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On nomme téléportation le transfert d'un corps dans l'espace sans parcours physique des points intermédiaires entre départ et arrivée.

Le thème a été traité tant en science-fiction ainsi qu'en physique ou en parapsychologie. La dématérialisation a trait à sa disparition initiale. L’apportation a trait à son apparition soudaine.[réf. nécessaire]

Sommaire

Origine du termeModifier

L'utilisation du terme « teleport » pour décrire le mouvement hypothétique d'objets matériels entre un lieu et un autre sans franchir physiquement la distance entre eux a été documentée dès 1878[1],[2].

L'auteur américain Charles Hoy Fort est crédité pour avoir utilisé le premier en 1931 le terme « téléportation »[3],[4] pour décrire les étranges disparitions et les apparitions des « anomalies » qu'il a suggéré comme pouvant être reliées. Comme dans l'utilisation antérieure, il a accolé le préfixe grec tele (signifiant « distant ») à la racine du verbe latin portare (signifiant « porter »)[5].

La première utilisation formelle du mot par Fort a eu lieu dans le deuxième chapitre de son livre de 1931, Lo! (en)[6],[7].

HistoriqueModifier

Norbert WienerModifier

En 1964, dans un ouvrage de vulgarisation, God ; Golem, Inc, Norbert Wiener écrit[réf. insuffisante] :

« […] il est conceptuellement envisageable de transmettre un être humain à travers une ligne télégraphique […]. Pour l'instant et peut-être pour toute la durée de l'espèce humaine, cette idée est impraticable mais elle n'est pas pour autant inconcevable[réf. insuffisante]. »

Rapport DavisModifier

En 2001, l’Armée de l’Air des États-Unis mandate le docteur Eric W. Davis pour une étude scientifique de la téléportation. Il soumet son rapport en août 2004[8].

Le rapport Davis fut très controversé, du fait de sa recommandation en faveur de recherches plus poussées sur la téléportation psychique :

« Un programme de recherche améliorant et développant, ou implémentant de nouvelles variations sur, les expériences de type chinois ou Uri Geller devraient être conduites afin de générer des phénomènes de Téléportation-p en laboratoire. »

— Rapport Davis, page 62.

Lors de son étude, Davis a identifié cinq concepts de téléportation, quatre d'entre eux faisant l'objet d'une étude approfondie dans une section dédiée de son rapport :

  • Téléportation-sf (« sf » comme science-fiction) :
C'est « le transport désincarné de personnes ou d’objets inertes à travers l’espace par des moyens technologiques avancés (futuristes) ». Le rapport ne définit pas plus avant la téléportation-sf, et ne fait pas plus de commentaires que de l’écarter dans le cadre de l'étude.
  • Téléportation-vm (« vm » comme métrique du vide) :
C'est « le transport de personnes ou d’objets inertes à travers l’espace en altérant les propriétés du vide ou en altérant la métrique (géométrie) de l’espace-temps ». Les techniques en jeu reposeraient sur des concepts hautement théoriques comme l'exploitation de l'énergie du point zéro, la déformation localisée de la courbure espace-temps en vue de la création d'un trou de ver et la modification de constantes telles la permittivité du vide et la vitesse de la lumière. Le rapport suggère de poursuivre les recherches théoriques et expérimentales qui vont dans ce sens.
  • Téléportation-q (« q » comme quantique) :
C'est « le transport désincarné de l’état quantique d’un système et de ses corrélations à travers l’espace vers un autre système, où système signifie toute particule de matière ou d’énergie isolée ou groupée telles que les baryons (protons, neutrons, etc.), leptons (électrons, etc.), photons, atomes, ions, etc. » Dans cette section, le rapport décrit un procédé de même nature que celui envisagé pour les téléporteurs de la fiction Star Trek : analyse exhaustive de toutes les particules composant l'objet (ou l'être vivant) à transférer, dématérialisation de l'objet, transmission de la matière et des informations quantiques associées et enfin reconstitution de l'objet au point d'arrivée. La méthode inclut la téléportation quantique comme moyen de transport de l'information quantique par le biais de l’intricat (intrication quantique). Le rapport conclut que, malgré l'avancement considérable de la science en matière de téléportation quantique, nous sommes encore très loin de pouvoir transférer des objets complexes, ne serait-ce que de simples cellules. Il propose d'approfondir les différentes recherches actuellement menées dans ce domaine.
  • Téléportation-e (« e » comme exotique) :
C'est « le transport de personnes ou d’objets inertes via d'autres dimensions spatiales ou des univers parallèles ». Dans cette section, Davis passe rapidement en revue diverses théories (multivers, théorie des cordes et cosmologie branaire par exemple) suggérant d'autres dimensions que les quatre qui nous sont familières ou d'autres univers parallèles au nôtre. L'idée est d'utiliser ces autres univers ou dimensions comme raccourcis pour voyager rapidement entre deux points extrêmement distants de notre univers physique. Le rapport conclut que ces théories, quoique séduisantes, sont à tel point immatures qu'il est totalement prématuré de songer à une quelconque application réelle. Il recommande néanmoins les mêmes expérimentations que pour la téléportation-vm.
  • Téléportation-p (« p » comme parapsychologique) :
C'est « le transport de personnes ou d’objets inanimés par des moyens paranormaux ». Le rapport Davis passe en revue des domaines connexes, telles la psychokinèse et de la vision à distance, qui ont déjà suscité l'intérêt de l'armée américaine au cours des dernières décennies. Il fait état des fraudes évidentes qui étaient fréquentes, il y a un siècle, mais aussi des résultats troublants obtenus récemment par des recherches militaires et civiles rigoureuses[réf. nécessaire]. Davis conclut que c'est un domaine qui suscite l'intérêt de nombreux militaires en raison de ses implications stratégiques et qu'il faudrait poursuivre les recherches dans cette direction.

Téléportation quantiqueModifier

Article détaillé : Téléportation quantique.

En 2009, des chercheurs américains ont transféré de manière instantanée l'état quantique d'un atome d'ytterbium vers un autre[9] situé à 1 m de lui[10]. L'expérience précédente n'avait permis de « franchir » que quelques millimètres. C'est la seule téléportation qui ait été expérimentalement mise en œuvre.

Des physiciens de la TIT (Tokyo Institute of Technology) sont également parvenu à téléporter de la lumière d'un bout à l'autre d'un laboratoire.[réf. nécessaire]

Cas des trous de verModifier

Les lois « actuelles » de la physique ne semblent pas s'opposer à ce que des trous de ver soient utilisés à des fins de téléportation dans l'espace (« téléportation-vm » dans le rapport Davis), au moins de flux de particules, si l'on trouve un moyen de les stabiliser pendant un temps suffisant.[réf. nécessaire]

Cependant, rien de comparable au dispositif montré dans la série télévisée Stargate SG-1 (la Porte des étoiles) n'est prévu pour autant. Les physiciens semblent plus intéressés à rechercher quelle loi physique à découvrir interdirait encore le voyage dans le temps, et s'il en existe une, car pour le moment aucune équation ne s'y oppose encore.[réf. nécessaire]

Stephen Hawking suggérait qu'il pourrait exister un principe de limitation analogue à ce qu'est le second principe de la thermodynamique en physique classique.[réf. nécessaire]

Dans la culture populaireModifier

LittératureModifier

CinémaModifier

Séries téléviséesModifier

  • Dans la série télévisée Star Trek (1966), lorsque le vaisseau spatial Enterprise arrive à proximité d'une planète à visiter, les membres de l'équipage se dématérialisent pour se recomposer à sa surface, et inversement. Interrogé sur ce choix, le réalisateur de la série affirma que les techniques d'effets spéciaux de l'époque rendaient cela plus facile et moins coûteux que de faire atterrir la maquette de l'Enterprise de façon réaliste sur un paysage naturel, et que même une navette spatiale coûtait alors trop cher.[réf. souhaitée]
Article détaillé : Téléporteur (Star Trek).
  • Dans Buck Rogers au XXVe siècle (1979), les vaisseaux spatiaux peuvent se téléporter en empruntant des portails dédiés.
  • Dans Babylon 5 (1993), les vaisseaux spatiaux peuvent aussi se téléporter en empruntant des portails dédiés.
  • Dans Stargate SG-1 (1997), lors d'une des missions de SG-1, l'équipe rencontre les Asgards, une espèce très évoluée au niveau technologique et psychologique, qui dispose d'un système de téléportation appelé téléporteur Asgard.
  • Dans Doctor Who (1963-1989 et 2005), tout au long de la série, on peut retrouver la téléportation qu'on retrouve quelquefois sous le nom de « Transmat ».

Bandes dessinées et mangaModifier

Jeux de rôleModifier

  • Un certain nombre de jeux de rôle fantastiques décrivent des univers de type multivers. Le transit par un plan d'existence tiers peut être un « raccourci » par rapport au monde matériel, donc une forme de téléportation. C'est par exemple le cas du voyage éthéré dans Donjons & Dragons ou Pathfinder. Les magiciens de Donjons & Dragons peuvent aussi se téléporter grâce à des sortilèges qu'ils peuvent inscrire dans leur grimoire de magie (notamment les sorts « Téléportation[11] » et « Téléportation sans erreur[12] »).
  • Dans Mega, les personnages-joueurs, grâce à un pouvoir psychique, peuvent se téléporter entre deux balises, des tétraèdres, selon une procédure appelée le « transit ».
  • Les magiciens de Rifts disposent aussi de sorts de téléportation.

Jeux vidéoModifier

PrestidigitationModifier

Parmi les différentes techniques utilisées par les prestidigitateurs, la « téléportation » est parfois effectuée par l'usage de la gémellité : une jumelle se cache dans la case « départ », et une autre se découvre dans la case « arrivée ».[réf. nécessaire]

On trouve un exemple de cette technique dans le roman Le Prestige de Christopher Priest. Ce livre fait également allusion aux techniques telles que décrites plus haut concernant la « copie » de la matière et fait quelques associations remodelées du travail de l'ingénieur serbe Nikola Tesla[13].

Notes et référencesModifier

  1. (en) « The Hawaiian gazette. (Honolulu [Oahu, Hawaii]) 1865-1918, October 23, 1878, Image 4 », sur chroniclingamerica.loc.gov (consulté le 22 juin 2018).
  2. (en) « 29 Jun 1878 - THE LATEST WONDER. », nla.gov.au (consulté le 22 juin 2018).
  3. (en) « Lo!: Part I: 2 », sur Sacred-texts.com (consulté le 20 mars 2014).
  4. « less well-known is the fact that Charles Fort coined the word in 1931 » dans (en) Rickard, B. et Michell, J., Unexplained Phenomena: a Rough Guide special, Rough Guides, 2000 (ISBN 1-85828-589-5), p.3.
  5. (en) « Teleportation », sur Etymology online (consulté le 7 octobre 2016).
  6. (en) Mr. X, « Lo!: A Hypertext Edition of Charles Hoy Fort's Book », sur Resologist.net (consulté le 22 juin 2018).
  7. « Mostly in this book I shall specialize upon indications that there exists a transportory force that I shall call Teleportation. I shall be accused of having assembled lies, yarns, hoaxes, and superstitions. To some degree I think so, myself. To some degree, I do not. I offer the data. »
  8. (en) [PDF] Eric W. Davis, Rapport « AFRL-PR-ED-TR-2003-0034, Teleportation Physics Study », août 2004. [lire en ligne]
  9. On ne peut en effet lire un état quantique sans le détruire, ce qui justifie le terme de téléportation puisqu'il est reconstruit à l'identique ailleurs
  10. S.Olmschenk et al. Science, 323, 486, 2009
  11. « Téléportation », donjondudragon.fr (consulté le 22 juin 2018).
  12. « Téléportation sans erreur », donjondudragon.fr (consulté le 22 juin 2018).
  13. (en) Destination Creation, « Tesla's Magnetic Wall: Teleportation Tutorial »,

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier