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Supporter de football

Types de supportersModifier

 
Supporters de l'équipe d'Argentine lors de la Coupe du monde 2006.

On distingue plusieurs niveaux d'implication chez les supporters.

  • Les supporters occasionnels se rendent ponctuellement au stade de leur équipe favorite, de façon autonome. Certains vont regarder les matches dans des bars ou des pubs qui les retransmettent à la télévision.
  • Certains supporters s'abonnent au stade de leur équipe favorite, afin d'assister à tous ses matches à domicile. Cette proportion dépend de plusieurs facteurs dont le palmarès du club considéré et du degré d'engouement local pour le football.
  • Les supporters les plus passionnés s'organisent en groupes de supporters officiels ou non officiels. Ces associations de supporters sont créées afin d'organiser les encouragements. Ces groupes ont plus ou moins de pouvoir : certains vont jusqu'à contrôler en partie la billetterie du stade, d'autres élisent le président de leur club de football. Certains clubs possèdent plusieurs groupes de supporters, parfois plus d'une dizaine.
  • Parmi ces groupes de supporters, les groupes plus influents sont ceux des supporters Ultras, parfois amalgamés à tort aux Hooligans, la distinction entre les deux termes résidant principalement dans l'usage de la violence, caractéristique des seconds.

Un mouvement apparaît depuis peu[Quand ?] sous l'impulsion de supporters souhaitant disposer de plus de pouvoirs au sein de leurs clubs, c'est celui du football participatif inspiré en partie par le modèle portugais et espagnol des Socios.

Le fort déclin du hooliganisme (en) dans les stades anglais dans les années 1990 puis dans les autres stades européens, surtout après les drames du Heysel en 1985 ou de Hillsborough en 1989, s'est accompagné d'une financiarisation des clubs et d'une hausse drastique du prix des billets, ce qui entraîne une gentrification du public qui varie selon les lieux, et une « désaffection des classes populaires qui, éloignées des enceintes sportives, sont réduites à suivre les matchs par écrans interposés »[1]. Selon le journaliste Mickaël Correia, on note parallèlement « un retour des pratiques du supporteurisme dans les manifs : fumis, clapping, slogans étudiants[2] ». Selon le sociologue Nicolas Hourcade, de nombreux stades dans les années 2010 cherchent à « améliorer l’expérience spectateur, en offrant de nouveaux services en amont et en aval de leurs rencontres. Un développement qualifié par certains chercheurs de « disneylandisation » des stades[3] », les clubs dont l'identité culturelle se dilue progressivement dans le marketing se transformant en industrie du spectacle, ouvertement élitiste et tournée vers le profit, considérant le supporter comme un client qui recherche avant tout un spectacle footballistique de qualité alors que le vrai supporter désire, avant tout le reste, la victoire de son équipe[4],[5].

ÉquipementModifier

 
Supporters de l'équipe du Portugal lors de l'Euro 2004.

Parmi les équipements traditionnels d'un supporter de football, on trouve :

Ces équipements sont la plupart du temps aux couleurs de l'équipe soutenue.

Il y a aussi des supporters qui peignent ses visages où leurs corps avec les couleurs de son équipe pour montrer sa passion.

Les supporters appartenant à des groupes sont généralement mieux équipés, avec par exemple, des étendards, mégaphones ou des instruments de musique de fanfares (tambours,...). Une grande partie des supporters utilisent des fumigènes ou des feux de Bengale, bien que l'usage de ceux-ci soit controversé voire interdit (dans certains pays) à l'intérieur des stades.

AnimationsModifier

Pour encourager leur équipe et montrer leur enthousiasme ou leur insatisfaction, les supporters crient, chantent, applaudissent, sifflent et huent. Mais ils profitent aussi de leur grand nombre pour organiser des animations collectives, comme la ola, qui consiste à ce que les spectateurs lèvent puis baissent les bras les uns après les autres de façon coordonnée, créant une impression de vague traversant les tribunes, ou encore les Tifos, des décorations constituées de bâches, de milliers de morceaux de papier ou de rubans brandis par les supporters, à la façon des mosaïques. Ces spectacles sont la grande spécialité des Ultras.

Quand une partie importante des supporters se met à siffler ou huer pour protester contre la mauvaise prestation de leur équipe, une décision d'arbitrage litigieuse ou une faute de l'adversaire, on parle de bronca. La bronca est une spécialité latine (sud de l'Europe et Amérique latine).

Mouvements particuliersModifier

Les supporters espagnols sont appelés les hinchas ou socios, les italiens les Tifosi. Ces groupes prennent souvent des noms aux consonances belliqueuses ou emphatiques.

Le Torcida (qui en portugais signifie « groupe de supporters ») désigne un mouvement né au Brésil et qui s'est ensuite répandu, notamment lors de la Coupe du monde de 1950.

Rivalités entre supportersModifier

Certains clubs font l'objet de grandes rivalités entre leurs supporters respectifs. L'origine de ces rivalités peut être historique (par exemple à la suite d'un match entre les deux équipes ayant eu un déroulement particulier ou ayant fait l'objet d'un enjeu important), ou géographique. Lorsque deux clubs d'une même ville ou d'une même région s'affrontent, on parle de derby.

Article détaillé : Derby (sport).

Portraits de supportersModifier

ZatoModifier

Né en 1955 à Alès, Serge Vieilledent est un supporter globe-trotter célèbre dans le milieu footballistique[6]. Surnommé « Zato » en référence à Emil Zátopek, il a parcouru plus de six millions de kilomètres et vu plus de seize mille matchs en trente-quatre ans. Sans domicile, il est logé par des joueurs, des entraîneurs, des arbitres et des supporters de football toute l'année. Parrainé par Jean Sadoul, il a notamment suivi l'épopée de l'équipe de France espoirs en 1988, en France et à l'étranger. Laurent Blanc n'a jamais cessé de le soutenir depuis cette époque : une carte d'« accompagnateur » de la Fédération française de football, renouvelée chaque année depuis 1996, lui donne accès gratuitement à tous les stades français, pour toutes les compétitions nationales et internationales.

RéférencesModifier

  1. Mickaël Correia, Une histoire populaire du football, La Découverte, , p. 121.
  2. « Pour se réapproprier le football, un simple ballon suffit ! », sur humanite.fr, .
  3. Anthony Alice, « Dans le football actuel, les supporters sont devenus l’indispensable douzième homme », sur ecofoot.fr, .
  4. Mickaël Correia, Une histoire populaire du football, La Découverte, , p. 83.
  5. « Rapport d'information du Sénat. Faut-il avoir peur des supporters ? », sur senat.fr, .
  6. (fr) Articles de presse dédiés à Zato

BibliographieModifier

  • Nicolas Roumestan, Les supporters de football,1998, Anthropos
  • Christian Bromberger, Alain Hayot, Jean-Marc Mariottini, Le match de football. Ethnologie d'une passion partisane à Marseille, Naples et Turin, Éditions de la Maison des sciences de l'homme, 1995
  • Eric Dunning, Patrick Murphy et John Williams, The roots of football hooliganism, Londres, Routlege & Kegan Paul, 1988
  • Bill Bufford, Among the thugs (parmi les hooligans), Londres, Secker & Warburg, 1991
  • Eddy Brimson, Tear gas and ticket touts, Londres, Headline,1999
  • Martin King et Martin Knight, Hoolifan, 30 years of hurt, Londres, Mainstream Publishing, 1999
  • Dougie Brimson et Eddy Brimson, Capital punishment, london's violent football following, Londres, Headline, 1997
  • Adam Brown, Fanatics! Power, identity & random in football, Londres, Routledge, 1998
  • Gerard Reid, Football war, Londres, Sigma Leisure, 2000
  • Philippe Broussard, Génération supporter, Paris, Robert Laffont, 1990
  • Manuel Comeron (sd), Quels supporters pour l'an 2000?, Bruxelles, Labor, 1997
  • Roland Chatard, La violence des spectateurs, Paris, Lavauzelle, 1994
  • Patrick Mignon, La passion du football, Paris, Editions Odile Jacob, 1998
  • Pol Vandromme, Les gradins du Heysel, Tournai, Gamma, 1985
  • John King, England away (Aux couleurs de l'Angleterre), roman, Vintage, 1999
  • Benjamin Danet, Violentes tribunes : le dossier noir du foot, Paris, Solar, 1999
  • N. Lowles et A. Nicholls, Hooligans (2 vol.), Londres, Milo Books, 2007

Voir aussiModifier