Taches claires de Cérès

dépôts de minéraux à hauts albédos sur la surface de (1) Cérès

Taches claires
Image illustrative de l'article Taches claires de Cérès
Le cratère Occator photographié par Dawn à 385 km d'altitude. Repérables de loin, les taches blanches sont nommées Cerealia Facula (au centre) et Vinalia Faculae (à droite).
Géographie et géologie
Type de relief Faculae

Des taches claires sur Cérès (ou faculae) ont été observées en 2003 par le télescope Hubble[1], puis, en par la sonde spatiale Dawn[1]. Elles sont présentes à plusieurs endroits où l'albédo est de 0,04, soit 4 fois plus intense que ce qui est mesuré sur le reste de l'astre. Les plus remarquables, formées il y a probablement moins de deux millions d'années[2], se trouvent dans le cratère Occator d'environ 80 km de diamètre. Les images les plus récentes (voir ci-contre) prises à 13 600 km de distance montrent que la tache principale est en réalité formée de plusieurs taches de tailles différentes.

Cérès photographié en 2003 par Hubble. Une zone claire est visible en haut à droite.
Taches claires photographiées par Dawn à 13 600 km le .

Le , les scientifiques travaillant sur l'analyse des résultats de la sonde américaine Dawn publient des articles dans Nature Astronomy, Nature Geoscience et Nature Communications révèlant que Cérès abrite en fait un océan souterrain de saumure. Les taches claires sont des dépôts constitués principalement de carbonate de sodium issus de ce liquide qui se déshydrate en atteignant la surface[3].

Hypothèses et spéculationsModifier

Avant la déclaration de la Nasa de , les spéculations allaient bon train : selon les uns, l'origine de ces taches pouvait être de la glace volcanique[4], quand d'autres pensaient à des dépôts de sels ou de métal brillant (argent ou aluminium)[5] voire à du verre naturel.

La NASA, à la mi-, avait même proposé un vote en ligne[6] sur les causes de ce phénomène. Le résultat, sans la moindre valeur scientifique, avait été le suivant : glace (28 %), volcans (11 %), geysers (7 %), dépôts de sel (10 %), rochers (6 %) ou autre (39 %)[7].

Le , des scientifiques de la NASA ont déclaré que ces taches blanches étaient constituées d'une variété de sel, soit du sulfate de magnésium nommé hexahydrite (MgSO4·6H2O), associé à de l'argile riche en ammoniac[8]. Des scientifiques de l'Université de l'état de l'Arizona ont postulé qu'elles pourraient résulter de petits jaillissements d'eau provenant de l'intérieur de Cérès, immédiatement sublimée, laissant comme trace des dépôts de sel[9]. Il est également envisagé que ces taches ne soient pas constituées de sulfate de magnésium mais principalement de carbonate de sodium, suggérant aussi une activité hydrothermale[10].

Des observations menées par le télescope de 3,6 mètres de l'ESO du cratère Occator ont montré que la brillance des taches évolue en fonction de la luminosité du Soleil[11]. Ainsi, le lever du jour s'accompagne de la formation de panaches depuis les taches, augmentant temporairement leur brillance[12].

 
Carte des taches blanches de Céres (publiée le 10 décembre 2015).

Cerealia FaculaModifier

Cerealia Facula
 
Cerealia Facula par Dawn.
Géographie et géologie
Coordonnées 19° 42′ N, 239° 36′ E[13]
Région cratère Occator[13]
Type de relief facula[13]
Diamètre 14 km[13]
Éponyme Cerealia[13]

Cerealia Facula est la facule centrale dans le cratère Occator. Elle est baptisée d'après les Cerealia, jeux en l'honneur de la déesse Cérès[13].

Vinalia FaculaeModifier

Vinalia Facukae
 
Vinalia Faculae par Dawn.
Géographie et géologie
Coordonnées 20° 12′ N, 242° 00′ E[14]
Région cratère Occator[14]
Type de relief faculae[14]
Diamètre 19 km[14]
Éponyme Vinalia[14]

Vinalia Faculae sont des facules situées dans le cratère Occator, à l'est de cerealia Facula. Elle est baptisée d'après les Vinalia, deux fêtes liées au vin[14].

RéférencesModifier

  1. a et b (en) « First Hubble and Now Dawn Have Seen This White Spot on Ceres. What is it? », sur Universe Today (en),
  2. (en) A. Nathues, T. Platz, G. Thangjam et M. Hoffmann, « Occator crater in color at highest spatial resolution », Icarus,‎ (ISSN 0019-1035, DOI 10.1016/j.icarus.2017.12.021, lire en ligne, consulté le ).
  3. [Coffinet 2020] Adrien Coffinet, « Cérès : fin du mystère des taches blanches à la surface de la planète naine », Futura Sciences,‎ (lire en ligne).
  4. (en) « Spaceflightnow - Could these bright spots on Ceres be ice volcanoes? »
  5. (en) « E. Mach - 8 possible explanations for those bright spots on dwarf planet Ceres - CNET »
  6. (en) « Dawn World Ceres Spot », sur www.jpl.nasa.gov (consulté le )
  7. (en) Calla Cofield, « What Are Those Bright Spots on Ceres? Go Vote! », sur Space.com, (consulté le )
  8. (en) Elizabeth Landau, « New Clues to Ceres' Bright Spots and Origins », NASA, (consulté le )
  9. (en) « Deep freeze puts the squeeze on dwarf planet Ceres », sur ASU Now: Access, Excellence, Impact, (consulté le )
  10. (en) « Recent Hydrothermal Activity May Explain Ceres' Brightest Area », sur nasa.gov,
  11. « Cérès, petite planète vivante », sur Science et Vie
  12. « Les surprenants panaches de Cérès », sur Futura-Sciences
  13. a b c d e et f (en) « Cerealia Facula », sur planetarynames.wr.usgs.gov.
  14. a b c d e et f (en) « Vinalia Faculae », sur planetarynames.wr.usgs.gov.

Voir aussiModifier

Liens internesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :