Swiss Space Systems

Swiss Space Systems Holding SA
logo de Swiss Space Systems

Création 31 octobre 2012
Disparition 16 janvier 2017
Fondateurs Pascal Jaussi
Personnages clés Claude Nicollier (ancien président)
Action 36 mns d'actions nominatives à 0,01 CHF
Siège social Payerne
Drapeau de Suisse Suisse
Activité Lancement de satellites, tourisme spatial
Produits Satellite artificielVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 75 (2015)[1]
RC CHE-397.809.277
Site web s-3.ch

Fonds propres 360 000 CHF

Swiss Space Systems (S3) est une entreprise fondée en 2012 à Payerne, en Suisse, mise en faillite en 2016 et disparue en 2017. Son activité s'orientait autour du développement d'un système de navettes pour lancer des petits satellites dans l'espace aussi adaptées à des vols suborbitaux pour que des passagers puissent expérimenter l'apesanteur.

HistoriqueModifier

Swiss Space Systems est fondé le par Pascal Jaussi, pilote et ingénieur aéronautique suisse. En , l'entreprise présente ses projets visant à « rendre l'espace accessible à tous » : développer une navette qui sera lancée depuis un Airbus A300 à 10 kilomètres d'altitude pour emmener des petits satellites (jusqu'à 250 kg) dans l'espace d'ici à 2017, opérer des vols suborbitaux pour permettre à des passagers d'expérimenter l'apesanteur dès 2019 et réaliser des vols de longue distance en passant par l'espace dès 2020[2],[3].

En , l'entreprise achète un terrain de 26 900 m2 sur le site de l'aéropôle de Payerne pour y construire le spatioport où sera assemblée la navette[4]. En , alors qu'elle compte 75 employés, elle annonce son intention d'entrer en bourse d'ici à la fin de l'année[1].

S3 a créé quatre filiales dans divers pays, notamment pour y établir des bases de lancement : deux aux États-Unis basées à Washington et au Centre spatial Kennedy, une aux îles Canaries et une en Croatie[4],[5],[6].

En le patron de l’entreprise, Pascal Jaussi, est agressé. Il est battu, étranglé et souffre de brûlures sur 25 % de son corps. Il se sentait menacé depuis plusieurs mois, pour des « questions industrielles »[7]. Il est ensuite accusé d'avoir mis en scène cette agression[8].

Difficultés financièresModifier

Le , face à un manque de trésorerie, la société obtient un ajournement de faillite[9].

Le , la société doit faire face à la pression encore plus forte de ses créanciers. Pascal Jaussi alors seul administrateur demande un second ajournement de faillite. Pour cela, il présente une de ses filiales spécialisée dans le domaine des lanceurs spatiaux capitalisée à une hauteur de près de 30 millions de francs suisses[10]. L'ajournement est prolongé de six mois jusqu'au par le tribunal[11].

Le , le propriétaire des locaux où est établie la société à Payerne met en route une procédure d'expulsion pour loyers non payés depuis 2015. La société a jusqu'à la mi-décembre pour quitter les lieux[12].

À la fin du mois de , la société QoQa qui avait pré-vendu deux ans plus tôt 160 billets à 999 CHF la pièce pour des vols sans gravité organisés par S3 décide de rembourser ses clients[13].

Le , le tribunal d'arrondissement d'Yverdon-les-Bains s'est à nouveau penché sur l'avenir de la société. Pascal Jaussi ne s'est pas présenté et a envoyé sa femme et sa sœur pour le représenter, agaçant le juge devant ce fait accompli. Après avoir prolongé deux fois l'ajournement de faillite, le verdict de cette audience doit informer si la société est mise en faillite ou non[14].

La réponse arrive neuf jours plus tard. Le à h, la faillite de S3 est prononcée[15]. En effet, le tribunal du nord vaudois a estimé que la société n'a pu démontrer publiquement comment elle comptait faire face à 6,6 millions de francs de dettes[16].

Le , Pascal Jaussi fait recours auprès du Tribunal cantonal vaudois afin d'annuler la décision prise le par le Tribunal d'arrondissement de la Broye et du Nord vaudois [17].

Le , Pascal Jaussi retire son recours et le président de la Cour des poursuites et faillites prononce la faillite définitive qui prend effet le lundi à 16 h 15[18],[19].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Anouch Seydtaghia, « Swiss Space Systems prépare son entrée en bourse et ouvre son capital », Le Temps, (consulté le )
  2. Olivier Dessibourg, « Payerne, rampe d’accès à l’espace », Le Temps, (consulté le )
  3. Lioudmila Clot, « De Payerne à l’espace, la Suisse se met en orbite », Swissinfo, (consulté le )
  4. a et b Matthieu Hoffstetter, « Swiss Space Systems achète un terrain pour son spaceport à Payerne », Bilan, (consulté le )
  5. Marc-André Miserez, « La future navette suisse monte en puissance », Swissinfo, (consulté le )
  6. (en) Bloomberg LP, « Swiss Space Wants to Build EU60 Million Spaceport in Croatia », Swissinfo, (consulté le )
  7. « Payerne: le patron de la start-up S3 a été violemment agressé », sur www.bluewin.ch, (consulté le ).
  8. https://www.letemps.ch/suisse/patron-swiss-space-systems-accuse-davoir-menti-justice
  9. Jérôme Gallichet, Elsa Anghinolfi et Pascale Defrance, « La société vaudoise S3 est mise en faillite » [vidéo], 19h30, sur rts.ch, RTS Info, (consulté le )
  10. ATS, « Swiss Space Systems demande un ajournement de faillite », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Yann Dieuaide, « Ajournement de faillite prolongé pour la société Swiss Space Systems », RTS Info,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. « S3 lutte contre son expulsion », La Liberté,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. ATS, « Les clients de vols en apesanteur prévus par S3 seront remboursés », 24 heures,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. Gilles de Diesbach, « sort de la société aérospatiale S3 à Payerne: le point avec Gilles de Diesbach, à Yverdon » [vidéo], Le 12h45, sur rts.ch, RTS Info, (consulté le )
  15. « Registre du commerce : Mutations » [PDF], Feuille officielle suisse du commerce, sur shab.ch, Secrétariat d'État à l'économie (SECO), (consulté le )
  16. Christian Aebi, « La société qui visait les étoiles doit déposer son bilan », 24 heures,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Pascal Jaussi fait recours après la faillite prononcée de S3 », Bilan,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. Sandra Rouleau (Présidente de la Cour des poursuites et faillites) et Jacqueline Franzini (Greffière), « Arrêt du 16 janvier 2017 : FU15.050530-162207 » [html], sur vd.ch, Cour des poursuites et faillites, (consulté le )
  19. « Swiss Space Systems: faillite confirmée », 20 minutes,‎ (lire en ligne, consulté le )

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier