Ouvrir le menu principal
Prévalence du suicide en France, 1872-1876.
Article général Pour un article plus général, voir Suicide.

Selon le rapport sur le suicide de l'OMS en 2012, la France est classée au 47e rang sur 170 pays[1]. La France a un taux moyen de suicide de 12,3 pour 100 000 habitants en 2012, plus élevé que celui de l'Allemagne ou du Royaume-Uni. Le taux de suicide chez les hommes français était de 19,3 sur 100 000, soit trois fois le taux pour les femmes, qui était à 6 pour 100 000, selon ce même rapport.

ÉpidémiologieModifier

En France, le réseau Sentinelles de l'Inserm suit l'évolution de l'incidence des suicides et le « baromètre santé » de l'Inpes informe sur l'évolution des tentatives de suicide et des pensées suicidaires au sein de la population[2].

En 2006, la France a un taux de suicide de 17,0 pour 100 000 habitants. En 1996, la France comptait 12 000 suicides pour 160 000 tentatives (chiffres de l'Inserm) ; avec 62 millions d'habitants en France, ces nombres représentent à peu près 19 suicides pour 100 000 habitants, soit un suicide pour 5 000 personnes, et une tentative pour 400 personnes. La France est au quatrième rang des pays développés. Les chiffres sont à peu près stables depuis 1980. Créé en 2013, l'Observatoire national du suicide donne les chiffres de 11 400 pour 2011 et 10 500 pour 2013, sans explication sur les variations de ces chiffres. Le suicide est une cause de décès plus importante que les accidents de la route.

Le taux de suicides, aux trois quarts masculins, a baissé de façon importante : environ 40 % entre 1994 et 2016, selon les données standardisées sur l’âge disponibles sur Eurostat. Au total, près de Modèle:Unitté ont été recensés en France en 2016, contre 11 994 en 1994[3].

Il touche particulièrement les jeunes homosexuels ou bisexuels hommes, qui présentent 7 à 13 fois plus de probabilité de suicide qu'un hétérosexuel[4]. Dans le même sens, un quart des jeunes qui ont réalisé une tentative de suicide, sont homosexuels[5]. Selon l'Inserm, 650 décès environ ont lieu chaque année chez les 15-24 ans en France. Parmi ces jeunes, deux tiers sont des garçons. Le taux de suicide a chuté depuis 1985, mais les tentatives de suicide des 15-19 ans ont augmenté (4,3 % en 1999).

Les femmes font deux fois plus de tentatives de suicide que les hommes, mais les hommes réussissent leur suicide trois fois plus que les femmes[6]. Les hommes représentent ainsi 75 % des suicides. Le suicide est la première cause de mortalité chez les 15–35 ans et le risque suicidaire augmente avec l’âge. Les études longitudinales montrent que 15 % des patients déprimés décèdent par suicide. Le taux de tentative de suicide décroît avec l’âge alors que le taux de suicide augmente.

L'INSERM[7] a lancé en France une enquête rétrospective (2001-2002) en interrogeant 532 médecins certificateurs sur des dossiers remplis en 1999. L'étude a conclu que les suicides représentaient en 1999 pour ces cas environ 24 % des morts classées « indéterminées » chez les moins de 25 ans et plus de 40 % chez les plus de 25 ans. Ceci conduirait à augmenter le taux global de suicide de 7 % 6 au moins, et deux enquêtes locales ont montré qu'en tenant compte des morts de « cause inconnue ou non déclarée », cette proportion passerait à 20 %, voire 30 %[8].[incompréhensible]

En 2012 il y a eu officiellement 25 suicides/jour en moyenne avec d'importantes différences régionales [9]. Ces chiffres sont en réalité biaisés par une sous-déclaration qui semble beaucoup varier selon les régions. Le degré de sous-estimation a fait l'objet d'une évaluation en 2006 ; selon ce travail les chiffres de taux de suicide publiés changent considérablement selon le département ou la région, et si moins de 10 % des suicidés échappent selon cette étude à la statistique dans la plupart des régions, mais ils seraient 22 % en Rhône-Alpes et 46 % l’Ile-de-France. Selon la DREES, l’enregistrement d’une cause médicale de décès masque parfois le suicide (« mort violente indéterminée quant à l'intention »), et parfois des suicides suspects entraînent une investigation judiciaire, ou la mort peut être déclarée « de causes inconnues », ou encore parfois l’Inserm n’a pas reçu de certificat.[réf. nécessaire]

Selon les annéesModifier

En 2008, le taux de suicide (tout âge) était de 16,2 pour 100 000 habitants[10],[11] ou, exprimé de la façon suivante par l'OMS, de 26,4 pour les hommes et de 7,2 pour les femmes[12].

En 2010, 10 509 personnes se sont suicidées en France[13].

En 2012, 9 715 personnes se sont suicidées en France métropolitaine, notamment en zones rurales, soit environ 27 décès par jour[14].

Selon le genre et l'orientation sexuelleModifier

Selon le baromètre santé de l'Inpes 2011, 0,3 % des hommes et 0,7 % des femmes ont effectué une tentative de suicide au cours de l’année. L’enquête pointe aussi la survenue, plus fréquente, d’idées suicidaires au cours de l’année qui concerne 3,4 % des hommes et 4,4 % des femmes. Les femmes effectuent plus de tentatives de suicides, mais dont l’issue est moins souvent fatale que chez les hommes (qui représentent les trois quarts des décès par suicide). Cette différence s’explique en partie par les moyens utilisés qui sont plus souvent la prise de médicaments pour les femmes et, pour les hommes, l’utilisation d’armes à feu ou la pendaison. Les facteurs de risque des tentatives de suicide et pensées suicidaires sont avant tout la dépression, les violences subies y compris les violences sexuelles, et ce, même quand elles sont survenues il y a longtemps. L’isolement social et la précarité sociale apparaissent aussi comme des facteurs de risque importants[15].

Parmi les adolescents français ayant tenté de se suicider, un quart (25 %) sont homosexuels[16].

Selon les groupes socio-professionnels et les groupes d'âgeModifier

Selon l'InVS, le taux de mortalité par suicide est trois fois plus élevé chez les employés et les ouvriers que chez les cadres, et ce taux varie selon les domaines d’activité. Les secteurs de la santé et de l’action sociale sont les plus concernés (34,3/100 000), devant les secteurs de l’administration publique (hors fonction publique d'État) (29,8/100 000), de la construction (27,3/100 000) et de l’immobilier (26,7/100 000). Selon Le Figaro, le taux de suicide des agriculteurs s'élève à 32 pour 100 000, contre 28 pour 100 000 chez les ouvriers et 8 pour 100 000 pour les « professions intellectuelles supérieures ». La situation des agriculteurs s'aggrave d'année en année : d'un suicide tous les 3 jours en 2016[17], la fréquence s'est raccourcie à 2 jours en 2018[18].

Le taux de suicide dans la police est supérieur de 36% à la moyenne du reste de la population française en 2017, notamment car l'arme de service[19] est utilisée dans la moitié des tentatives[20].

En ce qui concerne les personnels de l'éducation nationale, le taux de suicide est de 5,85 cas pour 100 000 en 2018-2019, selon le premier bilan officiel du ministère de l'éducation nationale[21].

Celui des médecins est relativement élevé, supérieur a celui de la police, sans doute expliqué par des horaires de travail du plus du double de la population normale et par une solitude professionnelle[22].

Un tiers des suicidés avaient plus de 65 ans[23],[24].

Selon les régionsModifier

C’est en outre-mer qu’on se suicide le moins, et en Bretagne le plus (l’isolement et la solitude, et la dépression sont les premières causes citées lors des appels à SOS-Amitié). Les hommes meurent beaucoup plus de suicide que les femmes, et surtout à 45-49 ans et à 65-69 ans (pour le cas de l’Yonne)[25].

Depuis le début des années 2000 les communautés amérindiennes de Guyane connaissent une « épidémie de suicides », en particulier chez les jeunes. Le taux de suicide est 10 à 20 fois plus élevé qu'en France métropolitaine[26]

Dans le mondeModifier

Dans l'OCDE, le taux de suicide est plus élevé en France (12,3 pour 100 000 en 2015) et au Japon (15,4) qu'en Italie, Grande-Bretagne ou aux États-Unis[27].

Observatoire national du suicideModifier

Un décret du 9 septembre 2013[28] a créé, pour 4 ans, un Observatoire national du suicide auprès du ministre chargé de la Santé[29]. Un nouveau décret du 1er août 2018[30] a renouvelé sa création pour 5 ans.

MissionsModifier

Elles sont précisées par l'article 1 du décret de 2018 ːcoordonner les différents producteurs de données ; identifier des sujets de recherche, les prioriser et les promouvoir auprès des chercheurs ; favoriser l'appropriation des travaux de recherche par les politiques publiques et le public de façon plus générale ainsi que leur diffusion ; produire des recommandations sur l'amélioration des systèmes d'information et en matière de recherche et d'études ; définir des indicateurs de suivi de la politique de prévention du suicide.

CompositionModifier

L'Observatoire, présidé par le ministre chargé de la santé, comprend 49 autres personnes ː des représentants d'administrations et organismes sociaux impliqués par la question du suicide, 8 représentants d'associations susceptibles d'intervenir dans le champ du suicide, 3 psychiatres, 6 médecins, 2 personnalités qualifiées.

PublicationsModifier

L'Observatoire publie un rapport annuel. Le 3e rapport, de février 2018 ː Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à l’adolescence[31].

Prévention du suicide en FranceModifier

  Pour un article plus général, voir Prévention du suicide.

Cette prévention est principalement réalisée via des services téléphoniques ou en ligne sur Internet, via des associations de bénévoles telles que Fil santé jeunes, SOS Suicide Phénix, ou SOS Amitié.

Société et médiasModifier

Entre 2008 et 2009, le suicide d'au moins 19 employés de France Télécom[note 1] retient l'attention de la justice et des médias. Leur nombre, leur survenue sur les lieux de travail ou les derniers mots de victime font porter la responsabilité des suicides sur les restructurations de la compagnie à la suite de sa privatisation[32].

Les suicides chez les fonctionnaires de Police et Gendarmerie ont aussi retenu l'attention des médias en 2017 ainsi qu'en 2019. Courant novembre 2017, en une semaine, six policiers et deux gendarmes ont mis fin à leurs jours, tandis qu'en 2019, vingt-quatre policiers se sont donné la mort en près de trois mois et demi[33]. En France, le taux de suicide des fonctionnaires de police serait trois fois plus élevé que celui du reste de la population[34].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Au total, 35 salariés de l'entreprise se sont donné la mort sur les deux seules années 2008 et 2009, selon les syndicats et la direction. Dans ses réquisitions, le parquet de Paris cite 39 victimes : 19 qui se sont suicidées, 12 qui ont tenté de le faire, et 8 qui ont subi un épisode de dépression ou ont été en arrêt de travail. »

RéférencesModifier

  1. (en) « Bonjour tristesse: Why are the French so prone to suicide? », The Economist,‎ (lire en ligne).
  2. François Beck et Romain Guignard, « Tentatives de suicide et pensées suicidaires en France en 2010 », Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, nos 47-48,‎ (lire en ligne)p. 488-492.
  3. https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/11/01/accidents-cancers-maladies-cardiaques-de-quoi-meurt-on-en-france_6017741_4355770.html
  4. Blandine Grosjean, « Péril suicidaire chez les jeunes homos » Libération, 4 mars 2005.
  5. « Adolescents homosexuels : la révélation », Envoyé spécial, France2, 6 janvier 2011.
  6. Six chiffres-clés pour comprendre le suicide en France, Le Monde, le 09.02.2016.
  7. Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc, INSERM).
  8. CHAPPERT J.L., PÉQUIGNOT F., PAVILLON G., JOUGLA E (2003) Évaluation de la qualité des données de mortalité par suicide : « Biais et impact sur les données nationales en France, à partir de l’analyse des causes indéterminées quant à l’intention » , Paris, DREES, Série « Études », 30.
  9. http://abonnes.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/02/09/quelle-region-et-quel-departement-sont-les-plus-touches-par-le-suicide_4861805_4355770.html Quels sont la région et le département les plus touchés par le suicide ? 18 Le monde, Alexandre Pouchard et Maxime Vaudano.
  10. Claire Guélaud, « France : les paradoxes d'un pays en proie au doute », dans Le Monde du 23 avril 2008, [lire en ligne], mis en ligne le 22-04-2008.
  11. « Ce qu'il faut savoir sur la santé mentale des Français », L'Expansion.com, .
  12. (en) « Suicide rates per 100,000 by country, year and sex (Table) », sur site de l'OMS (consulté le 15 octobre 2009).
  13. http://www.infosuicide.eu/pointdevue/statistique/index.htm Infosuicide.
  14. Anne Jeanblanc, « Suicide : près de 27 décès par jour en France », sur Le Point (consulté le 16 février 2016).
  15. « Le suicide en France : prenons la mesure de ce phénomène préoccupant », François Beck, Le Nouvel Observateur, 14 décembre 2011.
  16. « Adolescents homosexuels : la révélation », reportage diffusé dans l’émission Envoyé spécial, 6 janvier 2011.
  17. « Tous les trois jours, un agriculteur se suicide en France », sur lesechos.fr, (consulté le 11 janvier 2019)
  18. « Pourquoi un agriculteur se suicide tous les deux jours en France ? », sur lefigaro.fr, (consulté le 11 janvier 2019)
  19. Alain Hamon, Le jour où j'ai mangé mon flingue, Hugo Document, , 264 p..
  20. « En une semaine, cinq policiers et un gendarme se sont suicidés », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 12 novembre 2017).
  21. « Réunion du Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) sur le bilan et les mesures de prévention des actes de suicide parmi les personnels de l'Éducation nationale », sur Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse (consulté le 8 novembre 2019)
  22. Anne Jeanblanc, « Chaque année, 45 médecins se suicident ! », sur Le Point, (consulté le 22 février 2019)
  23. Le suicide, trop souvent ignoré, des personnes âgées, Marine Lamoureux, La Croix,22/08/2012
  24. Plancke L. Epidémiologie des conduites suicidaires des personnes âgées. Neurologie, Psychiatrie, Gériatrie, 2017 ; Volume 17, Issue 98, Pages 136-143 (article scientifique) (Consulté le 27 Juillet 2019)
  25. http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2e_rapport_de_l_observatoire_national_du_suicide.pdf 2e rapport de l'observatoire national du suicide (DREES).
  26. « Les jeunes Amérindiens de Guyane victimes d'une « épidémie de suicides » », sur Reporterre (consulté le 9 avril 2019)
  27. « Death be not proud », The Economist, 3 mai 2008, p. 64 Sur le site economist.com.
  28. Décret no  2013-809 du 9 septembre 2013 portant création de l’Observatoire national du suicide JORF du 10 septembre 2013 texte n°3 NOR : AFSE1322721D
  29. « Un observatoire national pour s'attaquer au suicide », sur mutuelledesscop.fr
  30. Décret n° 2018-688 du 1er août 2018 portant création de l'Observatoire national du suicide JORF n°0177 du 3 août 2018 texte n° 16 NOR: SSAE1735124D
  31. « Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à l’adolescence », sur drees.solidarites-sante.gouv.fr,
  32. Hayat Gazzane, « Suicides à France Télécom : le rappel des faits », Le Figaro,‎ (ISSN 1241-1248, lire en ligne)
  33. « Les suicides dans la police atteignent un niveau « hors norme » en 2019 », sur lemonde.fr, Quotidien généraliste, (consulté le 18 mai 2019)
  34. « Le nombre de suicides de policiers en hausse en 2017 », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 3 janvier 2018)

BibliographieModifier