
  13. United Nations
  14. The UN Refugee Agency
  15. The UN Refugee Agency
  16. United Nations Office
  17. UN Commission on Human Rights
  18. Economic & Social Council Commission on Human Rights
  19. Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights
  20. Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights
  21. Jewish Association of Tehran
  22. Migration Policy Institute / Migration Information Source
  23. Diaspora arménienne