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Suze-la-Rousse

commune française du département de la Drôme

Suze-la-Rousse
Suze-la-Rousse
L’église de Suze-la-Rousse.
Blason de Suze-la-Rousse
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Le Tricastin
Intercommunalité Communauté de communes Drôme Sud Provence
Maire
Mandat
Michel Rieu
2014-2020
Code postal 26790
Code commune 26345
Démographie
Gentilé Suziens, Suziennes
Population
municipale
2 089 hab. (2016 en augmentation de 8,63 % par rapport à 2011)
Densité 68 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 17′ 19″ nord, 4° 50′ 35″ est
Altitude Min. 65 m
Max. 141 m
Superficie 30,6 km2
Localisation

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Suze-la-Rousse

Suze-la-Rousse est une commune française située dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Suze-la-Rousse est étagée sur la rive gauche du Lez et possède une belle vue sur le mont Ventoux, la montagne de la Lance et les Préalpes du Dauphiné.

Suze-la-Rousse est située à 10 km au sud-est de Saint-Paul-Trois-Châteaux et à 23 km au nord d'Orange.

Les communes limitrophes sont Bollène, Rochegude, Tulette, Sainte-Cécile-les-Vignes, Bouchet, La Baume-de-Transit, Solérieux et Saint-Restitut.

Géologie et reliefModifier

HydrographieModifier

La commune est arrosée par l'Hérin et le Lez, ainsi que par plusieurs canaux d'irrigation.

ClimatModifier

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Le climat de Suze-la-rousse est continental à influence méditerranéenne, les hivers sont froids voire glaciaux à cause du vent de nord et sont modérément pluvieux ou neigeux, les printemps sont dans un premier temps frais et pluvieux avec des gelées possibles jusqu'à fin avril puis devient doux voire chaud et orageux vers mai et juin. Les étés sont chauds et parfois orageux malgré une sécheresse fréquente mais moins intense que dans le Vaucluse. Les automnes sont doux et très pluvieux et deviennent frais à partir d'octobre.

La neige : en moyenne 8 jours de neige par an, il n'est pas rare que celle-ci tienne au sol. Mais il ne tombe en général pas plus de 5 à 10 cm de neige , mais le secteur a déjà connu des épisodes neigeux très importants (janvier et mars 2010 avec 40 cm, janvier 2006 avec 55 cm de neige, novembre 1999 avec 35 cm, janvier 1997 avec 25 cm, décembre 1970 où la commune recevra 80 cm de neige).

Le record de précocité de chute de neige depuis 1970 est le 28 octobre 2012 où il tomba 3 cm. Le record de neige tardive depuis 1970 est le 15 avril 2005 où 5 cm recouvrirent la commune.

Le record de froid −19 °C en 1956, le record de chaleur 42 °C en 2003.

Voies de communication et transportsModifier

 
Suze-la-Rousse au XIXe siècle, illustrée par Victor Cassien, (1808 - 1893).

Suze-la-Rousse est accessible par la route départementale RD 94, entre Bollène et Tulette, ou la RD 59 depuis Saint-Restitut.

ToponymieModifier

Suze serait un Segusa, du pré-latin seg-, au sens de hauteur, montagne, avec le suffixe gaulois -usa, ce qui correspond bien à l'attestation de 1162 Seuza[1]. Pour le radical, voir Sigonce, Sisteron, Sigüenza, certains de ces noms étant attribuables au gaulois (sego- signifie force dans cette langue), d'autres à des langues plus anciennement installées, ou bien ces deux solutions sont discutées par les spécialistes. La densité spécialement forte dans les Alpes du Sud des toponymes en seg-, sig- ou qui en sont héritiers peut faire supposer qu'ils n'étaient pas tous d'origine gauloise.

Au XIVe siècle, la châtelaine était Marguerite des Baux, fille de Bertrand des Baux, appelée « La Rousse », sobriquet dont le pays tirerait son nom (cependant, cette explication ressemble un peu trop à une étymologie populaire ; en fait, le qualificatif désigne plus probablement la teinte particulière des pierres qui servirent à la construction du château).

BlasonnementModifier

Les armoiries de Suze-la-Rousse se blasonnent ainsi :

Coupé : au 1er d'azur au lion issant d'argent, couronné d'or, armé et lampassé de gueules, au 2e d'or à trois chevrons de sable.

HistoireModifier

Au Moyen Âge, Suze était la ville la plus importante du Tricastin.

Le château de Suze fut construit au XIIe siècle par la famille des Baux, descendants des princes d'Orange, à l'emplacement d'un relais de chasse offert par Charlemagne à son cousin Guillaume de Gellone au VIIIe siècle. Enceinte fortifiée à la manière médiévale, cette forteresse dominait le pays d'alentour et assurait à ses occupants une tranquillité exceptionnelle. À la Renaissance, les La Baume en firent une demeure de plaisance avec une cour d'honneur à l'italienne, un jeu de Paume, puis au XVIIe siècle un escalier d'honneur « à double révolution ».

Au XIVe siècle, la châtelaine était Marguerite des Baux, fille de Bertrand des Baux, appelée « La Rousse », sobriquet dont le pays tirerait son nom (en fait, le qualificatif désigne plus probablement la teinte particulière des pierres qui servirent à la construction du château). Ayant épousé en 1390 Hugues de Saluces, elle donna le jour à une fille, Antoinette, qui se maria en 1411 avec Henri le Roux, baron de Sassenage (+ 1424), puis en 1426 avec Louis de La Baume. De cette union naît la dynastie des La Baume-Suze. Le plus célèbre personnage étant François de la Baume (1526-1587), qui donna au château de Suze une célébrité qu’il n’avait jamais connue.

Né en 1526, François de la Baume devint seigneur de Suze en 1551. Lors des guerres de religion, il fut un partisan acharné de la cause catholique, combattant aussi bien le baron des Adrets et le marquis de Montbrun que le président du parlement d'Orange. En 1563, le roi Charles IX le fit capitaine et membre de son conseil. En septembre 1564, le roi et Catherine de Médicis séjournèrent à Suze et devinrent parrain et marraine de la fille du seigneur des lieux, Charlotte Catherine. En 1567, le pape Pie V le nomma général de ses troupes pour le Comtat Venaissin. En 1572, le roi érigea la seigneurie de Suze en comté. En 1578, Henri III lui conféra le titre de « gouverneur de Provence » et « amiral des mers du Levant ».

La solidité des murailles du château mit Suze à l’abri des attaques des calvinistes. Blacons prit le bourg de Suze le , mais il ne put rien contre l’altière forteresse.

François de La Baume fut mortellement blessé, en défendant Montélimar, assiégée par le duc de Lesdiguières. Son corps fut caché dans la Cathédrale Saint-Vincent de Viviers. La légende préfère raconter qu'il put rentrer sur ses terres avec ses troupes pour y mourir ; il aurait dit à sa jument, elle aussi blessée : « Allons, la Grise, allons mourir à Suze »[Note 1].

Lorsqu'en 1628 Richelieu fit décréter la démolition de tous les châteaux forts ne servant pas à la défense du territoire, celui de Suze échappa à la destruction, en hommage aux services rendus.

Avant la Révolution française, la monarchie soutient la réaction seigneuriale par les édits de triage, et attribuent au seigneur de Suze-la-Rousse le tiers des terres possédées collectivement par la communauté villageoise[2].

Pendant la Révolution, le château dut sa conservation à l’état de minorité de son jeune seigneur qui mourut en 1797.

La commune fut rattachée au département de Vaucluse lors sa création, puis à celui de la Drôme en 1800, canton de Saint-Paul-Trois-Châteaux, faisant du canton de Valréas une enclave.

Politique et administrationModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1959 mars 1995 Henri Michel CIR puis PS Député de la Drôme
mars 1995 En cours
(au 23 janvier 2015)
Michel Rieu[3] DVD Agriculteur

JumelagesModifier

La ville est jumelée avec la commune de Gouvy en Belgique depuis 2003[4].

Politique environnementaleModifier

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[6].

En 2016, la commune comptait 2 089 habitants[Note 2], en augmentation de 8,63 % par rapport à 2011 (Drôme : +4,1 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2381 1331 3861 5791 6681 8451 9081 8571 880
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 9972 0622 1391 9041 7251 5591 5351 5091 315
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 2461 2101 2011 0029699789389571 082
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1 0591 2121 1971 3961 4221 5641 7871 9232 089
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

Suze-la-Rousse dépend de l'académie de Grenoble. Les élèves débutent leur scolarité à l'école maternelle du village, composée de 3 classes pour 81 enfants[9]. Ils poursuivent à l'école élémentaire de la commune, de 7 classes pour 149 écoliers[10]. Les collégiens restent également sur la commune, dans le collège Do Mistrau, composé de 12 classes pour 309 enfants[11]. Le lycée le plus proche est celui de Pierrelatte[12].

SantéModifier

Plusieurs professionnels de santé sont installés à Suze-la-Rousse. En plus des deux cabinets de médecine générale, sont présents un cabinet de trois infirmiers, un cabinet de kinésithérapeutes, ainsi qu'une pharmacie[13].

CultesModifier

La paroisse catholique de Suze-la-Rousse dépend du diocèse de Valence, doyenné de Pierrelatte[14].

ÉconomieModifier

AgricultureModifier

Les vignerons de la commune sont représentés au sein de la commanderie des Costes du Rhône, confrérie bachique, qui tient ses assises au château de Suze-la-Rousse, siège de l'Université du vin. Huit domaines sont actuellement en activité[15].

Industrie et artisanatModifier

De nombreuses sociétés sont implantées sur la commune de Suze-la-Rousse, notamment dans les domaines du BTP et des services aux particuliers[16].

CommerceModifier

Le commerce de proximité est varié, avec la présence de spécialistes de l'alimentation, ainsi que des coiffeurs, informaticiens, tabac-presse et bar-restaurants[17].

TourismeModifier

En dehors du tourisme estival, ce secteur d'activité est développé grâce à la présence de l'université du vin sur la commune, ouvert à l'année. Les touristes ont plusieurs types d'hébergements à leur disposition sur la commune, essentiellement des gîtes et chambres d'hôtes, mais aussi deux hôtels et un camping, sur les bords du Lez[18].

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Le château.

Le châteauModifier

Le château de Suze-la-Rousse : Le château possède à la fois des traits de la forteresse féodale et de la seigneuriale de la Renaissance. Il appartenait à la baronne de Witte, dernière descendante des Isnard-Suze[réf. nécessaire].

La cour d'honneur : cette cour d’honneur a été construite, d’après une notice manuscrite du baron de Witte, par un évêque d’Orange, oncle de François de La Beaume en 1551, date inscrite sur la clef de voûte de la galerie nord. Cependant le rez-de-chaussée du côté du midi paraît être du XIIe siècle ou du commencement du XIIIe ; mais lorsqu’on construisit la cour, on y éleva une façade Renaissance en harmonie avec les trois autres. À l’est de la cour, une vasque hexagonale entoure l’orifice de la citerne encore muni de sa margelle. Au moment de la Révolution, toutes les armoiries des comtes de Suze aussi bien que celles des familles alliées, furent martelées ; les balustres couronnant la cour et l’horloge placée sur la façade du grand escalier disparurent aussi.

La cheminée du salon d'honneur : Au 1er étage de l’aile sud du château, se trouve une cheminée monumentale du XVIe siècle portant sur sa gaine les armoiries des La Baume-Suze avec leur devise : « dulce decorum pro patria mori ». Ces armoiries sont reproduites sur la plaque du foyer avec la maxime « à la fin tout s’use ». Deux peintures décorent la cheminée ; celle de gauche représente un chevalier en position de combat et celle de droite nous le montre mortellement blessé.

Une note de M. le marquis Ribérie des Isnards Suze, nous apprend que lors de la récente restauration du manoir, vers 1885, on découvrit sur l’un des côtés intérieurs de la cheminée, l’inscription suivante : « Fourgeon 1551 », date de sa construction et le nom de l’architecte ou sculpteur.

Autres monumentsModifier

 
Le chapelle Saint-Torquat.
  • Plusieurs enceintes successives marquent l'agrandissement du village lié au château.
  • Jeu de paume, construit probablement juste avant la visite royale de Charles IX, de Catherine de Médicis et de la famille royale en septembre 1564. C'est un des mieux conservé de France[19].
  • Chapelle Saint-Torquat (XIIe – XIIIe siècles)
  • Château de l'Etagnol : tour ruinée et corps de bâtiment de la fin du XVIIIe siècle.
  • Château de la Borie construit à la fin du XVIIIe siècle.
  • La Garenne, parc boisé situé à l'ouest du château de Suze-la-Rousse composé essentiellement de chênes verts comportant une flore très variée. Ce site est occupé par les hommes dès le Néolithique. Au Moyen Âge, ce parc sera une réserve de chasse seigneuriale délimitée par des murs partiellement conservés. On peut voir dans ce parc un jeu de paume du XVIe siècle, la chapelle seigneuriale Saint-Michel du XVIIe siècle et un pigeonnier du XVIIIe siècle.

Quartier Saint Bach, rue de la Glacière.

  • L'université du vin : située au pied du château, antenne de l'IUT de Valence. Elle dispose d'un laboratoire, d'une salle de dégustation et propose des stages d'œnologie.

Personnalités liées à la communeModifier

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Michèle Bois et Chrystèle Burgard, Fortifications et châteaux dans la Drôme, éditions Créaphis, 192 p, 2004

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. L'épisode a fait l'objet d'un tableau « Retour de François de La Baume en 1587 à Suze, avec la Grise », exposé au musée Calvet d'Avignon et prochainement au château de Suze-la-Rousse.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, réédition Guénégaud, 1979, p. 657.
  2. Roger Pierre, « Libertés et contraintes des communautés villageoises dans les pays de la Drôme à la veille de la Révolution », Études drômoises, no 64,‎ , p. 20.
  3. Suze-la-Rousse sur le site de l'association des maires et présidents de communautés de la Drôme (consulté le 23 janvier 2015).
  4. Jumelage : Suze-la-Rousse et Gouvy, consulté le 4 janvier 2014.
  5. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  9. école maternelle de Suze la Rousse
  10. école primaire de Suze la Rousse
  11. Collège de Suze la Rousse
  12. lycée de Pierrelatte
  13. santé à Suze la Rousse
  14. paroisse de Suze la Rousse
  15. domaines viticoles
  16. industrie et artisanat
  17. commerces à Suze la Rousse
  18. hébergement touristique
  19. Guillaume Roquefort, Serge Vauclle, Suze-la-Rousse. Un jeu de paume entre symbolique et pouvoir, dans Bulletin monumental, 2017, no 175-3, p. 257-262, (ISBN 978-2-901837-68-8)