Synanthropie

association d'êtres vivants avec les humains
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La synanthropie (du grec ancien syn qui signifie « ensemble », « avec » et anthrôpos qui signifie « homme », « humain ») est un phénomène écologique décrivant un type particulier d'interaction durable liant certains animaux non domestiques ou de plantes spécifiquement avec des humains à proximité desquels ils vivent. Une espèce synanthrope tire profit de son association avec les humains, en mangeant leur nourriture (commensalisme synanthrope qui une forme de synanthropie, mais tous les synanthropes ne sont pas des commensaux de l'homme, par exemple les araignées « domestiques », leurs déchets ou encore en utilisant l'architecture comme habitats ou lieu de nidification).

La synanthropisation désigne pour un taxon (plante ou animal) l'établissement de liens avec l'homme et ses activités, l'adaptation de ces organismes aux milieux modifiés par l’homme, directement ou via un aménagement (par exemple suite au passage d'une ligne à haute tension dans la nature, récemment (2020) étudiée dans une aire protégée russe[1]

Relations avec l'HommeModifier

 
Certaines espèces d’hirondelles construisent leur nid presque exclusivement sur des constructions humaines (ici, un nid d’hirondelle de fenêtre au château de Schwerin, en Allemagne).

En théorie, ce terme s'applique pour des espèces animales[2] :

  1. sauvages ou retournées à l'état sauvage ;
  2. qui vivent à proximité des humains ;
  3. tirant un certain profit d'une quelconque association avec les humains (par exemple en mangeant sa nourriture, ses déchets ou en utilisant l'architecture et le bâti, ou l'agriculture, les décharges, ou les jardins comme habitats ou lieu de nidification).

La catégorie des synanthropes ne comprend donc pas les espèces domestiquées (tels que le chat, le chien ou les animaux d'élevages) mais elle inclut un grand nombre d'espèces considérées par les humains comme nuisibles ou déprédatrices[3].

Cependant, on peut aussi considérer dans un certain cas que l'homme retire un intérêt potentiel de la proximité de certaines de ces espèces (ex : les hirondelles des maisons mangent les moustiques et mouches qui risquent d'infecter les animaux domestiques ; les araignées comme la Steatoda grossa en consommant des espèces nuisibles peuvent être considérées comme utiles ; des espèces détritivores peuvent être vecteur d'épidémies, mais semblent aussi jouer un rôle d'éboueurs). Ainsi les animaux synanthropes ne sont pas automatiquement considérés comme nuisibles (ex : les coutumes de plusieurs régions africaines considèrent les araignées des maisons comme une bénédiction, ce qui peut se comprendre aisément car elles mangent les moustiques et mouches vecteurs de maladies).

Ecologie, études d'impactsModifier

Le terme de synanthropie est utilisé en écologie et en biologie de l'évolution. En effet, bon nombre de ces espèces se sont adaptées et ont subi une sélection naturelle depuis des millénaires pour une vie parfaitement adaptée auprès des humains.

La synanthropie est l'un des éléments que l'on peut suivre lors d'études d'impact. Par exemple la ligne de 110 kV de 8 km citée plus haut n'a qu'une emprise « que » de 30 m environ au sol et elle soit le seul aménagement anthropique dans la réserve naturelle. Cependant, sous la ligne et à proximité la biodiversité floristique a nettement diminué, par perte de certaines espèces et une part accrue d'espèces plus banales. L'auteur estime que le champ électromagnétique induit a pu participer au phénomène de transformation du couvert végétal, et à la synanthropisation du milieu. Un indicateur de l'anthropisation est la modification des phytocénoses étudiées ; ici un indice de synanthropisation a été calculé : 30 espèces de 12 familles signes de synanthropisation ont été identifiées dans le couloir de passage de la ligne et à proximité ; l'indice de synanthropisation des phytocénoses étudiées y variait de 6,6% à 81,2%, « le plus grand nombre d'espèces synanthropes est observé dans la zone anthropique »[1]

Espèces eusynanthropes et hémisynanthropesModifier

Les espèces hémisynanthropes ont une association à l'homme moins étroite. Elles peuvent vivre en dehors du milieu domestique mais, à l'occasion, interagissent avec l'homme (exemple : la mouche soldat noire). Elles se distinguent des espèces eusynanthropes qui vivent dans l'habitation humaine[4].

Exemples d'animaux synanthropesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Elena Popova, « The impact of power lines on phytocenoses of the regional reserve “Uporovsky”, Tyumen Region, Russia », E3S Web of Conferences, vol. 164,‎ , p. 07030 (ISSN 2267-1242, DOI 10.1051/e3sconf/202016407030, lire en ligne, consulté le 21 octobre 2020)
  2. J. M. Doby, Des compagnons de toujours. Puce, pou, morpion, punaise et autres parasites de notre peau, dans l'histoire, l'art, la littérature, la chanson, le langage, les traditions populaires, J. M. Doby, , p. 58
  3. Gérard Duvallet, Didier Fontenille, Vincent Robert, Entomologie médicale et vétérinaire, IRD Éditions, (lire en ligne), p. 642
  4. Jacques Euzéby, Grand dictionnaire illustré de parasitologie médicale et vétérinaire, Lavoisier, , p. 715

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier