Sydney Parkinson

dessinateur et écrivain

Sydney Parkinson, né vers 1745 à Édimbourg et mort le dans l'océan Indien, est un illustrateur naturaliste écossais. Il est le premier artiste européen à s'être rendu en Australie, en Nouvelle-Zélande et à Tahiti[1].

Sydney Parkinson
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Sydney Parkinson.
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Abréviation en botanique
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Sydney Parkinson

BiographieModifier

JeunesseModifier

Sydney Parkinson est né vers 1745 à Édimbourg, en Écosse[2]. Il est le fils de Joel Parkinson, un brasseur et un quaker, et d'Elizabeth Parkinson (1698-1771)[2],[3]. Il a un frère, Stanfield (1732-1776), et une sœur, Britannia[3]. Leur père meurt en 1749 et le naturaliste John Fothergill (1712-1780), ami de la famille, fait alors venir le jeune Stanfield à Londres[3].

Plus tard, pour faire face aux difficultés économiques dans lesquelles la mort du père a plongé sa famille, Sydney entrera en apprentissage chez un marchand de draps. Cependant sa véritable passion, incomprise des siens, est le dessin de plantes[2],[4],[5]. En 1767, il se rend à Londres pour étudier la botanique[4]. Il enseigne le dessin à Ann Lee, la fille du pépiniériste James Lee, et lui léguera son matériel de dessin à sa mort. Il y est également employé par Joseph Banks (1743-1820) pour dessiner les spécimens rapportés de Terre-Neuve[2],[4].

Voyage avec James CookModifier

DéroulementModifier

Banks recommande Sydney Parkinson à James Cook (1728-1779) comme dessinateur pour son premier voyage autour du monde[2],[6]. Lors de cette expédition, il réalise un remarquable travail, tant sur la botanique que sur la description des peuplades. Il réalise environ 1300 illustrations des spécimens trouvés par Joseph Banks et Daniel Solander et compile des listes de vocabulaire des indigènes à Tahiti et en Australie[2],[6],[7]. Il doit travailler dans des conditions difficiles, dans une petite cabine au milieu de nombreux animaux et plantes. A Tahiti, des nuées de mouches boivent l'eau des aquarelles pendant qu'il travaille[7]. C'est également là que décède l'autre illustrateur de l'expédition, Alexander Buchan, dont il doit reprendre les tâches de dessin des paysages[2],[7]. A Tahiti toujours, il se fait tatouer, un fait alors extrêmement rare pour un Européen[8],[9]. En Nouvelle-Zélande et en Australie, il est le premier européen à peindre des aborigènes après les avoir observés lui-même[2],[10]. Il est également le premier à peindre un paysage australien[2].

Atteint par les fièvres, il meurt en mer, dans l'océan Indien, après avoir été atteint de dysenterie à Panaitan[2].

Joseph Banks paiera une somme de 500 livres, couvrant le salaire, les textes et les dessins de Sydney Parkinson, à son frère, Stanfield Parkinson[2]. Contrairement à son accord avec Banks, Stanfield tente, en vain, de faire publier le journal de voyage de Sydney avant que le compte-rendu officiel de James Cook ne soit paru[2].

IllustrationsModifier

Sydney Parkinson a laissé à la fois des aquarelles et des illustrations non achevées, au crayon[11]. Ces dernières, au nombre de 674, ont parfois des indications sur les couleurs à ajouter[11]. Après le décès de Parkinson et le retour de l'expédition en Angleterre, Joseph Banks fait travailler six artistes sur les illustrations non achevées au crayon de Parkinson pour en faire des aquarelles: Thomas Burgis, John Cleveley le Jeune (1747-1786), John Frederick Miller (1759-1796), James Miller et Frederick Polydore Nodder (1770-1800)[11],[12]. Banks fera également réaliser, entre 1771 et 1784, des gravures de chacune des 743 aquarelles par dix-huit graveurs[12]. Daniel MacKenzie en a réalisé à lui seul environ 250[12].

HommagesModifier

Le naturaliste John Ellis a qualifié Sydney Parkinson d'"étoile de l'histoire naturelle"[7].

Le Puffin de Parkinson (Procellaria parkinsoni) est nommé en son honneur, et ce tant dans son nom scientifique que dans son nom vernaculaire[12]. Une plante, découverte par Joseph Banks le 23 août 1770 sur l'île Booby au Queensland, a également été nommée en son honneur : Ficus parkinsonii[12].

La Poste australienne lui dédie un timbre en 1986[13].

IconographieModifier

Quelques dessins de Sydney Parkinson :

PublicationsModifier

Le journal de Sydney Parkinson est publié par son frère Stanfield après son décès, en 1773[2],[7]. Une deuxième édition augmentée parait en 1784[2].

Le grand Florilegium de son œuvre a finalement été publié en 1988 par Alecto Historical Editions en 35 volumes et a depuis été numérisé par le Musée d'Histoire naturelle de Londres[6].

Notes et référencesModifier

  1. (en) Paul Barker, « Wide-eyes on a painted ocean », Sydney Morning Herald,‎ , p. 13
  2. a b c d e f g h i j k l m et n Rex Rienits, « Parkinson, Sydney (1745–1771) », dans Australian Dictionary of Biography, National Centre of Biography, Australian National University, (lire en ligne)
  3. a b et c (en) « A letter from Sydney Parkinson in Batavia to Dr John Fothergill », Notes and Records of the Royal Society of London, vol. 36, no 1,‎ , p. 79–81 (ISSN 0035-9149, DOI 10.1098/rsnr.1981.0005, lire en ligne, consulté le )
  4. a b et c (en) Peter FitzSimons, James Cook : the story behind the man who mapped the world, (ISBN 978-1-4721-3140-9 et 1-4721-3140-1, OCLC 1144805195, lire en ligne)
  5. (en) F. C. Sawyer, « Some natural history drawings made during Captain Cook's first voyage round the world », Journal of the Society for the Bibliography of Natural History, vol. 2,‎ , p. 190-193 (lire en ligne)
  6. a b et c (en) Rahul Zanan, Indian Pandanaceae-- an overview, Springer, , 163 p. (ISBN 978-81-322-0753-5, 81-322-0753-X et 81-322-0752-1, OCLC 828409293, lire en ligne), p. 5
  7. a b c d et e Anne Pons, James Cook le compas et la fleur, Perrin, (ISBN 978-2-262-05146-4 et 2-262-05146-1, OCLC 1033469671, lire en ligne)
  8. (en) Stevie Gallacher, « The story of Scots explorer and artist Sydney Parkinson, who joined Captain Cook's expedition armed with pencils and paint », sur The Sunday Post, (consulté le )
  9. Derwell Queffelec, « Comment le tatouage est arrivé en Occident », sur France Culture, (consulté le )
  10. (en) « The head of a New Zealander by Sydney Parkinson », sur nzhistory.govt.nz (consulté le )
  11. a b et c (en) H. Walter Lack et Victoria Ibáñez, « Recording colour in late eighteenth century botanical drawings: Sydney Parkinson, Ferdinand Bauer and Thaddäus Haenke. », Curtis's Botanical Magazine, vol. 14, no 2,‎ , p. 87–100 (ISSN 1355-4905, lire en ligne, consulté le )
  12. a b c d et e (en) « About Sydney Parkinson », sur Botanical Art & Artists (consulté le )
  13. « Australia - 90c stamp of 1986 (#7300) | StampData », sur stampdata.com (consulté le )

Liens externesModifier

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Parkinson est l’abréviation botanique standard de Sydney Parkinson.

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