Sur écoute

série de télévision américaine

Sur écoute
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Logo original de la série
Titre original The Wire
Genre Série policière
Drame
Tragédie[1],[2],[3]
Création David Simon
Ed Burns
Production David Simon
Robert F. Colesberry
Nina Kostroff Noble
Acteurs principaux Dominic West
John Doman
Idris Elba
Wendell Pierce
Lance Reddick
Sonja Sohn
Jim True-Frost (en)
Seth Gilliam
Wood Harris
Lawrence Gilliard Jr.
Amy Ryan
Musique Way Down in the Hole de The Blind Boys of Alabama (saison 1)
Tom Waits (saison 2)
The Neville Brothers (saison 3)
DoMaJe (saison 4)
Steve Earle (saison 5)
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Chaîne d'origine HBO
Nb. de saisons 5
Nb. d'épisodes 60 (liste)
Durée 58 minutes
Diff. originale
Site web www.hbo.com/thewire/

Sur écoute (The Wire) est une série télévisée dramatique criminelle américaine, créée par David Simon et coécrite avec Ed Burns, diffusée sur HBO du au . Elle s'étend sur 5 saisons et 60 épisodes. L'idée originelle de la série est de réaliser un drame policier librement inspiré de l'expérience de Burns, ancien officier de la brigade criminelle de la police de Baltimore et professeur d'école publique, et du travail d'investigation de Simon, journaliste et écrivain[4].

Située et produite à Baltimore dans l'état du Maryland, Sur écoute introduit une institution de la ville différente à chaque saison et ses relations avec les forces de l'ordre, tout en conservant ses personnages et poursuivant les intrigues des saisons précédentes. Les cinq thématiques abordées sont, par ordre chronologique : le trafic de stupéfiants, l'organisation du port maritime, le gouvernement municipal et sa bureaucratie, l'éducation et le système scolaire, et la presse écrite. La distribution, conséquente, se compose principalement d'acteurs méconnus auparavant ainsi que plusieurs personnalités réelles de Baltimore et du Maryland dans des rôles secondaires ou récurrents.

La série est saluée pour son aspect quasi-documentaire[5], ses thématiques littéraires, son réalisme et son approche sans manichéisme de la vie urbaine. Bien qu'elle n'ait pas connu un succès commercial important et n'ait jamais reçu de récompenses majeures, elle est désormais considérée par de nombreux critiques comme l'une des meilleures séries télévisées de tous les temps[6], et l'une des fictions les plus abouties des années 2000, notamment pour sa représentation réaliste et son exploration profonde des thèmes socio-politiques de l'Amérique des années 2000.

En France, la série est diffusée à partir du sur Jimmy, puis sur France Ô depuis 2010. Actuellement les 5 saisons sont disponibles sur OCS et MyCANAL.

SynopsisModifier

« [Malgré un format de drame policier], la série est vraiment centrée sur la ville américaine, et sur la façon dont nous y vivons ensemble. Elle est centrée sur la façon dont les institutions impactent les individus. Que l'on soit flic, docker, trafiquant de drogue, politicien, juge ou avocat, nous sommes tous compromis au bout du compte, et nous devons tous affronter les institutions auxquelles nous sommes engagés[N 1]. »


À Baltimore, le trafic de drogue est omniprésent, au centre de toutes les attentions : de la police à la rue, en passant par la mairie, le port, l'école ou encore le journal local. Suite au meurtre d'un témoin à charge contre un des barons de la drogue de la ville, une unité spéciale, formée d'inspecteurs de la police judiciaire et de la police criminelle, se lance dans une vaste enquête.

Chaque saison est centrée sur un aspect différent de la ville de Baltimore, mais toujours avec le fil conducteur du trafic de drogue.

DistributionModifier

Du fait de sa construction à l'échelle d'une ville, Sur écoute met en scène de nombreux personnages pouvant être rangés dans différentes catégories, parfois étroitement liées.

  Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage[8] et Doublage Séries Database[9]

Fiche techniqueModifier

  Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

ProductionModifier

ConceptionModifier

 
David Simon, créateur de la série.

Ancien journaliste du Baltimore Sun dans lequel il commence à travailler en 1983, David Simon se spécialise dans les crimes. C'est de là qu'il tire son inspiration pour deux livres documentaires : Baltimore (Homicide: A Year on the Killing Streets, 1991) et The Corner : Enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert (en) (The Corner: A Year in the Life of an Inner-City Neighborhood, 1997). Ces deux ouvrages sont adaptés à la télévision, le premier dans une série, Homicide (Homicide: Life on the Street, 1993) sur NBC et le second dans une mini-série, The Corner (2000), sur HBO. Cette dernière adaptation, dont le livre est coécrit par Ed Burns, un ancien officier de brigade criminelle devenu professeur d'école publique, est parfois vue comme une ébauche de Sur écoute[11].

Alors qu'il est en conflit avec NBC devant le pessimisme de la série, Simon estime que Homicide ne se prête pas bien au thème qu'il désire aborder, qui est la criminalité dans son ensemble. Ne voulant plus connaitre ces tensions, il rencontre HBO pour leur proposer Sur écoute, qui est librement inspirée de l'expérience de Burns et de nombreux articles de Simon[12]. La chaîne est d'abord réservée sur le fait d'inclure une série policière dans son programme, mais conformément à sa réputation d'explorateur de nouveaux horizons, accepte finalement de produire le pilote[13].

Burns affirme avoir été souvent frustré par la bureaucratie de la police de Baltimore lorsqu'il faisait de la surveillance des trafiquants de drogue violents, et Simon y reconnait des similitudes avec ses propres antécédents de reporter au Sun. Il décide de localiser la série à Baltimore en raison de sa connaissance familière de la ville, et prend contact avec Kurt Schmoke, alors maire, pour lui faire part de son intention de montrer certains aspects de la ville sous un jour peu flatteur. Il espère que la série changera les opinions de certains téléspectateurs, mais pense qu'elle n'aura pas d'impact sur les problèmes qu'elle soulève[12].

Distribution des rôlesModifier

La distribution de la série a été remarquée pour avoir privilégié des acteurs peu ou pas connus et pour avoir permis à des acteurs de genre de participer, salués pour leur naturel dans leurs rôles respectifs[14]. Le physique des acteurs a été décrit comme défiant les standards de la télévision américaine et présentant un vrai panel d'humanité à l'écran[15]. Une grande majorité du casting est composée d'Afro-Américains, ce qui se veut représentatif de la démographie de Baltimore (en 2010, 63,7% des Baltimoriens étaient noirs contre 12,6% pour l'ensemble des Etats-Unis[16]) et David Simon a par ailleurs émis l'hypothèse que le manque de succès initial de la série pouvait être en partie expliqué par cette proportion d'acteurs noirs, qui aurait pu surprendre et gêner dans un premier temps le public américain[17].

 
Les acteurs Sonja Sohn, Jamie Hector (en) et Michael K. Williams à une masterclass à Harvard, en avril 2010.

Wendell Pierce, qui interprète l'inspecteur Bunk Moreland, est le premier acteur à être choisi, tout de suite après son audition. Dominic West, qui joue le rôle principal de l'inspecteur Jimmy McNulty, a envoyé la nuit précédant la date limite de l'audition une cassette d'une de ses scènes[18]. Lance Reddick est sélectionné pour le rôle de Cedric Daniels après avoir auditionné pour les rôles de Bunk et de l'héroïnomane Bubbles[19]. Michael K. Williams obtient le rôle d'Omar Little après une seule audition [20]. Williams recommande lui-même Felicia Pearson pour le rôle de Snoop après l'avoir rencontrée dans un bar à Baltimore après sa libération de prison pour tentative de meurtre[21].

Plusieurs personnalités locales de Baltimore apparaissent dans rôles secondaires ou mineurs, parmi lesquelles l'ancien gouverneur du Maryland Robert L. Ehrlich Jr., le révérend et militant Frank M. Reid III, l'animateur de radio Marc Steiner, l'ancien chef de police devenu animateur de radio Ed Norris (en), le délégué de Virginie Rob Bell (en), le reporter et rédacteur du Baltimore Sun David Ettlin, le county executive du comté de Howard Kenneth Ulman (en) et l'ancien maire de Baltimore Kurt Schmoke (en)[22],[23]. "Little Melvin" Williams (en), un baron de la drogue arrêté dans les années 1980 lors d'une enquête à laquelle Burns a participé, apparait dans le rôle récurent du diacre au début de la troisième saison. L'officier de police Jay Landsman (en), qui a inspiré le personnage homonyme[24], joue le rôle du lieutenant Dennis Mello[25]. Le commandant de police Gary D'Addario (en) sert de conseiller technique pour les deux premières saisons de la série[26],[27] et obtient le rôle du procureur Gary DiPasquale[28]. Simon avait accompagné D'Addario lors du travail préparatoire pour Baltimore ; D'Addario et Landsman sont les sujets de ce livre[29].

Plus d'une douzaines d'acteurs sont apparus auparavant dans une autre série dramatique d'HBO, Oz de Tom Fontana (1997). Si J. D. Williams, Seth Gilliam, Lance Reddick et Reg E. Cathey ont eu un rôle important dans cette dernière, plusieurs des acteurs principaux de Sur écoute, dont Wood Harris, Frankie Faison, John Doman, Clarke Peters, Domenick Lombardozzi, Michael Hyatt (en), Michael Potts et Method Man sont apparus dans au moins un épisode d’Oz[30]. Les acteurs Erik Dellums (en)[31], Peter Gerety[32], Clark Johnson[33], Clayton LeBouef (en), Toni Lewis (aussi acteur dans Oz)[34] et Callie Thorne[35] ont participé à Homicide, également basée sur l'oeuvre de Simon. Certains membres de la distribution, mais aussi de l'équipe technique, sont apparus dans la minisérie The Corner tels que Clarke Peters, Reg E. Cathey, Lance Reddick, Corey Parker Robinson, Robert F. Chew, Delaney Williams et Benay Berger.

EquipeModifier

Aux côtés de Simon, le créateur, scénariste principal (head writer), show runner et producteur délégué de la série, on retrouve de nombreux membres de la production responsable de Homicide et The Corner, mini-série par ailleurs primée de nombreux Emmy Awards. Robert F. Colesberry (en), déjà producteur délégué sur The Corner, revient au même poste sur les deux premières saisons de Sur écoute et réalise l'épisode final de la saison 2 avant de succomber à des complications suite à une opération du coeur en 2004. Il a eu, selon le reste de la production, un rôle significatif dans la création de la série en tant que producteur, ce que confirme Simon, expliquant qu'il est à l'origine de son esthétique réaliste[36]. Il apparaît également sous les traits de l'inspecteur Ray Cole[37]. La femme de Colesberry, Karen L. Thorson (en), l'accompagne sur la production[26]. Une troisième productrice de The Corner, Nina Kostroff Noble (en), rejoint l'équipe de production de Sur écoute pour en compléter le quatuor initial[26]. Suite au décès de Colesberry, elle devient la seconde productrice déléguée aux côtés de Simon[38].

Les intrigues sont souvent co-écrites par Burns, qui devient producteur sur la quatrième saison de la série[39]. Parmi les autres scénaristes, on compte trois écrivains spécialisés dans le roman policier, non originaires de Baltimore : George Pelecanos de Washington, Richard Price du Bronx et Dennis Lehane de Boston[40]. Les critiques ont dressé des comparaisons entre l'oeuvre de Price (en particulier Clockers, 1992) et Sur écoute avant même qu'il n'intègre la production[41]. En plus d'écrire, Pelecanos fait office de producteur sur la troisième saison[42]. Pelecanos explique avoir été attiré par le projet parce qu'il voulait travailler avec Simon[42]. Le scénariste natif de Baltimore Rafael Alvarez (en), ancien collègue de Simon au Baltimore Sun et ayant travaillé au port de la ville, a contribué à plusieurs scripts ainsi qu'au guide The Wire: Truth Be Told[43]. La réalisatrice indépendante également originaire de Baltimore Joy Lusco (en) a signé un scénario pour chacune des trois premières saisons[44]. Le journaliste politique et rédacteur au Baltimore Sun William F. Zorzi (en) rejoint l'équipe scénaristique lors de la troisième saison et a apporté son expérience sur la description du monde politique de Baltimore[43].

Le dramaturge, producteur et scénariste télévisé Eric Overmyer rejoint Sur écoute lors de sa quatrième saison en tant que consulting producer et scénariste[39]. Il avait auparavant travaillé sur Homicide. Il remplace Pelecanos, qui désire réduire son implication sur la série pour se concentrer sur son prochain livre tout en continuant d'écrire sur la quatrième saison en tant que simple scénariste[45]. Scénariste d’Homicide et de The Corner, ami d'université de Simon et lauréat d'un Primetime Emmy Awards, David Mills (en) rejoint l'équipe scénaristique sur la quatrième saison[39].

La réalisation compte un ancien d’Homicide, Clark Johnson[46], également réalisateur de plusieurs épisodes acclamés de The Shield (Shawn Ryan, 2002)[47] et interprète d'Augustus Haynes durant la saison 5, et Tim Van Patten, lauréat d'un Primetime Emmy Award, ayant travaillé sur chaque saison des Soprano (David Chase, 1999)[48]. La réalisation a été saluée pour son style simple et subtil[14]. Suite au décès de Colesberry, le réalisateur Joe Chappelle rejoint la production en tant que producteur délégué et continue à réaliser régulièrement des épisodes[49].

Structure d'un épisodeModifier

Chaque épisode débute par un cold open (ou séquence pré-générique) souvent peu dramatique et enchaîne sur un fondu au noir tandis que la musique d'introduction s'estompe. Le générique débute alors. Il consiste en plusieurs plans, principalement des gros plans et quelques plans d'ensemble sur le décor, s'attachant à décrire le sujet de la saison. Quelques images, emblématiques, apparaissent de saison en saison, telles qu'une fréquence de mise sur écoute ou une caméra de vidéo surveillance brisée par un jet de pierre en plan subjectif. Le montage est vif, les images n’apparaissant que quelques secondes (une technique rarement utilisée dans la série en elle-même). La distribution se superpose à la séquence, seul le nom des acteurs s'affiche sans donner leur rôle, puis le nom des membres de l'équipe technique et leur fonction. En outre, le visage des personnages principaux n'apparaissent pas non plus dans ce générique ou sont peu reconnaissables. A la fin de séquence, une réplique d'un des personnages de l’épisode est vue sur fond noir, avec trois exceptions : le season finale de la saison 1, Le Verdict (Sentencing, S01E13), qui reprend la phrase « {{{1}}} », attribuée au quartier Traditional West Baltimore et utilisée fréquemment tout au long des cinq saisons de la série, y compris cet épisode ; le « season finale » de la saison 4, Le passage (Final Grades, S04E13) qui reprend les mots « If animal trapped call 410-844-6286 » (« Si un animal est piégé, appelez le... »), habituellement écrits sur les murs des maisons laissées à l'abandon et ironiquement attribués à "Batimore, traditional" ; et le dernier épisode de la saison 5 et series finale La vie des rois (-30-, S05E10) qui débute par « ...the life of kings. », une citation du journaliste et libre penseur de Baltimore H. L. Mencken qui peut être vue sur un mur du Baltimore Sun lors d'une scène mais qui n'est prononcée par aucun personnage. Les épisodes mettent en scène plusieurs arcs narratifs, basculant d'un lieu à un autre. Ils ne se terminent que rarement par un cliffhanger et se concluent par un fondu au noir ou une coupure nette sur un écran noir, la musique apparaissant progressivement pour accompagner le générique de fin.

Lors de leur diffusion su HBO ou à l’international, les épisodes étaient précédés d'un récapitulatif des événements qui auront une incidence sur la narration à venir, en utilisant des séquences d'anciens épisodes.

MusiqueModifier

Plutôt que superposer des chansons sur la bande-son ou utiliser une bande originale, Sur écoute emploie en majeure partie de la musique diégétique, c'est à dire émanant d'un élément du décor tel qu'une radio ou un jukebox. Cette pratique est rarement violée, à l'exception notable des montages de fin de saison ou, à l'occasion, un bref chevauchement du générique de fin sur les dernières images de l'épisode[50]. La musique du générique d'ouverture est Way Down in the Hole, une chanson aux sonorités gospel et blues, écrite par Tom Waits pour son album Franks Wild Years (1987). Chaque saison s'ouvre sur un enregistrement différent de cette chanson, censé reproduire la thématique et l'ambiance du lieu mis en scène[51], dans l'ordre : The Blind Boys of Alabama, Waits, The Neville Brothers, DoMaJe et Steve Earle. La version utilisée dans la saison 4 est arrangée et interprétée par cinq adolescents de Baltimore : Ivan Ashford, Markel Steele, Cameron Brown, Tariq Al-Sabir et Avery Bargasse.[52]. Earle, l'interprète de la version de la saison 5, fait également partie de la distribution dans le rôle du drogué en voie de désintoxication Walon[53]. La musique du générique de fin est The Fall, composée par Blake Leyh (en), le superviseur musical de la série.

Durant ses season finales, une chanson extra-diégétique est jouée pour accompagner la séquence finale, un montage de la vie des personnages suite aux événements de la saison, dans l'ordre : Step by Step de Jesse Winchester, I Feel Alright de Steve Earle, Fast Train écrite par Van Morrison et interprétée par Solomon Burke, I Walk on Gilded Splinters écrite par Dr. John et interprétée par Paul Weller et enfin une version étendue de Way Down In The Hole par The Blind Boys of Alabama, la même version de la chanson qui figure dans la générique de la première saison. Alors que les chansons tendent à représenter l'ambiance générale de la séquence, leurs paroles ne font que vaguement écho aux images à l'écran. Dans le commentaire audio de l'épisode 37, Mission accomplie (Mission Accomplished, S03E12), Simon explique : « Je déteste quand quelqu'un essaye délibérément de faire correspondre les paroles aux images. Ça force à détourner les images afin que les paroles soient parfaitement pertinentes (...) Et pourtant, en même temps, ça ne peut pas être totalement hors de propos. Ça doit être un clin d’œil à ce que vous essayez de dire »[41].

Deux albums sont sortis chez Nonesuch Records le 8 janvier 2008 : And All the Pieces Matter, qui intègre de la musique des cinq saisons de la série, et Beyond Hamsterdam, qui n'intègre que des artistes locaux de Baltimore[54].

StyleModifier

RéalismeModifier

Les scénaristes ont pour ambition de créer une vision réaliste de la ville américaine basée sur leurs propres expériences. David Simon, alors journaliste pour le Baltimore Sun, a passée une année auprès de la brigade criminelle de Baltimore pour son livre Baltimore, où il rencontre Ed Burns. Burns a servi pendant 20 ans au sein de la police de Baltimore, le Baltimore Police Department (BPD), et intègre plus tard une école du centre-ville pour y devenir enseignant. Simon et Burns ont passé un an à se documenter sur la culture de la drogue et la pauvreté à Baltimore pour leur livre The Corner : Enquête sur un marché de la drogue à ciel ouvert (en). Leur expériences combinées se retrouvent dans de nombreuses intrigues de Sur écoute.

La création de personnages authentiques et crédibles est au centre de cette ambition réaliste. Simon explique que la plupart d'entre eux sont des composites de plusieurs personnages réels de Baltimore[55]. Par exemple, Donnie Andrews (en) a été l'inspiration majeure pour la création du personnage d'Omar Little[56]. Tommy Carcetti est basé, entre autres, sur Martin O'Malley[57]. De nombreux acteurs non-professionnels apparaissent dans des rôles mineurs, la série se distinguant en montrant « les visages et les voix de la vraie ville » qu'elle dépeint[3]. Les scénaristes usent aussi de l'argot contemporain pour renforcer l'immersion[3].

Désireux de distinguer ses personnages des autres séries policières, Simon souligne que même les meilleurs éléments de la police dans Sur écoute ne sont pas motivés par une volonté de protéger et servir mais par une vanité intellectuelle qui les pousse à penser qu'ils sont plus malins que les criminels qu'ils poursuivent. Si plusieurs policiers témoignent en effet de qualités altruistes, nombre d'autres sont dépeints comme incompétents, brutaux, mégalomanes ou écrasés par la bureaucratie et la politique. Les criminels quant à eux ne sont pas toujours motivés par l'unique profit ou la volonté de blesser les autres ; plusieurs d'entre eux sont piégés dans leur existence et tous ont des qualités humaines. Cela dit, Sur écoute ne tend jamais à minimiser ou à dissimuler les terribles répercussions de leurs actes[36].

La série se veut réaliste dans sa représentation du travail de la police mais aussi des activités criminelles. Plusieurs articles ont fait mention de criminels ayant regardé Sur écoute pour apprendre à contourner les méthodes d'investigation de la police[58],[59]. La cinquième saison met en scène la rédaction du Baltimore Sun, qualifiée par Brian Lowry dans les pages de Variety en 2007 comme la représentation la plus réaliste d'un média au cinéma ou à la télévision[60].

Dans un article du Washington Post daté de décembre 2006, des étudiants afro-américains affirment que la série a « touché une corde sensible » (« hit a nerve ») au sein de la communauté noire et qu'ils connaissent eux-mêmes plusieurs personnes sur lesquelles sont basés les personnages. L'article exprime une profonde tristesse face aux chiffres de la drogue et de la violence qui touchent cette communauté[61].

Roman visuelModifier

Plusieurs événements importants se déroulent hors-champ et il n'y a pas d'exposition artificielle sous la forme de voix off ou de flashbacks à deux exceptions près : la fin de La Cible (The Target S01E01), le pilote de la série, rejoue un moment qui s'est déroulé plus tôt dans ce même épisode, et la fin de Le Passage (Final Grades, S04E13) qui montre un court extrait d'un personnage donnant une leçon à son petit frère plus tôt dans la saison. Ainsi, le téléspectateur doit être attentif à chaque conversation pour comprendre l'arc narratif en cours et la pertinence de chacun des personnages. Salon.com affirme que Sur écoute a une structure romanesque, avec une écriture et une construction des intrigues plus approfondie qu'aucune autre série policière[40]. Chaque saison est composée de 10 à 12 épisodes formant un récit à plusieurs strates. Simon privilégie ainsi des arcs longs, se poursuivant sur plusieurs saisons, s'entrechoquant ou ayant des conséquences entre eux. Il utilise lui même la métaphore de roman visuel (visual novel) dans plusieurs interviews[12],[62], qualifiant les épisodes de chapitres, et expliquant que cela lui permet de développer les thématiques dans le temps plutôt de se consacrer au développement des intrigues[36].

Commentaire socialModifier

Simon décrit la seconde saison de Sur écoute comme étant « une réflexion sur la mort du travail et la trahison de la classe ouvrière américaine […] C'est une argumentaire intentionnel selon lequel un capitalisme sans entraves ne se substitue pas à une politique sociale ; qu'en soi, sans pacte social, le capitalisme brut est destiné à servir une minorité aux dépens de la majorité »[63],[64]. Il ajoute que la troisième saison est une réflexion « sur la nature des réformes et des réformateurs, et s'il y a une possibilité que le processus politique, depuis longtemps calcifié, puisse modérer des forces qui s'opposent aux individus »[65],[66]. La troisième saison est aussi une allégorie dessinant explicitement des parallèles entre la guerre d'Irak et la prohibition des drogues[55], qui, selon Simon, a échoué dans ses objectifs[58] et est devenue une guerre contre la classe populaire américaine[67]. Ceci est notamment personnifié par le personnage du major Colvin, qui explique à Carver qu'on a laissé l'usage de la force policière devenir une véritable guerre et qu'elle ne parviendra donc jamais à ses fins.

Burns, qui a commencé à travailler dans une école publique peu de temps après avoir pris sa retraite de la police, suite à sa collaboration avec Simon, précise que la thématique de la quatrième saison est l'éducation. Plutôt que se concentrer uniquement sur le système scolaire, cette saison considère les écoles comme une partie poreuse de la communauté, touchées par des problèmes qui vont au delà de leurs frontières. Burns considère que l'éducation n'est pas du seul fait de l'école mais de sources très diverses et les enfants peuvent être éduqués par d'autres moyens, y compris au contact des trafiquants de drogues pour lesquels ils travaillent[68]. Burns et Simon voient dans cette thématique l'opportunité d'explorer comment les individus deviennent les criminels qu'ils sont dans la série et de témoigner qu'un dur labeur n'est pas toujours récompensé à sa juste valeur[69].

ThématiquesModifier

Dysfonctionnement institutionnelModifier

Barack Obama et David Simon discutent de l'inspiration pour Sur écoute, y compris inefficacité du système policier dans la guerre contre la drogue (version originale, sous-titres anglais).

Simon explique que les organisations représentées dans la série - le service de police de Balimore, la mairie, le système scolaire, le réseau de trafic de drogue des Barksdale, le Baltimore Sun et le syndicat des dockers - sont des institutions comparables. Toutes sont dysfonctionnelles à leur façon et les personnages sont généralement trahis par les institutions qu'ils acceptent dans leurs vies[36]. Ce sentiment est partagé par un inspecteur de la brigade des stupéfiants lorsqu'il déclare « Shit rolls downhill » (« la merde coule jusqu'en bas »), décrivant comment ses supérieurs, en particulier les plus hauts gradés de la police de la série, essayeront d'utiliser leurs subordonnés comme boucs émissaires pour tous scandales majeurs. Simon décrit alors la série comme étant « cynique envers les institutions » tout en gardant une approche humaniste envers ses personnages [58]. L'une des thématiques centrales développées tout au long de la série est la lutte entre les désirs individuels et la soumission aux objectifs du groupe.

Cette thématique de l'individu face aux institutions qui le dépassent et leur inefficacité se retrouve dans plusieurs autres œuvres de Simon, notamment Generation Kill (2008, également co-créée avec Burns), vis-à-vis de l'armée américaine lors de la guerre d'Irak, et Treme (2010), vis-à-vis de la gestion de la crise post-Katrina à la Nouvelle-Orléans par le gouvernement américain.

SurveillanceModifier

La surveillance électronique et la mise sur écoute téléphonique par la police sont les éléments centraux de la série dans son intrigue comme dans sa structure, jusqu'à son titre français et original (« the wire » se traduit littéralement par « le câble » mais est une expression utilisée pour décrire un dispositif d'enregistrement[70]). Le site Salon.com voit dans ce titre une métaphore de l'expérience du téléspectateur : la mise sur écoute permet à la police d'accéder à un monde qui lui est secret, tout comme le fait la série pour le spectateur[40]. Simon explique que l'utilisation de plans montrant des équipements de surveillance, ou semblant être issus de ces mêmes équipements, lui sert à souligner la prégnance de la surveillance dans la vie moderne et le besoin des personnages de déchiffrer ces informations[36].

PersonnagesModifier

Sur écoute emploie une vaste distribution d'ensemble, complétée par de nombreux acteurs récurrents qui peuplent les multiples institutions représentées dans la série. Le casting est en majorité composé de comédiens noirs, ce qui tend à représenter fidèlement la démographie de Baltimore.

Les créateurs de la série sont également prêts à tuer les personnages principaux, ainsi les téléspectateurs ne peuvent pas prédire qu'un personnage va survivre uniquement parce qu'il fait partie de la distribution principale ou à cause de sa popularité parmi les fans. En réponse à une question sur les raisons pour lesquelles un certain personnage devait mourir, Simon explique :

« Nous ne vendons pas d'espoir, de satisfaction du public ou de victoire facile avec cette série. Sur écoute est une discussion sur ce que les institutions - la bureaucratie, les entreprises criminelles, les cultures de l'addiction, le capitalisme brut même - font aux individus. Elle n'a pas été conçue uniquement pour être un divertissement. C'est, j'en ai peur, une série quelque peu en colère[71]. »

Distribution principaleModifier

 
Lance Reddick, interprète de Cedric Daniels, est l'acteur ayant participé au plus grand nombre d'épisodes (58 sur 60)[72].

La majorité des personnages de la première saison est divisée entre ceux qui sont du côté de la loi et ceux qui sont impliqués dans les activités criminelles liées à la drogue. L'instigateur de l'enquête est l'inspecteur Jimmy McNulty (Dominic West), dont l'insubordination et les problèmes personnels jouent un contrepoint à ses talents de policier. Le lieutenant Cedric Daniels (Lance Reddick), qui doit équilibrer son ambition carriériste et son désir de conclure une bonne affaire, est chargée de l'enquête. Il y adjoint Kima Greggs (Sonja Sohn), une inspectrice douée et meneuse d'hommes, qui fait face à la jalousie de ses collègues et aux inquiétudes de ses proches. Pour l'aider dans ses recherches, celle-ci fait régulièrement appel à son informateur confidentiel, un toxicomane connu sous le nom de Bubbles (Andre Royo).

A l'instar de Greggs, ses coéquipiers issus du département des narcotiques Thomas « Herc » Hauk (Domenick Lombardozzi) et Ellis Carver (Seth Gilliam) sont réassignés à l'enquête. La nature violente du duo est maîtrisée peu à peu et ils se révèlent utiles dans les taches fastidieuses, servant également parfois de ressort comique pour le téléspectateur[40]. Les inspecteurs Lester Freamon (Clarke Peters) et Roland « Prez » Pryzbylewski (Jim True-Frost) complètent cette équipe temporaire. Freamon, vu comme calme et silencieux, s'avère être l'un sinon l'enquêteur le plus méthodique et expérimenté de l'unité, avec un talent certain pour remarquer d'importants détails et une connaissance approfondie pour les archives et les mises en relation de divers documents. Prez est très tôt sanctionné pour son comportement et doit se contenter d'un travail de bureau, mais cette décision se révêle être une aubaine lorsqu'il démontre un don pour déchiffrer les communications codées utilisées par l'organisation Barksdale.

L'unité nouvellement créée est supervisée par deux officiers plus concernés par la politique et leurs propres carrières que par l'affaire en elle-même, le directeur adjoint de la police Ervin Burrell (Frankie Faison) et le major William Rawls (John Doman). L'assistante du procureur et amante de McNulty, Rhonda Pearlman (Deirdre Lovejoy), fait office de liaison entre l'enquête et le tribunal, notamment le juge Phelan (Peter Gerety), qui a officiellement exigé d'ouvrir l'enquête[40]. Partenaire de McNulty à la brigade criminelle, Bunk Moreland (Wendell Pierce) est un inspecteur doué, caustique et ayant un penchant prononcé pour l'alcool ; ils sont tous deux sous les ordres directs du sarcastique sergent Jay Landsan (Delaney Williams).

De l'autre côté de l'enquête se trouve l'empire de la drogue d'Avon Barksdale (Wood Harris). Ambitieux et impitoyable, Barksdale est secondé par Stringer Bell (Idris Elba), son conseiller à l'optique commerciale. Le neveu d'Avon, D'Angelo Barksdale (Larry Gilliard Jr.), gère une partie du territoire de son oncle mais est tiraillé par sa culpabilité, tandis que le loyal Wee-Bey Brice (Hassan Johnson) est responsable de plusieurs meurtres, commandités par Avon. Sous le commandement de D'Angelo, Poot (Tray Chaney), Bodie (J. D. Williams) et Wallace (Michael B. Jordan) sont des dealers de rue, à la base de la hiérarchie pyramidale. Wallace est un adolescent intelligent mais naïf qui se retrouve piégé dans le trafic de drogue ; Bodie est discipliné, fidèle aux Barksdale mais a un grand cœur ; et Poot est enthousiaste, heureux de suivre plutôt que de mener. En braquant plusieurs dealers pour son compte, Omar Little (Michael K. Williams) devient rapidement une épine dans le pied du clan Barksdale.

La seconde saison introduit un nouveau groupe de personnages travaillant dans la zone portuaire de Baltimore. Spiros « Vondas » Vondopoulos (Paul Ben-Victor) est un mafieux, sous-patron d'une opération de contrebande à l'échelle mondiale. Beadie Russell (Amy Ryan) est officier de l’autorité portuaire, mère célibataire découvrant une affaire d'homicide multiple, et Frank Sobotka (Chris Bauer) est un leader syndicaliste qui se tourne vers les activités criminelles pour récolter de l'argent afin de sauver son organisation. Les autres personnages apparaissant dans cette saison sont Nick Sobotka (Pablo Schreiber), le neveu de Frank ; Ziggy Sobotka (James Ransone), le fils perturbé de Frank ; et « Le Grec » (Bill Raymond), le mystérieux patron de Vondas. A la fin de la deuxième saison, l'action s'éloigne des docks et les personnages sont mis à l'écart, ne réapparaissant que très succinctement.

La troisième saison met en scène de nombreux personnages auparavant mineurs dans des rôles beaucoup plus importants, tels que l'inspecteur Leander Sydnor (Corey Parker Robinson), Bodie (J.D. Williams), Omar (Michael K. Williams), Proposition Joe (Robert F. Chew) ou encore le major Howard « Bunny » Colvin (Robert Wisdom). Colvin commande le district de l'ouest de Baltimore où l'organisation Barksdale sévit et, proche de la retraite, il met au point une nouvelle méthode radicale pour traiter le problème de la drogue. Proposition Joe, le prudent baron de la drogue de l'Est de la ville, devient plus coopératif avec les Barksdale. Sydnor, l'une des étoiles montantes de la Police dans la première saison, réintègre l'unité des crimes majeurs (Major Crimes Unit). Depuis la saison 1, Bodie a gravit les échelons de l'organisation. Il est né dans cet environnement et témoigne d'un talent certain. Omar est en pleine vendetta contre le clan Barksdale et leur donne toute sa létale attention. De nouveaux personnages font leur entrée, parmi lesquels Tommy Carcetti (Aidan Gillen), un ambitieux conseiller municipal ; le maire Clarence Royce (Glynn Turman) que Carcetti prévoit de renverser ; Marlo Stanfield (Jamie Hector), leader d'un gang arriviste cherchant à défier la domination d'Avon ; et Dennis « Cutty » Wise (Chad Coleman), un détenu tout juste libéré incertain de son futur.

Dans la quatrième saison, quatre jeunes acteurs intègrent la distribution, interprétant des lycéens du West Baltimore : Jermaine Crawford dans le rôle de Duquan « Dukie » Weems ; Maestro Harrell dans celui de Randy Wagstaff ; Julito McCullum est Namond Brice et Tristan Wilds, Michael Lee. Norman Wilson (Reg E. Cathey) entre au service de Carcetti en tant que son directeur de campagne.

De nombreux acteurs intègrent la distribution principale de la cinquième saison. Gbenga Akinnagbe est de retour dans le rôle auparavant de second plan de Chris Partlow, principal exécuteur de la désormais dominante organisation Stanfield. Neal Huff reprend son rôle du chef de cabinet du maire, Michael Steintorf. Michael Kostroff est l'avocat spécialisé dans la défense des trafiquants de drogue Maurice Levy et Isiah Whitlock Jr. est le sénateur Clay Davis. Clark Johnson, réalisateur de plusieurs épisodes, apparait pour la première fois devant la caméra en tant que Augustus Haynes, rédacteur principal au Baltimore Sun. Il est rejoint dans la salle de rédaction par Michelle Paress et Tom McCarthy qui interprètent les jeunes journalistes Alma Gutierrez et Scott Templeton.

ÉpisodesModifier

Saison Nombre
d'épisodes
Horaire Diffusion originale
Premier épisode Dernier épisode
1 13 Dimanche à 21h
2 12 Dimanche à 21h
3 12 Dimanche à 21h
4 13 Dimanche à 21h
5 10 Dimanche à 21h

ThèmesModifier

The Wire est traduit en français par Sur écoute. Bien que la trame des saisons en général et des investigations particulières ne repose pas uniquement sur l'écoute téléphonique, c'est généralement l'outil qui permet d'accélérer des enquêtes. À l'origine d'une portée modeste, ces écoutes mettent au jour, au fil des informations glanées, de vastes réseaux de corruption s'impliquant dans divers trafics à grande échelle, et présents dans de multiples milieux.

Chaque nouvel épisode s'ouvre sur une citation d'un personnage mise en exergue.

Ces cinq saisons sont une plongée sociologique au cœur du quotidien des habitants des cités de Baltimore. Heureuses parfois, bien plus souvent tragiques, les multiples histoires qui composent cette mosaïque sont autant de points de vue, de façons complémentaires de voir la misère et la noirceur de la vie des citoyens ordinaires aux États-Unis. La ville elle-même devient le plus grand personnage de la série[73].

Le tour de force de la série est de s'engager, sur le plan social, en montrant sans détour les coins les plus sombres du décor américain, son revers le plus inavouable, tout en mettant en scène une foule de points de vue réalistes qui multiplient les questions dérangeantes sans jamais proposer de solution miracle. Il n'y a pas de fausse objectivité rassurante et pas de subjectivité accusatrice sous-jacente, l'épisode ne fait que montrer les situations le plus fidèlement possible. Il en résulte dans l'esprit du spectateur un étrange écho qui persiste longtemps après sa diffusion.

C'est donc une série sombre et pessimiste. Toutes les tentatives pour changer l'ordre des choses sont inévitablement rattrapées par la réalité de la situation : compromissions financières, tractations politiques, mensonges médiatiques… Mais les auteurs se gardent de pointer du doigt les personnages et leurs motivations propres. Au contraire, ils développent l'idée d'une structure globale de la société, dans laquelle se débat l'ensemble des protagonistes, et la multitude des situations et des phénomènes empêche toute classification morale définitive : les policiers, les hommes politiques, les enseignants ou les hors-la-loi ne sont pas bons ou mauvais, mais leur évolution au gré des circonstances, de leurs choix et de leurs erreurs, changera la vision que l'on pourra avoir de leurs actions. Cette idée sous-tend l'évolution des personnages de Thomas Carcetti, le maire de Baltimore dans les deux dernières saisons, et de McNulty, un policier de la Criminelle. Ils traversent tous deux toutes les postures morales, depuis la plus grande pureté jusqu'aux plus sombres compromissions. Mais on ne peut jamais émettre un jugement strictement moralisant sur l'ensemble de leur parcours.

Chaque saison est un « arc » complet correspondant à une enquête. Les auteurs en profitent pour divulguer différentes facettes de la ville de Baltimore. Les cinq saisons forment un « super arc » qui articule les différentes enquêtes entre elles.

Comme David Simon l'a déclaré, bien que l'œuvre semble être présentée comme une série dramatique sur le crime, elle est plutôt tournée vers « la représentation de la ville américaine, ses institutions et ses conséquences sur ses citoyens. Elle montre également que, policier, docker, dealer, politicien, juge ou avocat, vous faites irrémédiablement partie d'un tout où il vous faudra réclamer votre place, tenu compte du milieu auquel vous appartenez. »

Il a également déclaré : « si nous avions échoué dans notre projet The Wire, nous aurions juste fait un cop-show (série de flic) ». Ce positionnement est assez emblématique de la volonté des deux auteurs principaux de dépasser le cadre de la série TV classique pour dérouler une fresque sociale illustrant la complexité des États-Unis.

AccueilModifier

CritiquesModifier

La série a reçu d'excellentes critiques et elle est même considérée par plusieurs journaux (Time Magazine, The Chicago Tribune, Newsday, The San Francisco Chronicle, Variety, The New York Post, Entertainment Weekly et The San Jose Mercury News) comme la meilleure série de toute l'histoire de la télévision américaine[74].

Elle est aussi reconnue pour son réalisme proche du documentaire, ses ambitions artistiques, son approche anti-manichéenne, le travail et l'évolution de ses personnages et son exploration profonde de divers thèmes sociaux[75].

Metacritic, qui regroupe les diverses chroniques officielles publiées dans la presse ou sur Internet pour les transformer sous forme d'un score en pourcentage, a assigné la note moyenne de 98 % pour la saison 4[76].

Le site SensCritique, quant à lui, lui attribue une note de 9,1/10 d'après plus de 11000 avis. Elle se place alors comme étant la série la mieux notée du site devant Breaking Bad (8.7/10). Le site américain iMDB la place comme étant la 3e meilleure série de tous les temps derrière Breaking Bad et Game of Thrones, avec une moyenne de 9.4/10.

L'écrivain Stephen King a déclaré que la série était définitivement rangée dans « les grands classiques » de la télévision aux côtés de Les Soprano, Breaking Bad, Game of Thrones et Oz pour les séries modernes et du Prisonnier pour les anciennes[77]. Pour sa part, Barack Obama déclare que cette série est sa préférée et qu'il trouve le personnage d'Omar fascinant[78].

DistinctionsModifier

RécompensesModifier

Année Cérémonie ou récompense Catégorie Épisode/Saison Lauréat(s)
2002 TIME Magazine's Best List Top 10 des séries télévisées de l'année Saison 1
2003 Peabody Award Saison 2
American Film Institute Awards Top 10 des séries télévisées de l'année
Artios Awards Meilleur casting pour un pilote de série The Target Alexa L. Fogle et Pat Moran
2004 ASCAP Awards Meilleure musique de série Saison 2 Tom Waits
2005 Broadcasting & Cable Critics Poll Meilleure série Saison 4
Meilleure série dramatique
2006 TIME Magazine's Best List Top 10 des séries télévisées de l'année Saison 3
American Film Institute Awards Top 10 des séries télévisées de l'année
2007 Edgar Awards Meilleur scénario de mini-série Saison 4 Ed Burns, Kia Corthron, Dennis Lehane, David Mills, Eric Overmyer,
George Pelecanos, Richard Price, David Simon et William F. Zorzi
Writers Guild of America Award Meilleur scénario pour une série dramatique
Eddie Awards Meilleur montage pour un épisode de une heure Boys of Summer Kate Sanford
2008 Television Critics Association Awards Heritage Award Saison 5
2009 Irish Film and Television Awards Meilleur acteur dans une série télévisée Aidan Gillen
Crime Thriller Awards Meilleure série dramatique
Meilleur acteur à la télévision Dominic West
Directors Guild of America Awards Meilleure réalisation pour une série dramatique Transitions Daniel Attias

NominationsModifier

Année Cérémonie ou récompense Catégorie Épisode / Saison Nommé(s)
2003 Edgar Awards Meilleur épisode de série télévisée The Target
NAACP Image Awards Meilleure série télévisée Saison 1
Television Critics Association Awards Série de l'année
Meilleure nouvelle série
Meilleure série dramatique
GLAAD Media Awards Meilleure série télévisée Saison 2
2004 NAACP Image Awards Meilleure série dramatique
Meilleur acteur dans une série dramatique Wendell Pierce
Television Critics Association Awards Meilleure série dramatique
2005 Primetime Emmy Awards Meilleur scénario pour une série télévisée dramatique Middle Ground David Simon et George Pelecanos
GLAAD Media Awards Meilleure série dramatique Saison 3
NAACP Image Awards Meilleure série dramatique
Meilleur acteur dans une série dramatique Idris Elba
Meilleure actrice dans un second rôle dans une série dramatique Sonja Sohn
2006 Satellite Awards Meilleure série télévisée dramatique Saison 4
2007 NAACP Image Awards Meilleure série dramatique
Meilleur acteur dans une série dramatique Michael K. Williams
Meilleur acteur dans un second rôle dans une série dramatique Wendell Pierce
Meilleur acteur dans un second rôle dans une série dramatique Glynn Turman
Meilleure réalisation de série dramatique Home Rooms Seith Mann
Television Critics Association Awards Série de l'année Saison 4
Meilleure série dramatique
Golden Reel Awards Meilleur montage sonore à la télévision Misgivings Jennifer Ralston, Igor Nikolic et Matthew Haasch
2008 Primetime Emmy Awards Meilleur scénario pour une série télévisée dramatique -30- David Simon et Ed Burns
Writers Guild of America Awards Meilleur scénario d'épisode Final Grades
Television Critics Association Awards Série de l'année Saison 5
Meilleure série dramatique
Meilleure réussite individuelle David Simon
2009 NAACP Image Awards Meilleure série dramatique
Meilleur acteur dans une série dramatique Michael K. Williams
Meilleure actrice dans un second rôle dans une série dramatique Sonja Sohn
Meilleure réalisation de série dramatique The Dickensian Aspect Seith Mann
Eddie Awards Meilleur montage pour un épisode de une heure More with Less Kate Sanford
Writers Guild of America Awards Meilleur scénario de série dramatique Saison 5 Ed Burns, Chris Collins, Dennis Lehane, David Mills,
George Pelecanos, Richard Price, David Simon et William F. Zorzi

Dans la cultureModifier

On trouve de nombreuses références à cette série dans le hip-hop français[79]. Par exemple par Booba dans la chanson Izi Monnaie, sur son album 0.9 (2008) : "Stringer Bell, Marlo Stanfield, Izi Monnaie" et dans Kalash (sur l'album Futur de 2012) : "J'suis Marlo Stanfield, ta mère la hyène, t'es McNulty"[79]. Sur écoute est également référencée dans la chanson Laisse pas trainer ton fils de Niro: "A Baltimore ce ghetto m'fait peur comme Chris Partlow", et par les rappeurs Fababy et Lino[79].[non pertinent]

Le rappeur Soprano fait aussi référence à la série dans sa chanson Fresh Prince : "Ils se prennent pour Barksdale, Stringer Bell".

Le rappeur Youssoupha fait aussi référence à la série sur son album NGRTD en 2015, dans sa chanson Memento : "J'ai plus d'vie sociale, même quand je dors, je rêve en HBO, J'traîne avec Tywin Lannister, le lieutenant Cavanaugh, Stringer Bell, Avon Barksdale et Tony Soprano [...]".

Le rappeur Nakk Mendosa cite également Sur écoute dans sa chanson Windows (Supernova) : " Notre couple est mort, la mort de Stringer Bell m'a plus marqué ".

DVD et Blu-rayModifier

Saison Date de sortie en DVD
Région 1 Région 2 Région 4 Disques
1 5
2 5
3 5
4 4
5 4

L'intégrale de la saison sort en Blu-ray le .

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « [The show is] really about the American city, and about how we live together. It's about how institutions have an effect on individuals. Whether one is a cop, a longshoreman, a drug dealer, a politician, a judge or a lawyer, all are ultimately compromised and must contend with whatever institution they are committed to. »

RéférencesModifier

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  8. https://www.rsdoublage.com/serie-7622-Sur-%C3%A9coute.html
  9. http://www.dsd-doublage.com/S%E9ries/Sur%20Ecoute.html
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  63. « a meditation on the death of work and the betrayal of the American working class ... it is a deliberate argument that unencumbered capitalism is not a substitute for social policy; that on its own, without a social compact, raw capitalism is destined to serve the few at the expense of the many. »
  64. Richard Vine, « Totally Wired », The Guardian Unlimited, London,‎ (lire en ligne, consulté le 9 avril 2010)
  65. « reflects on the nature of reform and reformers, and whether there is any possibility that political processes, long calcified, can mitigate against the forces currently arrayed against individuals. »
  66. Richard Vine, « Totally Wired », The Guardian Unlimited, London,‎ (lire en ligne, consulté le 9 avril 2010)
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  71. "We are not selling hope, or audience gratification, or cheap victories with this show. The Wire is making an argument about what institutions—bureaucracies, criminal enterprises, the cultures of addiction, raw capitalism even—do to individuals. It is not designed purely as an entertainment. It is, I'm afraid, a somewhat angry show." David Simon, « David Simon Answers Fans' Questions » [archive du ], HBO,
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  79. a b et c Arthur Frayer, « “The Wire”, la série qui a conquis les banlieues », sur Télérama.fr, (consulté le 29 janvier 2015)

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

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Liens externesModifier