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Sylvia Plath

poétesse et romancière américaine
Sylvia Plath
Sylvia Plath.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 30 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Heptonstall (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Victoria LucasVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domiciles
Formation
Activités
Père
Otto Plath (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Aurelia Plath (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Frieda Hughes
Nicholas Hughes (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Domaines
Religion
Genre artistique
Site web
Distinctions
Archives conservées par
Œuvres principales
La Cloche de détresse, Ariel, The Colossus (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
signature de Sylvia Plath
signature
Plath grave.jpg
Vue de la sépulture.

Sylvia Plath, née le à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le à Primrose Hill (Londres), est une poétesse américaine, qui a écrit aussi un roman, des nouvelles, des livres pour enfants et des essais. Si elle est surtout connue pour sa poésie, elle tire également sa notoriété de The Bell Jar (en français, La Cloche de détresse), roman d'inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d'adulte.

Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglophones, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes, les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d'un suicide annoncé.

BiographieModifier

Fille d'Otto Emil Plath, immigré allemand et d'Aurelia Frances Schober, Américaine aux origines autrichiennes, Sylvia Plath naît à Boston, puis vit avec sa famille à Winthrop[1]. Elle est une enfant douée qui publie son premier poème à l'âge de huit ans. La même année, le , son père, professeur d'allemand à l'université de Boston et entomologiste spécialisé dans le domaine des abeilles, meurt brutalement des suites de l'amputation d'une jambe gangrenée. Un de ses amis étant décédé d'un cancer du poumon, il s'était persuadé qu'il avait la même maladie et ne s'était pas occupé de soigner son diabète avant qu'il ne soit trop tard[1].

À la mort de son père, elle a ce mot : « je ne parlerai plus jamais à Dieu. »[2] Ce premier drame la marque au fer rouge, et ce père mythique hante ensuite nombre de ses poèmes. Issue d'une famille cultivant l'ambition et le culte du travail, elle s'avère souvent trop exigeante avec elle-même comme avec les autres. Brillante élève, très précoce en poésie, Sylvia décide dès l'adolescence de devenir écrivain.

 
Smith College, Northampton, Massachusetts : l'université où Sylvia Plath fit ses études.

Grâce à une bourse d'étude, elle intègre en 1950 l'une des plus grandes et prestigieuses universités américaines réservées aux femmes, Smith College, située à proximité de Boston. Elle y fait sa première tentative de suicide. Plus tard, en 1963, elle décrit dans son roman autobiographique, La Cloche de détresse, l'épisode dépressif qu'elle a ainsi traversé en 1953. À ce moment-là, elle est admise dans une institution psychiatrique et semble montrer des signes de guérison satisfaisants, puisqu'elle termine brillamment ses études à Smith College, obtenant en 1955 son diplôme avec mention très bien (summa cum laude).

Au cours de ses années universitaires, elle publie des poèmes, s'occupe d'une revue, participe aux fêtes et aux bals de la vie étudiante. Sa beauté et son humour lui valent d'être unanimement appréciée. Elle est toutefois constamment dubitative quant à son avenir et à sa vocation, son humeur oscillant de la plus grande joie au plus profond découragement : c'est à ce stade de sa vie qu'elle s'aperçoit à quel point elle est prise en étau entre le conformisme ambiant et l'impérieux besoin de liberté et d'indépendance qui l'anime.

 
Newnham College, Cambridge, où Sylvia Plath étudia.

En 1956, elle obtient une bourse Fulbright pour étudier en Angleterre, au Newnham College à Cambridge où elle fait la connaissance de Ted Hughes, un jeune poète anglais. Rencontre fulgurante s'il en est, ils se marient quelques mois plus tard. Le couple, d'une grande beauté physique, attire les regards. Ted et Sylvia s'installent alors à Londres. Sa vie d'épouse, les soucis financiers et la dactylographie des manuscrits de Ted occupent Sylvia davantage que sa propre carrière.

Le couple décide alors d'aller vivre deux ans aux États-Unis, de 1957 à 1959, les deux poètes tentant de subsister de leur plume, mais Sylvia doit occuper de petits emplois temporaires, notamment dans un hôpital psychiatrique. Elle obtient toutefois aussi un poste d'enseignante dans son ancienne université, Smith College. Parallèlement, elle assiste à des conférences données par le poète américain Robert Lowell, au cours desquelles elle rencontre la poétesse Anne Sexton. Ces cours auront une influence capitale sur son œuvre. Sylvia étant enceinte, en octobre 1959, le couple décide de retourner à Londres, où ils vivent en symbiose et s'aident mutuellement dans leur travail. Frieda, leur premier enfant, naît en 1960, et leur fils Nicholas en 1962.

Très vite, Sylvia et Ted quittent Londres pour s'installer dans la campagne anglaise, dans le comté de Devon. Ils voyagent fréquemment en France, notamment sur la Côte d'Opale, à Berck, séjours dont elle tirera le long poème Berck-Plage dans son recueil Ariel. Elle publie son premier recueil de poèmes, The Colossus, en Angleterre en 1960. En février 1961, elle fait une fausse couche, événement qui hantera par la suite bon nombre de ses poèmes. Le couple bat de l'aile, et Ted et Sylvia se séparent moins de deux ans après la naissance de leur premier enfant. Cette séparation s'explique principalement du fait des troubles psychiatriques de Sylvia et de la liaison de Ted avec l'épouse d'un ami poète. Sylvia brûle alors des lettres et des manuscrits de Ted. Cette période de colère et de désespoir est la plus productive de sa vie d'écrivain.

 
23 Fitzroy Road, Londres : la maison où Sylvia Plath se donna la mort, autrefois occupée par W. B. Yeats.

En 1962, Sylvia Plath retourne s'installer à Londres avec ses enfants, Frieda et Nicholas. Elle loue un appartement dans une maison autrefois occupée par le poète irlandais William Butler Yeats : elle en est extrêmement heureuse et considère cela comme un bon présage dans le contexte du début de sa procédure de divorce. Mais l'hiver 1962-1963 est l'un des plus rudes du siècle à Londres et, le , au petit matin, malade et dépressive, Sylvia met la tête dans le four de la gazinière, ouvre le gaz, et attend sa fin. Auparavant, elle a calfeutré la porte de la cuisine, et préparé sur la table des biscuits et du lait pour ses enfants, qui dorment à l'étage supérieur et qui échapperont à l'empoisonnement par le gaz.

Son dernier poème connu, intitulé Edge (en français, Le Bord) fait figure de testament prémonitoire. Sylvia Plath est enterrée au cimetière de Heptonstall, dans le comté anglais du Yorkshire de l'Ouest. Sa mort fut un drame non seulement pour ses enfants mais aussi pour son ex-mari, Ted Hughes, et pour sa mère, Aurelia Plath, qui ne s'en sont jamais remis. Son fils, Nicholas Hughes, souffrant de dépression, s'est suicidé par pendaison à son domicile en Alaska, le , à l'âge de 47 ans.

ŒuvreModifier

Ted Hughes, en sa qualité d'exécuteur testamentaire de l'héritage personnel et littéraire de Sylvia Plath, a été suspecté d'avoir détruit le dernier cahier du journal de son épouse, qui révélait des détails sur leur vie commune. Ce fait n'a toutefois jamais été prouvé, et ses archives, aujourd'hui conservées à l'université Columbia à la suite de son décès en 1998, révéleront peut-être qu'il ne s'agissait là que d'une légende[réf. souhaitée]. En 1982, Sylvia Plath a été la première poète de l'histoire à se voir accorder le prix Pulitzer en poésie, à titre posthume (pour une anthologie de ses œuvres, The Collected Poems).

De nombreux critiques, souvent féministes, ont accusé Ted Hughes d'avoir exercé un contrôle arbitraire sur la publication des œuvres de Sylvia, en vue de se protéger lui-même[réf. souhaitée]. Il a toujours nié cet état de fait, bien qu'il ait admis avoir transigé avec la mère de Sylvia, Aurelia Plath, quand celle-ci a tenté de faire interdire la publication aux États-Unis des écrits les plus controversés de sa fille. Dans son dernier recueil de poèmes, paru en 1998 quelques mois avant sa mort, intitulé Birthday Letters, Ted Hughes rompt enfin son silence à propos de Sylvia, dans un dernier hommage poétique et une tentative de comprendre le suicide de celle qui fut sa femme pendant sept ans. Birthday Letters constitue l'un des recueils de poèmes les plus vendus du XXe siècle (plus d'un demi-million d'exemplaires depuis sa parution en 1998 en Angleterre). À noter que l'illustration de l'édition originale du livre a été réalisée par Frieda, la fille de Ted et Sylvia.

Même si les critiques ont réservé un accueil favorable au premier ouvrage de Sylvia Plath, The Colossus, on[Qui ?] l'a aussi souvent dépeint comme trop conventionnel et dépourvu de l'intensité de ses œuvres ultérieures. Ainsi, la portée de l'influence de Ted Hughes sur l'œuvre de Sylvia a souvent suscité des débats passionnés. Toutefois, quand on connaît leurs travaux respectifs, il est aisé de constater que les poèmes de Sylvia Plath sont des plus personnels, et que les similitudes d'écriture entre les deux poètes sont quasi inexistantes.

Les poèmes qui composent le recueil Ariel traduisent une rupture eu égard à ses œuvres précédentes, Sylvia Plath se positionnant alors clairement dans le courant littéraire américain du Confessionnalisme. Il est probable que les enseignements du poète Robert Lowell ont joué un grand rôle dans cette évolution. Dans les pays anglophones, l'impact de la publication du recueil Ariel fut énorme, du fait de l'intensité des textes qui le composent, et qui décrivent sans fard la maladie mentale, notamment dans des poèmes à caractère autobiographique tels que Daddy et Lady Lazarus.

En dépit des critiques et des biographies publiées après sa mort, les débats autour de l'œuvre de Sylvia Plath tiennent plus d'une lutte entre ses « défenseurs » et les « défenseurs » de Ted Hughes que d'un véritable débat de fond. Fait illustrant la passion suscitée par Sylvia Plath et le niveau d'amertume de certaines admiratrices envers Ted Hughes, la tombe de Sylvia a été sujette, pendant des années, à des actes de saccage visant à effacer le nom « Hughes » de la pierre tombale, à tel point qu'elle a fait l'objet d'un traitement technique anti-vandalisme.

PoésieModifier

En anglaisModifier

  • The Colossus (1960)
  • Ariel (1965)
  • Crossing the Water (1971)
  • Winter Trees (1972)
  • The Collected Poems (1981)

En françaisModifier

ProseModifier

En anglaisModifier

  • The Bell Jar (1963), roman, sous le pseudonyme de Victoria Lucas
  • Letters Home (1975), lettres à sa mère, publiées par sa mère, Aurelia Plath
  • Johnny Panic and the Bible of Dreams (1977), nouvelles
  • The Journals of Sylvia Plath (1982), journal
  • The Magic Mirror (1989), thèse de fin d'étude de Sylvia Plath à l'université Smith College
  • The Unabridged Journals of Sylvia Plath, journal intime, publié par Karen V. Kukil (2000)

En françaisModifier

  • La Cloche de détresse (1972), roman
  • Lettres aux siens (1988), lettres à sa mère
  • Le Jour où M. Prescott est mort (1990), nouvelles
  • Carnets intimes (1997), journal
  • Journaux 1950-1962 (1999), journal

Littérature enfantineModifier

En anglaisModifier

  • The Bed Book (1976)
  • The It-Doesn't-Matter-Suit (1996)
  • Collected Children's Stories (Royaume-Uni, 2001)
  • Mrs. Cherry's Kitchen (2001)
  • Un certain nombre d'œuvres ont été publiées par des éditeurs spécialisés, souvent en tirages très limités.

En françaisModifier

  • L'histoire qu'on lit au bord du lit (1997)
  • Ça ne fait rien ! (1998)

Œuvres inspirées par Sylvia PlathModifier

  • J'irai vers le nord, j'irai vers la nuit polaire, opéra de Kasper T. Toeplitz, créé au festival d'Avignon en 1989
  • Sylvia, spectacle musical de Fabrice Murgia et An Pierlé Quartet, créé au Théâtre National Wallonie-Bruxelles le 25 septembre 2018
  • hope is a dangerous thing for a woman like me to have - but I have it, single de Lana Del Rey qui devait se nommer Sylvia Plath à l’origine. Son nom se retrouve dans le refrain.
  • La chanson "Belfast" du groupe de rock français Indochine est un hommage à l'œuvre de Plath, le refrain répétant plusieurs fois le nom de son recueil "Ariel".

Œuvres inspirées par le couple Sylvia Plath - Ted HughesModifier

RomansModifier

BiographieModifier

FilmModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Brown et Taylor 2004.
  2. Anne Stevenson (en), Bitter Fame: A Life of Sylvia Plath, Viking, 1989, p. 10

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

En anglais
  • Edward Butscher, Sylvia Plath: Method and Madness, éd. Schaffner Press
  • Ronald Hayman, The Death and Life of Sylvia Plath, éd. Heinemann, Londres, Melbourne, Auckland, 1991
  • Erica Wagner, Ariel's Gift: Ted Hughes, Sylvia Plath and the Story of Birthday Letters
  • Linda Wagner-Martin, Sylvia Plath: A Literary Life, Londres, éd. Palgrave Macmillan, 1999
  • Gayle Wurst, Voice and vision: the poetry of Sylvia Plath, éd. Slatkine, Genève, 1999
  • (en) Sally Brown et Clare L. Taylor, « Plath [married name Hughes], Sylvia (1932–1963) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, (lire en ligne) (inscription nécessaire)
En français
  • Sylvie Doizelet, La terre des morts est lointaine : Sylvia Plath, éd. Gallimard, 1996
  • Ted Hughes, Birthday Letters, traduit et présenté par Sylvie Doizelet, éd. Gallimard, 2002 ; Poésie/Gallimard, 2015
  • Taïna Tuhkunen-Couzic, Sylvia Plath, une écriture embryonnaire, éd. L'Harmattan, 2002
  • Valérie Rouzeau, Sylvia Plath : un galop infatigable, éd. J.M. Place, 2003 ; biographie suivie d'une sélection de textes traduits par l'auteure
  • Voltuan, Sylvia Plath : célébration poétique : zikaron charuzim, Paris, librairie-galerie Racine, coll. « Saint-Germain-des-Prés », , 177 p. (ISBN 2-243-04497-8, SUDOC 800838434)
  • Patricia Godi, Sylvia Plath, éd. Aden
  • Gwenaëlle Aubry, Lazare mon amour, éd. L'Iconoclaste et éd. Héliotrope, 2016
En italien
  • Erminia Passannanti, Limite. Il mito dell’integrità tra Eros e Thanatos nella poesia di Sylvia Plath, Salerne/Rome, Ripostes, 1995, ristampa 2012 (ISBN 978-1-4710-4142-6)

PresseModifier

Liens externesModifier

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