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La suspension de vol du Boeing 737 Max fait suite au crash du vol 302 d'Ethiopian Airlines le , survenu moins de cinq mois après celui du vol Lion Air 610 du 29 octobre 2018[1]. Ces accidents, qui concernent tout les deux le nouveau Boeing 737 Max 8, peu après leur décollage, ont causé la mort de 346 personnes[2].

Suspension de volModifier

Plusieurs nations ou compagnies aériennes décident d'interdire de vol tous les 737 Max[3], Cayman Airways le jour même du crash[4], la Chine, l'Éthiopie, l’Indonésie, Singapour ainsi que la Royal Air Maroc le lendemain [3],[5],[6].

Le , l’Allemagne, l’Australie, l’Irlande, la France, la Malaisie, l'Oman, le Royaume-Uni, l'Inde et la Suisse[7],[8] prennent la décision d'interdire aux Boeing 737 MAX (8 et 9) tout vol commercial dans leur espace aérien, interdiction étendue à 19 h 0 UTC à l'ensemble de l'espace européen par décision de l'Agence européenne de la sécurité aérienne[9], contraignant les avions déjà en vol vers l'Europe à se dérouter.

Le 13 mars, le Canada, après avoir reçu des données ADS-B reçues via le système de suivi satellitaire d'Aireon (en)[10], prend la même mesure de précaution, « l'analyse de multiples vols de Boeing 737 Max 8 suggérant une corrélation inquiétante entre les deux écrasements[11] ». Après avoir demandé au constructeur de modifier d'ici le mois d'avril le système de commandes de vol MCAS, et initialement réaffirmé la sécurité de l'avion, la FAA prononce à son tour la suspension des vols[12],[10]. Cette décision serait motivée par les données ADS-B reçues par satellite ainsi qu'à la découverte d'une pièce parmi les débris indiquant que l'avion était configuré pour piquer[13].

Le 21 mars, Boeing annonce qu'un signal d'alerte lumineux signalant un dysfonctionnement du système MCAS, jusqu'alors proposé en option payante, et dont étaient dépourvus les deux avions écrasés, sera généralisé à tous les 737 MAX[14].

La méthode de certification remise en questionModifier

Le 19 mars 2019, le département des Transports des États-Unis lance un audit du processus qui a conduit à prononcer en mars 2017 la certification du Boeing 737 Max 8, pour s'assurer que les procédures nécessaires à la Federal Aviation Administration pour assurer la sécurité sont suffisantes[15] ; le congrès américain a aussi annoncé une enquête sur ce même processus[16]. Le FBI a également rejoint l'enquête criminelle concernant la certification[17],[18].

Selon une enquête publiée le 17 mars 2019 par The Seattle Times, il y aurait plusieurs problèmes concernant la certification du Boeing 737 Max[19] :

  • la FAA a délégué à Boeing la responsabilité de certifier eux-mêmes la conformité de leurs produits aux normes de sécurité. D'après The Washington Post, il s'agit d'une pratique appliquée depuis 2009 par la FAA en faveur de Boeing puis de plus de 80 autres avionneurs[20].

Le Boeing 737 Max, dont 370 exemplaires sont déjà en service et plus de 4 500 autres en commande, est la dernière évolution de cet avion conçu dans les années 1960. En cela, il a bénéficié d'une certification allégée (droits du grand-père). Les pilotes de 737 ne repassent pas de qualification de type, leur transition vers cette nouvelle version peut se réduire à une auto-formation d'une heure sur tablette, sans passage au simulateur, et ne mentionnait pas l'existence du MCAS, un système censé prévenir le décrochage et ajouté en raison des caractéristiques aérodynamiques plus délicates de la version Max[2].

Notes et référencesModifier

  1. LUC OLINGA AVEC VIRGINIE MONTET À WASHINGTON et CHRIS STEIN À ADDIS-ABEBA, « Éthiopie: les boîtes noires montrent des «similarités» avec l'écrasement de Lion Air », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mars 2019)
  2. a et b Leslie Josephs, Christine Wang, « Transportation Department seeks audit of FAA's certification of Boeing 737 Max », sur www.cnbc.com, (consulté le 20 mars 2019)
  3. a et b « Crash d'Ethiopian Airlines : les Boeing 737 Max cloués au sol », sur fr.euronews.com, (consulté le 11 mars 2019).
  4. (en) « Cayman Airways suspends use of Boeing 737 Max 8 aircraft », sur caymancompass.com, (consulté le 11 mars 2019).
  5. « L'Indonésie, le troisième pays à immobiliser ses Boeing 737 après le crash en Éthiopie », sur sputniknews.com (consulté le 11 mars 2019).
  6. « Après le crash d’Ethiopian Airlines, la RAM suspend ses vols sur B 737-800 MAX », sur telquel.ma (consulté le 11 mars 2019).
  7. « Écrasement en Éthiopie: plusieurs pays immobilisent les Boeing 737 MAX », sur lapresse.ca, La Presse (consulté le 12 mars 2019).
  8. (en-GB) « Europe and India join Boeing aircraft ban after crash », sur bbc.com, BBC, (consulté le 12 mars 2019).
  9. « Le Boeing 737 MAX interdit de vol en Europe après l'accident en Éthiopie », sur boursorama.com, Boursorama, (consulté le 12 mars 2019).
  10. a et b (en-US) « Aireon space-based ADS-B data helps in driving decision on 737 MAX groundings », sur paxex.aero, (consulté le 13 mars 2019).
  11. (en) « Garneau grounds all Boeing 737 Max 8 airliners in Canada », sur cp24.com, (consulté le 13 mars 2019).
  12. « Les États-Unis vont obliger Boeing à modifier le 737 MAX », sur lapresse.ca, La Presse, (consulté le 11 mars 2019).
  13. (en) « Piece Found at Boeing 737 Crash Site Shows Jet Was Set to Dive », Bloomberg,
  14. « Le Boeing 737 MAX sera équipé d'un signal lumineux d'alertes de dysfonctionnements », sur 20minutes.fr, 20 Minutes, (consulté le 22 mars 2019).
  15. « Audit of Certification for the Boeing 737 MAX 8 », U.S. Department of Transportation
  16. « Congress To Investigate FAA Approval Of Boeing 737 Max Aircraft », WBBM-TV,‎ (lire en ligne)
  17. « FBI joining criminal investigation into certification of Boeing 737 MAX », The Seattle Times,‎ (lire en ligne)
  18. « FBI joins criminal investigation into Boeing 737 MAX certification:... », Reuters,‎ (lire en ligne)
  19. (en-US) « Flawed analysis, failed oversight: How Boeing, FAA certified the suspect 737 MAX flight control system », sur The Seattle Times, (consulté le 23 mars 2019)
  20. (en) Aaron C. Davis, « How the FAA allows jetmakers to ‘self certify’ that planes meet U.S. safety requirements », sur Washington Post (consulté le 17 mars 2019)