Suicides en masse de 1945 en Allemagne nazie

L'adjoint au maire de Leipzig, son épouse et sa fille, après leurs suicides.

Les suicides en masse de 1945 en Allemagne nazie se réfèrent à la mort par suicide à grande échelle de civils, de responsables gouvernementaux et de militaires au cours des dernières semaines du Troisième Reich et de la Seconde Guerre mondiale.

Cette vague de suicides a commencé au premier trimestre 1945 avec l'avancée des troupes soviétiques. L'influence de la propagande nazie qui avait pour message de rester fidèle aux principes et aux valeurs du parti nazi a poussé de nombreuses personnes, civils ou militaires au suicide.

RaisonsModifier

Plusieurs raisons ont poussé certains Allemands à mettre fin à leurs jours dans les derniers mois de la guerre. La propagande nazie avait suscité des craintes parmi certaines couches de la population à propos de l'invasion militaire imminente de leur pays par les troupes soviétiques et les Alliés occidentaux. En effet, le mythe du bolchévique sanguinaire, mangeur d’enfants et violeur de femmes, a été alimenté sans relâche par la propagande du Reich[1].

D'autres se sont suicidés parce qu'ils savaient ce qui allait leur arriver après la défaite. Les Alliés avaient clairement signalé lors de la déclaration de Moscou, en 1943, que tous ceux considérés comme criminels de guerre seraient jugés et condamnés. De nombreux responsables du parti et des militaires étaient donc conscients qu'ils seraient probablement condamnés pour leurs convictions politiques et leur rôle pendant la guerre.

MéthodesModifier

 
Walter Doenicke près du portrait d'Hitler après son suicide.

Les capsules de cyanure étaient l'un des moyens les plus courants pour mettre fin à ses jours dans les derniers jours de la guerre. Le 12 avril 1945, des jeunes gens des Jeunesses hitlériennes distribuent du poison lors du dernier concert de la Philharmonie de Berlin[2]. Le suicide par arme à feu ou par pendaison étaient d'autres moyens de suicide courants.

EndroitsModifier

Plus de 7 000 suicides ont été signalés à Berlin en 1945, mais on pense que de nombreux suicides n'ont pas été signalés en raison du chaos de la période d'après-guerre[3]. D'autres endroits où des suicides notoires ont eu lieu comprennent :

Encouragement de l’ÉtatModifier

Suicides notablesModifier

 
Himmler après son suicide en 1945

Beaucoup de nazis de premier plan, disciples nazis, et les membres des forces armées se sont suicidés au cours des derniers jours de la guerre.

La capitulation sans condition de l’Allemagne le 8 mai 1945 n’interrompt pas ces suicides. Le même jour, parce qu’il a appris la mort du Führer, Jakob Sprenger, chef de district de Nassau, meurt avec sa femme. À Oslo, le général SS Wilhelm Rediess (également chef de la police en Norvège) se tue tandis que Josef Terboven, un ancien du putsch de la Brasserie, fait exploser 50 kg de dynamite dans son bunker à Skaugum, près d’Oslo.

Le 10 mai à Plzeň, Konrad Henlein (le chef des nazis des Sudètes) s’ouvre les veines alors qu'il est emprisonné. Le 23 mai Heinrich Himmler, maître absolu de la Schutzstaffel, croque une capsule de cyanure dans sa cellule. Le lendemain à Salzbourg, Robert Ritter von Greim se pend (il était le dernier commandant de la Luftwaffe).

Au total, 8 des 41 gauleiters, 7 des 47 hauts dirigeants des SS, 53 des 554 généraux de l’armée de terre, 14 des 98 généraux de l’aviation, 11 des 53 amiraux et un nombre inconnu de fonctionnaires subalternes se sont donné la mort[5],[6].

Liens externesModifier

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. Allemagne 45 : suicides collectifs
  2. David M. Rosen, Child Soldiers in the Western Imagination: From Patriots to Victims, Rutgers University Press, (ISBN 978-0-8135-7289-5)
  3. Goeschel 2009, p. 160
  4. Lakotta, Beate (5 Mrs 2005). "Tief vergraben, nicht dran rühren" SPON.
  5. Goeschel 2009, p. 153.
  6. https://www.valeursactuelles.com/histoire/lallemagne-hitlerienne-se-suicide-26260

BibliographieModifier