Sultanat de Goba'ad

Sultanat de Goba'ad

XVIIIe siècle – XXe siècle

Informations générales
Langue(s) afar
Histoire et événements
1930 Suppression

Entités suivantes :

Le sultanat de Goba'ad (on trouve aussi les graphies Gobad, Gobaad) ou sultanat Debné est une ancienne entité politique afare de la Corne de l'Afrique. Pour Ali Coubba, le Goba'ad est «une chefferie tribale [qui] regroupe deux confédérations tribales afares : les Debné et les Adorassou»[1].

GéographieModifier

 
Paysage du Goba'ad (2011)

Le sultanat de Goba'ad recouvrait des territoires à l'est et au sud du lac Abbe, dans l'ouest de l'actuelle République de Djibouti.

ToponymieModifier

Le sultanat de Goba'ad était ainsi nommé par les Européens d'après la plaine éponyme.

HistoireModifier

Peut-être fondé au XVIIIe siècle[2], le sultanat apparaît constitué dans les récits de voyageurs du XIXe siècle[3]. De 1830 à 1866, son chef est Lo'oytá b. Arbâhim, qui contrôle les routes caravanières entre la côte et le Shewa et exerce son autorité sur des groupes afar et somali.

Par un «traité d'amitié» signé le , le sultan accepte de ne conclure aucun accord avec une autre puissance[4]. Le , le sultan «Ahmed Loeta» (Húmmad Lo'oytá) signe avec Léonce Lagarde un traité reconnaissant formellement le protectorat français sur son territoire[5].

En , le sultan Lo'oytá Húmmad Anfare et son vizir hadj Ali Húmmad Lo'oytá, sont déportés à Madagascar sur décision du gouverneur Pierre-Amable Chapon-Baissac; le sultan y meurt en 1932. Le sultanat est alors supprimé par les autorités coloniales[6], cependant, au moins jusqu'aux années 1960, des descendants se désignent comme sultan de Goba'ad. Hadj Ali est autorisé à revenir dans la Corne en 1937; il s'installe alors en Éthiopie.

En , Habib Mohamed Loïta a été intronisé comme sultan de Gobad[7].

Notes et référencesModifier

  1. Ali Coubba, Le mal djiboutien : rivalités ethniques et enjeux politiques, Paris, L’Harmattan, 1995, 174 p., p. 18.
  2. Daoud Alwan, Yohanis Mibrathu, Historical Dictionary of Djibouti, Lanham and London, The Scarecrow Press, 2000, 200 p. Pour Aramis Houmed Soule (2005), le sultanat est installé au début du XIXe.
  3. Morin (Didier), 2004.
  4. Voir le texte en ligne.
  5. Voir le texte en ligne.
  6. Oberlé (Philippe), Hugot (Pierre), Histoire de Djibouti - Des origines à la république, Paris, Dakar, Présence Africaine, 1985 (rééd. 1996), 346 p.
  7. « Le pays okar intronise le 21e sultan du Gobaad», site de La Nation, 21 mai 2015.

BibliographieModifier

  • Aramis Houmed Soulé, Deux vies dans l’histoire de la Corne de l’Afrique : Mahamad Hanfare (1861-1902) et Ali Mirah Hanfare (1944), Sultans Afars, Addis Abeba, CFEE, Etudes éthiopiennes n° 2, 2005 (réed. 2011), 137 p.
  • Morin (Didier), Dictionnaire historique afar (1288-1982), Paris, Karthala, 2004, 303 p., s.v. «Debné» p. 136-137 et «Lo'oytá b. Arbâhim», p. 212-213.