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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Symphonie nº 1.

Symphonie no  1 en fa mineur
Opus 10
Genre Symphonie
Nb. de mouvements 4
Musique Dmitri Chostakovitch
Durée approximative env. 30 min
Dates de composition 1925
Dédicataire Mikhaïl Kvadri
Création
Leningrad
Interprètes Orchestre philharmonique de Léningrad, Nicolaï Malko (dir.)

La symphonie en fa mineur, opus 10, est la première des quinze symphonies de Dmitri Chostakovitch et a été écrite entre 1924 et 1925 et créée l'année suivante, alors que le compositeur n'a que 19 ans.

CompositionModifier

Chostakovitch écrit cette symphonie pour son diplôme du Conservatoire de Leningrad entre octobre 1924 et fin juin 1925[1], à l'âge de 19 ans[2]. Peu avant la création, Alexandre Glazounov lui conseille de retoucher quelques passages malsonnants à son goût ; Chostakovitch accepte mais rétablit la version originale juste avant le concert[3].

La symphonie est dédiée à un ami proche de Chostakovitch, Mikhaïl Kvadri. Celui-ci ayant été arrêté en 1929 pour « activité contre-révolutionnaire », la dédicace disparaît la même année[4].

Création et réceptionModifier

L'œuvre connaît un grand succès lors de sa première, le , par l'Orchestre philharmonique de Léningrad dirigé par Nicolaï Malko qui déclare « tourner une nouvelle page de l'histoire de la musique »[2],[3],[5]. La symphonie est encore aujourd'hui considérée comme l'une des plus belles œuvres de Chostakovitch. La création en Europe occidentale eut lieu à Berlin le 6 février 1928 par Bruno Walter et la création américaine le 2 novembre de la même année sous la direction de Leopold Stokowski.

OrchestrationModifier

La partition est écrite pour :

Instrumentation de la Symphonie no  1 en fa mineur
Cordes
premiers violons, seconds violons,
altos, violoncelles, contrebasses
Bois
2 flûtes, 1 piccolo
2 hautbois
2 clarinettes en si, 2 bassons
Cuivres
4 cors en fa,
2 trompettes en si,
1 trompette alto en fa
3 trombones; 1 tuba
Clavier
1 piano
Percussions
4 timbales, triangle, caisse claire, grosse caisse, cymbales, tam-tam, cloches

AnalyseModifier

La première symphonie est une pièce vivante et spirituelle. Elle rappelle certaines œuvres d'Igor Stravinski (comme Petrouchka) ou de Sergei Prokofiev. Certains de ses motifs proviennent même de compositions de son enfance. L'orchestration transparente à la manière d'un orchestre de chambre contraste avec les orchestrations plus sophistiquées à la manière de Gustav Mahler ou de quelques-unes des symphonies qui suivront. La symphonie est très unifiée, comportant plusieurs rappels mélodiques entre les mouvements.

Si le plan d'ensemble en quatre mouvements peut sembler académique, le modernisme de Chostakovitch pointe dans la progression harmonique brute et provocante ainsi que dans les principes de l'orchestration (solos des instruments à vent, percussions terrifiantes)[6].

Allegretto — Allegro non troppoModifier

La symphonie entière semble émerger d'une source unique dans l'introduction du premier mouvement qui devient une sorte d'épigraphe contracté: à l'intense phrase de trompette en sourdine, répondent les interventions plus rythmiques et perturbées du basson[6]. Le ton est donné : ce mouvement alterne lignes mélodiques et progressions rythmiques. La clarinette ouvre un allegro non troppo, soutenue par un lit de cordes métronomiques, à la manière d'une marche. Ce thème passe d'un pupitre à l'autre, aux trompettes et aux cors, et s'éteint sur des pizzicati des cordes. Après un solo de flûte en forme de valse, s'ouvre le développement où les deux thèmes principaux sont joués l'un contre l'autre; les bois entrent progressivement en scène et entraînent l'orchestre dans un tutti puissant. Les différents éléments thématiques sont ensuite rapidement repris pour finir sur le thème de l'introduction, à la clarinette. (cf. www.coge.org)[7]

AllegroModifier

Ce mouvement moto perpetuo est un scherzo qui continue sur la lancée ironique en l'intensifiant considérablement; le piano, inclus dans l'orchestre comme instrument à percussion, s'en dégage par moments. Le trio, rythmé et vertical, est interrompu mélodieusement par un thème secondaire dans lequel on peut entendre la conciliation et la paix d'une berceuse d'esprit populaire. Dans la reprise, Chostakovitch relie des thèmes assez contrastés de manière contrapuntique. Trois forts accords plaqués par le piano annoncent la coda.

LentoModifier

Le mouvement lent révèle la richesse de la veine mélodique de Chostakovitch, en même temps que le fond de douleur et de tragédie qui marque déjà sa personnalité. Les contrastes y atteignent des extrêmes. Semblable à un répit de courte durée des "accrocs" énergétiques des deux premiers mouvements, le troisième mouvement aurait très bien pu tourner au lyrisme. Mais la chaude et sincère cantilène du thème principal (au hautbois, puis au violoncelle solo) rencontre ici la froideur cadavérique du thème secondaire, écrit dans le genre d'une marche funèbre.

Allegro molto — Lento — Allegro moltoModifier

Dans le vaste Finale, le grotesque, le lyrisme exacerbé, la violence alternent. De saisissants coups de timbales non accompagnés interrompent le cours du finale et réintroduisent, en renversement, un motif de six notes mis en vedette dans le Lento. Ce même motif aura finalement le dernier mot de la symphonie, implacable. C'est là que Chostakovitch manifeste le mieux son envergure, sa science de l’orchestration et la densité de son univers sonore. À côté de la fraîcheur juvénile des deux premiers mouvements, celui-ci fait apparaître un progrès considérable dans la maturité.

Discographie sélectiveModifier

RéférencesModifier

  1. Whitehouse R, Notice de l'enregistrement de l'œuvre par le Royal Philharmonic Orchestra sous la direction de Vasily Petrenko, éditions Naxos
  2. a et b Charlotte Landru-Chandès, « Chostakovitch : Tout savoir (ou presque) sur ses Symphonies », sur France Musique, (consulté le 8 mars 2019)
  3. a et b Guide de la musique symphonique, sous la dir. de François-René Tranchefort, Fayard, 1986, p. 175.
  4. Solomon Volkov, Chostakovitch et Staline, Éditions du Rocher, coll. « Anatolia », , 357 p. (ISBN 2 268 05327 X), p. 85
  5. Maxime Kaprielian, « Les Symphonies de Dimitri Chostakovitch « Aller + Loin « ResMusica » (consulté le 8 mars 2019).
  6. a et b Daniil Petrove, texte d'introduction pour le coffret Kirill Kondrachine, Melodiya, 2006.
  7. (fr) « Symphonie n°1 en fa mineur, opus 10 - Dmitri CHOSTAKOVITCH (1906-1975) », sur www.coge.org (consulté le 25 juin 2010)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier